Question existentielle

Dans sa Lettre au Greco (Αναφορά στον Γκρέκο), Nikos Kazantzakis (1883-1957) raconte sa découverte du site de Bassai avec son merveilleux temple d’Apollon, classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1986.

Il raconte comment « une petite vieille » sort de la cabane de gardien du lieu et lui offre deux figues et quelques raisins, les premiers, se dit-il, qui ont dû mûrir à ces hauteurs. On est à 1130 mètres d’altitude.

Il lui demande comment elle s’appelle.

– Maria, répond-elle.

Puis quand elle voit qu’il prend son carnet et un crayon pour le noter, elle l’arrête d’un geste et dit:

– Mariyitsa.

Elle insiste et le répète: elle préfère qu’on retienne le petit nom gentil de l’enfance et de l’amour.

– C’est quoi, ça, ici? demande l’auteur.
– Vous ne voyez pas? Des pierres!
– Et pourquoi est-ce que les gens viennent de partout dans le monde pour les voir?

Après un moment d’hésitation elle lui demande:

– Vous êtes étranger?
– Non, Grec.

Alors elle est rassurée et hausse les épaules:

– Ils sont fous, ces étrangers!

Et elle rit aux éclats.

***

en photo, les « pierres » de Bassai, le 5 mai dernier.
Pour voir le temple, aujourd’hui protégé sous une tente, le mieux c’est d’aller sur des sites de pro ou sur wikisaitout 🙂

L’anecdote ci-dessus n’est pas une transcription de texte mais la traduction en français d’une traduction en néerlandais d’une traduction anglaise du grec. Ouf 🙂

26 commentaires sur « Question existentielle »

  1. C’est marrant ces prétendus diminutifs qui allongent les prénoms…
    Ce n’est pas toujours le cas, la maman d’Agata s’appelle Malgorzata (Marguerite) et tout le monde l’appelle Gocha

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    1. Ça dépend dans quelle discipline ils sont surdiplômés.
      Les choses changeant avec le temps, j’ai lu des thèses de doctorants Français en me demandant comment on pouvait devenir docteur ès sciences avec un tel français…
      (heureusement que les aspects mathématiques permettaient de voir où ils voulaient en venir parce que le texte ne l’aurait pas permis à lui seul…)

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      1. L’économie mariée à la recherche médicale, une hybridation pleine de suffisance et de mépris pour la culture. (J’imagine la souffrance de lire le français mathématique !)

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      1. parce que j’étais persuadée que dès l’enfance ils devaient baigner dans ces histoires, tellement elles sont partout, visuellement présentes dans le décor, les noms des restaurants etc etc

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    1. quel bonheur de te voir! bises!
      (oui c’était vraiment bien, je pourrais encore faire des tas de billets, pour toutes les lettres de l’alphabet 🙂
      mais quel bonheur de te voir!

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