E comme ensemble

On veut bien l’accepter dans la troupe, avait dit le responsable, mais il n’a pas l’âge requis. Normalement, il faut avoir huit ans.

Et c’était vrai: il en avait à peine sept.

– Cependant, nous y mettrons une condition: c’est qu’il participe au camp, l’été prochain.
– Ce ne sera pas un problème, a répondu le père, c’est justement ça qui lui fait le plus envie.

C’est ainsi que petit frère a trouvé son copain-pour-la-vie, celui qui de tout temps a un an d’avance sur lui, avec qui il a fait les quatre cents coups et qu’aujourd’hui encore vous verrez en photo à ses côtés sur son profil fb.

Ensemble.

Un point c’est tout 🙂

***

écrit pour La Licorne qui imposait deux choses: la photo ci-dessus et le thème « Ensemble, c’est tout », à placer au choix.

Merci à elle de m’avoir rappelé que je n’avais plus participé depuis 2018!

E comme encre verte

Photo de Pixabay sur Pexels.com

Petit Léon avait été absent de la classe pendant toute une semaine, alors le maître lui a donné un tas de devoirs à faire pendant les vacances.

« Joins les deux phrases simples à l’aide de la coordination » disait la consigne, qui aurait tout aussi bien pu être rédigée en chinois: ni lui ni sa maman ne savaient quoi faire.

C’est dans ces cas-là que Madame n’est que trop heureuse qu’ils viennent sonner à sa porte.
Trop heureuse de pouvoir expliquer, schématiser, illustrer: phrase simple, phrase complexe, conjonctions de coordination…

Puis elle se dit qu’une petite touche de couleur autour des deux mots principaux de son exposé serait du plus bel effet… et en décapuchonnant son stylo à encre verte, elle s’en met plein les doigts.
PLEIN LES DOIGTS.

Bref, ça rigole bien, et petit Léon raconte qu’à l’école, ils ont fait de la peinture « avec une sorte qui ne s’en va pas au lavage. »

– Ooohhh! fait Madame, s’imaginant comment certains ont dû être reçus chez eux, ce soir-là.

– Et même, ajoute-t-il, il y en a que c’était si grave qu’ils ont dû jeter leurs vêtements et en acheter d’autres!
– Si grave que ça! fait Madame. Vous n’aviez pas de tablier en plastique?
– Non, on devait juste relever nos manches.

Il le dit avec tant de sérieux que Madame n’ose pas s’esclaffer aussi fort qu’elle en a envie.

Et petit Léon? vous demandez-vous.

Et bien petit Léon s’est débrouillé pour ne pas se tacher.

Il sait que pour sa maman il reste parfois un bout de mois mais pas de sous.

Il sait.

E comme encaustique

6532
source Défi du samedi

Encaustique! s’est dit l’Adrienne en voyant le mot proposé par Maître Walrus sur le Défi du samedi.

Encaustique!

Non, non, non, non! elle ne participerait pas!

Le mot n’évoquait que des souvenirs d’enfance et parfois elle en a vraiment marre de ses envahissants souvenirs.

Dans ce cas-ci, les souvenirs du « grand nettoyage de printemps », qui pour la mère de mini-Adrienne n’était pas un vain mot.

Chaque pièce tour à tour était entièrement chamboulée, les meubles vidés, retirés des murs, et bien sûr passés à l’encaustique.

Pendant trois semaines au moins la famille vivait entre des tapis roulés, des fenêtres sans rideaux, de la vaisselle entassée sur les tables…
Le père ne savait plus où se mettre pour lire son journal, le soir.

Et cette odeur!

Cette odeur de l’encaustique qui monopolisait les narines!

Seule la mère avait le droit de l’utiliser: le rôle de mini-Adrienne venait dans la phase précédente – brosser et frotter pour dépoussiérer – et dans la phase suivante – brosser et frotter pour faire reluire.

Non, définitivement non, elle ne participera pas!

***

Et bien sûr c’est le père qui a eu raison: les meubles étaient toujours là, luisants et sans une égratignure, alors que lui n’y était plus.

E comme Excuse my french!

source ici

Quand un valet de pied tendit le plateau d’argent devant sir Archibald, celui-ci explosa :

– Jellyfish ! Abalone ! Sea gherkin ! Nitwit ! Scoundrel ! Bragger ! Pinhead ! Pickled herring ! Swab ! Nincompoop ! Freebooter ! Dizzard ! Black beetle !

On tentait en effet de lui proposer un whisky allongé d’eau et de glaçons.

Son explosion de colère passée, il se tourna vers l’ambassadeur de Syldavie et lui dit de son air le plus mondain, en pinçant les lèvres: « Excuse my french ».

Car il avait promis à son ami de bien se tenir.

***

écrit pour le Défi du samedi 649 où Walrus – merci à lui – proposait le mot abalone.

Les injures du Capitaine sont les traductions anglaises qu’on peut trouver ici.

Et « Excuse my french » – ou: « Pardon my french » – se dit en anglais quand on veut faire passer ses gros mots pour des mots français.

Pour les fans de Tintin, la photo d’illustration et d’autres ici. Et surtout le portfolio ici!

E comme embarras du choix

Le magazine continue quotidiennement son ‘tip tegen de coronadip‘ qui a déjà été évoqué ici.

Le conseil de lundi dernier dit ceci: replongez-vous dans le livre préféré de votre enfance.
Laissez-vous emporter à nouveau par ce livre qui a réjoui votre enfance ou votre adolescence.

Excellent conseil, se dit l’Adrienne, mentalement déjà en route vers son grenier, là où il y a la boite de livres d’enfance.

Puis elle se ravise: prendra-t-elle un volume de Heidi ou de la Comtesse de Ségur?

Deux jours plus tard, elle n’a toujours rien décidé 😉

***

Finalement, ce sera comme dans la pub des fromages belges: un peu de tout!

E comme escape room

C’est en rentrant des courses hier midi et en observant combien de toits, dans la rangée de maisons, ont été refaits dans le courant de l’année, que l’Adrienne observe la disparition de plusieurs cheminées.

Bien sûr, vu qu’à peu près tout le monde en ville se chauffe au gaz, la cheminée sur le toit n’a plus aucune utilité.

Sauf pour le passage de saint Nicolas.

Il faudra, aux parents comme aux enfants, de plus en plus d’imagination et de recours à la magie pour expliquer comment le grand saint s’y est pris pour remplacer la carotte et le biscuit du petit soulier par des jouets et des bonbons 🙂

E comme Etc-iste

 photo (c) Marc Chatelain

Connaissez-vous Thomas Vinau?

L’Adrienne est fan depuis des années, fan de ses poèmes et visiteuse assidue de son blog, Etc-iste.

Et c’est ce texte publié le 3 novembre qui l’a définitivement incitée à vous parler de lui:

Je tiens la main à nos terreurs 
le temps coule sur nos joues
que devrais-je faire aujourd’hui
la fatigue nous tient debout

La suite à lire ici vu que je n’ai pas eu le temps de demander à l’auteur la permission de copier-coller 🙂

E comme Empire du Milieu

Hotel Quarantaine in Shanghai: 'Binnen zit de angst voor besmetting er goed in, buiten zie ik een wereld waar covid-19 niet bestaat'

Le Boeing 747-8 de Francfort atterrit à Shanghai avant l’aube. Je me sens vaseux, fatigué, comme d’autres passagers après un vol d’environ onze heures au cours duquel les lumières se sont rallumées toutes les quatre heures pour que le personnel de bord puisse prendre notre température, qu’il faut noter au dos de notre carte d’embarquement.

Voor dag en dauw landt de Boeing 747-8 uit Frankfurt in Shanghai. Ik ben suf en moe, net als andere passagiers, na een vlucht van een kleine elf uur, waarbij dan nog eens om de vier uur de lichten van de cabine aangaan en het boordpersoneel rondgaat om je temperatuur op te meten. « In order to comply with the rules of the People’s Republic of China », meldt de captain. Op de achterkant van je boarding pass moet je je temperatuur noteren. Ik weet ongeveer wat er me te wachten staat als ik als één van de eersten uitstap in Shanghai.

article complet ici

Celui qui parle est un sinologue Belge, il vit en Chine depuis 12 ans et tenait à y retourner, même s’il savait combien les formalités allaient être lourdes, compliquées, contraignantes. Tests en Belgique avant le départ, tests à bord, tests à l’arrivée et deux semaines de quarantaine dans un hôtel spécialement prévu pour cela, comme il le relate dans un second article. Car pour la Chine, explique-t-il, il n’est pas question d’immunité de groupe ni de limiter les cas, on veut carrément atteindre le zéro. Zéro cas de covid-19.

« Il parcourt le formulaire que j’ai dû compléter en ligne avant le départ. Où j’habite, si j’ai fréquenté des bars ou suis allé à des événements publics sans être masqué, etc. et en bas de page une note me prévient de poursuites judiciaires si je fournis des données incorrectes.
En Chine, ça ne rigole pas. »

Hij overloopt mijn gezondheidsverklaring die ik vooraf online had doorgegeven. Waar ik woon, of ik bars heb bezocht de laatste weken of naar openbare evenementen was gegaan zonder mondmasker, en zo verder, met de noot onderaan op het formulier dat foutieve info verstrekken strafrechtelijk vervolgd kan worden. China lacht er niet mee.

Zhengchang, tout est normal. Ce sont les seules paroles que j’entends sur une journée et mes seuls contacts humains […] à neuf heures et à quatorze heures, après un grand coup frappé à la porte.

Zhengchang ah, alles normaal.’ Het zijn de enige twee woorden die elke dag tegen me worden gesproken en dus ook meteen het enige menselijke contact. Dat op zich valt al bezwaarlijk normaal te noemen, maar alles went. Deze minidialoog speelt zich elke dag klokvast om 9 uur en om 14 uur af. De aankondiging van dit dagelijks ritueel is een hard gebonk op de deur.

Jusqu’à présent la Chine ne rapporte que 85 372 cas de Covid-19 dont presque 80% se situent dans la province de Hubei avec Wuhan comme épicentre. Shanghai compte 997 cas dont 90 sont des gens arrivés de l’étranger. Alors que c’est une métropole de 34 millions d’habitants. Même si ces chiffres étaient incomplets on peut tout de même affirmer qu’il n’y a pas de véritable irruption de la maladie.

China rapporteerde tot nu toe 85.372 gevallen van Covid-19, maar net geen 80% van die gevallen waren in de provincie Hubei, met de provinciehoofdstad Wuhan als epicentrum. Shanghai telt in totaal 997 gevallen waarvan ongeveer 90 mensen die positief testten bij aankomst uit het buitenland. En dat voor een metropool van 34 miljoen mensen. Zelfs al zouden die cijfers onvolledig zijn, dan is het nog steeds veilig om te stellen dat Shanghai nooit een serieuze uitbraak heeft gekend.

Il m’arrive de regarder par la fenêtre pour voir un peu de ‘vie normale’. Dans le bloc commercial d’en face, des étudiants viennent prendre leurs repas et sans doute aussi des bières, vu le bruit jusqu’à deux heures du matin. Je compte les masques: jamais je ne suis arrivé à plus de deux pour cinquante personnes, y compris les serveuses. Je vois peu de signes d’une ‘nouvelle norme’ ou d’une vie avec le Covid-19, comme en Occident, mais un monde où ce covid n’existe pas.

Op dode momenten staar ik uit het raam om een blik op te vangen van het normale, dagelijkse leven. In het commerciële blok tegenover me komen de studenten van de campus hun maaltijden nuttigen en, gezien het lawaai en gebral tot 2 uur ‘s nachts, vermoedelijk ook hun pintjes drinken. Ik tel het aantal gedragen mondkapjes: nooit meer dan twee op vijftig mensen geteld, inclusief de diensters van het restaurant. Ik zie weinig sporen van een « nieuw normaal » of « leven met Covid19 » zoals in het Westen, enkel een wereld waar covid-19 niet bestaat.

Un test négatif est la seule chose qui me sépare encore d’un retour au monde extérieur. Le 12e jour la brigade de testeurs frappe à ma porte sans s’être annoncée. On me dit d’arrêter la clim, d’ouvrir les fenêtres et de m’asseoir avec le dossier de la chaise tourné vers le couloir. J’étais en pleine ‘conference call’ avec une entreprise de Singapour et j’ai pu la poursuivre après avoir reçu deux bâtonnets dans le nez et un dans la gorge. Le verdict et mon éventuelle attestation de sortie suivront après-demain.

Een negatieve coronatest afleggen is alles wat me nog scheidt van een terugkeer naar de buitenwereld. Op dag 12 wordt op mijn deur geklopt door de Covid testbrigade die onaangekondigd kamer per kamer afgaat om stalen af te nemen. Ik krijg de instructies om de airco uit te zetten, het raam te openen en mijn stoel met de rugleuning naar buiten gericht in het deurportaal te plaatsen. Ik had mijn conference call met een Singaporees bedrijf onderbroken, met de melding dat ik even een Covid test moest gaan afleggen. Twee staafjes in de neus en één in de keel later vervoeg ik de vergadering, tot complete verbazing van mijn gesprekspartners. Het verdict en mijn eventueel vrijlatingsattest volgen overmorgen.

Poursuivre le voyage jusqu’à ma destination finale à Chengdu n’est pas une option parce que cette ville exige une quarantaine de sept jours chez soi – avec l’appartement sous scellés – en plus des quatorze qu’on a déjà passés et je n’ai pas envie d’avoir un affichage à ma porte « ici vit une personne présentant un risque de contagion ». Je préfère une autre façon de faire connaissance avec mes nouveaux voisins et resterai donc encore un peu à Shanghai.

Doorreizen naar mijn eigenlijke eindbestemming – mijn nieuwe stek in de stad Chengdu – hou ik nog even af. Het stadsbestuur eist er immers na 14 dagen hotelquarantaine nog 7 dagen thuisquarantaine, waarbij je appartement wordt verzegeld. Ik stel me de waarschuwingsborden al voor: « Hier woont een mogelijk besmettingsgevaar! » Ik kan me toch een betere kennismaking met mijn nieuwe buren voorstellen. Ik blijf dus best nog even in Shanghai.

Extraits du second article qu’on peut lire en entier ici

E comme expo

Chaque année dès le lendemain de la fête nationale, le Palais royal s’ouvre gratuitement aux visiteurs pour une expo de quelques semaines, mêlant généralement l’art à une thématique scientifique.

Mais en 2020 elle ne sera que virtuelle, comme on peut le voir ici.

Et bien vous savez quoi?

L’Adrienne ne s’y fait pas, à ces expos virtuelles.
A ces concerts sur l’écran de l’ordi.
A ces visites de musée au travers de caméras.

Ça permet peut-être de voir les détails, de tout faire à l’aise chez soi sans la foule et quand on veut… mais il y manque l’essentiel.

***

photos prises le 22 novembre 2009 devant les grilles fermées du Palais royal, un jour de fête d’étudiants 🙂

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