L comme Love

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Déjà en 2018 le même trio de chercheurs avait publié « Why we love bees and hate wasps« , ‘pourquoi nous aimons les abeilles et haïssons les guêpes‘ et c’est en voyant des guêpes déguster une de ses figues que l’Adrienne a de nouveau voulu se renseigner sur ces petites bêtes qui font peur – oui, à elle aussi! – et dont autrefois, dans le jardin d’avant, elle a fait détruire des nids.

A tort, probablement, même si sa principale motivation était le fils numéro deux des voisins, allergique aux piqûres de guêpes.

Pour convaincre les gens de leur utilité, de leur valeur pour l’écologie et donc pour l’homme, les trois chercheurs ont poursuivi leurs travaux et publié une étude qui prouve leur rôle positif, important, dans l’écosystème.

Car si on est conscient aujourd’hui qu’il faut sauver les abeilles, c’est surtout grâce aux chiffres qui doivent prouver leur valeur ‘marchande’: il paraît que pour les abeilles, elle s’élève à 250 milliards de dollars par an, aucune idée comment on arrive à ce calcul, mais soit 😉

Alors qu’en est-il pour les guêpes?

Pourquoi faudrait-il aussi aimer les guêpes?

En gros, parce qu’elles pollinisent 798 sortes de plantes de 106 familles différentes, se nourrissent d’insectes nuisibles à nos cultures et ont un grand potentiel pharmacologique et médicinal.

Conclusion: l’Adrienne leur laissera quelques figues.

Ce serait bien si elles choisissaient celles qui lui sont inatteignables, au lieu de prendre celle qui est sous son nez, près de la porte de la cuisine 😉

L comme Liszt

– Ce piano, explique-t-il en montrant le Carl Bechstein Konzertflügel de 1870, un des nombreux instruments de sa vaste collection, ce piano ne peut être comparé à aucun instrument moderne, qui ressemblent tous à des produits ikea.

Oui, il a dit ikea 😉

Pourquoi?

Par exemple, parce que tous les bois sont « séchés » en quelques minutes dans des machines qui ne les sèchent pas à cœur et que tous les fabricants de pianos ne trouvent la « matière première » que chez deux fournisseurs au monde, de sorte que tous ont à peu près la même qualité, le même son.

Voilà qui a fait plaisir à l’Adrienne, qui trouvait déjà fort excessif d’avoir à débourser mille euros pour son Roland 😉

– Celui-ci, poursuit-il, c’est une qualité comme on n’en fait plus. Un jour qu’on l’a transporté de Belgique au Portugal, par camion, en plein hiver, l’accordeur qui l’attendait à Lisbonne a cru qu’on avait voulu se moquer de lui. « Vous me faites venir pour accorder un piano mais il n’y a rien à accorder! Le son est parfait! Vous vouliez tester mes compétences, c’est ça? » Il a fallu lui expliquer qu’en effet, ce piano ne « bougeait » pas malgré le transport. Une perfection de son.

Bref, le concert était instructif, le lieu enchanteur et l’Adrienne fort heureuse que de grands musiciens veuillent se produire dans sa petite ville 🙂

L comme laconophilie

S’il faut en croire les spécialistes, l’image que nous avons de Sparte – la Sparte antique, ses lois et son système éducatif, par exemple – serait plus un mythe qu’une vérité historique.

Mais ce mythe a la vie dure, voyez par exemple ce que signifie encore aujourd’hui l’adjectif ‘spartiate’ avec ses relents d’austérité et de patriotisme.

Platon et ses disciples ont fortement contribué à ce mythe, repris ensuite par Rome au moment où elle prêche une sorte de retour aux « valeurs d’antan ».

Comme on peut le lire ici, la laconophilie des temps modernes a pris quelques chemins discutables.

Mais que peut-on attendre d’autre d’une idéologie, n’est-ce pas?

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photo prise à Sparte près du nouveau stade, le 30 avril dernier. Vous aurez sûrement reconnu le héros des Thermopyles 🙂

L comme langue

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Une petite fille déjà obèse se tenait au milieu du trottoir, refusant de bouger.
Cris, pleurs, dans sa jupette en tulle rose et son T-shirt I am a little Princess.
Rose aussi, évidemment.

Deux ou trois mètres plus loin, la maman avec la poussette du petit frère attendait que l’orage passe.

Pourquoi pleure-t-on avec une telle conviction rageuse, quand on a cinq ans et qu’on est en pleine rue? se demandait l’Adrienne, qui avait comme d’habitude très envie d’intervenir.
Un sourire, un « bonjour, Princesse! » font parfois des miracles.

La maman exhortait la petite dans une langue que l’Adrienne n’a pas réussi à « classer », ce n’était ni une langue germanique, ni romane, ni slave, ni de l’arabe…
Le temps d’analyser la situation pour évaluer si on avait plus de chances d’être comprise avec un « Dag, Prinses! » ou un « Bonjour, Princesse! », l’Adrienne était passée, avec ses deux sacs de courses aux épaules, et la Little Princess hurlait toujours.

Cette langue-là est universelle.

L comme lyrisme

« Ma songerie aimant à me martyriser s’enivrait savamment du parfum de tristesse »

– Franchement!

La place n’était pas mauvaise, soupirait Hortense, mais qu’est-ce qu’elle pouvait lire comme niaiseries sur les papiers froissés qu’elle ramassait à terre dans cet appartement de la rue de Rome!

– Pas étonnant que ce monsieur les jette, avait dit son Hector. Est-ce que ça pourrait intéresser quelqu’un d’autre que lui-même?

Bon, il n’était pas joyeux, c’est le moins qu’on puisse dire, et il n’avait pas la santé, le pauvre homme!
Mais à quoi ça pouvait bien servir de se plaindre?
De « se martyriser« , comme il disait.
Se plaignait-elle?
Elle en aurait eu mille fois plus de raisons que lui, pourtant.

– Tiens, en v’là encore un! fit-elle en se baissant.

« Ne t’imagine pas que je dis des folies. »

– Le pauvre homme! conclut-elle, ça ne va vraiment pas bien dans sa tête!

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merci à Monsieur le Goût pour son 116e devoir de lakévio:

J’ai enfin réussi à savoir ce que cache cette porte. En avez-vous une idée ? Si j’osais, je vous demanderais de commencer votre découverte par : « Ma songerie aimant à me martyriser s’enivrait savamment du parfum de tristesse » Et plus encore, la clore sur : « Ne t’imagine pas que je dis des folies. » Si vous estimez être mal armé pour faire de la sorte, faites comme vous voulez. Mais dites quelque chose lundi.

L comme locataire

Avec ce récent déménagement de Monsieur le Goût, l’Adrienne admire la désinvolture avec laquelle certains peuvent se décider à déménager, empaqueter, emballer, sans craindre la fatigue ni les embarras divers, jusqu’au retour de manivelle final, la vengeance du propriétaire abandonné: le non-remboursement de la caution, sous des prétextes variés et futiles.

Ainsi, les mille euros pour un coup de balai, lui ont rappelé ses propres mésaventures de locataire.

Pas à l’époque bénie du « kot » d’étudiante, où l’Adrienne n’hésitait pas, en quatre ans d’études, à changer quatre fois de kot – Mais pourquoi? répétait son père au bout de la première année alors qu’il l’avait obligée à loger chez des bonnes sœurs. Tu es quand même bien là où tu es? – non, à Louvain ça n’a jamais posé de problème: la caution était rendue sans discussion.

Mais quand la « vraie vie » a commencé, premier emploi, premier logement, et quand à la fin du bail de trois ans on préfère ne pas le renouveler…

L’état des lieux s’était fait sur le ton le plus paterne mais au moment du départ, il y avait tout à coup des déprédations honteuses.
Alors que l’Adrienne et Monsieur Mari rendaient le bien repeint à leurs frais, retapissé, et en meilleur état qu’ils ne l’avaient trouvé.

Et la deuxième fois, où malgré un grand nettoyage après le départ, le propriétaire a prétexté avoir trouvé les lieux dans un état tellement immonde qu’une femme d’ouvrage n’en serait pas venue à bout en une journée entière.

Bref, du vol pur et simple, donc l’Adrienne souhaite bon courage à tous les locataires de la planète.

***

en illustration, une photo prise à Paris à l’expo Banksy en novembre 2019.

L comme limousine

– Tu as une nouvelle voiture? demande l’amie à qui l’Adrienne ouvre sa porte.

Elle montre le bel exemplaire long et sombre et rutilant garé juste devant et oui, elle est sérieuse: comme chaque fois qu’elle vient et qu’une bagnole est garée devant chez l’Adrienne, elle lui pose cette question:

– Tu as une nouvelle voiture?

C’est ainsi que tous ceux qui passent devant sa maison pensent que les poubelles ou autres choses qui traînent devant chez elle lui appartiennent 😉

Comme le jour où quelqu’un avait déposé (ou perdu?) un matelas sur son bout de trottoir et que sa directrice s’était étonnée, en route pour l’école, de voir ça là, alors que l’Adrienne est tellement « écolo » 😉

L comme loi du talion

Les salutations préliminaires sont cette fois légèrement écourtées, il y a visiblement urgence.

– Je voudrais discuter de quelque chose avec vous, dit-il, son gros classeur d’écolier sous le bras.

Mais ce n’était pas une discussion, c’était une suite continue de la même affirmation: en ressortant une heure et demie plus tard, il répète encore que pour lui c’est bien simple, œil pour œil, dent pour dent.

Le pardon, la mansuétude, c’est de la faiblesse 😉

L comme Le duBus du jour

Peut être un dessin animé
source ici

Il semblerait qu’on soit nombreux à se poser des questions du même genre, ces temps-ci.

Pour l’Adrienne hier c’était: « Qu’est-ce qui coûterait le plus cher en énergie, le petit radiateur électrique dans la salle de bains, soir et matin, ou carrément faire marcher le chauffage? »

Le bricolage imaginé par le caricaturiste duBus apporterait une réponse 🙂