B comme brol

C’est quoi ce brol? se demande l’Adrienne en découvrant la photo qui accompagne le mot de la semaine au Défi du samedi.

Mot qu’elle ne connaît pas, évidemment.

Apotropaïque.

Comme tant d’autres, elle se demande où Walrus va les chercher.
Et pourquoi cette fois il a choisi un adjectif.

Bref, l’objet apotropaïque, ça lui a évidemment rappelé des souvenirs de sa superstitieuse grand-mère et de son Saint-Antoine.

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Merci à Walrus de continuer à nous entretenir, chaque samedi, et à nous cultiver 🙂

B comme Beaucarne

« J’arrive tout couvert encore de rosée », dit ce gros menteur qui a tout simplement rapporté des fruits et des fleurs de chez l’arabe au coin de la rue.

Ah! c’est qu’il a toujours été fort en paroles, le bougre!

Et je te prends, et je te jette, et je te bastonne, et je te quitte et puis je reviens te faire les yeux doux…

Ah! Il sait tourner des compliments, quand il veut obtenir quelque chose!

Et vos yeux si beaux, gnagnagna…

Le pire, c’est que ça marche, ses tissus de mensonges!

Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous.

Tu parles, Charles!

Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches

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Texte écrit pour le 139e devoir de Monsieur le Goût – merci à lui – qui proposait ceci, basé sur Green, de ce gros menteur de Paul Verlaine:

D’après vous, qu’est-ce qui m’a poussé, à voir cette toile, à vous proposer un devoir ? Oui, comme la semaine dernière, c’est une toile d’Émile Friant. Celle-ci m’a particulièrement interpellé. Pourquoi ? Je vous le dirai lundi. Mais vous ? Que vous a-t-elle inspiré ? Ce qui serait vraiment bien, c’est que vous commenciez votre explication par :
« J’arrive tout couvert encore de rosée »
Et que vous la finissiez par :
« Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches. »

B comme bimbo

E un bimbo, lit-elle en page quatre du cours d’italien grâce auquel l’Adrienne a acquis ses premiers rudiments, il y a vingt ans.

Un bimbo, un bébé. Una bimba si c’est une fille.

– Alors il faudra que je le retienne, ce mot-là!, dit-elle.

C’est qu’elle est motivée: son second fils vient de lui apprendre que sa compagne est enceinte.
Or, elle est italienne et le couple se cherche un appartement à Rome.

– Si je veux que cet enfant me comprenne, dit-elle, il faut que j’apprenne l’italien!

Avouez que c’est beau, l’amour d’une (future) grand-mère 🙂

B comme baguette magique

Nommez une chose pour laquelle il n’existe pas de championnat, ça doit être assez rare 🙂

Celui de magie en tout cas existe et il vient d’avoir lieu à Québec.

Cette année, apprend-on dimanche soir, c’est un Belge qui l’a remporté, il s’appelle Laurent Piron et pratique ce qu’on explique dans cette vidéo de 2018: la magie nouvelle.

Voilà l’Adrienne embarquée immédiatement dans ses souvenirs d’enfance, à se rappeler les tours de magie de l’ami José certains dimanches après-midi.

Des « tours » et des trucs qu’il fallait acheter en magasin spécialisé, bien s’entraîner à réaliser correctement puis montrer au public constitué de trois adultes et quatre enfants.

Ébahis, les enfants; amusés, les parents.

Même si parfois ça ratait.

Alors l’ami José était le plus déçu de tous, lançait d’un air fâché: « C’est fini! J’arrête! » et les quatre petits poussaient des Oh! navrés et des Encore! suppliants.

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Les fans de l’ami José peuvent trouver ici les cinq billets qui lui ont été consacrés.

C’est qu’on l’a beaucoup aimé, l’ami José 🙂

B comme besoin

Que voit-on sur cette photo des frères Antony prise à Ostende le 27 septembre 1925?

On est sur la digue, le bâtiment circulaire est le Kursaal, splendide construction Belle Époque de 1878 que les Allemands ont détruite en 1940 pour installer un bunker à sa place.

Au loin, à la limite entre Ostende et Mariakerke, on voit les deux chalets royaux qui n’ont pas non plus survécu à la guerre de 40-45.

Entre le Kursaal et les chalets, des hôtels qui ont beaucoup souffert des bombardements, en totalité ou en partie, de sorte que dans les années 1950-1960, Ostende a été un grand chantier de construction.

Sur la digue, sous un intéressant ciel nuageux avec éclaircies 😉 des promeneurs et des promeneuses: deux femmes, deux couples, un contemplateur solitaire, une nounou avec des enfants et un landau.

Et à l’avant-plan, un chien qui s’installe fort à propos pour déposer son petit besoin.

Et pas encore de sachets-caca à l’époque 😉

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Expo photos de Maurice et Robert Antony à Ostende

B comme bidouillons

Découvrez les coulisses de l’improvisation dit le journal La Croix et c’est exactement ce qu’ont fait Nadine et la mère de l’Adrienne.
Écoutez l’histoire et jugez-en vous-mêmes:

– Tu sais que je vais à la messe trois fois par semaine.
Le curé est un très vieil homme qui perd un peu la boule mais heureusement il connaît la messe par cœur et il la fait en vingt minutes exactement.

Donc mercredi dernier, le temps que je sorte avec mon caddie – oui normalement Marie-Paule me ramène en voiture mais là à cause du caddie plein, ça n’allait pas – donc j’étais encore sur le parvis quand Nadine est sortie de l‘église, tout en affaire :

– Le curé a oublié la clé dans la serrure du tabernacle ! qu’elle m’a dit.

Alors là, on ne savait pas quoi faire ! Si quelqu’un de mal intentionné allait la prendre ? Ou ouvrir le tabernacle ? Voler les hosties !

– Tu sais quoi, j’ai dit à Nadine, prends la clé et cache-la en-dessous de la nappe de l’autel.

Elle trouvait que c’était une bonne idée et on est reparties tranquilles.

A la messe suivante, Nadine n’était pas là parce qu’elle va aussi à une autre paroisse et comme personne ne réussissait à ouvrir le tabernacle, j’ai dit que la clé était sûrement sous la nappe.

Ils ont regardé mais ils ne l’ont pas trouvée.

– Bon et maintenant, qu’est-ce qu’on va faire ? a demandé Marie-Paule.

Elle avait dit au curé de consacrer quelques hosties de plus, parce qu’elle attendait du monde et comme il en restait tout de même pas mal à la fin de la messe et que personne ne réussissait à ouvrir le tabernacle, le curé a résolu le problème en les mangeant.

– En les mangeant ? demande l’Adrienne ahurie.

– Ben oui ! Les hosties qui restaient, ils les a toutes mangées ! Puisqu’on ne pouvait pas les mettre dans le tabernacle !

– Il a eu du mal, d’ailleurs, a-t-elle encore ajouté.

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Merci à Joe Krapov pour sa consigne Les Conseils de « La Croix »  
En pages 6 et 7 de « La Croix magazine » se trouvent des petits articles, renvoyant à des sites web ou à des livres, dont le titre contient un verbe est à l’impératif.
1) Suivez-ces conseils, rassemblés ci-dessous et racontez-nous ce qui s’ensuit si vous les appliquez à la lettre (un par un ou plusieurs à la suite !)
2) ou développez, sous forme d’un article à votre sauce, ce dont il pourrait être question sous un des titres suivants :

Découvrez les coulisses de l’improvisation

B comme basilique

Le petit groupe se trouvait à flasher à qui mieux mieux les sept colonnes restées miraculeusement debout pendant que le guide expliquait la construction du temple grec, gestes à l’appui:

– Il était toujours en trois parties qui se succédaient et ici nous sommes dans le pronaos. Plus on avance, plus l’endroit est sacré. La troisième partie, le public n’y a pas accès.

Le lendemain le petit groupe flashait des icônes et un immense lustre dans une église orthodoxe grecque.
Pour y entendre un peu le même discours sur les trois parties.
Normal: on sait d’où vient l’inspiration pour nos « basiliques » et autres églises.

Le surlendemain, le petit groupe flashait les orangers et les ruines archéologiques de Lerne.
Et là, oh merveille! on peut voir les fondations d’une maison « princière » de l’âge du bronze ancien (2500-2300 avant notre ère), qu’on appelle « la maison des tuiles« .

Vous avez deviné la suite: elle est en trois parties, comme les demeures princières des acropoles, avec – comme aujourd’hui encore dans les palais – une antichambre, une salle de réception et la dernière pièce, privée.

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en photo (le 30 avril), les orangers qui bordent l’allée menant au site archéologique de Lerne.

B comme Bruxelles-Toulouse

Quand en 2017 l’Adrienne a vu ce dessin d’Hergé à l’expo qui lui était consacrée, elle n’en a pas saisi la portée: Bruxelles-Toulouse et retour, à l’automne 1940?

Ce n’est que tout récemment qu’elle a établi le lien avec des faits historiques qui ont touché plus de 300 000 jeunes hommes, jeunes garçons principalement, au lendemain de l’invasion allemande.

Après le 10 mai 1940, les jeunes gens de 16 à 35 ans qui n’avaient pas fait de service militaire ont été enjoints de quitter immédiatement leur foyer pour se rendre par leurs propres moyens dans des centres de recrutement de l’armée belge.

Les chercheurs évaluent à 300 000 le nombre qui a pris la route, donc quasiment tous les appelés, souvent à pied ou à vélo, seuls ou en petits groupes du même village, du mouvement scout…

Des gamins pour la plupart, emportant juste, comme on le leur avait dit, une couverture, un peu de linge et de la nourriture pour 48 heures. Des gamins qui n’avaient souvent pas encore quitté leur province, ni pris le train et beaucoup n’avaient jamais vu la mer.

L’avancée de l’armée allemande a cependant été si rapide, que rien n’était prévu pour les accueillir si massivement, en plus du flot de réfugiés. Comment trouver à se loger, à manger, à boire, à se laver? Toujours ils étaient envoyés plus loin, toujours ils devaient se débrouiller seuls. Après Courtrai, Roulers, Ypres et Poperinge, ils ont été envoyés en direction de la France.

C’est là qu’un grand nombre d’entre eux s’est retrouvé pris entre deux feux. Plus de trois cents sont morts sur les routes belges ou françaises, lors de bombardements par les stukas. Ceux qui ont réussi à passer la Somme à temps ont été envoyés à Rouen, où ils ont été obligés d’abandonner sur place leur précieux vélo. Pour continuer en train à bestiaux, jusqu’à soixante par wagon prévu pour quarante, en direction de Toulouse.

Quand les combats ont cessé, il a encore fallu de nombreuses semaines pour organiser leur rapatriement.

D’où le lien avec le dessin d’Hergé: les derniers ont retrouvé leur foyer en septembre.

Karel Strobbe, Pieter Serrien, Hans Boers, Van onze jongens geen nieuws. De dwaaltocht van 300.000 Belgische rekruten aan het begin van de Tweede Wereldoorlog, éd. Manteau, 2015, 357 p. (traduction du titre: Pas de nouvelles de nos garçons. L’odyssée de 300 000 recrues belges au début de la deuxième guerre mondiale)

Sur la photo choisie pour la couverture du livre, on en voit devant leur baraquement. Sur le mur ils ont écrit: « Wij willen terug naar België« , nous voulons rentrer en Belgique. Remarquez leur tenue: chemise, cravate… Pour cette équipée, ils avaient pour la plupart mis leur « costume du dimanche », croyant que dès la première ville où ils devaient se rendre, on leur donnerait leurs habits militaires…

Allez donc faire, comme ce gamin de Chênée, près de Liège, 130 km à pied avec vos chaussures du dimanche. Puis 225 km à vélo, pour essayer de garder une petite avance sur les panzers allemands. Et enfin 1600 km en train jusqu’à Nîmes.

B comme Baladins

Parfois l’Adrienne se demande pourquoi elle a une télé – et un abonnement télé – vu qu’il arrive qu’elle ne l’allume pas pendant quinze jours ou trois semaines.

Pourtant chaque matin elle passe en revue tous les programmes de la journée, au cas où il y aurait quelque chose de bien à enregistrer.
Mais elle est si difficile 😉

La semaine dernière cependant, un nom dans un reportage l’a subitement frappée: Nele Paxinou!
La metteuse en scène qui s’est occupée de leur petit groupe d’étudiants en philologie romane, à Louvain, pour les préparer à la représentation d’une pièce de Ghelderode.

Quels merveilleux souvenirs 🙂

Nele Paxinou, c’est elle qui a fondé la troupe des Baladins du Miroir, il y a quarante ans. Et à l’occasion de cet anniversaire, la RTBF a réalisé un très beau reportage.

Ci-dessus, c’est la bande-annonce.
Ci-dessous, Nele Paxinou en 2010