B comme baguette magique

Nommez une chose pour laquelle il n’existe pas de championnat, ça doit être assez rare 🙂

Celui de magie en tout cas existe et il vient d’avoir lieu à Québec.

Cette année, apprend-on dimanche soir, c’est un Belge qui l’a remporté, il s’appelle Laurent Piron et pratique ce qu’on explique dans cette vidéo de 2018: la magie nouvelle.

Voilà l’Adrienne embarquée immédiatement dans ses souvenirs d’enfance, à se rappeler les tours de magie de l’ami José certains dimanches après-midi.

Des « tours » et des trucs qu’il fallait acheter en magasin spécialisé, bien s’entraîner à réaliser correctement puis montrer au public constitué de trois adultes et quatre enfants.

Ébahis, les enfants; amusés, les parents.

Même si parfois ça ratait.

Alors l’ami José était le plus déçu de tous, lançait d’un air fâché: « C’est fini! J’arrête! » et les quatre petits poussaient des Oh! navrés et des Encore! suppliants.

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Les fans de l’ami José peuvent trouver ici les cinq billets qui lui ont été consacrés.

C’est qu’on l’a beaucoup aimé, l’ami José 🙂

B comme besoin

Que voit-on sur cette photo des frères Antony prise à Ostende le 27 septembre 1925?

On est sur la digue, le bâtiment circulaire est le Kursaal, splendide construction Belle Époque de 1878 que les Allemands ont détruite en 1940 pour installer un bunker à sa place.

Au loin, à la limite entre Ostende et Mariakerke, on voit les deux chalets royaux qui n’ont pas non plus survécu à la guerre de 40-45.

Entre le Kursaal et les chalets, des hôtels qui ont beaucoup souffert des bombardements, en totalité ou en partie, de sorte que dans les années 1950-1960, Ostende a été un grand chantier de construction.

Sur la digue, sous un intéressant ciel nuageux avec éclaircies 😉 des promeneurs et des promeneuses: deux femmes, deux couples, un contemplateur solitaire, une nounou avec des enfants et un landau.

Et à l’avant-plan, un chien qui s’installe fort à propos pour déposer son petit besoin.

Et pas encore de sachets-caca à l’époque 😉

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Expo photos de Maurice et Robert Antony à Ostende

B comme bidouillons

Découvrez les coulisses de l’improvisation dit le journal La Croix et c’est exactement ce qu’ont fait Nadine et la mère de l’Adrienne.
Écoutez l’histoire et jugez-en vous-mêmes:

– Tu sais que je vais à la messe trois fois par semaine.
Le curé est un très vieil homme qui perd un peu la boule mais heureusement il connaît la messe par cœur et il la fait en vingt minutes exactement.

Donc mercredi dernier, le temps que je sorte avec mon caddie – oui normalement Marie-Paule me ramène en voiture mais là à cause du caddie plein, ça n’allait pas – donc j’étais encore sur le parvis quand Nadine est sortie de l‘église, tout en affaire :

– Le curé a oublié la clé dans la serrure du tabernacle ! qu’elle m’a dit.

Alors là, on ne savait pas quoi faire ! Si quelqu’un de mal intentionné allait la prendre ? Ou ouvrir le tabernacle ? Voler les hosties !

– Tu sais quoi, j’ai dit à Nadine, prends la clé et cache-la en-dessous de la nappe de l’autel.

Elle trouvait que c’était une bonne idée et on est reparties tranquilles.

A la messe suivante, Nadine n’était pas là parce qu’elle va aussi à une autre paroisse et comme personne ne réussissait à ouvrir le tabernacle, j’ai dit que la clé était sûrement sous la nappe.

Ils ont regardé mais ils ne l’ont pas trouvée.

– Bon et maintenant, qu’est-ce qu’on va faire ? a demandé Marie-Paule.

Elle avait dit au curé de consacrer quelques hosties de plus, parce qu’elle attendait du monde et comme il en restait tout de même pas mal à la fin de la messe et que personne ne réussissait à ouvrir le tabernacle, le curé a résolu le problème en les mangeant.

– En les mangeant ? demande l’Adrienne ahurie.

– Ben oui ! Les hosties qui restaient, ils les a toutes mangées ! Puisqu’on ne pouvait pas les mettre dans le tabernacle !

– Il a eu du mal, d’ailleurs, a-t-elle encore ajouté.

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Merci à Joe Krapov pour sa consigne Les Conseils de « La Croix »  
En pages 6 et 7 de « La Croix magazine » se trouvent des petits articles, renvoyant à des sites web ou à des livres, dont le titre contient un verbe est à l’impératif.
1) Suivez-ces conseils, rassemblés ci-dessous et racontez-nous ce qui s’ensuit si vous les appliquez à la lettre (un par un ou plusieurs à la suite !)
2) ou développez, sous forme d’un article à votre sauce, ce dont il pourrait être question sous un des titres suivants :

Découvrez les coulisses de l’improvisation

B comme basilique

Le petit groupe se trouvait à flasher à qui mieux mieux les sept colonnes restées miraculeusement debout pendant que le guide expliquait la construction du temple grec, gestes à l’appui:

– Il était toujours en trois parties qui se succédaient et ici nous sommes dans le pronaos. Plus on avance, plus l’endroit est sacré. La troisième partie, le public n’y a pas accès.

Le lendemain le petit groupe flashait des icônes et un immense lustre dans une église orthodoxe grecque.
Pour y entendre un peu le même discours sur les trois parties.
Normal: on sait d’où vient l’inspiration pour nos « basiliques » et autres églises.

Le surlendemain, le petit groupe flashait les orangers et les ruines archéologiques de Lerne.
Et là, oh merveille! on peut voir les fondations d’une maison « princière » de l’âge du bronze ancien (2500-2300 avant notre ère), qu’on appelle « la maison des tuiles« .

Vous avez deviné la suite: elle est en trois parties, comme les demeures princières des acropoles, avec – comme aujourd’hui encore dans les palais – une antichambre, une salle de réception et la dernière pièce, privée.

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en photo (le 30 avril), les orangers qui bordent l’allée menant au site archéologique de Lerne.

B comme Bruxelles-Toulouse

Quand en 2017 l’Adrienne a vu ce dessin d’Hergé à l’expo qui lui était consacrée, elle n’en a pas saisi la portée: Bruxelles-Toulouse et retour, à l’automne 1940?

Ce n’est que tout récemment qu’elle a établi le lien avec des faits historiques qui ont touché plus de 300 000 jeunes hommes, jeunes garçons principalement, au lendemain de l’invasion allemande.

Après le 10 mai 1940, les jeunes gens de 16 à 35 ans qui n’avaient pas fait de service militaire ont été enjoints de quitter immédiatement leur foyer pour se rendre par leurs propres moyens dans des centres de recrutement de l’armée belge.

Les chercheurs évaluent à 300 000 le nombre qui a pris la route, donc quasiment tous les appelés, souvent à pied ou à vélo, seuls ou en petits groupes du même village, du mouvement scout…

Des gamins pour la plupart, emportant juste, comme on le leur avait dit, une couverture, un peu de linge et de la nourriture pour 48 heures. Des gamins qui n’avaient souvent pas encore quitté leur province, ni pris le train et beaucoup n’avaient jamais vu la mer.

L’avancée de l’armée allemande a cependant été si rapide, que rien n’était prévu pour les accueillir si massivement, en plus du flot de réfugiés. Comment trouver à se loger, à manger, à boire, à se laver? Toujours ils étaient envoyés plus loin, toujours ils devaient se débrouiller seuls. Après Courtrai, Roulers, Ypres et Poperinge, ils ont été envoyés en direction de la France.

C’est là qu’un grand nombre d’entre eux s’est retrouvé pris entre deux feux. Plus de trois cents sont morts sur les routes belges ou françaises, lors de bombardements par les stukas. Ceux qui ont réussi à passer la Somme à temps ont été envoyés à Rouen, où ils ont été obligés d’abandonner sur place leur précieux vélo. Pour continuer en train à bestiaux, jusqu’à soixante par wagon prévu pour quarante, en direction de Toulouse.

Quand les combats ont cessé, il a encore fallu de nombreuses semaines pour organiser leur rapatriement.

D’où le lien avec le dessin d’Hergé: les derniers ont retrouvé leur foyer en septembre.

Karel Strobbe, Pieter Serrien, Hans Boers, Van onze jongens geen nieuws. De dwaaltocht van 300.000 Belgische rekruten aan het begin van de Tweede Wereldoorlog, éd. Manteau, 2015, 357 p. (traduction du titre: Pas de nouvelles de nos garçons. L’odyssée de 300 000 recrues belges au début de la deuxième guerre mondiale)

Sur la photo choisie pour la couverture du livre, on en voit devant leur baraquement. Sur le mur ils ont écrit: « Wij willen terug naar België« , nous voulons rentrer en Belgique. Remarquez leur tenue: chemise, cravate… Pour cette équipée, ils avaient pour la plupart mis leur « costume du dimanche », croyant que dès la première ville où ils devaient se rendre, on leur donnerait leurs habits militaires…

Allez donc faire, comme ce gamin de Chênée, près de Liège, 130 km à pied avec vos chaussures du dimanche. Puis 225 km à vélo, pour essayer de garder une petite avance sur les panzers allemands. Et enfin 1600 km en train jusqu’à Nîmes.

B comme Baladins

Parfois l’Adrienne se demande pourquoi elle a une télé – et un abonnement télé – vu qu’il arrive qu’elle ne l’allume pas pendant quinze jours ou trois semaines.

Pourtant chaque matin elle passe en revue tous les programmes de la journée, au cas où il y aurait quelque chose de bien à enregistrer.
Mais elle est si difficile 😉

La semaine dernière cependant, un nom dans un reportage l’a subitement frappée: Nele Paxinou!
La metteuse en scène qui s’est occupée de leur petit groupe d’étudiants en philologie romane, à Louvain, pour les préparer à la représentation d’une pièce de Ghelderode.

Quels merveilleux souvenirs 🙂

Nele Paxinou, c’est elle qui a fondé la troupe des Baladins du Miroir, il y a quarante ans. Et à l’occasion de cet anniversaire, la RTBF a réalisé un très beau reportage.

Ci-dessus, c’est la bande-annonce.
Ci-dessous, Nele Paxinou en 2010

B comme Belgenland

“Het stoomrytuig is de wonderbaerste uitvinding die men tot heden gedaen heeft. Belgenland heeft in het opmaken van yzeren wegen, de andere landen van het vaste Europa voorgegaen. Wanneer ik my de eerste mael op het stoomrytuig bevond, heb ik dit gedicht gelyk het hier staet, gedroomd en namaels uitgewerkt. Het is meest voor de klanknabootsing gemaekt; derhalve zal het by eene lezing met luiderstemme beter het doel bereiken.”

Hendrik Conscience, à propos du poème dont il est question dans le petit film ci-dessus, et que son ami peintre Gustaaf Wappers, peintre officiel de Léopold Ier, a illustré par une œuvre exposée en tout début de parcours dans l’expo « Les voies de la modernité » au musée des Beaux-Arts de Bruxelles: Le char de Satan, Satans wagen. (visible dans la vidéo vers la 3e minute)

On est entre 1835 (inauguration de la première ligne de chemin de fer sur le continent, de Bruxelles à Malines) et 1837. Cette nouvelle machine inspire à l’écrivain à la fois frayeur et admiration:

« La machine à vapeur est l’invention la plus prodigieuse qu’on ait faite jusqu’à présent. La Belgique précède tous les autres pays du continent européen avec la construction du chemin de fer. Quand je me suis trouvé pour la première fois dans le train à vapeur, j’ai rêvé ce poème et ensuite je l’ai écrit. Il est surtout fait d’onomatopées et par conséquent plutôt destiné à être lu d’une voix forte. » (traduction de l’Adrienne)

Raison pour laquelle, dans la vidéo, il est demandé aux passants de lire à haute voix le poème porté « en sandwich » 🙂

Si l’Adrienne devait retenir une seule œuvre de cette expo, ce serait celle-ci: d’abord pour sa beauté et sa source d’inspiration, parfaitement en accord avec le thème de ce billet, le rail, la machine à vapeur, sa vitesse… fascinent et effraient à la fois.
La fascination de la vitesse est rendue ici avec une grande beauté.
Ensuite, parce que c’est une véritable découverte, le peintre liégeois Fernand Stéven (1895-1955) lui étant totalement inconnu.

Bien sûr, on peut aussi y aller pour voir ce qu’on connaît déjà, comme les impressionnantes volutes de fumée et de vapeur peintes par Monet 🙂

Arrivée du train de Normandie, Gare Saint-Lazare de Claude ...
source ici

B comme botanique

source ici

ça m’intéresse pas, les plantes! fait petit Léon.

Il veut profiter du fait que sa prof de sciences est absente encore quelques jours et ne pas faire les devoirs prévus. Il s’agit des sortes de feuilles, simples ou composées, et de toutes les façons dont on peut les catégoriser.
Donc beaucoup de vocabulaire neuf à découvrir, encore une fois!

Alors Madame sort son truc du renversement des rôles:

– C’est quoi, ça? pétiole? verticillé? Tu sais ce que ça veut dire, tout ça, toi?

Elle retourne un peu en arrière dans le syllabus pour voir où c’est expliqué et ça énerve Léon, qui ne connaît qu’un seul mode de fonctionnement: aller de l’avant, même si on n’a rien compris à ce qui précède.

– Pé-ti-o-le, dit-il en détachant les syllabes et en les faisant répéter deux ou trois fois à Madame, exactement comme elle l’a fait juste avant avec le vocabulaire de néerlandais qu’il devait apprendre.

– Ver-ti-cil-lé!

Madame ne joue pas les élèves récalcitrantes et elle espère que quand son petit prof Léon sort de chez elle, docendo discimus, il connaît deux ou trois trucs en plus 😉

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verticillé, comme pour le gratteron sur la photo ci-dessus, se dit d’un « groupe de plus de deux feuilles qui naissent au même niveau sur la tige, en anneau ».
Merci au dictionnaire Robert 🙂

B comme Bruxelles

Expositions Art, Histoire (Expos, Musées): Exposition ...

Une chouette expo, particulièrement à sa place au royaume du surréalisme, en ce moment et jusqu’en janvier, sur « L’humour de l’art ».

Bien évidemment, le monde de l’art n’a pas attendu le 20e siècle pour se moquer d’un certain nombre de choses qui le concernent, aussi le parcours de l’expo commence-t-il par des caricatures, comme celles de Daumier, où on peut voir par exemple le critique d’art qui se promène, hautain et supérieur, entouré par une cour d’obséquieux et de flagorneurs.

A Bruxelles, dès la fin du 19e siècle sont organisées des « Great Zwans Exhibitions » pour se moquer de ce que l’on considère comme des dérives de la modernité.
Pour ceux qui aiment ça, un florilège d’images de Zwanze bruxelloise ici.

Après bien sûr on a Duchamp et Picabia, Magritte et Scutenaire, Allais et Dorgelès, jusqu’aux cacas de Manzoni et Delvoye… et Dalì en super-bouffon de l’art.

Bref, un régal.