M comme Miroslav

Photo de Pixabay sur Pexels.com

Brève réflexion sur l’exactitude

Les poissons
remontent les rivières au moment exact à l’endroit exact d’où ils viennent.
Les oiseaux aussi
ont cette connaissance innée de l’exactitude du temps et du lieu.

Mais les gens,
privés de leur instinct, s’aident
de recherches scientifiques. Voilà la clé
de cette histoire.

Un soldat
devait tirer un coup de canon chaque soir à six heures précises.
Ce qu’il faisait comme il sied à un soldat. Quand sa
ponctualité a été testée, il a déclaré:

Je me base
sur le chronomètre absolument exact dans l’étalage
de l’horloger de la ville. Chaque jour à dix-sept heures
quarante-cinq, je règle ma montre sur lui et
je grimpe la colline où se trouve le canon.
A dix-sept heures cinquante-neuf exactement, j’arrive au canon
et à dix-huit heures précises je fais feu.

Il s’est avéré
que cette manière de tirer était parfaitement exacte.
Seul le chronomètre devait encore être inspecté. Donc
on a questionné l’horloger de la ville sur l’exactitude
de sa montre.

Oh, dit l’horloger,
cette montre est l’exactitude même. Imaginez,
ça fait des années qu’ici on tire au canon à six heures précises.
Et chaque jour je vérifie le chronomètre
et il indique toujours exactement six heures.

Voilà pour l’exactitude.
Et les poissons remontent les rivières et le ciel résonne
du bruissement des ailes d’oiseaux, pendant que

Les chronomètres font tic-tac et les canons des coups de tonnerre.

Miroslav Holub (1923-1998)

Poème traduit par l’Adrienne à partir d’une traduction en néerlandais mais pour ceux qui connaissent le tchèque, la version d’origine se trouve ci-dessous 🙂

Le titre en néerlandais ainsi que celui en tchèque contiennent le lien qui mène à leur source.

BEKNOPTE BESCHOUWING OVER EXACTHEID

Vissen
trekken altijd exact daarheen en exact dan,
zo hebben ook
vogels een ingebouwd exact tijdsbesef en
plaatsbesef.

Maar mensen,
beroofd van hun instinct, behelpen zich
met wetenschappelijk onderzoek. Dat is de kern
van dit verhaal.

Een zekere soldaat
moest een kanon afvuren elke avond klokslag zes.
Dat deed hij zoals ’t een soldaat betaamt. Toen zijn
exactheid werd getest, meldde hij:

Ik richt me
naar de volstrekt exacte chronometer in de etalage
van de klokkenmaker in de stad. Elke dag om zeventien
vijfenveertig zet ik mijn horloge ermee gelijk en
klim de heuvel op waar het kanon klaarstaat.
Om zeventien negenenvijftig exact bereik ik het kanon
en om achttien uur exact vuur ik af.

Gebleken is
dat deze wijze van afvuren volstrekt exact is.
Alleen de chronometer moest nog worden onderzocht. Dus
vroeg men de klokkenmaker in de stad naar de exactheid
van dat uurwerk.

O, zei de klokkenmaker,
dit uurwerk is het allerexactst. Stel u voor,
al jaren wordt hier exact om zes uur een kanon afgevuurd.
En elke dag kijk ik naar de chronometer
en die wijst altijd exact op zes.

Tot zover over exactheid.
En vissen trekken door het water en uit de hemel klinkt
geruis van vleugels, terwijl

Chronometers tikken en kanonnen bulderen.

Strucná úvaha o presnosti
 
Ryby
 vždycky táhnou přesně tam a přesně tehdy,
jakož i
ptactvo má vestavenou přesnou časomíru a
zeměmíru.
Lidstvo pak,
 ochuzeno o pudy, vypomáhá si činností
vědeckovýzkumnou. K její podstatě odnáší se
tento příběh.
Jistému vojínovi
 bylo vypáliti z děla vždy v šest večer přesně.
Činil tak, jsa vojínem. Když byla zkoumána
jeho přesnost, uvedl:
Řídím se
 naprosto přesným chronometrem, který chová ve výkladu
hodinář dole ve městě. Každý den v sedmnáct
čtyřicet pět nařídím podle něho své hodinky a
ubírám se na kopec, kdež dělo stojí pripraveno.
Přesně v sedmnáct padesát devět dojdu k dělu
a přesně v osmnáct vypálím.
I shledáno,
 že tento způsob vypálení jest naprosto přesný.
Jen onen chronometr bylo ještě prověřit. I
dotázán hodinář, dole ve městě, po přesnosti
onoho stroje.
Ó, pravil hodinář,
 tento přístroj je z nejlepších vůbec. Představte si,
už od let se tu přesně v šest střílí z děla.
A já káždého dne pohlédnu na onen chronometr,
a on vždy ukazuje přesně šest.
Tolik o přesnosti.
 A ve vodách táhnou ryby a z nebes ozývá se
šumění křídel, zatímco
Tikají chronometry a hřmí děla.

Pour ceux qui veulent voir ce que g**gl* tr*nsl*t* fait de ce texte tchèque, c’est ici 🙂

23 commentaires sur « M comme Miroslav »

  1. Merci pour votre traduction.
    J’aime bien l’humour tchèque.
    Quant aux animaux, le changement climatique a l’air de faire perdre à certains ( e.g. vos amis les vers de terre ) une partie de leurs connaissance.
    [ pour les Native Americans, la Full Worm Moon, c’était en mars, pas en janvier ]

    J’aime

  2. ça me fait penser à l’histoire du cow-boy et de l’ Indien qui se préparent pour l’hiver. Le cow-boy coupe du bois, puis demande à l’Indien, détenteur d’une sagesse ancestrale, si l’hiver sera rude. Il voudrait savoir s’il doit prévoir plus de bois. L’Indien répond que « oui, hiver sera rude ». « Comment le sais-tu? » demande le cow-hay curieux. Et l’Indien de répondre: « Homme blanc couper beaucoup bois. »

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  3. Ça donne envie de relire « L’École de l’humour » de Jaroslav Hašek, l’auteur du Brave soldat Chveïk (Švejk)

    Ou les aventures de Nasr Eddin Hodja, voire celles de Nasdine Hodja.

    L’humour et l’enfance, on n’en sort pas !

    Bon dimanche !

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  4. Fille, petite-fille, et belle-fille d’horlogers, j’aime bien avoir l’heure exacte, et déteste être en retard!
    Pendant toute mon enfance, c’est le bip de l’observatoire chronométrique de Neuchâtel, à midi pile, qui servait de référence!

    (LOL, g**gl* tr*d*cti*n! Dire qu’une amie s’en sert pour communiquer avec ses clients étrangers et s’étonne de ne pas les comprendre !!!)

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    1. LOL oui ça doit être joli, tu as vu ce que ça donne avec le tchèque 😉
      (et moi aussi j’aime avoir l’heure exacte, on est tous un peu comme ça par ici et certainement dans ma famille, même sans être horlogers ;-))
      ah tiens tu me rappelles un souvenir, mon grand-père réglait sa montre sur un bip à la radio, il me semble que ça devait être à midi pile, mais je peux me tromper, c’est un souvenir très très lointain…
      bises!

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  5. Bonjour ou plutôt bonsoir tardif,
    Bravo pour ce poème de Miroslav Holub et sa traduction en Tchèque !

    Je partage les commentaires des uns(e) et des autres,

    À 21:05 je vous souhaite une très belle soirée à toutes, tous !

    À demain ! Et ne soyons pas en retard pour une nouvelle semaine !

    Amicalement, Adrienne, lecteurs, lectrices !

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    1. Le tchèque est la version originale et comme je ne connais pas cette langue, je me suis basée sur une traduction en néerlandais pour faire ma version française 🙂
      Merci, bonne nuit, bonne semaine !

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