D comme don Giovanni

Vous vous souvenez peut-être de la charmante voisine Casque d’or?

Et de la hâte qu’avaient mise ses héritiers à mettre en vente sa maison?

C’est le week-end dernier que l’Adrienne a fait la connaissance des acquéreurs.

En ouvrant sa boite aux lettres pour en retirer son journal – heureusement que cette distribution-là se fait par des services indépendants de la Poste et que ni la boue ni la nuit ne font peur au valeureux qui vient le déposer un peu avant six heures du matin – bref donc un samedi matin sur le pas de sa porte l’Adrienne s’est retrouvée à serrer la main d’un homme qui venait déposer de gros sacs de plâtre et des outils divers.

– L’acte est signé depuis une quinzaine de jours, dit-il, alors je vais faire quelques travaux avant de la louer.

Un malin, cet homme-là, puisqu’il possède une petite entreprise de rénovation et qu’il va la mettre aux normes, avec l’aide de son fils, d’un week-end à l’autre.

Un malin, mais un bruyant.

Ça fore, ça cogne, ça tape… et ça met la radio à fond la caisse. Malheureusement pas le genre de musique qui plaît à l’Adrienne 😉

Alors elle qui supporte déjà toute la semaine le vacarme des camions, tracteurs, grues et autres engins indispensables aux travaux à la rue, ressort ses quelques CD, à commencer par le Don Giovanni dans la version ci-dessus, un vieux machin remastérisé en 2002 mais qui reste une des interprétations de référence.

Disons que c’est une petite révision avant d’aller le voir à la Monnaie en mars prochain 🙂

Info sur le site de la Monnaie ici.

D comme dénomination

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Lundi après-midi:

– Et il est où, cet hôtel?
– Dans la Hofstraat.
– Connais pas… ça ne me dit rien…
– C’est une rue qui donne sur les poubelles géantes oranges.
– Ah! c’est là! fait tante Suzanne, avec une moue qui en dit long sur ce qu’elle pense de l’oeuvre d’Arne Quinze.
Comme tant d’autres Ostendais, depuis son installation en 2012…

***

Mardi soir:

– Et il est où, cet hôtel? demande la carissima nipotina.
– Dans la Hofstraat.
– Connais pas… ça ne me dit rien…
– C’est une rue qui donne sur les poubelles géantes oranges.
– Hein! poubelles géantes! rit-elle. Je n’ai encore jamais entendu personne employer ce nom-là pour ces sculptures!
– Peut-être bien, mais je n’en vois pas de meilleur.
La preuve: tu as tout de suite compris de quoi je parlais!

***

Entre ceux qui ont leur appartement juste à cet endroit-là et sont quittes de leur vue sur la mer, ceux qui trouvent ça franchement laid, ceux qui déplorent que la ville ait dépensé 400 000 euro pour ces tas de ferraille, que ça rouille, que la couleur rouge de départ est déjà délavée (la photo date de l’époque ‘rouge orange’, je n’en ai plus pris récemment), que ceux qui y grimpent pour se prendre en photo finiront par avoir un accident et que ça ne peut qu’inciter à jeter ses détritus à terre… à Ostende, le consensus anti-Rock Strangers est grand!

D comme dépenser

Rupin? Rupin! se dit l’Adrienne en découvrant le mot imposé par Walrus pour le Défi du Samedi. Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir inventer avec un mot pareil? Ça ne fait pas du tout partie de mon vocabulaire et je ne vois pas dans quel contexte je pourrais le placer… 

Vendredi midi, quelques heures avant l’échéance, c’est toujours le vide dans sa tête. Elle a bien tenté quelques pistes – à commencer par celle d’Arsène Lupin/Rupin, vite abandonnée – et quelques rimes en -pain/-pin, mais rien de bien valable ne lui est venu.

– Je crois que je vais abandonner, dit-elle à Walrus.

Et au moment même où elle le lui écrit, elle sait que l’abandon n’est pas son genre 😉

Finalement l’idée lui est venue des publicités pour la loterie Euro millions. Voilà de nombreuses années que sur les chaînes flamandes on brode sur le même thème, avec le même acteur et sa tête de benêt ahuri, qui répond chaque fois à la même question: « Is mijn leven veranderd nadat ik Euromillions gewonnen heb? » (1) de la même façon: « Goh! eigenlijk niet! » (2)

Mais tout le clip contredit chaque fois cette affirmation, comme dans la vidéo ci-dessus où il explique que, tout comme ‘avant’, il participe encore à des brocantes pour faire de la place chez lui.

Ou comme dans la pub ci-dessous, où il raconte que ‘comme avant’, il va au foot avec son père et que sa mère lui fait ses tartines quand il part en excursion.

‘Word schandalig rijk’, dit le slogan, ‘Deviens scandaleusement riche’.

Pour l’Adrienne, le mystère de la loterie reste entier: que peut-on bien faire de 190 millions d’euro, la cagnotte de cette semaine? 

***

(1) Est-ce que ma vie a changé depuis que j’ai gagné à Euro millions?

(2) Bin non en fait!

D comme diable!

Devant les toilettes, l’Adrienne a un petit moment d’hésitation: doit-elle prendre la porte de gauche ou celle de droite?

Qu’auriez-vous fait à sa place?

Malgré toute sa sympathie pour le capitaine Haddock, et bien que les deux personnages représentés soient du sexe masculin, elle a opté pour l’ange 🙂

Toute la déco de la petite brasserie Faubourg Saint-Antoine à Schaarbeek est tintinophile: une belle collection de parodies et de pastiches qu’on a envie d’admirer un à un comme dans un musée. Une belle ode aux personnages de Hergé, pleine de clins d’œil et d’humour.

– Cette déco a causé des problèmes au propriétaire du resto, raconte Tania.

Et bien sûr, on n’est pas étonnée de l’apprendre…

Vous non plus, probablement.

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D comme décision

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Il y a de ces décisions que vous n’avez pas envie de prendre.

D’abord, parce que vous aimez énormément l’endroit où vous vivez et que vous ne voulez pas en changer. Ne pas partir, rester là « pour toujours » comme l’Homme l’avait promis en vous quittant.

Ensuite, parce que vous devez la prendre seule et que ce n’est pas simple. Parce que vous n’y connaissez rien. Parce que vous ne savez pas quels critères il faut privilégier.

Alors vous visitez des maisons à vendre à vous en fatiguer les jambes et la tête. Elles sont toujours trop sombres. Trop confinées. Trop mal situées. Trop inconfortables.

Puis vous en voyez une dont vous vous dites: ici, peut-être? Et vous vous demandez si c’est par lassitude ou si c’est vraiment celle que vous attendiez.

Vous y emmenez des amis plus avisés pour qu’ils donnent leur opinion objective. Mais ils essaient de se mettre un peu trop à votre place et d’aimer ce qu’ils croient que vous aimez.

Après vous y emmenez Monsieur l’Entrepreneur. Qui vous conseille un « strip » complet. Vous ne savez même pas de quoi il parle, alors il vous le montre sur un de ses chantiers: ne restent de la maison que les murs extérieurs.

Vous refusez poliment.

Parce que ce que vous aimiez le plus à cette maison que vous avez finalement achetée – il fallait bien finir par prendre une décision – c’est ce carrelage ancien qui vous rappelait celui de votre grand-mère…

***

tableau et consignes chez le Goût que je remercie!

D comme daft

Si tout se passe comme prévu, hier l’Adrienne a posé le pied – de préférence les deux pieds – sur le sol britannique. Ou plus exactement anglais, le nord de l’Angleterre. Le pays du Brexit et des stiff upper lips.

Pour se préparer au choc culturel, l’Adrienne a lu le bouquin ci-dessous, rédigé et publié en 2017 par deux spécialistes de la Grande-Bretagne, l’un journaliste, l’autre historien. Au chapitre 1, il s’agit de l’importance (bien connue) des traditions.

Mais il commence par le mot ‘daft’:

‘Daft’. Het is geen wasproduct, maar het is het Engelse woord voor ‘gek’. De Engelsen houden wel van dingen die een beetje ‘daft’ zijn. Zoals het feit dat de Lord Chancellor bij de jaarlijkse officiële opening van het parlement zijden kousen draagt en een goud geborduurde ‘robe’. Vaak zie je op zijn of haar hoofd nog een lange grijze pruik. De minister biedt al knielend een stoffen handtas aan de koningin aan, die op een gouden troon zit en een blinkende kroon draagt. Zij haalt daaruit de toespraak van haar premier. Die levert deze op een geitenvel. In juni 2017 werd dat moment verschillende dagen uitgesteld, omdat de inkt immers enkele dagen de tijd nodig heeft om te drogen. Een deel van de pers vond dat het land zich belachelijk maakte. ‘Daft’. Maar de perkamentenmaker – ja, dat is een officiële functie – verweerde zich. ‘Het ligt niet aan het geitenvel. De regering gebruikte de foute inkt!’ Met andere woorden, de traditie maakt zich niet belachelijk, het is de regering die er geen verstand van heeft.

‘Daft’. Ce n’est pas une lessive, c’est le mot anglais pour ‘fou’. Les Anglais aiment les choses un peu folles. Comme le fait que le Lord Chancellor, à l’ouverture officielle du Parlement, chaque année, porte des bas de soie et une robe brodée d’or. Souvent aussi une longue perruque grise. C’est à genoux que le ministre offre un sac en tissu à la reine, assise sur un trône en or et portant une couronne scintillante. De ce sac, elle sort le discours de son Premier ministre. Qui lui est livré sur du chevreau. En juin 2017, cet instant a été remis de plusieurs jours, parce que l’encre a besoin de quelques jours pour sécher. Une partie de la presse a trouvé que le pays se ridiculisait. ‘Daft’. Mais le préparateur du parchemin – oui, c’est une fonction officielle – s’est défendu en disant: ‘Ce n’était pas à cause du chevreau. Le gouvernement a utilisé la mauvaise encre!’ En d’autres mots, la tradition ne se rend pas ridicule, c’est le gouvernement qui n’y connaît rien.

(traduction de l’Adrienne)

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