B comme Bordeaux-Paris

source de l’image ici

Il y avait plusieurs Mariette dans la vie de grand-mère Adrienne, aussi leur prénom s’accompagnait-il toujours de précisions du genre « Mariette-van-nevens-de-deur » ou « Mariette-van-tante-Palmyre« .

La première, celle de la porte d’à côté, était fan de courses cyclistes.

Pas simple fan: elle idolâtrait Herman Van Springel.

Au point que mini-Adrienne se disait que si elle était l’époux de Mariette, elle s’inquiéterait.

Pourquoi Herman Van Springel, vous demandez-vous.
Et vous n’êtes pas les seuls.
Malgré ses questions à sa grand-mère et ses propres observations, la petite n’a jamais pu percer ce mystère: il n’était ni né dans le même coin de Flandre, ni beau, ni le plus grand des champions que comptait le pays.
Mais les voies de l’amour sont impénétrables et Mariette, même au cœur du peloton le plus nombreux et le plus serré, filant à toute vitesse devant son nez, le repérait et hurlait « Herman! Herman! ».

Puis toute haletante d’émotion, elle se tournait vers grand-mère Adrienne, restée droite et impassible comme la statue du Commandeur: « Vous l’avez vu? Je l’ai vu! »

Et elle irradiait de fierté et de confiance en son idole.

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écrit pour le Défi du samedi où Walrus – merci à lui – proposait cette semaine le mot idole.

B comme bonjour!

Peut être une image de 1 personne, position debout, vêtements d’extérieur et texte qui dit ’LaicecParle leCocur Pouv' gamin, C&A èst frumè, il a dũ prinde: èl châle dè s'grand mè, él casaque dè s' pétit fré, ele cote dè s' grand seur, éle kèmise dè s' papi, lès tchôssètes à varice dè s' bobone èyèt sacoche dè s'matante Yvone. CHEGA LaicceParler Laisse fnCocur LD Nĩ-e facîle dè s'abiyîe pou I'momint’

Hier matin l’Adrienne a eu le grand grand fou rire grâce à une amie qui lui envoie cette photo.

C’est en wallon mais vous l’aurez sûrement compris aussi bien qu’elle (ou aussi mal, les spécialistes parmi les commentateurs nous le diront).

« Pauvre gamin, le C&A (magasin de vêtements) est fermé, il a dû prendre le châle de sa grand-mère, la veste de son petit frère, la jupe de sa grande sœur, la chemise de son papy, les chaussettes à varices de sa bobonne et le sac à main de sa tante Yvonne. Il n’est pas facile de s’habiller en ce moment. »

B comme Bruno

Si dans votre G**gl* France vous tapotez Bruno, on vous proposera d’abord Mars, Guillon et Fernandes – l’Adrienne ne connaît aucun des trois, c’est dire si elle est à la page – et en quatrième position celui qui vous intéresse: Bruno Latour.

En effet, hier c’était la fête annuelle de l’Alma Mater chère au cœur de l’Adrienne et à cette occasion a lieu, normalement, la réception des nouveaux doctores honoris causa, parmi lesquels cette année il y avait donc ce philosophe, sociologue et ethnologue français.

Cette année bien sûr tout est ‘virtuel’ et à distance mais si ça vous intéresse, le point de départ est .

Pour ceux qui préfèrent juste écouter, il y a ces 33 minutes de France Culture du 25 janvier dernier.

B comme Boualem Sansal

Gallimard

Si – comme l’Adrienne – vous avez ces temps-ci un peu plus de mal à vous concentrer sur la lecture, prenez ce livre-ci 🙂

Il est court (c’est un folio à 2€ donc court par définition) mais dense et peut se déguster à petites doses.

Il est courageux et fascinant.

Instructif.

Bref, voyez vous-même: la vingtaine de premières pages est à lire ici.

B comme baromètre

La première chose qu’il fait le matin en pénétrant dans la cuisine-pièce à vivre-et-à tout faire, là où il y a aussi les deux bergères en skaï bleu, le poêle à charbon et la télé, c’est un léger toc-toc au baromètre.

Mini-Adrienne n’a jamais compris cette passion pour le temps qu’il a fait, qu’il fait et qu’il fera, quatre saisons sur quatre, qu’on ait à sortir ou pas, et même les jours où ce n’est pas difficile à constater à l’œil nu, juste en regardant dehors. Mais grand-père y met un point d’honneur, chaque matin au lever, chaque soir au coucher, un toc-toc au baromètre.

Douce maison du côté heureux de l’enfance, quand grand-père enlaçait grand-mère, l’arrachant à sa vaisselle, pour danser ‘La vie en rose’.

Douce maison des moments heureux où mini-Adrienne se disait que ça existait donc dans la vie en vrai, des gens qui s’aiment.

Merci, oh merci d’avoir été là. Tant de choses encore à vous dire…

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Merci à Joe Krapov pour ses consignes de Chansons d’Anne Sylvestre:

Cette grande dame vient de nous quitter ce jour. Elle laisse derrière elle des tonnes de chansons dont le moins qu’on puisse dire est que les radios et télévisions ne les ont pas largement diffusées et c’est grand dommage.

Nous jouons aujourd’hui avec une grosse centaine de titres de son répertoire. Il vous est demandé d’écrire un texte, sur le sujet de votre choix, dans lequel au moins cinq de ces titres seront insérés. Cinq n’étant pas limitatif.

Abel, Caïn, mon fils – Agressivement vôtre – Antoinette a peur du loup – Aveu – Bal des champignons – Baptiste – Berceuse aux petits vampires – Berceuse pour moi – Berceuse pour un ouragan – BergèreBleu – Ca va m’faire drôle – Carcasse – Ce merveilleux été – Ces bêtes-là – C’est un veau – C’était ce soir – Chanson dégagée – Chansonnette franco-québécoise – Chat c’est toi l’chat – Clémence en vacances – Coïncidences – Comme Higelin – Comme un personnage de Sempé – Comment je m’appelle – Dans la vie en vrai – Dans le brouillard d’automne – Dans ma fusée – Depuis l’temps que j’l’attends mon prince charmant – Des fleurs pour Gabrielle – Dis-moi Pauline – Douce maison – Douce-amère – Douze petits cochons – Écrire pour ne pas mourir – Éléonore – Faites-moi plutôt la cour – Faites-nous des chansons – Famille pour famille – Fausse sortie – Flocon papillon – Flou – Frangines – Grand’ mère – Grégoire ou Sébastien – Gulliverte – Histoire ancienne – Il me manquait une chanson – Il s’appelait Richard – J’ai de bonnes nouvelles – J’ai le cœur à l’ombre – J’ai une maison pleine de fenêtres – Java d’autre chose – Je cherche mon chemin – Je n’suis pas si bête – Je pense à Noël – Je suis un dinosaure – Je suis une vieille dame – Je te cherchais déjà – Jérémie – J’suis un bas bleu – La chambre d’or – La chanson de l’ortie – La douzième – La faute à Eve – La femme du vent – La payse – La peau de l’ours – La p’tite hirondelle – La Rochelle par la mer – La Romanée Conti – La rose de décembre – La rose des vents – La serpente – La vache engagée – La vaisselle – Lâchez-moi – L’année prochaine – L’autre et l’une – Lazare et Cécile – Le baromètre – Le centre du motif – Le géranium – Le jour où ça craquera – Le pauvre pierre – Le pêcheur de perles – Le petit maçon – Le western – L’enfant qui pleure – Les amours de l’été – Les années qui cognent – Les beaux enfants – Les blondes – Les cathédrales – Les gens qui doutent – Les pierres dans mon jardin – Les punaises – L’éternelle histoire – Lettre anonyme à Jules – Lettre ouverte à Élise – L’histoire de Jeanne-Marie – L’honneur – Lonlère – Madame ma voisine – Maman elle est pas si bien qu’ça – Marie – Marie géographie – Mariette et Françoise – Marine – Maryvonne – Maumariée – Me v’la – Même pas un coup de cœur – Merci, oh merci – Mes sabots de bois – Moire et satin – Mon grand-père Louis – Mon mari est parti – Mon mystère – Mon vélo est blanc – Mousse – Non tu n’as pas de nom – Oh ! Les nuages – Oiseaux – On s’est connu – Par les champs inondés – Partie simple – Pas difficile – Pas encore pas déjà – Petit bonhomme – Philomène – Plate prière – Plus personne à Paris – Porteuse d’eau – Portraits de mes aïeules – Pour qu’on m’apprivoise – Pour une petite chanteuse – Pour une solitude – Priez pour la Terre – Quand on dansait la vie en roseQuatre saisons – Que vous êtes beaux – Regrets d’une punaise – Rien qu’une fois faire des vagues – Ronde madeleine – Rose – Si je ne parle pas – Si la pluie te mouille – Si le renard tousse – S’il fallait faire la guerre – S’ils filent tous dans la lune – Sur un fil – Tant de choses à vous dire – T’en souviens-tu, la Seine – Thérèse – Tiens-toi droit – Très gentille et désespérée – Trop tard pour être une star – Tu es la terre – Un bateau mais demain – Un cœur sur les bras – Un mur pour pleurer – Une chanson grise en do – Une dame de Dijon – Une sorcière comme les autres – Valse-marine – V’la l’printemps gnan gnan – Vous m’avez tant aimée – Xavier.

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J’ai utilisé les 13 mis en gras – l’illustration a servi à un devoir de Lakévio

B comme belle saison

C’est la belle saison où les lutins en veste jaune fluo viennent au parc ramasser des marrons.

En classe ils y piqueront des bâtonnets pour en faire des petits chiens, des bonshommes et même tous les animaux de la terre.

Avec un peu d’imagination, bien sûr 😉

Comme l’ont fait avant eux leurs parents, leurs grands-parents, leurs arrière-grands-parents.

Le bonheur de faire crisser les feuilles mortes.
De s’en mettre plein les poches.

Faut bien que les mamans, ce soir, aient leur part de ce bonheur 🙂

B comme bons côtés

Photo de cottonbro sur Pexels.com

Il a tout de même de bons côtés, le masque, se dit l’Adrienne en se préparant des pommes de terre à l’oignon rouge, huile d’olive, sauge et ail. On peut même s’en mettre deux gousses, personne ne sera incommodé par l’odeur 😉

Et quand on a mangé de la laitue ou des épinards, on n’a pas à se soucier d’un petit résidu vert éventuellement resté collé entre deux dents.

On peut même, comme Terezina, venir au groupe de conversation en français alors qu’on est en attente d’un dentier.

Sauf que Terezina, au lieu de profiter de cet écran, proclame:

– C’est bien, ce masque! comme ça vous ne voyez pas que je n’ai pas de dents!

et aussitôt le baisse sous le menton pour montrer ses gencives 🙂

B comme bol breton

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bol_breton#/media/Fichier:Bols_bretons_f%C3%A9minins,_%C3%8Ele_aux_Moines,_Morbihan,_France.jpg

Chaque année début septembre les parents prenaient une semaine de vacances dans une région française, laissant mini-Adrienne et le petit frère aux bons soins de leur grand-mère.

L’année où ils sont allés en Bretagne, ils en ont rapporté quatre bols bretons pour que chacun ait le sien, orné de son prénom.

C’était extrêmement rare qu’on les sorte de l’armoire.
Ils étaient là.

Depuis le déménagement de sa mère il y a quatre semaines, l’Adrienne dispose donc de son bol breton.
Qu’elle a posé sur la plus haute étagère.
Le sortira-t-elle?
Sans doute peu.
Mais il est là 😉

B comme bonne blague

Le testament français - Andreï Makine - Ebooks - Furet du Nord

Je ne me lassais pas de revoir les séquences pleines d’images qu’enregistrait, en grand désordre il est vrai, ma mémoire. Comme celle où Victor Hugo, patriarche grisonnant et mélancolique, rencontrait sous le dais d’un parc Leconte de Lisle. « Savez-vous à quoi j’étais en train de penser? » demandait le patriarche. Et devant l’embarras de son interlocuteur, il déclarait avec emphase: « Je pensais à ce que je dirai à Dieu quand, très bientôt peut-être, je rejoindrai son royaume… » C’est alors que Leconte de Lisle, ironique et respectueux à la fois, affirmait avec conviction: « Oh, vous lui direz: ‘Cher confrère…’  »

Andreï Makine, Le testament français, Mercure de France, 1995, p.140

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lire des extraits ici – info sur le site de Gallimard ici – entretien avec l’auteur iciTestament français ou testament russe? ici (bonne question pour ceux qui ont lu le livre jusqu’à la fin 😉 )

B comme Black

Moors Blackamoors | Journey to the Source

Tout comme la statue de ce saint Maurice noir dans la cathédrale de Brandebourg, qui date du 13e siècle, la figure de l’homme noir est rarissime dans la littérature de la même époque.

En néerlandais, le tout premier personnage littéraire à la peau noire est Moriaen, dans une chanson de geste du cycle arthurien.

L’oeuvre originale date des environs de l’an 1200 en dialecte flamand (Flandre Occidentale et sud de la Flandre Orientale) mais les manuscrits qui la reprennent ont été rédigés un siècle plus tard en dialecte brabançon de la région de Louvain (Veltem): à la rime, on a gardé le vocabulaire d’origine, à l’intérieur des vers on a choisi les mots brabançons.

Contrairement aux autres héros arthuriens, comme Lancelot, Gauvain, Perceval… Moriaen n’a pas son équivalent dans les différentes langues européennes ayant une littérature de la « matière de Bretagne ».

Son père est Acglavael (Agloval), frère de Perchevael (Perceval), et sa mère une reine mauresque. Sa quête à lui a pour but d’obtenir la reconnaissance paternelle (la légitimité) et de réunir ses parents par le mariage. 

Doe was di swarte ridder blide
Ende scoet ane lanceloets side
Ende ontecte sijn hoeft al daer
Dat pec sward was oppenbaer
Het was di sede vanden lande
More sijn sward alse brande
Maer dat men an ridders soude prisen
Haddi also scone na sire wisen
Al was hi sward wat scaetde dat
An hem was sake di hem messat
Ende hi was langer een haluen voet
Dan enech ridder bi hem stoet
Nochtan was hi van kinscen dagen
Hem begonst so wel behagen
Doe hi horde hare tale
Dat si spraken van acglauale
Dat hi knilde ter eerden neder
Ende walewein. hiuen op weder
Ende seide hem die niemare
Dat haer gelijc een bode ware
Ende behorden tarturs houe
Di werd was van groten loue
Ende si voren beide te male
Percheuale. soeken met acglauale
Die de coninc. beide begeert

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source de l’illustration ici.