Première fois

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La première fois que l’Adrienne a vu voler (1) une voiture, c’est au numéro 2 de la rue Isidore Verheyden. (2)

C’est là que sont accrochées des œuvres de l’artiste américain Matthew Porter, dont quelques photos couleur sépia ou gris bleuté, où on voit une bagnole planer au-dessus d’une route.

Pour les réaliser, il a utilisé des autos miniatures, comme les Dinky Toys ou Matchbox dont le petit frère avait toute une collection. La photo d’un de ces jouets est superposée à la photo d’un (vrai) paysage américain. Et le tout fait illusion.

(1) Voler dans les airs, pas se faire voler 😉

(2) Galerie Baronian Xippas, jusqu’au 26 octobre

Photos prises à la Journée du Patrimoine, communiqué de presse en français ici.

On peut y lire également une courte bio de l’artiste et y découvrir qu' »en 2016, Matthew Porter a été invité par la maison Christian Dior à concevoir une collection de sacs et d’accessoires pour le projet Dior Lady Art. »

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Première fois

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C’est grâce à Tania que l’Adrienne s’est finalement décidée à aller visiter la Villa Empain, lieu où elle voulait aller depuis longtemps, mais voilà, elle qui ne craint pas de prendre le bus ou le métro à Paris ou à Rome, se sent incapable de s’y retrouver dans les lignes et les haltes bruxelloises. Un de ces nombreux mystères de la logique adriennesque.

Bref, avec l’aide de Tania et d’un excellent outil en ligne pour planifier ses voyages, L’Adrienne a fini par trouver le chemin de cette merveilleuse demeure des années 30.

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photos prises le vendredi 30 août – merci Tania!

Premier, première!

Allereerste kaft van Kuifje-strip geveild voor miljoen euro

L’illustration originale, qui a été la première page de couverture du premier album de Tintin, a été vendue aux enchères à Dallas (USA). Inutile, je pense, de traduire les prix ci-dessous 🙂

In het Amerikaanse Dallas is de originele illustratie van de eerste kaft van een Kuifje-strip onder de hamer gegaan voor 1,125 miljoen dollar (992.000 euro). Dat heeft het veilinghuis Heritage Auctions verklaard.

Ce dessin a été publié le 13 février 1930. Il nous montre Tintin en reportage au pays des Soviets, en train de tailler une hélice en bois pour son avion. Milou l’observe, entièrement saucissonné dans des bandages, 

De tekening werd op 13 februari 1930 gepubliceerd en toont Kuifje op reportage in het land van de Sovjets, terwijl hij uit een boomstam een propeller maakt voor zijn vliegtuig. Zijn hondje Bobby kijkt naar hem, helemaal ingepakt in verbanden.

Les aventures de Tintin au pays des Soviets ont été publiées dans Le petit Vingtième, le supplément hebdomadaire du journal belge Le Vingtième Siècle, à partir de janvier 1929. Vu son succès, la BD de Tintin passe de huit à seize pages puis est imprimée séparément, à partir du 13 février 1930, avec la planche ci-dessus en couverture. Le premier album ne paraît qu’en septembre 1930. 

Hergé publiceerde de avonturen van ‘Kuifje in het land van Sovjets’ vanaf januari 1929 elke week in de krant Le Petit Vingtième, het kinderkatern van de Belgische krant Le Vingtième Siècle. Door het succes van de strip wordt Kuifje uitgebreid van 8 naar 16 pagina’s, en vanaf 13 februari 1930 wordt de strip los van de krant gepubliceerd, met als allereerste kaft de tekening die geveild werd. In september 1930 wordt dan de eerste echte strip ‘Tintin au pays des Soviets’ gepubliceerd.

La plupart des dessins originaux se trouvent à Louvain-la-Neuve, au musée Hergé. La planche vendue à Dallas a été réalisée à l’encre de Chine et à l’aquarelle; elle est signée par Hergé, qui l’a remise aux éditeurs du journal pour servir de couverture. Elle a été retrouvée à Bruxelles. L’identité du vendeur et de l’acheteur n’ont pas été révélées.

De meeste oude kaften van de Kuifje-strips bevinden zich in het Hergé-museum in Louvain-la-Neuve. De tekening die zaterdag verkocht werd in Dallas is gemaakt met Chinese inkt en waterverf, en is door Hergé gehandtekend. De tekening werd door Hergé aan de krantenuitgever overgemaakt om op de kaft te drukken, en werd uiteindelijk in Brussel gevonden. De identiteit van de verkoper en de koper worden niet vrijgegeven.

Tintin pulvérise régulièrement des records lors de ventes aux enchères, d’autres dessins de couverture ont également atteint des sommes de plus d’un million d’euro.

Kuifje breekt regelmatig verkooprecords tijdens veilingen. Het is niet de eerste keer dat oude kaften en tekeningen voor meer dan een miljoen euro onder de hamer gaan.

traduction de l’Adrienne – source de la photo: Heritage Auctions

si vous le désirez, vous pouvez toujours faire une offre 🙂 c’est ici

source de l’article: journal De Standaard du 9 juin 2019.

Premier

Ainsi, après bien des années, je me retrouvais chez moi. Enfin, chez moi, ça veut dire dans mon quartier d’autrefois. Avec mon pote Simon, à prendre des bières et des anisettes en regardant les serveuses, comme autrefois. Ce ne sont plus les mêmes, bien sûr. Celles d’aujourd’hui ne nous connaissent pas. 

Et nous n’avons plus ni l’âge ni l’envie de les draguer gentiment, juste pour rire, comme autrefois. D’ailleurs, Simon est entièrement pris par son portable et moi par ce faire-part bordé de noir qu’il m’a mis entre les mains.

Ce serait donc lui, qui partirait le premier. Jean-François. Je me souviens de ces conversations que nous avions autrefois, ici même, après les cours. De ce que nous appelions alors ‘nos galères’ et qui n’étaient que des rien du tout. De nos plans sur la comète. De ce que nous ferions, le jour où…

Et je me dis que la vie, ce n’est jamais si bon ni si mauvais qu’on croit.

***

Tableau et consignes chez Lakévio, que je remercie: Vous commencerez impérativement votre texte par la phrase suivante : « Ainsi, après bien des années, je me retrouvais chez moi. » Propos tenu par Milan K., qui plaisante.

Vous terminerez par la phrase suivante : « La vie, voyez-vous, ce n’est jamais si bon ni si mauvais qu’on croit. » Ainsi philosophe la bonne Rosalie, personnage de Guy de M., quand il raconte Une Vie.

Entre les deux, casez ce que vous voulez !

Première nouvelle

it's been a while

– Cette année, dit la mère de l’Adrienne, on ne pourra pas fêter ton anniversaire.

Première nouvelle! Le fêtent-elles ensemble, habituellement? Mais l’Adrienne préfère ne pas polémiquer:

– Ah? Pourquoi? qu’est-ce qu’il y a?

– Et bien, depuis deux ou trois semaines, j’ai parfois du mal à déglutir, alors je suis allée chez Christian – la mère de l’Adrienne appelle son médecin, son dentiste… par leur petit nom – et mercredi après-midi j’ai un rendez-vous à la radiologie. Je dois y être à 14.30 h.

– Si tu veux, je t’y accompagne, propose l’Adrienne.

– Oui, ce serait bien… J’ai sûrement un cancer de la gorge… Ça ne peut être que ça!

– Mais non! c’est quasiment impossible! tu n’as jamais fumé ni vécu avec des fumeurs!

– Oui, mais ces dernières années, je vis en ville, et avec tous ces gaz d’échappement…

L’Adrienne s’est tue. Ah quoi bon argumenter avec quelqu’un pour qui chaque petite tache brune sur la main est un mélanome, chaque battement de cœur un peu accéléré le signe imminent d’un infarctus. Elle est la meilleure cliente des spécialistes de la ville.

– C’est la fin, conclut la mère d’un ton dramatique. Il fallait bien que je meure de quelque chose…

***

Le mercredi suivant, elles sont toutes les deux à la radiologie. Même l’Adrienne est stressée 🙂

La gorge de la mère est examinée à fond par deux spécialistes. Quand elle réapparaît, elle ne dit rien.

– Tu sais déjà quelque chose, demande l’Adrienne, ou il faut attendre qu’ils envoient les résultats à Christian?

– Je le sais déjà, dit la mère.

Silence. L’anxiété de l’Adrienne monte de trois crans.

– Et ils t’ont dit quoi?

– Que c’est un cadeau de l’âge.

Et elle sort de la clinique en regardant bien droit devant elle.

***

écrit pour le Défi du samedi avec le thème imposé ‘histologie‘ – merci aux amis qui m’ont envoyé de chouettes cartes 🙂 (comme celle-ci, qui pourrait servir à un billet « coiffeur philosophe », si j’avais encore un coiffeur philosophe… – source de l’image ici)

 

Premiers pas

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Elles causaient, elles causaient dur, les mères, tenant à deux mains la poussette de leurs petits bouts d’hommes dont certains se tenaient debout en chancelant et d’autres dormaient avec leur doudou sous le menton.

Elles causaient, elles causaient en tenant la poussette, même celle qui était vide et dont l’occupant était parti loin, très loin, à l’autre bout du parc, à la poursuite de son premier ballon rond alors qu’il avait encore un gros p*mp*rs qui gênait la gambade.

Chaque fois qu’un gamin s’éloigne trop de sa mère, c’est l’Adrienne qui se sent investie d’un devoir de surveillance. Laquelle de ces dames qui causent, qui causent, est sa mère? Aucune n’a les yeux sur lui.

Il court sur ses petites jambes, tombe, se relève, donne un petit coup sur le ballon, disparaît derrière les arbres, court vers le ruisseau, là-bas, et aucune mère ne le voit.

Première…

Fabian Perez CENISIENTAS OF THE NIGHT

– Antigone! Mais qu’est-ce que tu fais là, à fumer sur le balcon à quatre heures du matin!

– Je veux être la première à voir le soleil se lever, aujourd’hui.

– Tu n’es vraiment pas raisonnable.

– Va te recoucher, Ismène. Tu serais moins belle, demain.

***

Photo et consignes chez Lakévio – tableau de Fabian Pérez – Cendrillons de la nuit