G comme gagnants, gagnante

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Au fil des corrections, Madame envoie des petits messages du genre « Bravo, tu es le gagnant/la gagnante du test d’écoute! ».

Ou de la compréhension écrite. Ou de la question sur la phrase interrogative. Et cetera.

Mais en lisant certaines phrases, elle se demande si la plus grande gagnante, ce n’est pas elle 🙂

Jugez donc de la sagesse de cette moisson de décembre 2018 et décidez du gagnant:

Est-ce Leo: « Il faut savoir pardonner »,

Casper: « Je n’ai pas besoin d’avoir un portable »,

Lara: « Il n’est pas nécessaire de connaître l’avenir »

ou ceux qui inconsciemment consolent Madame d’avoir dû quitter son vert paradis et sa belle demeure: « Pour être heureux, on n’a pas du tout besoin d’une grande maison » ou de devoir vivre sans ses chats: « On peut très bien se passer d’animaux domestiques ».

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G comme gars et filles

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Mercredi matin, l’Adrienne téléphone en urgence à sa gentille coiffeuse, pourrait-elle lui accorder quelques minutes l’après-midi du même jour? Oui, on la caserait vers deux heures et demie. Parfait.

En entrant dans le salon avec les rituelles minutes d’avance, l’Adrienne remarque tout de suite que l’ambiance n’est pas comme à l’ordinaire. On est entre filles. L’Homme accompagne son fils qui dispute un match de foot et Gentille Coiffeuse en a profité pour inviter deux copines. L’une est coiffeuse également et elles se font les unes aux autres leur coloration. Tout en disant beaucoup, beaucoup de mal de leur mec. 

Ça soulage, conclut Gentille Coiffeuse.

Et puis, ajoute-t-elle, je suis sûre que nos mecs font en ce moment exactement la même chose à propos de nous.

L’Adrienne vous laisse conclure.

Elle s’est dépêchée de les laisser toutes les trois à leur journée entre copines 🙂

***

une des photos de ma « collection » de photos numérisées par la police du New South Wales (Australie) provenant des archives des années 1910 à 1930.

G comme géographie domestique

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Où se retire-t-on pour avoir un moment à soi? la chambre, le bureau, le fauteuil, la terrasse, le jardin?

La réponse se trouve dans une enquête très sérieuse réalisée en Grande-Bretagne: selon celle-ci, un tiers des hommes se réfugient dans la salle de bains, contre seulement un cinquième des femmes.

Pour ceux que ça intéresse, c’est ic: The Independent

Ça m’a bien fait rire parce que ça m’a rappelé mon grand-père, qu’on avait interdiction absolue de déranger, le matin après le petit déjeuner, quand il se retirait aux toilettes avec son journal.

Chose que lui seul avait le droit de faire, parce que – disait ma mère – c’est très mauvais de rester assis longtemps sur les toilettes.

Lui seul et aussi le petit frère, qui avait des intestins se mettant en branle dès qu’il était question d’aider à la vaisselle. Il revenait toujours au moment exact où tout était propre et rangé.

Jusqu’à aujourd’hui, j’ai encore des doutes sur le bien-fondé de l’argument maternel 🙂

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photo prise à l’Hôpital Notre-Dame à la Rose

G comme Grande Vadrouille

Premiers cours, premier devoir. Madame demande à ses nouveaux élèves de lui expliquer ce que c’est pour eux le français. 

Il y a ceux qui sont allés pomper quelques jolies phrases sur internet, pour vanter à Madame les beautés de la langue qu’elle enseigne.

Il y a ceux qui gémissent et se plaignent. Ceux qui préféreraient s’en tenir à l’anglais, plus facile à apprendre et plus répandu dans le monde. Ceux qui malgré tous les efforts fournis ne trouvent pas encore les mots pour s’exprimer.

Il y a ceux qui ont été scolarisés en français, parfois seulement en maternelle, parfois aussi une partie de l’école primaire. Ceux qui remercient leurs parents de leur avoir donné une éducation bilingue.

Et puis il y a celui qui a fait sourire Madame en lui écrivant:

« Pour moi, le français, ce sont les mercredis après-midis passés chez mes grands-parents, parce qu’on regarde souvent des films français, comme la Grande Vadrouille ou le gendarme de Saint-Tropez. »

G comme goutte

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En ces mois de disette, on est si heureux de voir tomber trois gouttes qu’on sort vite l’appareil pour immortaliser ce moment magique.

Mais il n’en tombe pas une de plus. L’herbe, les plantes et l’Adrienne restent sur leur soif 😉

En visite jeudi dernier chez l’amie V*, on sourit en regardant les enfants patauger dans une grande piscine gonflable.

– On l’avait déjà installée et remplie en juin, dit l’amie d’un air d’excuse, c’était avant qu’il y ait des réglementations à cause du danger de pénurie…

Les enfants rient, s’ébrouent, sortent de l’eau sans même prendre la peine de se sécher.

– Elle est froide! disent-ils.

Elle est généralement entre 24 et 27°, ça dépend si on l’a recouverte pour la nuit ou pas.

– Vous ne connaissez pas votre bonheur, pense l’Adrienne.

G comme groupe

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Miranda, notre accompagnatrice, marchait devant, élégante comme toujours avec sa tunique bleu de lin, du bleu de ses yeux, et son pantalon cigarette assorti. Toujours mince, légère, sautillante, enthousiaste.

La veille elle avait beaucoup insisté là-dessus: Demain, mettez un pantalon et des chaussures plates! Mais évidemment cette emm… de Shelley Ann n’en avait fait qu’à sa tête. Elle seule portait une robe et des mules à talons. Des mules à talons, je vous demande un peu! Alors qu’elle marche déjà si difficilement et qu’il faut l’attendre tout le temps!

Bref.  June et moi, on préférait rester à l’arrière pour bavarder tranquillement, on ne risquait pas de se perdre, il n’y avait qu’à suivre les deux cloches, comme on disait en rigolant, à cause des chapeaux cloches de Shelley Ann et de son mari, le pauvre homme.

Dorothy s’était jointe à nous, on avait un peu sympathisé, c’est le genre de femme qui te bassine avec ses voyages mêêêrveilleux et ses enfants si intelligents et qui réussissent si bien dans la vie, ça nous faisait de la conversation et puis le soir, entre nous, June s’amusait à l’imiter et ça nous faisait beaucoup rire.

Je ne me souviens plus du tout du nom de la ville où on était ce jour-là ni de ce qu’on y a visité, mais je me rappelle qu’on a vite compris pourquoi Miranda avait tellement insisté sur le pantalon et les chaussures plates.

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photo prise dans ma ville le 5 juillet 2018 – tableau et consignes chez Lakévio, que je remercie: « Restez groupés! » Si vous savez où ils vont, dites-le-moi lundi !

G comme gabegie

Le père chante dans une chorale de copains, ce qui signifie, selon la mère, qu’il ne suit la messe que de très loin, là-haut dans le jubé, où – elle en est sûre – il préfère papoter avec l’organiste plutôt qu’écouter le sermon du curé. 

– Mais qu’est-ce que tu en sais, répond-il en haussant les épaules.

– Je le sais parce que je vous entends! On vous entend bavarder jusqu’en bas!

– Ça, dit le père, c’est José.

C’est vrai que l’ami José a une voix de stentor, alors que le père maîtrise l’art du chuchotement.

Deux ou trois dimanches dans l’année, le père est obligé de suivre la messe sans les copains: c’est quand la famille est en vacances au camping en France. Ces matins-là, le père, la mère, le fils et la fille sont toujours parmi les premiers arrivés et si assidument présents dans les premiers rangs, année après année, que le curé de la paroisse a demandé à la mère de bien vouloir faire la première lecture.

– Mais je suis Belge! a répondu la mère, comme s’il y avait un rapport.

– Et alors? a dit le curé, vous êtes Belge mais vous savez lire, je suppose?

Alors la mère a accepté, l’honneur de la patrie était en jeu. 

Puis quand venait le moment de la quête, le père faisait rire la fille en lui chuchotant chaque fois cette petite phrase, au moment où il lui remettait la piécette à déposer dans le panier:

– Et ne pas tout dépenser en même temps, hein!

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les mains du père, dernier chapon, dernier Noël avant la maladie