B comme bons côtés

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Il a tout de même de bons côtés, le masque, se dit l’Adrienne en se préparant des pommes de terre à l’oignon rouge, huile d’olive, sauge et ail. On peut même s’en mettre deux gousses, personne ne sera incommodé par l’odeur 😉

Et quand on a mangé de la laitue ou des épinards, on n’a pas à se soucier d’un petit résidu vert éventuellement resté collé entre deux dents.

On peut même, comme Terezina, venir au groupe de conversation en français alors qu’on est en attente d’un dentier.

Sauf que Terezina, au lieu de profiter de cet écran, proclame:

– C’est bien, ce masque! comme ça vous ne voyez pas que je n’ai pas de dents!

et aussitôt le baisse sous le menton pour montrer ses gencives 🙂

B comme bol breton

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bol_breton#/media/Fichier:Bols_bretons_f%C3%A9minins,_%C3%8Ele_aux_Moines,_Morbihan,_France.jpg

Chaque année début septembre les parents prenaient une semaine de vacances dans une région française, laissant mini-Adrienne et le petit frère aux bons soins de leur grand-mère.

L’année où ils sont allés en Bretagne, ils en ont rapporté quatre bols bretons pour que chacun ait le sien, orné de son prénom.

C’était extrêmement rare qu’on les sorte de l’armoire.
Ils étaient là.

Depuis le déménagement de sa mère il y a quatre semaines, l’Adrienne dispose donc de son bol breton.
Qu’elle a posé sur la plus haute étagère.
Le sortira-t-elle?
Sans doute peu.
Mais il est là 😉

B comme bonne blague

Le testament français - Andreï Makine - Ebooks - Furet du Nord

Je ne me lassais pas de revoir les séquences pleines d’images qu’enregistrait, en grand désordre il est vrai, ma mémoire. Comme celle où Victor Hugo, patriarche grisonnant et mélancolique, rencontrait sous le dais d’un parc Leconte de Lisle. « Savez-vous à quoi j’étais en train de penser? » demandait le patriarche. Et devant l’embarras de son interlocuteur, il déclarait avec emphase: « Je pensais à ce que je dirai à Dieu quand, très bientôt peut-être, je rejoindrai son royaume… » C’est alors que Leconte de Lisle, ironique et respectueux à la fois, affirmait avec conviction: « Oh, vous lui direz: ‘Cher confrère…’  »

Andreï Makine, Le testament français, Mercure de France, 1995, p.140

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lire des extraits ici – info sur le site de Gallimard ici – entretien avec l’auteur iciTestament français ou testament russe? ici (bonne question pour ceux qui ont lu le livre jusqu’à la fin 😉 )

B comme Black

Moors Blackamoors | Journey to the Source

Tout comme la statue de ce saint Maurice noir dans la cathédrale de Brandebourg, qui date du 13e siècle, la figure de l’homme noir est rarissime dans la littérature de la même époque.

En néerlandais, le tout premier personnage littéraire à la peau noire est Moriaen, dans une chanson de geste du cycle arthurien.

L’oeuvre originale date des environs de l’an 1200 en dialecte flamand (Flandre Occidentale et sud de la Flandre Orientale) mais les manuscrits qui la reprennent ont été rédigés un siècle plus tard en dialecte brabançon de la région de Louvain (Veltem): à la rime, on a gardé le vocabulaire d’origine, à l’intérieur des vers on a choisi les mots brabançons.

Contrairement aux autres héros arthuriens, comme Lancelot, Gauvain, Perceval… Moriaen n’a pas son équivalent dans les différentes langues européennes ayant une littérature de la « matière de Bretagne ».

Son père est Acglavael (Agloval), frère de Perchevael (Perceval), et sa mère une reine mauresque. Sa quête à lui a pour but d’obtenir la reconnaissance paternelle (la légitimité) et de réunir ses parents par le mariage. 

Doe was di swarte ridder blide
Ende scoet ane lanceloets side
Ende ontecte sijn hoeft al daer
Dat pec sward was oppenbaer
Het was di sede vanden lande
More sijn sward alse brande
Maer dat men an ridders soude prisen
Haddi also scone na sire wisen
Al was hi sward wat scaetde dat
An hem was sake di hem messat
Ende hi was langer een haluen voet
Dan enech ridder bi hem stoet
Nochtan was hi van kinscen dagen
Hem begonst so wel behagen
Doe hi horde hare tale
Dat si spraken van acglauale
Dat hi knilde ter eerden neder
Ende walewein. hiuen op weder
Ende seide hem die niemare
Dat haer gelijc een bode ware
Ende behorden tarturs houe
Di werd was van groten loue
Ende si voren beide te male
Percheuale. soeken met acglauale
Die de coninc. beide begeert

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source de l’illustration ici.

B comme bonne blague

HOSTIE

C’est jeudi matin, après un moment de stupeur et d’incrédulité, que l’Adrienne a eu son grand, grand premier fou rire de la journée en lisant ce titre de journal: En Flandre occidentale, à la messe, il faudra ‘attraper’ son hostie si on veut communier.

Attraper l’hostie?
Va-t-on la lancer de loin?
La catapulter?
C’est quoi cette blague?

Et bien non, ce n’est pas une blague, même si elle fait bien rire: « bij de communie zullen kerkgangers hun hostie moeten ‘vangen’ » Lors de la communion il faudra attraper l’hostie.

Plus loin dans l’article on explique que le prêtre ne pourra pas déposer l’hostie dans la main du communiant, il devra « la laisser tomber respectueusement »

« Die moeten eerbiedig vallen in de handen van de kerkganger. »

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je ne sais pas ce que vous en pensez mais moi, une semaine plus tard, j’en ris encore 🙂

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source de l’image ici où on répond à la question que faire si l’hostie tombe à terre.

B comme bonne blague

– Je vous promets, dit cette charmante enfant, de ne jamais vous mentir!

Quand on sait qu’elle est le quatrième porte-parole qu’use vous-savez-qui au cours de son mandat, grand spécialiste lui-même du jeu de la vérité, on goûte toute la valeur de cette « parole d’honneur » aux journalistes assemblés et certainement médusés 🙂

L’Adrienne heureusement n’est pas journaliste, elle a éclaté de rire en entendant cette bonne blague.

« Never ».
Jamais.

« I give you my word ».
Parole d’honneur.

La photo ci-dessus ainsi que ce merveilleux passage de l’allocution, à voir et à revoir ici, pour notre plus grand plaisir.

Zaterdag 25 april

Lectrr, ici

B comme Barsky

Sam Barsky est un Américain fan de tricot.

Il crée ses propres modèles – un modèle unique, en fait, seul le dessin diffère chaque fois. Sur chaque pull-over, il représente soit un lieu – un bâtiment historique, un paysage – soit un thème – un anniversaire, une fête du calendrier, un film célèbre.

C’est avec une conviction touchante qu’il vous explique, comme dans la vidéo ci-dessus, comment procéder 🙂

Vous pouvez carrément prendre la vitesse de lecture fois 2, vous pourrez encore parfaitement suivre.

Toujours en jersey, avec les mêmes aiguilles, la même grosseur de fil, le même nombre de mailles, la même encolure large pour qu’il puisse passer facilement la tête. Rien de compliqué. Mais ça fait un tabac sur les réseaux sociaux.

Ci-dessous, la toute première leçon, ou comme il le dit lui-même, son « first show », le « work in progress » d’un « artistic knitter » 🙂

Pour la collection de photos, voir ici.

B comme Bye, bye Baby

rousse_psyché Ivan Olinsky.jpeg

Debout devant son secrétaire, à dix heures du matin, et pas encore tout à fait habillée, elle remet une épingle à son chignon qui ne cesse de se défaire.

La température grimpe déjà, il faudra bientôt refermer la fenêtre, les rideaux, les volets… 

Il fait une de ces chaleurs, en ce dimanche 27 août, qui lui ôte toute envie de mettre une blouse.

Laquelle mettre, d’ailleurs? Voilà quatre ans qu’elle fait du neuf avec du vieux.

Or, en ce dimanche de fête, elle veut être à son avantage.

Et s’entendre encore appeler ‘Hey! Ginger!’ par un de ces grands gars au sourire éclatant, arrivés ces derniers jours, transformant la ville en une fête perpétuelle.

Oublier, oublier!

Oublier Hans, et Helmut…

Oublier cette première femme tondue hier.

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5e devoir de Lakevio du Goût – que je remercie:
Cette femme devant sa psyché, se prépare-t-elle à partir ou revient-elle ? Et s’il y avait quelqu’un derrière elle ? Dites-en quelque chose lundi. Que vous soyez à la place de l’une, de l’autre, des deux. À vous de jouer.

B comme Breugel à Bruxelles

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La fresque sur un des murs de l’Albertine est une belle invitation à aller découvrir une autre facette de l’oeuvre de Breugel, plus méconnue. Je cite le bel article de la RTBF

« [l’expo] est découpée en 13 salles et se prolonge dans le Palais de Charles de Lorraine, gouverneur-général des Pays-Bas autrichiens de 1744 à 1780. Cet espace agencé au XVIIIe siècle vient d’être entièrement rénové pour 7 millions d’euros, avec le soutien de la Régie des Bâtiments et de Toerisme Vlaanderen. L’exposition ramène les visiteurs 450 ans en arrière, au XVIe siècle, période durant laquelle la Flandre était au cœur de la production et du commerce des estampes.

Dans les premières salles, elle montre comment se déroulait le processus, du dessin à l’estampe. Pour ce faire, elle s’appuie sur des dessins préparatoires originaux de Bruegel, parmi lesquels ses paysages italiens et ses sept péchés capitaux. Le Cabinet des Estampes de KBR et la KU Leuven ont lancé en 2016 le projet FINGERPRINT, qui fait appel aux dernières techniques d’imagerie pour observer les différentes phases de genèse des estampes de Pieter Bruegel. Leurs premiers résultats ont été incorporés dans l’exposition.

Par la suite, différentes estampes de Pieter Bruegel sont présentées en mettant en lumière ses paysages panoramiques fournis, l’influence du peintre flamand Jérôme Bosch, ses folles créatures imaginaires ou encore ses visées moralisatrices. « On a conçu l’exposition de manière à ce que ce ne soit pas toujours des cadres qui sont simplement accrochés au mur« , explique Joris Van Grieken, commissaire de l’exposition. « On a essayé de recréer l’ambiance de l’époque. Au XVIe et même encore au XVIIe siècle, les estampes étaient posées sur des tables, reliées dans un album ou étaient volantes. Donc, on en présente dans des vitrines en bois sur lesquelles on peut se pencher, dans une table vitrée…« 

Au total, l’œuvre de ce peintre flamand compte une septantaine de gravures qui ont fait l’objet de multiples impressions. Elles sont toutes reprises au sein de l’exposition. Des peintures ou encore des manuscrits viennent enrichir la collection présentée au public. »

Toute l’info sur le site de l’Albertine ici.

Photo prise à Bruxelles le 27 décembre 2019.