E comme exoplanètes

Fascinant, n’est-ce pas 🙂

Et toujours avec cette touche de belgitude, comme pour le projet Trappist

Cette fois, c’est spéculoos.

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E comme ectoplasme

Bien sûr, quand vous avez vu ce titre, vous avez pensé au bougre d’ectoplasme du Capitaine Haddock.

C’est normal, c’est aussi la première chose à laquelle l’Adrienne a pensé en voyant cette consigne de Walrus au Défi du samedi.

Mais le soir, en cherchant dans le programme télé s’il y avait quelque chose d’intéressant, elle est tombée sur ceci:

Chasseur de fantômes«Silent Jill», l’animatrice et youtubeuse, se rend en région Liégeoise en compagnie d’un chasseur de fantômes. Ensemble, ils explorent un sanatorium abandonné dans l’espoir d’assister à des phénomènes paranormaux.

Rien que ça.

En 2018.

On pourrait croire que les gens sont tous allés à l’école.

Qu’ils ont reçu un minimum de cours de sciences.

Qu’on leur a un peu ouvert l’esprit critique.

Mais au lieu de l’esprit critique, c’est esprit es-tu là

Bougres d’ectoplasmes!

ectoplasme

ectoplasme: émanation visible du corps du médium (Petit Robert, p.539)

Merci à Walrus et au Défi du samedi, où j’ai pris l’illustration.

E comme envol

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– Moi je trouve, déclare belle-maman tout en pinçant d’un coup sec les fleurs fanées de ses pétunias, qu’il pourrait te montrer un peu de reconnaissance… mettre son réveil le matin, passer l’aspirateur, au lieu d’allumer la télé et de regarder MacGyver… surtout que tu es en période d’examen et que tu as déjà bien assez de travail!

Verdorie! elle a ajouté avec force, comment traduit-on ‘verdorie‘? Fichtre? Nom d’une pipe? Sapristi?

Marie et sa belle-mère ont une tout autre vision de l’hospitalité accordée à Muanza.

– Je ne veux pas, dit Marie, donner de prise à ceux qui insinuent qu’on a accueilli Muanza parce qu’on avait besoin d’un boy.

Elle y repense, penchée sur ses copies, le stylo feutre rouge en main, quand elle entend les coups de klaxon du facteur qui remonte l’allée. Muanza se précipite dans l’espoir d’un petit paquet postal. Des semaines que Rosemund ne lui a plus envoyé de cassette.

Il revient en effet avec un petit carton tout cabossé et esquinte le scotch avec une lime à ongles, si nerveusement que ses mouvements sont mal coordonnés et le carton réduit en pièces.

Trente secondes plus tard, la voix de Rosemund, surmontée par moments de cris et de babils d’enfant, résonne dans la maison.

Muanza l’écoute les yeux fermés.

C’est comme un envol pour le Ghana.

***

texte écrit pour 13 à la douzaine avec les mots imposés suivants: 1 fichtre 2 reconnaissance 3 allumer 4 pétunia 5 aspirateur 6 coordonner 7 réveil 8 examen 9 postal 10 lime 11 vision 12 feutre et le 13e pour le thème : envol 

photo de la maison et du jardin d’autrefois

E comme Ensor

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« Une étrange justesse de vision s’émanait de cette oeuvre suggestive des silences de la maison, des douceurs, de la causerie, des molles détentes d’un mutuel abandon, dans la paix d’une chambre close où la filtration du jour extérieur, bluté à travers des rideaux, émettait comme un fin poudroiement de clarté. »

Voilà ce qu’écrit Camille Lemonnier en 1887 à propos de ce tableau de James Ensor, Après-midi à Ostende (1881), photographié en août dernier au Mu.Zee d’Ostende.

J’aime quand les écrivains parlent de tableaux qu’ils ont aimés 🙂

Ci-dessous, le Salon bourgeois de la même année 1881 me semble presque encore mieux convenir à la description faite par Camille Lemonnier, mais peut-être est-ce tout simplement parce que la photo est d’un peu meilleure qualité…

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E comme effets

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En bleu-blanc-rouge aussi ces trois touristes pour leur découverte du Reichstag et de son amusant jeu de miroirs sous la coupole de verre.

Arrivés la veille en fin d’après-midi, ils ont été subjugués par la ponctualité des trains allemands, l’affabilité de l’hôtelière, l’efficacité des guichetiers, la discipline des usagers de la route et le sourire des serveuses.

Dans les musées, chacun respirait la joie de vivre et la journée s’est terminée sur le merveilleux accueil au Reichstag, où ils ont eu le bonheur de faire la queue deux fois sous le soleil, parce que la première fois ils avaient un quart d’heure d’avance sur l’horaire de leur réservation.

La facétieuse police militaire réussissait à faire sans rire de sympathiques blagues, comme par exemple fermer la porte de l’ascenseur à moitié vide juste au moment où un couple veut y pénétrer.

Bref, depuis leur retour, ils n’ont pas de mots assez forts pour chanter les louanges de Berlin 🙂

E comme Et vous avez eu beau temps?

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– Et vous avez eu beau temps? Vraiment? Parce qu’à vous voir, on ne le dirait pas. Vous êtes toujours aussi blanche qu’avant.

On a beau lui dire qu’on a une peau qui ne bronze pas, que par conséquent on évite le soleil, que d’ailleurs on n’aime pas trop ça et que ce n’est pas pour la bronzette qu’on est allée en Italie, mais pour rester à l’ombre et au frais dans des musées ou des monuments et que même certains jours on est restée dans la chambre à lire des livres, de crainte de tomber raide morte de chaleur.

On voit bien qu’il n’en croit rien et qu’il tient à son idée.

– Nous ici on a eu du très beau temps tout le temps, pendant que vous étiez partie!

***

d’après une consigne de Joe Krapov, que je remercie: Ecrire comme Philippe Delerm
Philippe Delerm ! L’auteur de « La première gorgée de bière » a publié récemment « Et vous avez eu beau temps ? » 

Il applique la même recette dans ce recueil : chaque texte ne contient pas plus de quarante lignes. L’auteur écrit au présent et use et abuse du pronom « on » et de phrases courtes pour raconter des événements de la vie quotidienne. Dans ce style-là vous écrirez deux ou trois petits textes dont le titre sera choisi dans cette liste :

Et vous avez eu beau temps ? Renvoyé de partout – Je le lis chez ma coiffeuse – N’oubliez pas… – Je me suis permis – Et tu n’as rien senti venir ? – Il faudrait les noter – Il n’a pas fait son deuil – Un jour peut-être vous jouerez là, vous aussi – Tais-toi, tu vas dire des bêtises – C’est pas pour nous – Et prends-toi quelque chose – Là on est davantage sur… – J’te joue d’l’harmonica – En même temps je peux comprendre – Vous êtes un type dans mon genre – C’est grâce au collectif – Abruti, va ! – Chez nous c’est trois – Tiens, rends-toi utile – Nous allons vous laisser – On l’a déjà vu dans quoi, déjà ? – C’est juste insupportable – Où sont les enfants ? – Il aimait ça le Monopoly – Je sais pas ce qu’on leur a fait aux jeunes – On était bien sous la couette – On peut peut-être se tutoyer ? – Ça finit quand ? – Je préfère Gand à Bruges – Ça pousse et ça nous pousse – Ils n’articulent plus maintenant – C’est pas pour dire mais – J’dis ça, j’dis rien – Pour être tout à fait honnête avec vous. – Oui, mon brave Milou – Ne rentre pas trop tard, ne prends pas froid ! – Vous me flattez – Tu n’as pas lu « Au-dessous du volcan » ?

E comme errance

Fatigué d’errer entre tours de bureaux et chantiers, j’ai fini par atterrir, au détour d’une rue grouillante, dans un minuscule bar à nouilles dont les tables encombrent le trottoir. Là, j’avale mon bol de soupe au milieu de vieux Chinois indifférents. La première fois, j’ai commandé Dieu sait quel plat en montrant du doigt une phrase en chinois sur la feuille tachée servant de menu. Depuis, dès que je me pose sur un tabouret, le cuisinier m’apporte le même brouet, quelle que soit l’heure, sans attendre ma commande.

Alain Berenboom, Hong Kong Blues, éd. Genèse, Paris-Bruxelles, 2017

Moe van het dolen tussen torenflats en bouwterreinen, ben ik na een straat bomvol mensen, uiteindelijk terechtgekomen in een piepkleine noedelbar waarvan de tafels de stoep versperren. Daar drink ik mijn soep op, te midden van oude, onverschillige Chinezen. Bij mijn eerste bezoek heb ik god weet wat besteld door met de vinger te wijzen naar iets in het Chinees op het vieze blaadje dat de menukaart voorstelt. Sindsdien, zodra ik op een krukje ga zitten, brengt de kok me hetzelfde brouwsel, om het even hoe laat het is, zonder te wachten op mijn bestelling.

Traduction de l’Adrienne, réalisée pour Found in translation, Passa Porta 2018

Cela fait un mois que je tourne en rond. Les flics locaux ne veulent pas croire que j’ai perdu mon passeport. Encore moins qu’on me l’a volé. Il paraît qu’il n’y a pas de malandrins à Hong Kong. Pas un seul pickpocket, tire-laine ou vide-gousset. Pas le moindre truand, même dans les Nouveaux Territoires, réputés plus interlopes. Et les fameuses triades ? Encore une invention de romanciers en mal d’exotisme ? Non, Monsieur. Mais elles ne s’intéressent qu’aux crimes industriels, drogue en containers, escroqueries bancaires et détournements financiers. En toute légalité. Pas à des combines minables. Donc, si je n’ai plus de passeport, c’est que je l’ai vendu.

Een maand dat ik ronddool. De plaatselijke flikken willen niet geloven dat ik mijn paspoort kwijt ben. Nog minder dat het gestolen is. Naar het schijnt zijn er geen boefjes in Hongkong. Geen enkele zakkenroller, kruimeldief of jatter. Niet één gangster, zelfs niet in de New Territories, ondanks hun louche reputatie. En de beruchte triades? Is dat ook al een uitvinding van romanschrijvers op zoek naar exotisme? Neen, mijnheer. Maar ze tonen enkel interesse voor misdaad op industriële schaal, drugs in containers, bankenzwendel en geldverduistering. Volledig legaal. Geen amateuristisch gesjoemel. Bijgevolg, als ik geen paspoort meer heb, zal ik het verkocht hebben.