I comme indice

Dans l’agenda à couverture de cuir vert, Bosmans trouva une photo pliée en deux.

C’était celle d’une mauvaise reproduction d’un tableau aux couleurs passées, plutôt tristes, dans des tons de gris et de brun.

Il se disait qu’il avait dû voir cet escalier, ce palier, cette balustrade de métal et de bois.
Tout dans cette image lui semblait familier, jusqu’aux boutons de porte en laiton.
Mais le souvenir en était tellement diffus que même l’adresse griffonnée au crayon au dos du cliché ne lui rappelait rien.
Rue de Lille, 48.

Était-il jamais allé rue de Lille?
Martine Hayward avait-elle habité ce genre d’appartement?
Confondait-il avec celui du quai de Conti, où il avait rencontré Maurice Sachs?

Il s’y rendit dès le lendemain.

Mais il n’en fut pas plus avancé.
Celui qui avait crayonné l’adresse avait dû se tromper: c’était celle de l’église évangélique du 7e arrondissement.

***

Merci à Monsieur le Goût pour son 120e devoir de Lakévio du Goût.

31 commentaires sur « I comme indice »

  1. Tu écris comme Modiano !
    et de fait, je pense que Hopper a bien vécu au 48 rue de Lille, hébergé par une veuve baptiste auprès de qui il avait été recommandé par ses parents.
    Hopper était certes sévère mais s’est laissé facilement séduire par Albert Marquet dont tu as dû voir des dessins très… inspirants autant qu’instructifs…

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  2. Je n’ai jamais lu Modiano, donc j’ai raté ton pastiche si j’en crois les commentaires (raté Modiano aussi? Faut voir…).
    A part ça, cet escalier me rappelle ceux que j’ai empruntés dans de vieux immeubles à Paris.

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