B comme bonne blague

– Je vous promets, dit cette charmante enfant, de ne jamais vous mentir!

Quand on sait qu’elle est le quatrième porte-parole qu’use vous-savez-qui au cours de son mandat, grand spécialiste lui-même du jeu de la vérité, on goûte toute la valeur de cette « parole d’honneur » aux journalistes assemblés et certainement médusés 🙂

L’Adrienne heureusement n’est pas journaliste, elle a éclaté de rire en entendant cette bonne blague.

« Never ».
Jamais.

« I give you my word ».
Parole d’honneur.

La photo ci-dessus ainsi que ce merveilleux passage de l’allocution, à voir et à revoir ici, pour notre plus grand plaisir.

Zaterdag 25 april

Lectrr, ici

B comme Barsky

Sam Barsky est un Américain fan de tricot.

Il crée ses propres modèles – un modèle unique, en fait, seul le dessin diffère chaque fois. Sur chaque pull-over, il représente soit un lieu – un bâtiment historique, un paysage – soit un thème – un anniversaire, une fête du calendrier, un film célèbre.

C’est avec une conviction touchante qu’il vous explique, comme dans la vidéo ci-dessus, comment procéder 🙂

Vous pouvez carrément prendre la vitesse de lecture fois 2, vous pourrez encore parfaitement suivre.

Toujours en jersey, avec les mêmes aiguilles, la même grosseur de fil, le même nombre de mailles, la même encolure large pour qu’il puisse passer facilement la tête. Rien de compliqué. Mais ça fait un tabac sur les réseaux sociaux.

Ci-dessous, la toute première leçon, ou comme il le dit lui-même, son « first show », le « work in progress » d’un « artistic knitter » 🙂

Pour la collection de photos, voir ici.

B comme Bye, bye Baby

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Debout devant son secrétaire, à dix heures du matin, et pas encore tout à fait habillée, elle remet une épingle à son chignon qui ne cesse de se défaire.

La température grimpe déjà, il faudra bientôt refermer la fenêtre, les rideaux, les volets… 

Il fait une de ces chaleurs, en ce dimanche 27 août, qui lui ôte toute envie de mettre une blouse.

Laquelle mettre, d’ailleurs? Voilà quatre ans qu’elle fait du neuf avec du vieux.

Or, en ce dimanche de fête, elle veut être à son avantage.

Et s’entendre encore appeler ‘Hey! Ginger!’ par un de ces grands gars au sourire éclatant, arrivés ces derniers jours, transformant la ville en une fête perpétuelle.

Oublier, oublier!

Oublier Hans, et Helmut…

Oublier cette première femme tondue hier.

***

5e devoir de Lakevio du Goût – que je remercie:
Cette femme devant sa psyché, se prépare-t-elle à partir ou revient-elle ? Et s’il y avait quelqu’un derrière elle ? Dites-en quelque chose lundi. Que vous soyez à la place de l’une, de l’autre, des deux. À vous de jouer.

B comme Breugel à Bruxelles

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La fresque sur un des murs de l’Albertine est une belle invitation à aller découvrir une autre facette de l’oeuvre de Breugel, plus méconnue. Je cite le bel article de la RTBF

« [l’expo] est découpée en 13 salles et se prolonge dans le Palais de Charles de Lorraine, gouverneur-général des Pays-Bas autrichiens de 1744 à 1780. Cet espace agencé au XVIIIe siècle vient d’être entièrement rénové pour 7 millions d’euros, avec le soutien de la Régie des Bâtiments et de Toerisme Vlaanderen. L’exposition ramène les visiteurs 450 ans en arrière, au XVIe siècle, période durant laquelle la Flandre était au cœur de la production et du commerce des estampes.

Dans les premières salles, elle montre comment se déroulait le processus, du dessin à l’estampe. Pour ce faire, elle s’appuie sur des dessins préparatoires originaux de Bruegel, parmi lesquels ses paysages italiens et ses sept péchés capitaux. Le Cabinet des Estampes de KBR et la KU Leuven ont lancé en 2016 le projet FINGERPRINT, qui fait appel aux dernières techniques d’imagerie pour observer les différentes phases de genèse des estampes de Pieter Bruegel. Leurs premiers résultats ont été incorporés dans l’exposition.

Par la suite, différentes estampes de Pieter Bruegel sont présentées en mettant en lumière ses paysages panoramiques fournis, l’influence du peintre flamand Jérôme Bosch, ses folles créatures imaginaires ou encore ses visées moralisatrices. « On a conçu l’exposition de manière à ce que ce ne soit pas toujours des cadres qui sont simplement accrochés au mur« , explique Joris Van Grieken, commissaire de l’exposition. « On a essayé de recréer l’ambiance de l’époque. Au XVIe et même encore au XVIIe siècle, les estampes étaient posées sur des tables, reliées dans un album ou étaient volantes. Donc, on en présente dans des vitrines en bois sur lesquelles on peut se pencher, dans une table vitrée…« 

Au total, l’œuvre de ce peintre flamand compte une septantaine de gravures qui ont fait l’objet de multiples impressions. Elles sont toutes reprises au sein de l’exposition. Des peintures ou encore des manuscrits viennent enrichir la collection présentée au public. »

Toute l’info sur le site de l’Albertine ici.

Photo prise à Bruxelles le 27 décembre 2019.

 

B comme batraciens

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Dans son dialogue de Phaedon, Platon fait dire à Socrate « je suis persuadé que la terre est au milieu du ciel et de forme sphérique, elle n’a besoin ni de l’air, ni d’aucun autre appui pour s’empêcher de tomber, mais que le ciel même, qui l’environne également, et son propre équilibre suffisent pour le soutenir ; […] De plus, je suis convaincu que la terre est fort grande, et que nous n’en habitons que cette petite partie qui s’étend depuis le Phase jusqu’aux colonnes d’Hercule, répandus autour de la mer comme des fourmis ou des grenouilles autour de marais : et je suis convaincu qu’il y a plusieurs autres peuples qui habitent d’autres parties semblables […] »

Pour ceux que ça intéresse, on peut lire tout le Phaedon ici.

Le Phase se trouve à l’est de la mer Noire et les Colonnes d’Hercule à l’ouest de la Méditerranée.

Les statuettes (photo prise à Tongres) de type « Tanagra » viennent de Kallatis et Istros, actuellement territoire roumain au bord de la mer Noire, anciennes colonies grecques, comme on l’apprend à l’expo Dacia Felix, en ce moment à Tongres. 

Ce qui m’a amusée, c’est cet ancêtre de notre mot ‘batracien’ βατράχους et l’image de nos activités humaines tout autour des mers, comme des fourmis et des grenouilles: 

 τι τοίνυν, ἔφη, πάμμεγά τι εἶναι αὐτό, καὶ ἡμᾶς οἰκεῖν τοὺς μέχρι Ἡρακλείων στηλῶν ἀπὸ Φάσιδος ἐν σμικρῷ τινι μορίῳ, ὥσπερ περὶ τέλμα μύρμηκας ἢ βατράχους περὶ τὴν θάλατταν οἰκοῦντας

B comme Balzac

2019-10-29 (4)

Un chouette pèlerinage à faire, c’est la visite de la maison de Balzac, 47 rue Raynouard. Joli jardin. Jolie vue sur la tour Eiffel, dont Balzac n’a évidemment pas pu profiter. Charmant accueil. Site internet bien fait.

En ce moment – et jusqu’au 13 janvier – il y a une expo sur le dessinateur et caricaturiste Grandville (1803-1847)

Un objet balzacien en particulier attire l’attention, c’est une canne qui avait apparemment déjà remué les foules et l’opinion à son époque, comme on peut le lire sur place ou sur le site du musée:

Une baguette magique, une trique ou un sceptre…? Les contemporains de Balzac discutent extensivement cet objet, intrigués par son apparence anormale comme par la personnalité de son propriétaire.

Convaincu de l’imminence du confort financier, Balzac achète cet accessoire coûteux à crédit. La canne […] livrée le 18 août 1834, se paie encore en avril 1835. Le prix signifiant (700 francs) se justifie par le pommeau d’or, fait avec des gravures fines et avec une constellation de turquoises.

La richesse atteste du succès de Balzac après les publications consécutives de plusieurs œuvres bien reçues, Eugénie Grandet en particulier. L’écrivain s’attend à une montée de prestige grâce au Père Goriot, qui est en préparation. La période est aussi entrecoupée de succès émotionnels, avec Madame Hanska et ensuite avec la Comtesse Guidoboni-Visconti. […] 

Voulant montrer qu’il a bon goût, il commissionne un accessoire excessif à tous égards : extravagant par la taille de son bracelet comme par le pommeau en or qui décore les armoiries louées des Balzac d’Entraigues, une famille sans aucun lien de parenté avec l’écrivain.

Ce bijou est inconvenant, parce que les turquoises sont généralement associées avec les jeunes filles. Et qu’est-ce que la capsule au bout du pommeau pourrait contenir ? […] L’objet crée une sensation sociale intense ; des journalistes et des caricaturistes en empruntent immédiatement dans un concours créatif.

La canne témoigne aussi de l’amour qu’a Balzac pour Madame Hanska, dont la chaîne enfantine a fourni les glands, et Balzac peut fièrement lui parler de “ce bijou qui menace d’être européen… […]

Delphine de Girardin, dans son roman La Canne de Monsieur Balzac (1836), constate qu’elle rend invisible celui qui la porte dans sa main gauche.

“M. Balzac se cache afin d’observer ; il regarde, il regarde des gens qui pensent être seuls, qui pensent comme si personne n’avait jamais regardé pendant qu’ils pensent ; il observe des génies qu’il surprend au saut du lit, des sentiments dans leur peignoir, des vanités dans leurs pantoufles, des fureurs en chapeaux, des misères en vestes, et puis il met tous ces morceaux de vous dans un livre.” 

balzac canne_turquoises_1

la photo en tête du billet a été prise le 29 octobre 2019 – source de la photo de la canne et du texte en bleu: ici