E comme Excuse my french!

source ici

Quand un valet de pied tendit le plateau d’argent devant sir Archibald, celui-ci explosa :

– Jellyfish ! Abalone ! Sea gherkin ! Nitwit ! Scoundrel ! Bragger ! Pinhead ! Pickled herring ! Swab ! Nincompoop ! Freebooter ! Dizzard ! Black beetle !

On tentait en effet de lui proposer un whisky allongé d’eau et de glaçons.

Son explosion de colère passée, il se tourna vers l’ambassadeur de Syldavie et lui dit de son air le plus mondain, en pinçant les lèvres: « Excuse my french ».

Car il avait promis à son ami de bien se tenir.

***

écrit pour le Défi du samedi 649 où Walrus – merci à lui – proposait le mot abalone.

Les injures du Capitaine sont les traductions anglaises qu’on peut trouver ici.

Et « Excuse my french » – ou: « Pardon my french » – se dit en anglais quand on veut faire passer ses gros mots pour des mots français.

Pour les fans de Tintin, la photo d’illustration et d’autres ici. Et surtout le portfolio ici!

E comme embarras du choix

Le magazine continue quotidiennement son ‘tip tegen de coronadip‘ qui a déjà été évoqué ici.

Le conseil de lundi dernier dit ceci: replongez-vous dans le livre préféré de votre enfance.
Laissez-vous emporter à nouveau par ce livre qui a réjoui votre enfance ou votre adolescence.

Excellent conseil, se dit l’Adrienne, mentalement déjà en route vers son grenier, là où il y a la boite de livres d’enfance.

Puis elle se ravise: prendra-t-elle un volume de Heidi ou de la Comtesse de Ségur?

Deux jours plus tard, elle n’a toujours rien décidé 😉

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Finalement, ce sera comme dans la pub des fromages belges: un peu de tout!

E comme escape room

C’est en rentrant des courses hier midi et en observant combien de toits, dans la rangée de maisons, ont été refaits dans le courant de l’année, que l’Adrienne observe la disparition de plusieurs cheminées.

Bien sûr, vu qu’à peu près tout le monde en ville se chauffe au gaz, la cheminée sur le toit n’a plus aucune utilité.

Sauf pour le passage de saint Nicolas.

Il faudra, aux parents comme aux enfants, de plus en plus d’imagination et de recours à la magie pour expliquer comment le grand saint s’y est pris pour remplacer la carotte et le biscuit du petit soulier par des jouets et des bonbons 🙂

E comme Etc-iste

 photo (c) Marc Chatelain

Connaissez-vous Thomas Vinau?

L’Adrienne est fan depuis des années, fan de ses poèmes et visiteuse assidue de son blog, Etc-iste.

Et c’est ce texte publié le 3 novembre qui l’a définitivement incitée à vous parler de lui:

Je tiens la main à nos terreurs 
le temps coule sur nos joues
que devrais-je faire aujourd’hui
la fatigue nous tient debout

La suite à lire ici vu que je n’ai pas eu le temps de demander à l’auteur la permission de copier-coller 🙂

E comme Empire du Milieu

Hotel Quarantaine in Shanghai: 'Binnen zit de angst voor besmetting er goed in, buiten zie ik een wereld waar covid-19 niet bestaat'

Le Boeing 747-8 de Francfort atterrit à Shanghai avant l’aube. Je me sens vaseux, fatigué, comme d’autres passagers après un vol d’environ onze heures au cours duquel les lumières se sont rallumées toutes les quatre heures pour que le personnel de bord puisse prendre notre température, qu’il faut noter au dos de notre carte d’embarquement.

Voor dag en dauw landt de Boeing 747-8 uit Frankfurt in Shanghai. Ik ben suf en moe, net als andere passagiers, na een vlucht van een kleine elf uur, waarbij dan nog eens om de vier uur de lichten van de cabine aangaan en het boordpersoneel rondgaat om je temperatuur op te meten. « In order to comply with the rules of the People’s Republic of China », meldt de captain. Op de achterkant van je boarding pass moet je je temperatuur noteren. Ik weet ongeveer wat er me te wachten staat als ik als één van de eersten uitstap in Shanghai.

article complet ici

Celui qui parle est un sinologue Belge, il vit en Chine depuis 12 ans et tenait à y retourner, même s’il savait combien les formalités allaient être lourdes, compliquées, contraignantes. Tests en Belgique avant le départ, tests à bord, tests à l’arrivée et deux semaines de quarantaine dans un hôtel spécialement prévu pour cela, comme il le relate dans un second article. Car pour la Chine, explique-t-il, il n’est pas question d’immunité de groupe ni de limiter les cas, on veut carrément atteindre le zéro. Zéro cas de covid-19.

« Il parcourt le formulaire que j’ai dû compléter en ligne avant le départ. Où j’habite, si j’ai fréquenté des bars ou suis allé à des événements publics sans être masqué, etc. et en bas de page une note me prévient de poursuites judiciaires si je fournis des données incorrectes.
En Chine, ça ne rigole pas. »

Hij overloopt mijn gezondheidsverklaring die ik vooraf online had doorgegeven. Waar ik woon, of ik bars heb bezocht de laatste weken of naar openbare evenementen was gegaan zonder mondmasker, en zo verder, met de noot onderaan op het formulier dat foutieve info verstrekken strafrechtelijk vervolgd kan worden. China lacht er niet mee.

Zhengchang, tout est normal. Ce sont les seules paroles que j’entends sur une journée et mes seuls contacts humains […] à neuf heures et à quatorze heures, après un grand coup frappé à la porte.

Zhengchang ah, alles normaal.’ Het zijn de enige twee woorden die elke dag tegen me worden gesproken en dus ook meteen het enige menselijke contact. Dat op zich valt al bezwaarlijk normaal te noemen, maar alles went. Deze minidialoog speelt zich elke dag klokvast om 9 uur en om 14 uur af. De aankondiging van dit dagelijks ritueel is een hard gebonk op de deur.

Jusqu’à présent la Chine ne rapporte que 85 372 cas de Covid-19 dont presque 80% se situent dans la province de Hubei avec Wuhan comme épicentre. Shanghai compte 997 cas dont 90 sont des gens arrivés de l’étranger. Alors que c’est une métropole de 34 millions d’habitants. Même si ces chiffres étaient incomplets on peut tout de même affirmer qu’il n’y a pas de véritable irruption de la maladie.

China rapporteerde tot nu toe 85.372 gevallen van Covid-19, maar net geen 80% van die gevallen waren in de provincie Hubei, met de provinciehoofdstad Wuhan als epicentrum. Shanghai telt in totaal 997 gevallen waarvan ongeveer 90 mensen die positief testten bij aankomst uit het buitenland. En dat voor een metropool van 34 miljoen mensen. Zelfs al zouden die cijfers onvolledig zijn, dan is het nog steeds veilig om te stellen dat Shanghai nooit een serieuze uitbraak heeft gekend.

Il m’arrive de regarder par la fenêtre pour voir un peu de ‘vie normale’. Dans le bloc commercial d’en face, des étudiants viennent prendre leurs repas et sans doute aussi des bières, vu le bruit jusqu’à deux heures du matin. Je compte les masques: jamais je ne suis arrivé à plus de deux pour cinquante personnes, y compris les serveuses. Je vois peu de signes d’une ‘nouvelle norme’ ou d’une vie avec le Covid-19, comme en Occident, mais un monde où ce covid n’existe pas.

Op dode momenten staar ik uit het raam om een blik op te vangen van het normale, dagelijkse leven. In het commerciële blok tegenover me komen de studenten van de campus hun maaltijden nuttigen en, gezien het lawaai en gebral tot 2 uur ‘s nachts, vermoedelijk ook hun pintjes drinken. Ik tel het aantal gedragen mondkapjes: nooit meer dan twee op vijftig mensen geteld, inclusief de diensters van het restaurant. Ik zie weinig sporen van een « nieuw normaal » of « leven met Covid19 » zoals in het Westen, enkel een wereld waar covid-19 niet bestaat.

Un test négatif est la seule chose qui me sépare encore d’un retour au monde extérieur. Le 12e jour la brigade de testeurs frappe à ma porte sans s’être annoncée. On me dit d’arrêter la clim, d’ouvrir les fenêtres et de m’asseoir avec le dossier de la chaise tourné vers le couloir. J’étais en pleine ‘conference call’ avec une entreprise de Singapour et j’ai pu la poursuivre après avoir reçu deux bâtonnets dans le nez et un dans la gorge. Le verdict et mon éventuelle attestation de sortie suivront après-demain.

Een negatieve coronatest afleggen is alles wat me nog scheidt van een terugkeer naar de buitenwereld. Op dag 12 wordt op mijn deur geklopt door de Covid testbrigade die onaangekondigd kamer per kamer afgaat om stalen af te nemen. Ik krijg de instructies om de airco uit te zetten, het raam te openen en mijn stoel met de rugleuning naar buiten gericht in het deurportaal te plaatsen. Ik had mijn conference call met een Singaporees bedrijf onderbroken, met de melding dat ik even een Covid test moest gaan afleggen. Twee staafjes in de neus en één in de keel later vervoeg ik de vergadering, tot complete verbazing van mijn gesprekspartners. Het verdict en mijn eventueel vrijlatingsattest volgen overmorgen.

Poursuivre le voyage jusqu’à ma destination finale à Chengdu n’est pas une option parce que cette ville exige une quarantaine de sept jours chez soi – avec l’appartement sous scellés – en plus des quatorze qu’on a déjà passés et je n’ai pas envie d’avoir un affichage à ma porte « ici vit une personne présentant un risque de contagion ». Je préfère une autre façon de faire connaissance avec mes nouveaux voisins et resterai donc encore un peu à Shanghai.

Doorreizen naar mijn eigenlijke eindbestemming – mijn nieuwe stek in de stad Chengdu – hou ik nog even af. Het stadsbestuur eist er immers na 14 dagen hotelquarantaine nog 7 dagen thuisquarantaine, waarbij je appartement wordt verzegeld. Ik stel me de waarschuwingsborden al voor: « Hier woont een mogelijk besmettingsgevaar! » Ik kan me toch een betere kennismaking met mijn nieuwe buren voorstellen. Ik blijf dus best nog even in Shanghai.

Extraits du second article qu’on peut lire en entier ici

E comme expo

Chaque année dès le lendemain de la fête nationale, le Palais royal s’ouvre gratuitement aux visiteurs pour une expo de quelques semaines, mêlant généralement l’art à une thématique scientifique.

Mais en 2020 elle ne sera que virtuelle, comme on peut le voir ici.

Et bien vous savez quoi?

L’Adrienne ne s’y fait pas, à ces expos virtuelles.
A ces concerts sur l’écran de l’ordi.
A ces visites de musée au travers de caméras.

Ça permet peut-être de voir les détails, de tout faire à l’aise chez soi sans la foule et quand on veut… mais il y manque l’essentiel.

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photos prises le 22 novembre 2009 devant les grilles fermées du Palais royal, un jour de fête d’étudiants 🙂

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E comme exnovation

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« Vers une économie durable: les défis de l’exnovation » lit l’Adrienne un matin de juin.

C’est fou le nombre de mots nouveaux qui apparaissent ces temps-ci!

« Des chercheurs de l’IGEAT ont obtenu un financement d’Innoviris pour mener à bien leur projet GOSETE sur l’exnovation en Région bruxelloise, soit les processus de déstabilisation, déclin et abandon des modes de production et de consommation non durables. »

Vivement que Monsieur le Goût revienne de vacances et qu’on puisse amuser nos lundis avec ses tableaux 😉

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article ici. photo du 30 août 2019 (Bruxelles, expo à la Villa Empain)

E comme être élève en 2020

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Vous le savez, pendant près de trois mois les élèves ont été interdits d’école. Chacun d’entre eux a vécu cela différemment: entre ceux qui ont été heureux de pouvoir faire leur travail scolaire chez eux, à leur rythme, et ceux qui ont galéré pour diverses raisons, il y a toute la gamme.

Vous le savez, dans nos villes d’Europe nous avons des tas d’enfants dont les parents n’ont pas la fibre pédagogique. Ou ne parlent pas la langue de l’école. Ou n’ont pas les moyens d’offrir l’espace ou les outils requis pour réaliser du bon travail-à-la-maison.

– A la maison, dit Imane, c’est impossible de me concentrer.

C’est ainsi que Madame apprend comment ils sont logés. A combien ils vivent. Et qu’Imane est l’aînée.

Elles ont donc rendez-vous dans un local de l’école. Qui, comme vous le voyez sur la photo, a été aménagé selon les règles strictes imposées par le Ministère. La porte du local doit impérativement rester ouverte.

Un peu plus tard, la directrice passe dans le couloir:

– Ah! mais non! ce n’est pas comme ça que vous devez vous mettre!

Madame le sait bien, qu’elle ne pourrait pas s’asseoir à côté d’Imane, même si toutes deux sont masquées.

Mais comment voulez-vous regarder à deux le manuel et les exercices, si vous êtes en vis-à-vis et séparées par le plexiglas?

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photo prise le 29 mai avant l’arrivée d’Imane, on ne voit que les affaires de Madame et tous les produits désinfectants 😉

E comme Elles

Un journaliste de la presse locale interviewe le bourgmestre de la ville. Comme c’était le quatre mai, journée internationale des pompiers, il a longuement fait l’éloge du corps de pompiers.

Les éloges et les remerciements sont évidemment des exercices périlleux, on risque toujours d’oublier quelqu’un et d’en froisser d’autres.

Mais l’Adrienne ne peut s’empêcher de rapprocher cela des chiffres qu’elle venait de voir et qui concernaient ceux qui s’étaient révélés indispensables durant cette crise.

Ceux, ou plutôt celles, puisque les statistiques montraient que les caissiers sont à 90% des caissières, les aides-soignants à 90% des aides-soignantes, les infirmiers des infirmières, etc. jusqu’au personnel des garderies d’enfants et le personnel d’entretien.

Tout ça, bien sûr, on ne le sait que trop bien depuis sept ou huit semaines. Comme on sait également que ce sont les catégories les plus exposées aux risques de contamination qui sont les moins bien rémunérées et les moins bien considérées socialement.

Sauf en ce moment où on les applaudit tous les soirs.

Puis venait l’ultime question de l’interview, sur ce que serait – selon lui – l’après.

Le bourgmestre a fait un gros soupir, « ik vrees dat we snel in onze oude plooien zullen terugvallen« . Je crains qu’on ne retombe très vite dans nos anciennes habitudes.