J comme Jolabokaflodid

Jólabókaflóðið

Deux bonnes raisons de s’inspirer de l’Islande en ce moment de l’année, d’abord pour se rappeler le voyage fait il y a deux ans, plein de péripéties mais sans aurores boréales – on aurait préféré le contraire 😉 – et ensuite pour cette belle tradition de s’offrir des livres.

Dans Jólabókaflóðið, il y a ‘Jol‘, qui ne nous dit rien mais qui signifie Noël, puis il y a ‘bok‘ et là on reconnaît le mot germanique pour ‘livre’ (book, boek, Buch…) et enfin le mot ‘flod‘ (comme flood, vloed, Flut…).

Donc au total ça donne un flux, un déferlement de livres pour Noël.

On en explique l’origine et les modalités sur le site qui porte son nom – l’illustration ci-dessus est sa bannière.

La coutume remonterait à la fin de la guerre de 40, quand tout ou presque était denrée rare, sauf le papier. Ce qui fait que les cadeaux qu’on pouvait le plus facilement s’offrir, c’était des livres.

Ce qui est merveilleux, c’est que la tradition perdure.

Il est vrai que les Islandais sont très fiers de leur culture et qu’ils sont conscients que la sauvegarde de leur langue passe en grande partie par leur littérature.

Depuis à peu près mille ans 🙂

J comme J’ai tout essayé!

J’ai tout essayé! se lamente le traiteur italien au moment où l’Adrienne déclare « Bon, je vais remettre cet ornement inutile! »

Les lunettes, c’est une très belle invention, mais elle ne s’accorde pas avec le port du masque.

J’ai tout essayé, répète-t-il, toutes les sortes de masques, toutes sortes de produits à mettre sur les verres des lunettes, même du Dr*ft, rien ne marche!

Je compatis! répond l’Adrienne.

Sur le chemin du retour, elle se dit qu’elle pourrait très bien les ranger dans un tiroir, vu qu’avec l’âge sa myopie a tellement amélioré qu’elle n’a plus besoin de lunettes, ni pour voir loin, ni pour voir près.

Embué ou non, c’est un ornement inutile 🙂

Mais si vous avez un bon truc, le traiteur italien est demandeur!

J comme jet set

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C’est vers l’âge de seize ans qu’il a décidé que son prénom était trop commun. Depuis, il se fait appeler Jean-Frederick. Il tient beaucoup à ce -ck, qui doit le singulariser. Il a hésité sur l’opportunité d’un Y et d’accents, Jean-Frédéryck, mais point trop n’en faut, s’est-il dit.
Faisons chic et classe.

C’est aussi dans ce but qu’il s’est laissé pousser la barbe et les cheveux, dans un savant mélange de soigné-négligé qui lui demande chaque matin une demi-heure de travail dans sa salle de bains.
Et parfois une retouche en cours de journée.

Il ne porte que du noir, dans l’idée que c’est le summum de l’élégance, ne fume que des petites cigarettes brunes et sourit rarement.
Il trouve que l’air légèrement blasé convient mieux.
Il faut garder la distance.

Les bras croisés, l’attitude fermée, le regard vaguement posé sur Marie-Caroline en train d’admirer des boucles d’oreilles dans la vitrine d’un bijoutier, il se dit que ce week-end il fera sa demande. Les parents de Marie-Caroline semblent l’apprécier.
Il n’y aura pas de pépin.

C’est à ce moment-là que passe Cindy, une ancienne camarade de classe.
Qui le reconnaît, malgré son look et les années passées depuis leurs quatorze ans.
Trop tard pour l’esquiver.
Elle lui lance, toute joyeuse:

– Kévin! Oh! Kévin! Quelle bonne surprise!

***

écrit pour le 52e devoir de Lakevio du Goût – merci à lui! – avec la consigne suivante:

Mais que peut bien avoir ce type ? Que vous inspire-t-il ?
J’espère que vous en direz quelque chose lundi.

J comme Jeannot

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– Vous comprenez, dit-elle, c’est à cause de mon lapin!

Son animal de compagnie est un lapin nain. En principe, il vit dans sa cage. Mais elle l’a habitué à l’en sortir. Alors maintenant il l’exige.

– Vous comprenez, dit-elle, si je ne lui ouvre pas, il me fait une vie!

Donc elle met une alèse sur son fauteuil et le lapin regarde la télé avec elle. Ou bouquine. Ou fait la sieste.

Et fait ses crottes sur l’alèse.

A ses voisines, à ses copines, régulièrement elle offre des carottes.
De belles jeunes carottes bien fraîches.

– Vous comprenez, dit-elle, il ne veut manger que ça, des fanes de carottes.
Mais moi parfois j’en ai marre de manger des carottes!

***

l’illustration a servi à un devoir de Lakévio 🙂

J comme j’y pense et puis j’oublie

Mon père m’a dit que tu avais demandé s’il y a une liste de naissance, écrit-elle. Il n’y en a pas alors tu peux faire comme tu veux.

Comme je veux, se dit l’Adrienne, bien bien.
Dans ce cas, faisons plaisir à une ancienne élève qui tient une boutique d’articles de bébé et de vêtements pour enfants, et offrons un bon d’achat à la petite fille qui vient de naître et à sa maman.

Après les rituels purificateurs en vogue ces temps-ci, on tend à l’Adrienne le bon cadeau pour qu’elle y note son nom et celui de la destinataire.

Et là… Zut! plus moyen de se souvenir exactement du prénom du bébé.
Trois syllabes.
Sakuri… Sukara… Sukira?

Dans le doute abstiens-toi, se dit-elle, marquons-y le nom de la maman.

***

Vous l’aurez deviné, le prénom est japonais et se trouve dans le titre de la vidéo ci-dessus 😉