D comme doute

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– Tu ne peux pas savoir, dit-elle, comme je suis soulagée! Incroyablement soulagée! Et je peux enfin en parler!

Parler de quoi, se demande l’Adrienne mais elle se tait et écoute.

– Tu sais que j’ai cru que je n’étais pas la fille de mes parents?
– Ah bon? Et pourquoi donc?

Alors voilà l’histoire: c’est une affaire de groupe sanguin.
Ses parents ont un groupe sanguin différent du sien.
Elle s’est imaginé que ça n’était pas normal.

Comme elle est fille unique, elle ne pouvait pas comparer et vérifier pour un frère, une sœur, si ça se confirmait ou s’infirmait, et chaque fois qu’un médecin lui posait la question de ses « antécédents familiaux » elle se demandait si ça valait la peine de s’inquiéter de l’hérédité.

– Tu comprends, dit-elle, j’ai gardé ça pour moi pendant des années, je ne savais pas à qui le demander, n’importe quel médecin aurait tout de suite deviné qu’il s’agissait de moi, de mes parents, je ne pouvais pas leur faire ça, ici tout le monde se connaît… et personne n’aurait cru à l’histoire du bébé échangé à la clinique, ça, c’est bon pour un film, mais dans la vraie vie?

Bref, elle a enfin une réponse qui lui a permis de lever le doute sur la fidélité de sa mère ou sur toute autre hypothèse: elle est bien la fille de ses deux parents 🙂

20 commentaires sur « D comme doute »

      1. Je n’ai aucun mérite. La génétique permet aux profs de math d’inventer de beaux exercices de probabilité.
        😉

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      2. rien de plus sélectif que la mémoire, j’en ai encore eu la preuve hier avec la visite de deux frères que je connais depuis toujours (les fils de l’ami José, vous voyez?) et c’est fou comme nos souvenirs de leur père peuvent différer sur quelques points 😉

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  1. Oui, c’est un peu le même problème que les cheveux roux…
    Et quelle étrange idée de s’inquiéter du groupe sanguin de ses parents, je ne suis même pas certain de me rappeler le mien ! 😉

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    1. moi je ne m’inquiète pas, on est tous O négatif, mes parents mon frère et moi 🙂
      c’est une histoire que ma mère aime raconter, quand elle était enceinte et s’était fait tester (chez mon père ça avait été fait au service militaire) son médecin lui a dit: « nous sommes donc trois dans cette ville à être O négatif », d’où elle a compris qu’il l’était aussi 😉

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  2. Quand on voit l’état de l’ours au sortir de la prise de sang, on n’a pas vraiment envie de se faire piquer !
    Alors du coup, autant douter !
    De toute façon on descend tous d’Adam et Eve, du singe Hing-Indurain ou de la liane de 8h47, non ? 😉

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  3. Beaucoup d’enfants ont cette idée à un moment donné, de ne pas être dans la bonne famille. Mais vivre avec ça pendant des années sans pouvoir en parler, je comprends que ça a dû être perturbant!

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    1. apparemment c’était surtout perturbant au moment des questionnaires médicaux sur les « antécédents familiaux »
      (c’est de plus en plus aussi avec cet argument-là que des enfants recherchent leur « donneur de sperme », qui en Belgique peut garder l’anonymat)

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