Le bilan du 20

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Le bilan du 20, c’est qu’il n’y a pas de billet tout prêt, ce matin.

Il n’est prêt que dans ma tête.

Il parle de voisine Casque d’Or – je sais qu’on pourrait trouver ce nom moqueur, mais il ne l’est pas – gentille voisine, dicrète, pleine de tact.

Toujours tirée à quatre épingles, en souliers vernis pour aller faire ses courses.

Toujours le sourire aux lèvres.

Jamais je ne l’ai entendue dire du mal de quelqu’un, pas de cancans, pas de blabla.

Samedi j’étais à son enterrement.

 

Le bilan du 20

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Lui, c’est André. Sous la tignasse sombre, les sourcils froncés et l’air buté, se cache un regard bleu qu’on est toujours surpris de découvrir.

Il a vingt ans tout juste en juillet 1945 et des tonnes d’ambition. Il est celui qui transgresse. Celui qui fait fi des frayeurs du père. C’est pourtant grâce au père qu’il est encore en vie.

L’été de 1944 ses amis résistants ont tous étés tués dans un guet-apens à la ferme Miclotte. Trop jeunes, trop fous, trop inexpérimentés et se croyant invincibles, à l’approche des libérateurs et voulant tellement faire leur coup d’éclat, eux aussi. Mais pour l’empêcher d’aller à ce rendez-vous fatal, le père l’a enfermé. Il ne lui en est même pas reconnaissant. Il veut en découdre.

Alors en septembre, quand passent les libérateurs dans sa petite ville, il s’engage dans la brigade Piron. Le père a beau tempêter, cette fois il est mis devant le fait accompli. Il ne revoit son fils qu’un an plus tard. Il a enfin pu en découdre. Il a suivi la brigade jusqu’au bout, jusqu’à Arnhem. Huit mois de combats. Puis le 18 avril 1945, fin de partie.

André a vingt ans tout juste en juillet 1945 et des tonnes d’ambition. Prêt à en découdre avec la vie.

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carte en provenance du site de la brigade Piron où on voit les mouvements du 3e bataillon entre le 4 et le 18 avril 45.

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tableau et consigne chez Lakévio, que je remercie: parce que c’est l’anniversaire du Fils, je vous propose d’écrire à propos d’un des jeunes hommes peints par Michael Carson.

Le bilan du 20

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Comme le Petit Frère passe une semaine en Belgique, avec son épouse et Monsieur Neveu, c’est la fête tous les jours et l’Adrienne a pu y participer dimanche dernier 🙂

Prière d’admirer ce dessert aussi beau que bon!

Il manque juste une petite touche orange sur le devant de l’assiette, dévorée avant que l’Adrienne ait l’idée de faire une photo 🙂

Le bilan du 20

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Saint-Clair, bientôt! On en apercevait déjà le clocher, il était temps de sortir de sa torpeur, remettre un peu d’ordre dans sa coiffure, retoucher son maquillage, avant d’affronter le regard de sa belle-mère. Anne de la Trave, si fière de son nom, de ses hectares de rochers et de son fils. dans cet ordre-là. En elle-même, Thérèse ne l’appelait que par son nom complet, Anne de la Trave, par dérision. Sa présence était lourde à porter, au quotidien, et la jeune femme n’avait eu que trois semaines de répit, trois semaines à jouir de l’absence de sa belle-mère.

L’étrange est que Thérèse ne se souvient des jours qui suivirent le départ d’Anne de la Trave que comme d’une époque de torpeur. Un vide, comme la convalescence après une grave maladie. Elle en avait profité pour faire ce qu’elle aimait par-dessus tout depuis qu’elle était à Argelouse: rien. Traînasser. Fumer des cigarettes. Feuilleter des magazines. Se coucher tôt et se lever tard. Son mari était loin du compagnon agréable des vacances à la plage. Il se plaignait constamment de maux divers et avait finalement accepté de voir un médecin.

Bernard, sur le seuil, guettait le retour de Thérèse: « Je n’ai rien! » cria-t-il, dès qu’il aperçut sa robe dans l’ombre. Evidemment qu’il n’avait rien, elle le savait bien. Mais il fallait montrer de la joie et du soulagement. Elle se demanda si elle n’aurait pas préféré que le docteur lui ait trouvé quelque chose mais décida que non, un diagnostic différent aurait permis à Bernard de geindre toute la journée et de délaisser complètement sa maigre pratique.

Saint-Clair, enfin. Ce bout du monde où elle s’est enterrée à vingt ans et dont elle se demande quand et comment elle en sortira.

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Ecrit d’après cette consigne de Joe Krapov, que je remercie, avec les incipits des quatre chapitres suivants du livre de Mauriac dont il était déjà question hier 🙂

Photo de Kai Pilger sur Pexels.com

20 miracles de la nature (3 bis)

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Bien sûr, il y a ce petit miracle annuel des premiers chants d’oiseaux, des premières fleurs, des bulbeuses qui sortent de terre ou des bourgeons qui grossissent.

Mais dans ce qui était – il y a quatre ans – le potager de l’Adrienne, des légumes continuent de germer et de pousser sans qu’une main humaine ne s’en soit occupée.

Il a suffi de laisser monter en graines quelques oignons, plants de mâche ou de roquette, et ils reviennent fidèlement pendant les trois années suivantes. 

Ce qui n’empêche pas vos voisins de croire que vous avez un jardin « de mauvaises herbes » 😉

 

20 miracles de la nature (2 bis)

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Dès le premier jour sur le sol islandais, je me suis posé la question de savoir ce qui était le plus grand « miracle de la nature ».

Était-ce cette eau chaude qui sortait de terre ou le fait que des milliers de gens venaient de tous les continents pour l’admirer?

Était-ce cette magnifique cascade ou ces milliers de gens qui grelottaient sous trois à cinq couches de vêtements pour la prendre en photo?

Était-ce ce volcan ou le fait que cette foule bravait l’épais brouillard et la nuit polaire dans le vain espoir de l’entrevoir?

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© Gino Symus, WWF

Un vrai miracle de la nature, au lieu de ce que j’avais pensé écrire à propos des trous et des terrils qui ont remplacé nos jardinets expropriés 😉

Cette photo du photographe belge Gino Symus a gagné le prix Frans Lanting de la WWF.

Je trouve qu’elle est de toute beauté! Non seulement pour sa composition, ses couleurs, sa lumière, mais aussi pour ce qu’elle nous raconte. 

On peut y voir une crevette femelle (Palaemon serratus) – on voit ses œufs dans son ventre – porteuse de vie, porteuse d’espoir.