B comme bibliothèque

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Lucette Desvignes se posait la question hier, accroche-t-on encore des poissons de papier dans le dos des gens, le premier avril? Essaie-t-on encore de leur faire croire une farce?

Il est vrai qu’on ne voit plus de poissons dans les cours d’école mais un tas d’instances, les journaux, la radio et de plus en plus d’entreprises s’amusent à essayer de berner de manière plus ou moins humoristique.

Comme nos bibliothèques en région flamande, qui annonçaient pour le premier avril que désormais les livres ne seraient plus classés selon l’alphabet mais d’après leur couleur.

Un petit aperçu des meilleures idées ici.

Même la police d’Anvers y est allée de son scoop en montrant sa toute nouvelle brigade féline 😉

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B comme Bruxelles et Babelio

Ce vendredi premier mars, un cadeau dans ma boîte aux lettres, Bruxelles Omnibus de Patrick Weber, dont voici le résumé de l’éditeur:

Place forte seigneuriale, ville sœur de Madrid et de Vienne sous le règne des Habsbourg, capitale d’un royaume et de l’Union européenne, Bruxelles est l’une des plus anciennes cités d’Europe. L’une de celles qui a aussi le plus souvent changé de visage au cours de son histoire et des dominations successives (Bourgogne, Espagne, Autriche, France, Pays-Bas…). […]

Comme dans Métronome, le best-seller de Lorànt Deutsch, Patrick Weber nous fait découvrir tous ces trésors à travers les arrêts des métros, bus et trams de Bruxelles. Autant de noms – parfois pittoresques – dont la signification nous est souvent inconnue : Heysel, Maison d’Érasme, Jeu de Balle, Cage aux Ours, Petit Sablon, Porte de Hal, Botanique, Étangs d’Ixelles, Abbaye, Vert Chasseur, Vivier d’Oie…

Au fil de ses découvertes, Patrick Weber nous emmène sur les traces du grand humaniste Érasme, raconte la naissance de l’hôtel des Monnaies, ressuscite les heures glorieuses de l’abbaye de La Cambre et marche sur les pas des guerriers qui défendaient la prestigieuse porte de Hal. Sur la Grand-Place, il revient sur l’exécution des comtes d’Egmont et de Hornes, tandis que, de passage au Cinquantenaire, il retrace les grands rêves urbanistiques de Léopold II qui s’était mis en tête de concevoir la plus belle arcade d’Europe.

Envie de lire les premières pages? c’est ici 🙂
L’article du Vif (voir le commentaire de Walrus) est ici.

 

B comme Brafa

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La foire aux antiquaires (BRAFA) est à l’image de l’expo de la ROCAD.be, La Chambre Royale des Antiquaires et des Négociants en Œuvres d’Art, qui fête son centenaire (1919-2019) en exposant dans un joyeux mélange des (je cite) « œuvres phares, allant de tableaux anciens et modernes, des arts décoratifs, arts premiers, porcelaine, argenterie, antiquités, archéologie et mobilier. Ces pièces ont toutes été cédées par les membres de ROCAD.be à des collectionneurs ou à des musées, et ne représentent qu’une petite partie des transactions qui se sont faites au fil des années par les marchands de la Chambre, et ne seront pas à vendre. Ces objets reflètent parfaitement la qualité et la diversité des spécialités qui sont les fleurons de cette association d’antiquaires et de négociants en art.
Les œuvres choisies sont non seulement des pièces exceptionnelles du marché de l’art mais racontent aussi chacune une histoire qui sera partagée avec le public.
L’exposition comprendra notamment :
– Deux œuvres de la main de René Magritte (1898-1967)
– Une exceptionnelle figure de Bodhissatva du VIe siècle
– Une rarissime statue Djenné du Mali en terre cuite
– Un service dit « aux oiseaux de Buffon » de la Manufacture de Tournai, XVIIIe siècle
– Une paire de chenets par Pierre Gouthière, XVIIIe siècle, dont seul un autre exemplaire
est connu au Château de Versailles
– Un portrait par Henri Evenepoel (1872-1899) » (fin de citation de la brochure ROCAD)

Bref, l’Adrienne y a passé quelques belles heures hier, passant de l’art préhistorique à l’art africain, à l’antiquité égyptienne, grecque, romaine, aux peintures de tous les siècles et de tous les genres, bijoux anciens, sculptures, bandes dessinées… et n’a regretté qu’une chose: qu’il y ait toujours si peu de possibilités de restauration sur place. Vous n’avez pas réservé? a dit la jeune fille à un monsieur qui faisait la queue, alors nous n’avons pas de place avant quinze heures 🙂

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B comme Behrouz Boochani

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Le livre de l’année 2018, dit l’auteur de l’article, prof de littérature à l’université de Louvain (KUL), a été écrit par un demandeur d’asile prisonnier depuis 2013 sur l’île de Manus: No Friend but the Mountains, par Behrouz Boochani, journaliste, diplômé en sciences politiques et réfugié kurde d’Iran.

Un livre et un témoignage d’autant plus importants que bon nombre de nos politiciens d’Europe et des Etats-Unis admirent et promeuvent la ‘solution finale’ trouvée par les autorités australiennes dans le traitement des migrants essayant d’atteindre leurs côtes… 

© Asylum Seeker Resource Centre – source de la photo et article en néerlandais ici

article de Jasmine Caye (en français) ici

article en anglais (The Guardian) ici

B comme bête

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L’adolescence, c’est l’âge bête, déclare la mère. 

Alors, comme pour le prouver, l’enfant se referme complètement, les épaules tombantes, le dos rond, le regard absent.

L’adolescence, c’est l’âge bougon. Regardez-la, ajoute la mère. Et têtue, avec ça! têtue comme une mule! exactement comme son père!

L’enfant retourne dans son monde, ses rêves, ses pensées. Là où personne ne peut la blesser. Là où elle s’échafaude des romans et est entourée d’amour.

Jo m’a donné cette rose blanche, pense l’enfant. Dans sept ans, je l’épouse et nous partons à l’autre bout de la terre, tous les deux. Pour toujours.

***

Tableau et consignes chez Lakévio, que je remercie. La lettre i était interdite.

B comme bloemen

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« Dank u voor die bloemen » disait le pape Jean-Paul II chaque année à Pâques, et après lui son successeur également, rivalisant tous deux de multilinguisme.

La petite phrase est devenue si célèbre en Flandre et aux Pays-Bas qu’elle y est utilisée à tout propos. Surtout dans le mode comique.

Aussi, en se promenant dans Ostende dont tous les espaces verts sont ornés de chrysanthèmes blancs, violets et parme, l’Adrienne ne peut que penser « dank u voor die bloemen« 

Même si, paraît-il, le pape actuel remercie les généreux donateurs de fleurs en italien

photo prise le 2 novembre

B comme Black Bazar

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Quatre mois se sont écoulés depuis que ma compagne s’est enfuie avec notre fille et L’Hybride, un type qui joue du tam-tam dans un groupe que personne ne connaît en France, y compris à Monaco et en Corse. En fait je cherche maintenant à déménager d’ici. J’en ai assez du comportement de mon voisin monsieur Hippocrate qui ne me fait plus de cadeaux, qui m’épie lorsque je descends au sous-sol dans le local des poubelles et qui m’accuse de tous les maux de la terre. En plus, quand j’entre chez moi je ne supporte plus de deviner la silhouette de mon ex et celle de L’Hybride qui rôde quelque part. J’ai pourtant nettoyé le studio de fond en comble, j’ai même repeint les murs en jaune à la place du bleu ciel qu’il y avait avant. Il n’y a donc aucune trace qui devrait rappeler qu’une femme et un enfant vivaient avec moi dans cette pièce. Sauf peut-être la chaussure que ma compagne a oubliée sans doute dans la précipitation. Ce jour-là elle devait se dire que je pouvais rentrer d’un instant à l’autre et la surprendre en train de rassembler ses affaires alors que moi je savourais ma Pelforth au Jip’s. Si je suis tombé sur cette chaussure c’est un peu grâce aux conseils d’un de mes potes au Jip’s, Paul du grand Congo. Il m’avait confié entre deux verres de bière que lorsqu’une femme te quitte il faut à tout prix que tu déplaces ton lit pour tirer un trait sur ta vie passée et éviter les cauchemars dans lesquels des petits hommes te hantent et te veulent du mal. Il avait raison. J’ai eu en effet plein de cauchemars pendant les sept nuits qui ont suivi le départ de mon ex. Je sautais des murailles de Chine et retombais dans le vide. J’avais des ailes, je m’envolais très haut, je parcourais plus de dix mille kilomètres en quelques secondes, puis je me posais sur un sommet dix fois plus haut que l’Himalaya et vingt-cinq fois plus haut que nos montagnes de la forêt du Mayombe. Je me retrouvais au milieu des Pygmées du Gabon qui m’encerclaient avec des sagaies empoisonnées. Je ne pouvais pas les semer, ils volaient plus vite que moi. Pendant mon enfance on nous disait qu’ils avaient des pouvoirs surnaturels parce qu’ils étaient les premiers hommes à qui Dieu avait confié les clés de la Terre depuis les temps de la Genèse.

Alain Mabanckou, Black Bazar, Seuil, 20119, p.9 (Prologue)

On peut lire la suite ici.

Excellente lecture et pour s’en convaincre, choix des libraires et petite revue de presse ici.

photo et info sur le site de l’éditeur, Le Seuil.