W comme Wilfried

– Si c’est comme ça, je m’en vais! a-t-il crié en direction de la cuisine.

Et il est sorti.
Tout seul.
En pantoufles.

Il a juste ramassé sa canne blanche et sa veste, a tiré la porte derrière lui en faisant le plus de fracas possible – ce qui était difficile, le dessous frotte le carrelage. Mais c’est l’intention qui compte et Martha l’aura bien compris: il est en colère, définitivement.

Oh! il n’est pas allé bien loin, comment le pourrait-il, n’est-ce pas?

Il a suivi le trottoir jusqu’au carrefour, là où on sent le soleil qui vient de l’est entre deux immeubles et s’est installé sur le socle en béton des feux de signalisation.

Heureusement, à cette heure les passants ne sont pas nombreux.
D’ailleurs, le front appuyé contre sa canne, il montre clairement qu’il n’a pas envie de communiquer.
Manquerait plus que quelqu’un veuille à toute force l’aider à traverser!
Non, non.
Il attend.

C’est l’affaire de quelques heures.
Deux peut-être suffiront.
La dernière fois en tout cas ça a suffi.
Martha finit par s’inquiéter sérieusement et alors: mission accomplie.

Elle les lui fera, ses frites!
Non mais!

***

Merci à Monsieur le Goût pour son 129e devoir de Lakevio:

Cet homme semble bien triste. Il pense… Mais à quoi ? Sur quoi ou qui se penche-t-il ? Qu’attend-il ? Qui attend-il ? Je n’en sais rien. J’en saurai peut-être plus lundi. Je saurai peut-être ce que vous en direz.
J’aurai pensé à quelque chose. Une histoire. Une prémonition… À lundi donc…

39 commentaires sur « W comme Wilfried »

  1. Bien observé. Enfant, je ne sais même plus pourquoi, je suis partie une fois sous la pluie jusque l’arrêt du tram. Mais je n’y ai rien gagné. Ils m’ont rapidement retrouvée et j’ai été punie.
    Bonne journée avec votre maman.

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  2. Que de combats à mener dans notre existence tout de même, j’espère que la scène se passe en hiver et non sous un été caniculaire.
    Se méfier des frites, elles peuvent entrainer un danger !
    Vers l’age de trois/quatre ans, nous vivions à Dakar, ma sœur et moi rentrions en France par avion, mes parents assuraient le déménagement et une voisine nous avait gentiment prêté sa friteuse, sorte de bassine en métal, notre batterie de cuisine étant dans les cartons. La friteuse était posée sur le bord d’un plan de travail et j’ai voulu sans doute en voir l’intérieur… J’ai reçu sur la tête toute l’huile, froide heureusement, il a fallu me faire prendre un bain à l’OMO (je ne sais si cette lessive existe encore) pour arriver à bout de tout ce gras… J’ai du me prendre une correction, depuis je n’ai plus mangé la moindre frite. Belle journée dame Adrienne, à bientôt. brigitte

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  3. Tout ça pour des frites , il y en a qui font n’importe quoi pour des cacahouètes, mais des frites, franchement ! Bon, à part ça on s’est acheté une machine qui fait les frites à la vapeur chaude, je vous assure, si si, sans huile, sans graisse, sans rien, rien que la chaleur, et bien je vous jure qu’il n’y a pas de quoi traverser la rue, ou alors si plurôt, pour aller manger ailleurs !

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