G comme géographie domestique

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Où se retire-t-on pour avoir un moment à soi? la chambre, le bureau, le fauteuil, la terrasse, le jardin?

La réponse se trouve dans une enquête très sérieuse réalisée en Grande-Bretagne: selon celle-ci, un tiers des hommes se réfugient dans la salle de bains, contre seulement un cinquième des femmes.

Pour ceux que ça intéresse, c’est ic: The Independent

Ça m’a bien fait rire parce que ça m’a rappelé mon grand-père, qu’on avait interdiction absolue de déranger, le matin après le petit déjeuner, quand il se retirait aux toilettes avec son journal.

Chose que lui seul avait le droit de faire, parce que – disait ma mère – c’est très mauvais de rester assis longtemps sur les toilettes.

Lui seul et aussi le petit frère, qui avait des intestins se mettant en branle dès qu’il était question d’aider à la vaisselle. Il revenait toujours au moment exact où tout était propre et rangé.

Jusqu’à aujourd’hui, j’ai encore des doutes sur le bien-fondé de l’argument maternel 🙂

***

photo prise à l’Hôpital Notre-Dame à la Rose

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G comme Grande Vadrouille

Premiers cours, premier devoir. Madame demande à ses nouveaux élèves de lui expliquer ce que c’est pour eux le français. 

Il y a ceux qui sont allés pomper quelques jolies phrases sur internet, pour vanter à Madame les beautés de la langue qu’elle enseigne.

Il y a ceux qui gémissent et se plaignent. Ceux qui préféreraient s’en tenir à l’anglais, plus facile à apprendre et plus répandu dans le monde. Ceux qui malgré tous les efforts fournis ne trouvent pas encore les mots pour s’exprimer.

Il y a ceux qui ont été scolarisés en français, parfois seulement en maternelle, parfois aussi une partie de l’école primaire. Ceux qui remercient leurs parents de leur avoir donné une éducation bilingue.

Et puis il y a celui qui a fait sourire Madame en lui écrivant:

« Pour moi, le français, ce sont les mercredis après-midis passés chez mes grands-parents, parce qu’on regarde souvent des films français, comme la Grande Vadrouille ou le gendarme de Saint-Tropez. »

G comme goutte

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En ces mois de disette, on est si heureux de voir tomber trois gouttes qu’on sort vite l’appareil pour immortaliser ce moment magique.

Mais il n’en tombe pas une de plus. L’herbe, les plantes et l’Adrienne restent sur leur soif 😉

En visite jeudi dernier chez l’amie V*, on sourit en regardant les enfants patauger dans une grande piscine gonflable.

– On l’avait déjà installée et remplie en juin, dit l’amie d’un air d’excuse, c’était avant qu’il y ait des réglementations à cause du danger de pénurie…

Les enfants rient, s’ébrouent, sortent de l’eau sans même prendre la peine de se sécher.

– Elle est froide! disent-ils.

Elle est généralement entre 24 et 27°, ça dépend si on l’a recouverte pour la nuit ou pas.

– Vous ne connaissez pas votre bonheur, pense l’Adrienne.

G comme groupe

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Miranda, notre accompagnatrice, marchait devant, élégante comme toujours avec sa tunique bleu de lin, du bleu de ses yeux, et son pantalon cigarette assorti. Toujours mince, légère, sautillante, enthousiaste.

La veille elle avait beaucoup insisté là-dessus: Demain, mettez un pantalon et des chaussures plates! Mais évidemment cette emm… de Shelley Ann n’en avait fait qu’à sa tête. Elle seule portait une robe et des mules à talons. Des mules à talons, je vous demande un peu! Alors qu’elle marche déjà si difficilement et qu’il faut l’attendre tout le temps!

Bref.  June et moi, on préférait rester à l’arrière pour bavarder tranquillement, on ne risquait pas de se perdre, il n’y avait qu’à suivre les deux cloches, comme on disait en rigolant, à cause des chapeaux cloches de Shelley Ann et de son mari, le pauvre homme.

Dorothy s’était jointe à nous, on avait un peu sympathisé, c’est le genre de femme qui te bassine avec ses voyages mêêêrveilleux et ses enfants si intelligents et qui réussissent si bien dans la vie, ça nous faisait de la conversation et puis le soir, entre nous, June s’amusait à l’imiter et ça nous faisait beaucoup rire.

Je ne me souviens plus du tout du nom de la ville où on était ce jour-là ni de ce qu’on y a visité, mais je me rappelle qu’on a vite compris pourquoi Miranda avait tellement insisté sur le pantalon et les chaussures plates.

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photo prise dans ma ville le 5 juillet 2018 – tableau et consignes chez Lakévio, que je remercie: « Restez groupés! » Si vous savez où ils vont, dites-le-moi lundi !

G comme gabegie

Le père chante dans une chorale de copains, ce qui signifie, selon la mère, qu’il ne suit la messe que de très loin, là-haut dans le jubé, où – elle en est sûre – il préfère papoter avec l’organiste plutôt qu’écouter le sermon du curé. 

– Mais qu’est-ce que tu en sais, répond-il en haussant les épaules.

– Je le sais parce que je vous entends! On vous entend bavarder jusqu’en bas!

– Ça, dit le père, c’est José.

C’est vrai que l’ami José a une voix de stentor, alors que le père maîtrise l’art du chuchotement.

Deux ou trois dimanches dans l’année, le père est obligé de suivre la messe sans les copains: c’est quand la famille est en vacances au camping en France. Ces matins-là, le père, la mère, le fils et la fille sont toujours parmi les premiers arrivés et si assidument présents dans les premiers rangs, année après année, que le curé de la paroisse a demandé à la mère de bien vouloir faire la première lecture.

– Mais je suis Belge! a répondu la mère, comme s’il y avait un rapport.

– Et alors? a dit le curé, vous êtes Belge mais vous savez lire, je suppose?

Alors la mère a accepté, l’honneur de la patrie était en jeu. 

Puis quand venait le moment de la quête, le père faisait rire la fille en lui chuchotant chaque fois cette petite phrase, au moment où il lui remettait la piécette à déposer dans le panier:

– Et ne pas tout dépenser en même temps, hein!

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les mains du père, dernier chapon, dernier Noël avant la maladie

 

 

 

G comme glycine

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Chaque année, au moment de la floraison des glycines, je me redis qu’il faudrait que j’en plante une. Celle-ci, photographiée le 25 avril dans un jardin de ma ville, était en début de floraison et déjà de toute beauté.

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J’y songe donc sérieusement, une fois de plus, pour l’automne prochain, si les travaux à la rue sont terminés.

On peut rêver 🙂

Spéciale dédicace à ma grand-mère Adrienne, dont le bleu était la couleur préférée et qui fête l’anniversaire de sa naissance demain 🙂

G comme goguette

lakévio94Venez donc faire un tour au parc avec moi. On profitera du soleil. Je suis sûr que les cerisiers du Japon sont en pleine floraison, vous verrez, c’est d’une beauté époustouflante !

Avait-elle besoin d’arguments complémentaires ? Non, à en juger par son sourire et ce regard bleu qui respirait la confiance.

– Pourquoi pas ? dit-elle. Nous ne sommes pas dans un pénitencier, nous pouvons bien aller admirer la baignade des canetons… nous asseoir sur un banc au soleil pour écouter les merles chanteurs… Ça ne pourra nous faire que du bien !

Alors ils sont sortis, en pantoufles et en tenue d’aide-soignant enfilée à la hâte, laissant les autres à leur sieste et à leur télévision. 

Ce n’est qu’à l’heure du café que leur tortionnaire habituel s’est rendu compte de leur disparition.

– C’est tout de même aberrant, confiait-il à sa collègue, ces deux-là il va falloir que je les attache et que je les enferme ! 

*** 

tableau et consignes chez  Lakévio
qui demandait d’utiliser les 10 mots suivants 

complémentaire – époustouflant – respirait – baignade – tortionnaire – chanteur – juger – aberrant – pénitencier – profitera