C comme charmeur

Photo de Magda Ehlers sur Pexels.com

C’est arrivé quelques fois: l’Adrienne dans son jardinet reçoit un « bonjour » d’un petit garçon qui passe dans la rue et il n’en faut évidemment pas plus pour qu’elle soit charmée.

Alors la fois suivante, elle engage la conversation.

Il n’avait jamais vu de figues ni de figuier, elle lui montre donc les fruits, verts à l’époque, et lui explique qu’ils doivent devenir violet foncé.

– Dès que tu vois qu’ils ont la bonne couleur, tu sonnes à ma porte et je t’en donne. D’accord?

Alors l’autre jour, au moment où elle se demandait s’il allait oser, vu que les fruits étaient déjà bien colorés vers la mi-août, il était là.

Deux jours plus tard, il était de nouveau là.
Un peu gêné, embarrassé:

– C’est mon père qui m’envoie, dit-il. Il aime tellement ça!
– Pas de problème! je vais te remplir ton sachet.

Puis il ajoute:

– Mais il n’aime pas les petites figues. Il dit que les grosses sont meilleures.

On sent bien que c’est du service commandé, exactement comme quand on envoyait mini-Adrienne chez le boulanger en insistant beaucoup qu’elle n’oublie surtout pas de préciser qu’on voulait le pain « bien cuit ».

Au retour, le pain était retourné et inspecté des deux côtés et on n’était jamais content:

– Tu as oublié de dire qu’on le voulait « bien cuit »?

La même sorte de réflexion attendait sûrement le petit garçon rentré chez lui avec un sachet où l’Adrienne avait mis des grosses et des petites figues:

– Tu as bien dit qu’on préfère les grosses?

Et il pourra répondre:

– Oui, mais la dame elle a dit que les petites et les grosses, c’est tout pareil.

34 commentaires sur « C comme charmeur »

      1. Je devais être comme vous. Je me souviens d’un épisode chez le boucher. Je devais acheter une oreille de cochon et le boucher m’avait demandé si je voulais une oreille droite ou une oreille gauche, ce qui avait fait rire tout le monde sauf moi qui ne connaissais pas la réponse.

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  1. Chez toi, c’était le pain bien cuit, chez moi le contraire , mais l’approche était la même 😉
    Ce que tu peux faire, c’est ne lui donner que deux ou trois figues à la fois, le père comprendras peut-être qu’il abuse 🤔

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  2. Moi qui n’avais jamais connu les figues sur leur arbre et encore moins pu en croquer à pleine dent, j’avoue les guetter aussi dans les jardins lorsque je vais marcher de ci de là dans les quartiers ( un reste d’habitude du confinement). Mais où je suis , ils ont tous des figuiers de figues vertes! Moi j’aime les violettes à la chair rouge bien juteuse 🙂

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  3. Bonjour gentille Adrienne..
    Je trouve que tu as beaucoup de patience. Moi, une fois ou deux, ça marcherait, après, je dirais à l’enfant « dis à ton père que s’il veut des figues, il vienne lui-même en demander ou je lui dirais « plus de figues, je les garde pour mes enfants »..Comme on dit « c’est pas marqué la poste sur mon front »..
    Ma fille a un gros figuier chez elle, mais qui donne juste quelques figues, pas de quoi nous en donner…snif. Tu veux pas m’en envoyer ? J’ai bien envoyé un jour un St Nectaire entier à une gentille belge…
    Cette façon d’envoyer ses enfants faire les choses à la place des parents me rappelle aussi l’épicière ou la boulangère qui nous disait « tu diras à ta mère de venir régler sa note », devant les clients en plus…Ca a traumatisé des générations d’enfants…Envoyer ses enfants au « casse-pipe », n’ayant pas le courage d’y aller soi-même , j’appelle ça de la lâcheté…Bon, je dois l’être aussi, laissant toujours mon mari faire les choses désagréables à ma place…

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    1. ah en envoyer par la poste, je me demande dans quel état elles arriveraient 😉
      maintenant que j’en ai, je me rends compte pourquoi elles se vendent à la pièce et sur des coussinets ouatés… et elles ne se conservent pas deux jours 😉
      merci pour les conseils, je réfléchis à la solution la plus diplomatique possible pour le gamin (et son père)

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    1. oui, très exigeants, il fallait être « parfaite » et quand toutes les cases étaient cochées, ne même pas recevoir un mot gentil ou une appréciation, « ce n’est que normal », a dit ma mère un jour que j’ai osé lui demander si c’était bien…

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  4. Quand j’étais enfant, je n’aimais pas non plus que ma mère m’envoie chez le boucher. Déjà, les adultes se faisaient un plaisir de resquiller devant moi qui n’osais rien dire.
    De plus, comme j’avais un défaut de prononciation, le commerçant me faisait répéter plusieurs fois devant tout le monde…
    Tout cela est assez loin de ton petit garçon en service commandé pour les figues mais m’a rappelé des souvenirs…

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    1. je comprends! je suppose que nous sommes nombreux à avoir ce genre de souvenirs, surtout les plus timides d’entre nous et ceux qui avaient peur de commettre un impair, de perdre la monnaie, que sais-je 😉

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    1. voilà! c’est sur ce nœud-là que je cogite depuis hier soir 🙂
      lui en donner une plus petite quantité, comme le suggérait Fabie dans son commentaire, me semble une bonne solution.
      je lui ai préparé une assiette, s’il repasse ce soir, au lieu du demi-seau qu’il a reçu les fois précédentes 😉

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