I comme intempéries

Comment s’étaient-ils rencontrés alors qu’ils vivent selon des calendriers si différents?
Par hasard, comme tout le monde.
Une nuit d’averses en rafales et de ruisseaux le long des rues.

Comment s’appelaient-ils ?
Que vous importe ?
L’essentiel n’est-il pas qu’en s’apercevant ils n’ont pas hésité ?
Qu’ils n’ont pas passé leur chemin sous prétexte de pluie ?

D’où venaient-ils ?
Du lieu le plus prochain, de ces maisons sombres aux fenêtre à peine éclairées et aux toits pentus sous le ciel bas. De ces maisons aux greniers emplis de malles, de petits et de grands cartons que personne n’ouvre jamais.

Où allaient-ils ?
Est-ce qu’on sait où l’on va ?
Ne s’interroge-t-on pas sans cesse, où, quand, comment, pourquoi ?
Ne devrait-on pas plutôt craindre d’oublier de rêver ?
D’oublier de cueillir l’instant présent ?

Et après ? vous demandez-vous, parce que vous attendez une histoire.
Sont-ils allés boire quelque chose de chaud ?
A-t-elle sorti un crayon de son sac pour noter les adresses, les numéros de téléphone ?
Se sont-ils empli les yeux de la vue l’un de l’autre au point d’oublier que les heures sonnent au clocher ?
Ou le ciel s’est-il éclairci et une promenade dans le parc leur a-t-elle semblé préférable, avec son odeur de terre humide et de feuilles ?

Après ?

Après, rien.
Elle est rentrée dans son couvent.

***

Merci à Joe Krapov pour sa consigne: Trente et un mots et quatre incipits

Avec les mots suivants : averse – boire – calendrier – cesser – ciel bas – couvent – craindre – crayon – cueillir – emplir – fenêtre – hésiter – interroger – maisons – malles – nuit – oublier – passer – petit carton – pluie – rafales – rêver – rues – ruisseaux – s’apercevoir – s’éclaircir – sac – sembler – sonner – terre – toits composez le début d’un récit et poursuivez-le.

Vous pouvez également utiliser l’un des quatre incipits ci-dessous puis insérer des mots de la liste  dans votre texte – j’ai utilisé le premier, qui est l’incipit de Jacques le Fataliste et son maître:

Comment s’étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s’appelaient-ils ? Que vous importe ? D’où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce qu’on sait où l’on va ?

28 commentaires sur « I comme intempéries »

      1. Vous les utilisez tellement bien, ces mots imposés, qu’on ne se voient pas.
        C’est pourquoi on peut vous dire BRAVO chaque fois.
        🙂

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      2. [ j’ai fait fort aujourd’hui, « qu’on ne les voit pas » est ce que je désirais écrire, désolée ]

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    1. j’ai vu un jour un reportage sur une toute petite communauté religieuse protestante dans le sud de la France et c’était si beau, la vie semblait si paisible et si bien réglée, qu’un moment j’ai désiré être là 🙂
      merci, bonne journée!

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  1. La prochaine fois que je verrai sur la météo « nuit d’averses en rafales » je sortirai pour me faire rêver 😉
    J’imagine ces toits pentus sous le ciel bas, avec leurs greniers emplis de malles où les histoires s’amassent pour ceux qui ne savent pas où ils vont…
    L’instant présent, rares sont ceux qui y respirent, surtout dans ce monde de rapidité névrotique 😉
    Mais cette histoire, c’était il y a longtemps, au temps où les couvents enfermaient les femmes
    qui pouvaient pécher 😉

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