E comme épée

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L’épée de Rubens, ou faut-il dire la rapière de Rubens, était exposée au stand de la Fondation roi Baudouin.

« Charles Ier d’Angleterre [l’] offrit en 1630 à Pierre Paul Rubens ‘en remerciement pour services rendus’. Le peintre n’a certes pas été inactif en tant que diplomate et est entre autres intervenu comme médiateur dans le conflit entre l’Espagne et l’Angleterre durant la Guerre de Trente Ans, ce qui lui a aussi valu d’être adoubé par Charles Ier.

Pendant des générations entières, cette rapière a été conservée, avec son fourreau et les documents attenants, par les descendants de Rubens. L’an dernier, grâce à l’intervention du Comte Joseph van der Stegen de Schrieck, les enfants du Comte Jean-Marie van der Stegen de Schrieck ont confié ces pièces à la Fondation Roi Baudouin afin de rendre cette arme d’apparat accessible à tous. Désormais restaurée, cette épée, qui a une valeur non seulement historique mais aussi artistique, peut aujourd’hui être présentée.

L’épée est classée dans le cadre de la Politique de protection du Patrimoine de la Fédération Wallonie-Bruxelles. À l’issue de la BRAFA, elle sera confiée en prêt de longue durée au Grand Curtius à Liège, qui contient la plus vaste collection d’armes d’apparat du pays. »

- Provenance :
Derek Biront
derek.biront@metafose.be

Citation et photo prises ici où vous pourrez lire toute l’info qui vous intéresse.

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E comme experte

2018-12-30 (4)

Tous les Islandais rencontrés en ont fièrement parlé: leur langue est unique par plusieurs aspects.

Tout d’abord, elle est restée quasiment inchangée au fil des siècles, ce qui fait que l’écolier de 2019 n’a pas besoin d’un dictionnaire du moyen âge pour lire les textes du 13e siècle.

Ensuite, malgré le très faible niveau de population, qui de plus se trouvait disséminée sur un grand territoire, la langue est restée unique: aucune variante dialectale, aucun ‘accent’ selon le lieu où on habite. C’est tout à fait unique et remarquable.

Enfin, le gros défi face auquel se trouvent toutes nos langues non anglo-saxonnes ces dernières décennies: l’apport de mots anglais, surtout avec l’arrivée de nouvelles technologies. Les Islandais font comme les Québécois, ils se trouvent un mot dans leur langue. Généralement ils reprennent un mot tombé en désuétude, recyclent un mot existant ou en reforgent un nouveau en collant deux mots ensemble. Leur langue a cette faculté propre aux langues germaniques comme l’allemand et le néerlandais.

Ils ne disent donc pas camping, c’est tjaldsvæði (mot composé, tjald veut dire tente), ni WCc’est snyrting (mot recyclé, se refaire une beauté, toilettage d’un animal etc.), pluriel snyrtingar 🙂 Pour le téléphone ils ont repris un mot ancien, síminn, qui signifie ‘lien’.

Bref, tout ça pour vous dire que votre experte Adrienne, croyant s’acheter un produit laitier genre fromage frais, étant donné que la chose (voir photo) se trouvait entre le skyr et les yaourts, a été bien surprise de découvrir, en ouvrant ce petit pot, une sorte de riz au lait non sucré.

Parce que le mot pour dire ‘riz’ (rice, rijst, Reis, arroz, riso…) même si on peut encore le deviner – surtout après coup – dans ‘hrísgrjón‘, comment le retrouver dans ‘grjónagrautur‘ ?

E comme ectoplasme

Bien sûr, quand vous avez vu ce titre, vous avez pensé au bougre d’ectoplasme du Capitaine Haddock.

C’est normal, c’est aussi la première chose à laquelle l’Adrienne a pensé en voyant cette consigne de Walrus au Défi du samedi.

Mais le soir, en cherchant dans le programme télé s’il y avait quelque chose d’intéressant, elle est tombée sur ceci:

Chasseur de fantômes«Silent Jill», l’animatrice et youtubeuse, se rend en région Liégeoise en compagnie d’un chasseur de fantômes. Ensemble, ils explorent un sanatorium abandonné dans l’espoir d’assister à des phénomènes paranormaux.

Rien que ça.

En 2018.

On pourrait croire que les gens sont tous allés à l’école.

Qu’ils ont reçu un minimum de cours de sciences.

Qu’on leur a un peu ouvert l’esprit critique.

Mais au lieu de l’esprit critique, c’est esprit es-tu là

Bougres d’ectoplasmes!

ectoplasme

ectoplasme: émanation visible du corps du médium (Petit Robert, p.539)

Merci à Walrus et au Défi du samedi, où j’ai pris l’illustration.

E comme envol

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– Moi je trouve, déclare belle-maman tout en pinçant d’un coup sec les fleurs fanées de ses pétunias, qu’il pourrait te montrer un peu de reconnaissance… mettre son réveil le matin, passer l’aspirateur, au lieu d’allumer la télé et de regarder MacGyver… surtout que tu es en période d’examen et que tu as déjà bien assez de travail!

Verdorie! elle a ajouté avec force, comment traduit-on ‘verdorie‘? Fichtre? Nom d’une pipe? Sapristi?

Marie et sa belle-mère ont une tout autre vision de l’hospitalité accordée à Muanza.

– Je ne veux pas, dit Marie, donner de prise à ceux qui insinuent qu’on a accueilli Muanza parce qu’on avait besoin d’un boy.

Elle y repense, penchée sur ses copies, le stylo feutre rouge en main, quand elle entend les coups de klaxon du facteur qui remonte l’allée. Muanza se précipite dans l’espoir d’un petit paquet postal. Des semaines que Rosemund ne lui a plus envoyé de cassette.

Il revient en effet avec un petit carton tout cabossé et esquinte le scotch avec une lime à ongles, si nerveusement que ses mouvements sont mal coordonnés et le carton réduit en pièces.

Trente secondes plus tard, la voix de Rosemund, surmontée par moments de cris et de babils d’enfant, résonne dans la maison.

Muanza l’écoute les yeux fermés.

C’est comme un envol pour le Ghana.

***

texte écrit pour 13 à la douzaine avec les mots imposés suivants: 1 fichtre 2 reconnaissance 3 allumer 4 pétunia 5 aspirateur 6 coordonner 7 réveil 8 examen 9 postal 10 lime 11 vision 12 feutre et le 13e pour le thème : envol 

photo de la maison et du jardin d’autrefois

E comme Ensor

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« Une étrange justesse de vision s’émanait de cette oeuvre suggestive des silences de la maison, des douceurs, de la causerie, des molles détentes d’un mutuel abandon, dans la paix d’une chambre close où la filtration du jour extérieur, bluté à travers des rideaux, émettait comme un fin poudroiement de clarté. »

Voilà ce qu’écrit Camille Lemonnier en 1887 à propos de ce tableau de James Ensor, Après-midi à Ostende (1881), photographié en août dernier au Mu.Zee d’Ostende.

J’aime quand les écrivains parlent de tableaux qu’ils ont aimés 🙂

Ci-dessous, le Salon bourgeois de la même année 1881 me semble presque encore mieux convenir à la description faite par Camille Lemonnier, mais peut-être est-ce tout simplement parce que la photo est d’un peu meilleure qualité…

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E comme effets

18-07-17 (37bis)

En bleu-blanc-rouge aussi ces trois touristes pour leur découverte du Reichstag et de son amusant jeu de miroirs sous la coupole de verre.

Arrivés la veille en fin d’après-midi, ils ont été subjugués par la ponctualité des trains allemands, l’affabilité de l’hôtelière, l’efficacité des guichetiers, la discipline des usagers de la route et le sourire des serveuses.

Dans les musées, chacun respirait la joie de vivre et la journée s’est terminée sur le merveilleux accueil au Reichstag, où ils ont eu le bonheur de faire la queue deux fois sous le soleil, parce que la première fois ils avaient un quart d’heure d’avance sur l’horaire de leur réservation.

La facétieuse police militaire réussissait à faire sans rire de sympathiques blagues, comme par exemple fermer la porte de l’ascenseur à moitié vide juste au moment où un couple veut y pénétrer.

Bref, depuis leur retour, ils n’ont pas de mots assez forts pour chanter les louanges de Berlin 🙂