M comme mystère…s

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Au début de l’année 1997, on constate le vol de ce tableau. Le musée italien où il est exposé est en travaux, chacun entre et sort à sa guise, l’alarme ne fonctionne pas.

Premier mystère: son encadrement est retrouvé sur le toit du musée, ce qui fait conclure la police que le vol a eu lieu par une ouverture, à l’aide d’un fil de pêche. Mais on constate que les ouvertures dans le toit sont trop étroites pour laisser passer le cadre. Que fait-il alors sur ce toit? Comment et pourquoi est-il arrivé là?

Deuxième mystère: on retrouve le tableau volé, croit-on, à Ventimiglia. Mais à l’expertise on se rend compte que c’est une (bonne) copie. On se demande alors pourquoi cette copie fait surface. Ou si le tableau volé, exposé au musée, était en réalité un faux.

Troisième mystère: fin 2019, donc 22 ans après le vol, on retrouve le tableau volé. Dans l’enceinte du musée. Emballé dans un sac poubelle de plastique noir. Dans une niche derrière une petite grille rouillée et cachée par du lierre.
Ce sont les ouvriers communaux qui trouvent ce sac, en taillant le lierre. Est-ce que ce tableau est resté là 22 ans? Il semble n’avoir pas du tout souffert. Si oui, pourquoi les voleurs l’ont-ils laissé à cet endroit? Si non, qui l’y a déposé, quand, pourquoi?

Si le tableau trouvé sous le lierre est le vrai, les rayons X le démontreront rapidement: Klimt l’a peint par-dessus un autre portrait, une jeune fille au chapeau, comme on peut le lire ici.

Bref, les responsables du musée promettent que l’oeuvre, après les nécessaires investigations et expertises, sera de nouveau visible en janvier: « Se è veramente il Klimt, a gennaio sarà esposto ».

Bon, on est en Italie. Ce sera en janvier, dit le conservateur, … ou en février 😉

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source de l’illustration ici – The Yorck Project (2002) 10.000 Meisterwerke der Malerei (DVD-ROM), DIRECTMEDIA Publishing GmbH. ISBN : 3936122202. Domaine public, wikimedia commons – Gustav Klimt, Portrait d’une dame, 1916-17.

Le site du musée ici.

M comme mange ta banane

Vous aurez sans doute aussi entendu parler de cette banane scotchée à un mur et vendue comme oeuvre d’art à 120 000 dollars?

Si j’ai bien compris l’article de dimanche dernier, il s’agirait même de trois bananes.
Les deux premières vendues chacune à 120 000 dollars et pour la troisième le prix a augmenté jusqu’à 175 000 dollars.
Bananes qu’on change à chaque fois, vu que les bananes, c’est un fruit, donc ça finit par pourrir. On vend le concept, paraît-il. Certificat d’authenticité à l’appui.

Stupeur et tremblements dans l’assistance médusée, à l’expo de Miami, un autre « artiste » l’a décollée du mur et mangée.

On appelle ça « une performance ».

Croyez-vous qu’elle était équitable?

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un article en français ici.

M comme Majorelle

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Des journaux de 2015 et 2016 nous apprennent qu’au moment des travaux prévus aux Galeries Lafayette du boulevard Haussman, on envisageait une renaissance complète de sa beauté art nouveau.

On voulait sans doute rebondir sur la vogue actuelle de l’art de la Belle Epoque.

Malheureusement, quand après l’expo Banksy il me restait juste le temps d’une petite visite impromptue à la belle coupole qu’on commençait à préparer pour les décors de Noël, on avait beau chercher: il n’y avait dans tout le magasin, juste à côté des boutiques chic aux mannequins squelettes, que ce bout d’escalier tronqué, ne donnant que sur du vide.

Alors l’Adrienne a pris des escaliers tout banals pour monter sur le toit et admirer Paris dans la grisaille de novembre.

Vous remarquerez ci-dessous l’arc vert anis et le drapeau tricolore du Grand Palais… ainsi que quelques personnes qui viennent juste se placer devant votre objectif au moment où vous déclenchez 🙂

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Ecrit pour Olivia Billington – que je remercie – avec les mots imposés suivants: impromptu – anis – squelette – rebondir – renaissance – vide

M comme Mientras duermes

lakévio110
Mientras duermes
tu mano me transmite imprevistamente una caricia.
¿Qué zona tuya la ha creado,
qué autónoma región del amor,
qué parte reservada del encuentro?
Mientras duermes
te conozco de nuevo.
Y quisiera irme contigo
al lugar donde nació esa caricia.
Roberto Juarroz (1925-1995), Poesía vertical
Terwijl je slaapt
Geeft je hand mij onverwacht een streling.
Welk deel van jou schiep ze,
Welk zelfstandig gebied van de liefde,
Welk voorbehouden ontmoetingsplekje?
Terwijl je slaapt
Maak ik opnieuw kennis met jou.
En ik zou met jou willen gaan
Naar de plaats waar deze streling ontstond.
(traduction de l’Adrienne)
Pendant que tu dors
Ta main me transmet inopinément une caresse.

Quelle part de toi l’a créée,
Quelle région autonome de l’amour,
Quel endroit réservé de la rencontre?
Pendant que tu dors
Je refais ta connaissance.
Et j’aimerais partir avec toi
Pour le lieu où est née cette caresse.
(traduction de l’Adrienne)
Merci à Colo chez qui vous trouverez une autre traduction française (par Roger Munier).
La photo vient d’une ancienne consigne de Lakévio.

M comme Monsieur Météo

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Le week-end dernier, Belle-Maman d’Ostende aurait encore eu raison: il a fait un temps magnifique à la côte belge (1), alors que les météorologies nationale et webinesques ne parlaient que de pluie pour tout le pays.

– Les nuages de pluie, disait belle-maman, le vent de la mer les souffle jusqu’à Bruges. C’est là-bas qu’il pleut. Pas à Ostende. (2)

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(1) comme le montre cette photo prise dimanche dans le kiosque à musique, dans le parc Léopold.

(2) où on aime tant les Brugeois qu’on dit « zie je van Brugge? zet je vanachter » (tu es de Bruges? va t’asseoir dans le fond)armand pien 1

Nous qui étions de « l’intérieur du pays » (3), nous avions plutôt l’impression contraire. Nous soupçonnions Armand Pien (4) d’avoir des accointances avec le secteur Horeca côtier chaque fois qu’il annonçait qu’il ferait beau à la mer.

Luigeniere! (Menteur!) criait mon grand-père, que ça n’empêchait pas d’écouter chaque jour fidèlement le bulletin météo d’Armand Pien et d’exiger un silence religieux pour ne pas en perdre une miette. 

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(3) pour Belle-Maman, il y avait deux sortes de gens: ceux de la côte (van de kust) et ceux de l’intérieur du pays (van het binnenland), qui ne savent pas ce que c’est du poisson frais ni ce que c’est du vent.

(4) notre Monsieur Météo de la télévision flamande de 1953 à 1990, voir la photo ci-dessus en noir et blanc. Célèbre en Flandre pour y avoir introduit le mot ‘straalstroom‘, (jet-stream en bon franglais) et pour ses bulletins météo toujours présentés avec humour et pédagogie.

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M comme monde

Dans ce monde qui bascule tranquillement vers une nouvelle « fin », où nos dirigeants nous font croire que le gros problème, c’est l’autre, l’étranger, le migrant, et qu’il faut renforcer le sentiment d’identité nationale – la recette a fait ses preuves, pourquoi en changer – d’ailleurs ces dirigeants, n’est-ce pas nous-mêmes qui les avons élus, que ce soit au nord, au sud, à l’est ou à l’ouest…

Dans ce monde-là, donc, il y a un endroit où dans une bibliothèque située à cheval sur une frontière, pendant quelques heures, un père, une mère peuvent serrer dans leurs bras un fils, une fille, qu’ils n’ont plus vu.e depuis des années.

C’est au Canada, à la Haskell Library. L’article (en néerlandais) et les illustrations ici.

De jeunes Iraniens, dont la situation aux Etats-Unis est parfaitement en règle, ils y ont fait leurs études, y travaillent, mais dont le visa ne permet pas de revenir si jamais ils quittent le territoire, ont trouvé cette solution pour revoir leur famille iranienne, qui de son côté n’a plus le droit d’accès aux Etats-Unis.

Alors la famille prend l’avion jusqu’au Canada et se rend à cette petite ville frontière, où la bibliothèque leur offre pendant quelques heures la possibilité de se revoir.

Même si une affichette l’interdit, si on demande de le faire en toute discrétion et si on espère que la police des frontières le tolèrera.

M comme mills

Ce qu’on remarque surtout dans le paysage urbain, ce sont ces massives anciennes usines, installées le long du canal qui va de Leeds à Liverpool, de grands bâtiments aujourd’hui recyclés en habitations, pour la plupart.

Il reste peu de cheminées. Il y en a une, bien conservée, de forme octogonale.

Ces usines, mills en anglais, datent du 19e siècle, quand la révolution industrielle a fait passer la région – exactement comme ma ville – de la filature ou du tissage à domicile, artisanal, aux filatures, teintureries et tissages à grande échelle.

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photo prise le long du canal, le vendredi 12 juillet, par 20°C sans pluie.

– S’il ne pleut pas pendant 3 jours, dit le marié, il faudra arroser le jardin.
– Ah bon? fait l’Adrienne, incrédule. Vraiment?
– Ah oui! sinon ça ne pousse pas.

L’Adrienne regarde autour d’elle: une petite pelouse bien verte et bien drue, quelques arbustes, quelques fleurs, une terre humide… qui ont dû se passer toute une semaine des soins de leurs propriétaires et de l’eau du ciel. Car – étonnamment, peut-être – il n’a pas plu ces derniers jours.

– Et arroser quoi, exactement? demande-t-elle.
– Tout!
– Tout?
– Oui, tout.

Ils sont vraiment daft, ces Anglais.