J comme Joe

2019_Encres d'automne_Affiche

– Avant que j’oublie, dit mémé Jeanne, sortie en coup de vent de sa cuisine, la maison du bout du village est à vendre!

Belle-sœur numéro 4 fait la moue: elle connaît l’endroit, c’est une sorte de ferme du bout du monde, le jardin est une friche envahie par les ronces et elle n’a pas envie de passer la vie en chantier, à retaper une baraque qui finira par coûter trois fois le prix de départ.

Mémé Jeanne, bien sûr, aimerait que sa fille cadette se rapproche d’Ostende au lieu d’habiter « si loin », c’est-à-dire une heure par les routes secondaires à nids-de-poule et vitesse limitée.

Avec ses 77 ans le 23 mars prochain, maintenant comme avant, elle reste la souveraine en son domaine – la cuisine, les enfants, les petits-enfants, pour qui elle est une de ces grands-mères qui savent tout, ou en tout cas l’essentiel, comme coudre un déguisement ou mettre des papillotes à la bière dans les cheveux des petites qui se rêvent bouclées.

Marie dépose les assiettes devant chacun, sans se tromper – la part du fils aîné est toujours la plus grande et elle garde pour elle-même la plus petite, dans l’espoir d’arriver au bout du repas – le destin de Marie a toujours plus ressemblé au rôle de Marthe 😉

– Tout ce que tu vas vivre ici ce soir, glisse Marie à l’oreille de Muanza, qui ne sait pas trop ce qu’il a dans son assiette, essaie de le trouver parfaitement normal.

***

illustration et consignes chez Joe Krapov, que je remercie:

Vous insérez dix à quinze titres des romans acquis récemment par la bibliothèque dans un texte qui, tapé en caractères TNR 12, tiendra sur le recto d’une feuille 21×29,7 cm.

Voici la liste des titres proposés :

77 – A crier dons les ruines – Avant que j’oublie – Bienvenue à Korototoka  – Boréal – Ces grands-mères qui savent tout – C’est la faute du vent – C’est moi qui éteins les lumières – Comme une gazelle apprivoisée – Coup de vent – De pierre et d’os – Extérieur monde – Farallon lslands – Jeanne des falaises – Journal d’un amour perdu – La calanque de l’aviateur – La chanson de Julien – La ferme des lilas – La ferme du bout du monde – La galerie des jalousies – La légende du Pilhaouer – La maison aux têtes – La maison du bout du village – La panthère des neiges – La part du filsLa souveraine en son domaineLa vie en chantier – L’apocalypse est notre chance – L’arbre à promesses – Ici n’est plus ici – Le bal des folles – Le berceau – Le bonheur n’a pas de ride – Le ciel par-dessus le toit – Le corps d’après – Le destin de Cassandra – Le destin de Marie – Le gréement de Camaret – Le jardin – Le monde des hommes – Le prix – Le secret de la Belle-Épine – Les altruistes – Les Amazones – Les Amours d’Alfred – Les calendriers – Les chemins de promesse – Les disparus de Trégastel – Les frères Quinn – Les mille talents d’Euridice Gusmao – Les Rochefort – Les sept mariages d’Edgar et Ludmilla – Les sœurs Ferrandon – Les testaments – L’irrésistible histoire du café myrtille – L’ombre de la fauvette – Maintenant, comme avant – Miss Islande – Mur Méditerranée – Opus 77 – Par les routes – Paz – Pour l’amour de la vigne – Seules les pierres le savaient – Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon – Tout ce que tu vas vivre – Trois étoiles et un meurtre – Un été d’herbes sèches – Une folie passagère – Une soupe aux herbes sauvages – Vanessa et Virginia – Vilaine blessure 

La dernière fois qu’il a été question de Muanza, c’était ici.

J comme jarre

2019-11-01 (71)

Amis tintinophiles, vous aussi vous l’avez reconnu, ce beau dragon bleu – dynastie Ming, règne de Jiajing (1522-1566) pour ceux qui veulent tout savoir 😉

Mais oui, mais oui, c’est celui-là même!

Je ne sais pas si Hergé, en plus de l’info fournie par son ami Tchang sur la situation en Chine dans les années 30, est allé voir les porcelaines du musée Guimet, mais en passant devant cette grande jarre on ne peut que se rappeler celle-ci:

tintin lotus bleu

source de l’illustration ici.

et un fou de Tintin découvert ici.

J comme Je me souviens…

5801

Sapristi! s’écrie l’Adrienne en découvrant le mot imposé au Défi du Samedi: soupape!
Va-t-elle encore devoir parler de soupe?

Parce que soupape = casserole à pression = cuisine maternelle = …

Voilà. Vous avez compris.

La mère de l’Adrienne a deux casseroles à pression. C’est ainsi qu’on les appelle en Belgique. Et oui, vous avez bien lu :
1° qu’on peut en parler au présent parce que ces machins, malgré l’emploi intensif qui en a été fait, sont indestructibles
2° qu’il y en a deux, une énorme pour la soupe de la semaine et une de taille ‘normale’ utilisée quotidiennement pour les pommes de terre, le stoemp, les viandes qui nécessitent une cuisson longue, comme le pot-au-feu.

Ce qui avait convaincu la mère de l’Adrienne, c’était le double argument de vente de ses deux ‘Miss Mary’: un temps de cuisson nettement plus court et des vitamines ou sels minéraux mieux conservés.

Win-win, comme on dit aujourd’hui.

Mais sur le goût de ces patates sorties de la Miss Mary, on ne disait rien…

Mini-Adrienne détestait les ‘Miss Mary’, non seulement parce que tout ce qui en sortait avait à peu près la même qualité gustative, mais surtout pour leur aspect bruyant et effrayant.

Leurs « pschitt pschitt’ remplissaient la cuisine de bruit et de vapeur et au moment du ‘jaillissement’ final, le père était prié d’aller au plus vite porter la chose dehors, pour que le plus gros jet de vapeur s’éparpille dans la nature au lieu de remplir la cuisine.
Qui pourtant faisait quatre mètres sur quatre et avait une hotte aspirante.

Enfin, la touche finale: mini-Adrienne, qui devait essuyer la vaisselle, a failli mille fois se démettre l’épaule ou se casser le dos à soulever un de ces engins.
Qui en plus n’étaient pas faciles à essuyer parce qu’à cause du rebord, l’eau ne s’en égouttait pas.

Aujourd’hui, la mère de l’Adrienne n’utilise plus ses Miss Mary: elle a découvert le micro-ondes, c’est encore plus rapide 🙂

Mais elles sont toujours en état de nuire: elles dorment à la cave.

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écrit pour le Défi du Samedi où Walrus proposait soupape avec l’illustration ci-dessus et ajoutait: « Relâchez la pression, voyons ! »
Ben voyons 🙂
Merci, Walrus!

J comme Jocrisse

langelot_agent_secret

La première fois que l’Adrienne a rencontré ce mot, c’était dans une de ses lectures de la Bibliothèque verte et ça l’a fort marquée.

Elle n’avait pas l’habitude d’être confrontée à un mot inconnu, voilà pourquoi elle se souvient de ces rencontres, jocrisse, dans un des Langelot, ou panacée, dans la chanson du sirop typhon.

Quant à savoir pourquoi ce mot – jocrisse! – ressurgit tout à coup dans sa mémoire alors qu’elle est plongée dans Orient-Express, de Graham Greene sur les conseils de Walrus… mystère!

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La photo d’illustration vient d’ici (où vous trouverez toute l’info sur les 40 volumes des aventures de Langelot, agent secret :-))

J comme Joni Junes

Lyon : La Mulatière-jonction du Rhône et de la Saône

74 651 amendes pour excès de vitesse ont été envoyées de France en Belgique, en cette première moitié de l’été 2019.

C’est ce que nous apprenait Joni Junes samedi dernier, précisant qu’avec ce chiffre nos compatriotes détiennent une sorte de record.

Vu que ce sont ceux de juin et juillet, on peut supposer que s’y ajouteront les Fangio d’août, à moins qu’entre-temps la nouvelle ait fait son chemin: non, les radars et autres caméras n’ont pas tous été vandalisés par les gilets jaunes – même s’il s’agissait de six radars sur dix – et de toute façon, nos voisins du sud se dépêchent d’en remettre d’autres en circulation, encore plus performants, paraît-il, appelés ‘radars tourelles’ et pouvant contrôler 32 véhicules à la fois sur cinq bandes de circulation, dans les deux sens et sur une centaine de mètres.

Ouf!

Sans compter les autres petites innovations, comme sur l’Autoroute du Soleil près de Lyon, entre Dardilly et Pierre-Bénite, où la vitesse maximale a été réduite à 70 km/h. Mais avec un tronçon à la Mulatière, où on ne peut plus faire que du 50.

Or Jef et Martine, parents d’élèves passant leurs vacances en Ardèche chaque année depuis plus de vingt ans, croient connaître le trajet et ses embûches par cœur…

Espérons qu’ils ouvriront l’œil en passant là!

source de la photo ici

J comme j’y crois pas!

DSCI7418

On peut faire confiance à Luke quand il note que la température de l’air est à 13°C et celle de l’eau à 12.

Pourtant la première chose qu’on voit en descendant vers la plage, ce sont des enfants en maillot de bain, des vieilles dames qui se promènent en bikini dans l’eau jusqu’à la taille, des baigneurs de tout âge.

Puis on entend arriver un tracteur, on demande à l’amie à quoi il sert, quelle sorte de travail il doit effectuer.

– Travail? rit-elle. Pas du tout! C’est ‘just for fun’. « They are playing »

Et quand le tracteur est tout près on remarque qu’au volant se trouve le marié, et assis près de lui, le cousin Tom.

Alors on décide de ne plus poser de questions 😉

 

 

J comme jésus

Histoire de la bibliothèque
– Il ne mange rien, ce petit jésus? disait madame Redon chaque fois qu’elle passait le long de la table où se trouvait la famille.
Ce qu’elle ne savait pas, c’est que le petit jésus piochait dans le panier à pain dès qu’il était posé sur la table, chose que mini-Adrienne n’avait pas le droit de faire:
– On ne se sert de pain que pendant le repas, pas avant! disait la mère.
Mais à trois ans, le petit frère, à l’hôtel de la Plage, vivait de pain, de fromage et de dessert.
Aujourd’hui, chaque fois que la famille est à nouveau réunie au restaurant, le petit frère pioche dans le panier à pain dès qu’il est posé sur la table. Alors la mère raconte à sa belle-fille:
– Il ne mange rien, ce petit jésus, disait madame Redon…