Adrienne et Georges

Je suis la première épouse.
Nous étions bien jeunes quand nous nous sommes rencontrés. Vingt ans!
Nous avions vingt ans et un petit boulot de rien du tout…

Quand l’aventure du Petit Vingtième a commencé, j’ai assisté à tout, depuis la naissance des personnages jusqu’aux terribles crises d’anxiété de leur créateur.

Oui, c’était un grand angoissé qu’il fallait rassurer, épauler, aider…
Il avait raison de ne pas vouloir d’enfant, il était mon enfant.

J’ai tout fait pour l’aider, les retouches, l’encrage, le lettrage…
Je n’aurais pas eu le temps de m’occuper de mes enfants, c’est vrai.

Mais toutes les nuits je me vois petite fille au milieu de la foule qu’il a créée et j’ai de grandes conversations avec les enfants. Uniquement avec les enfants.
Ceux qui ont reçu un nom et ceux qui n’en ont pas.

Je discute avec Coco, le petit boy et Zorrino, l’enfant quechua. Avec Lobsang, le jeune moine tibétain. Avec la petite gitane Miarka. Il m’arrive même de rire et de plaisanter avec ces deux vauriens de Laszlo Carreidas et Abdallah.

Mais le plus souvent je reste aux côtés du petit garçon à casquette. Il tient la main de sa grande sœur et me regarde si intensément.

Il m’en a fallu du temps pour comprendre que c’est moi, la grande sœur.

Merci à Joe Krapov pour ses consignes – les œuvres choisies sont d’Hergé, photos prises à l’expo Hergé à Paris le 4 janvier 2017 – en savoir plus sur la première épouse ici.

Racontez le personnage du premier tableau : qui il est, ses petites habitudes, ses jeux préférés, son caractère, s’il vit tout seul ou non, etc. Le second tableau représente le rêve ou le cauchemar que le personnage du premier tableau fait toutes les nuits. Racontez ce rêve et ce qui va se passer pour le rêveur, comment son rêve agit sur lui et l’incite à dire ou faire des choses et quelles choses.

39 commentaires sur « Adrienne et Georges »

  1. Étonnant de se créer son propre personnage en étant la femme de. Joli voyage avec le tableau. Bravo. Oui, certaines sont des femmes de rien… et d’autres des femmes de… et d’autres…

    J’aime

    1. je me demandais ce matin en revenant du marché et en voyant ce ciel bleu pétant, ce soleil éclatant, le monument aux morts de 14-18 et les magnifiques arbres autour, la belle église gothique à côté, quel plaisir il y avait à détruire tout ça, et je me demandais si c’était plutôt un truc de petits garçons que de petites filles, de casser la tour en légos, de démolir le château de sable, de fracasser les jouets, surtout ceux des autres…

      J’aime

      1. Je répondrais bien volontiers que c’est un truc de petits garçons mais la voix de Renaud me répond « … A part peut-être Madame Thatcher » 😉

        Aimé par 1 personne

  2. Oh, je ne connaissais pas l’histoire de Germaine la muse et les peintures d’Hergé, ton texte est très beau dame Adrienne et ce billet très riche, je t’en remercie. Lumineux week end, à bientôt. brigitte

    J’aime

      1. Hello Adrienne
        De la neige toute la journée, hier.
        Et dans les Alpes, je te dis pas !
        Les stations de ski sont ravies, les vacances de Printemps vont leur permettre de faire encore le plein 🙄
        Dis donc c’est pas sympa pour les cyclistes !
        Bises dominicales

        J’aime

      2. ne pas confondre cycliste et cyclotouriste et cycliste professionnel 🙂
        seul le premier utilise les pistes cyclables et respecte le code de la route 🙂
        bises, bonne journée!

        J’aime

      1. et bien par exemple pratique pour celui qui boursicote 😉
        inconfortable si on sait à l’avance quelle chose grave va arriver, à soi ou à autrui, mais qu’on ne peut évidemment pas empêcher d’arriver, s’il s’agit de maladie par exemple

        J’aime

  3. Je crois qu’il est dit dans ce court récit beaucoup plus de choses essentielles sur les rapports entre les femmes et les hommes que dans un long roman.

    Maintenant la question est : faut-il se méfier de cette très intéressante consigne d’écriture ou y revenir ? 😉

    J’aime

    1. c’est une excellente consigne 🙂
      ma première idée était « Adrienne aime le surréalisme », avec des tableaux de Magritte, évidemment, et je ne sais plus pourquoi j’ai tout à coup commencé par « je suis la première épouse » 😉

      J’aime

  4. Ils sont très forts et très touchants, les mots que tu mets dans la bouche de cette première épouse.
    Sur la vidéo, elle n’exprime pas de regrets d’avoir eu cette vie-là. Tant mieux si elle y a trouvé sa part de bonheur!
    Bises chère Adrienne!

    J’aime

  5. Un prénom de femme de tête !
    Joli traitement de la consigne, madame.
    Adrienne et Georges, ça sonne drôlement bien.
    J’ai cru un temps que tu nous annonçais tes fiançailles… 😉
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s