P comme pas possible!

Faudra-t-il aller à Londres, puisque c’est là qu’une expo Léon Spilliaert est prévue, du 23 février au 25 mai…

A la Royal Academy of Arts. Qui a réalisé la petite vidéo promotionnelle ci-dessus.

Ou faudra-t-il se contenter de ce que proposent la Spilliaert Huis et le Mu.Zee d’Ostende, sa ville natale… 

Après avoir passé une demi-journée à vérifier ce que coûtent les trajets et les logements, il me semble qu’on se contentera d’Ostende.

La Spilliaert Huis rouvre le 15 mars et l’expo Ensor/Spilliaert au Mu.Zee aussi 😉 

N comme nom de nom!

– Vertuchou! quelle ligne! s’exclamait un jeune moustachu à la télé et Muanza ne comprenait pas pourquoi ça faisait tellement rire Pierre.

D’ailleurs, il ne comprenait rien à ce film, où un petit type nerveux piétinait des plantes vertes et fracassait des chaises. Où d’une scène à l’autre on passait d’un décor moderne à de faramineux intérieurs fin-de-siècle. Où tout à coup les actrices se promenaient en merveilleuses robes longues, décolletées à vous donner le frisson et avec des plumes d’oiseaux dans les cheveux.

– J’ai encore beaucoup à apprendre, dit-il à Marie, en train de mixer des fraises.

Elle suspend son geste, arrête l’engin, récupère avec parcimonie le précieux coulis rose bonbon qui s’en égoutte lentement:

– Qu’est-ce qui te fait dire ça? demande-t-elle.

Mais déjà Pierre les a rejoints à la cuisine et déclare:

– Je vais remettre tous ces vieux jurons à la mode, qu’est-ce que tu en penses: mazette! tudieu! morbleu! tu ne trouves pas que ça a plus de gueule qu’un godverdomme?

C’est ainsi qu’on se persuade d’avoir été tout de même productif, un samedi de pluie, et pas seulement pour avoir fait les achats hebdomadaires 🙂

***

écrit pour 13 à la douzaine avec les mots imposés suivants: 1 faramineux 2 coulis 3 parcimonie 4 pluie 5 chaise 6 suspendre 7 piétiner 8 achat 9 merveilleux 10 plante 11 mazette 12 vertuchou et le 13e pour le thème : frisson

N comme nom d’une pub!

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– Pour fêter ta convalescence, je te fais un clafoutis aux griottes, annonce-t-elle en se ceignant de son tablier.

On était encore à l’époque de la publicité Babette je la lie, je la fouette et l’Homme vivait dans un hôtel cinq étoiles. Il trouvait ça parfaitement normal.

C’est bien sûr au moment où elle a une couche de beurre et de farine sur les mains que sonne le téléphone.

– Tu décroches? fait-elle à l’homme en essayant de surmonter le vacarme de l’électro-ménager et de la neuvième symphonie de Beethoven réunis.

Peine perdue: voilà que le chien rentre de sa promenade avec Muanza – ou est-ce le contraire – et qu’il ajoute encore sa turbulence au tableau. Ainsi que plus de trois grains de poussière… mais l’aspirateur aussi Babette en fait ce qu’elle veut.

– Tu as l’air d’aller mieux, dit Muanza à l’homme qui gît dans le canapé. Enfin, ajoute-t-il prudemment, en comparaison d’hier.

– Je risque de survivre, soupire l’Homme, qui affectionne les expressions abstruses.

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Ecrit pour 13 à la douzaine, que je remercie, avec les mots imposés suivants: 1 grain 2 téléphone 3 turbulence 4 couche 5 farine 6 publicité 7 abstrus 8 griotte 9 vacarme 10 rentrer 11 comparaison 12 étoile et le 13e pour le thème : convalescence

Photo de Chien Parfait encore tout jeunot mais déjà avec ses longs poils et pattes à poussières 🙂

N comme naissance

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– Mais qu’est-ce que c’est que ça!

Pépé claudique vers le lieu du crime en agitant sa canne en tous sens pour écarter les poules.

– En plus, celles-là, il va falloir les tuer, maintenant qu’elles ont mangé des œufs! Sapristi qui c’est qui m’a mis une foire pareille!

Pépé ne comprend pas ce qui s’est passé: l’âne est bâté, les paniers pour le marché sont prêts… qu’est-ce qui a bien pu arriver pour que tout soit laissé en plan?

***

20e devoir de Lakevio du Goût, que je remercieCette toile de Claude Guilleminet, avec son bœuf et son âne gris, me rappelle quelque chose, mais quoi ? Je trouverai bien quelque chose à vous en dire. Je suis sûr qu’à vous aussi elle va inspirer une belle histoire pour lundi.

N comme Nostracarlos

Quand Carlos et ses Indiens passaient à la radio, mini-Adrienne et son petit frère chantaient à tue-tête en tournant autour de la table. Ils connaissaient les paroles par cœur et gesticulaient au rythme de

Dans vingt ans, les copains,
On sera tous des Indiens !
On aura des plumes partout autour du cou !
On ira en Amérique
Pour leur flanquer la panique !
On recommencera la conquête du Far-West !
Le petit frère, nourri des westerns du grand-père adorateur de John Wayne, y croyait dur comme fer, si bien que mini-Adrienne, prise d’un doute, a demandé à son père:
– Tu crois que c’est vrai?
– Quoi, vrai?
– Ce qu’il dit, Carlos.
– Ça m’étonnerait, dit le père.
Et il s’est replongé dans son journal.

N comme nut van het nutteloze

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L’utilité de l’inutile, disait le titre d’un article du journal de samedi dernier.

Il s’agissait de notre propension à vouloir exceller dans tout ce que nous entreprenons, même dans nos activités de loisirs, alors que la nature du vrai ‘passe-temps’, du véritable ‘hobby’ devrait être simplement de passer un bon moment sans se soucier de briller ou d’être performant.

Ooit had ik een hobby zoals een hobby volgens mij op z’n best is. Niet te hard van moeten en een beetje nutteloos. Ik erfde een collectie postzegels van mijn opa en zat heel wat avonden zegels uit Hongarije van enveloppen af te weken.

« J’ai eu un passe-temps dans le vrai sens du mot, autrefois. Sans véritable obligation et avec une certaine dose d’inutilité. J’avais hérité une collection de timbres de mon grand-père et je passais de nombreuses soirées à faire tremper des enveloppes pour en décoller des timbres hongrois. »

L’Adrienne se reconnaît très bien là-dedans 🙂

Ainsi que dans l’anecdote racontée par le professeur Ignace Glorieux, président de l’International Association for Time Use Research, pour illustrer la différence entre aujourd’hui, où nous sommes si souvent incapables de rester « à ne rien faire », et autrefois, comme son grand-père – qui a un grand air de famille avec l’arrière-grand-père de l’Adrienne: 

‘Hij zat twee uur in de zetel pijp te roken. Dat was een bezigheid op zich. Wij kunnen amper een paar minuten naar een symfonie luisteren zonder het gevoel te hebben dat we ondertussen net zo goed aan het eten kunnen beginnen.’

« Il restait pendant deux heures dans le fauteuil, à fumer sa pipe. C’était une occupation à part entière. Alors que nous réussissons à peine à écouter quelques minutes d’une symphonie sans nous dire que nous pourrions tout aussi bien commencer à préparer le repas. »

We moeten we weer slecht of middelmatig durven te zijn in onze hobby’s, zegt Tim Wu, journalist bij The New York Times en auteur van het boek Aandacht is het nieuwe goud: hoe commercie en media vechten om in ons hoofd te komen. We moeten weer leren om een gitaar vast te nemen als we vijf minuten tijd hebben, hoe belabberd ons spel ook is. We moeten het weer aandurven om na onze 45ste verjaardag nog te leren windsurfen, ook al weten we dat we er nooit potten mee gaan breken. Dan liggen hobby’s niet langer in het verlengde van wat op het werk al moet: presteren, beter worden, alles als topsport zien.

« Nous devons oser être mauvais ou médiocres dans nos hobbys, dit Tim Wu, journaliste au New York Times et auteur du livre The Attention Merchants: The Epic Scramble to Get Inside Our Heads. Nous devons réapprendre à nous mettre à la guitare, même si notre jeu est mauvais. Nous devons oser apprendre à faire de la planche à voile après l’âge de 45 ans, même si nous savons que nous ne serons jamais champions. De sorte que nos passe-temps ne soient pas dans la ligne de ce qu’il faut déjà réaliser au travail: faire des prestations, s’améliorer sans cesse, tout voir comme un sport de haut niveau. »

Même si on éprouve plus de plaisir en devenant meilleur dans ce qu’on fait: l’Adrienne va essayer de voir de cette façon son apprentissage du piano 🙂

Probeer los te raken van rendementsdenken of prestatiedrang. Aanmodderen met verf en borstel zonder aan een vernissage te denken is niet strafbaar, net als tijd reserveren om bijzonder middelmatig maar fijn te zitten breien. Er hoeft zelfs geen trui van te komen.

« Essayez d’oublier le rendement ou la prestation. Barbouiller avec de la peinture et des pinceaux sans penser à un vernissage n’est pas un délit, passer du temps à faire très médiocrement du tricot non plus. Il n’est même pas besoin de réaliser un pull. »

 

 

N comme No Man’s Land

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Que voulez-vous la grille était ouverte
Que voulez-vous la cour était déserte
Que voulez-vous la place était offerte
Que voulez-vous il est resté inerte
Que voulez-vous c’était une triste découverte

Pourtant tout était là rien n’avait changé les murs les fenêtres les classes la salle des fêtes la salle de gym la salle d’étude le secrétariat tout était là

Sauf les trois grands platanes de la cour.

Que voulez-vous autrefois elle était verte.

***

Devoir de Lakevio du Goût N° 8 – merci à lui!

Cet homme est-il désolé par la vision de cette usine vidée de son âme ? À moins qu’il ne se demande déjà comment il va aménager le lieu pour lui redonner vie… D’après vous ? Racontez-nous ce que vous dit cette image.

Inspiré du poème de Paul Eluard, Couvre-feu (in Poésie et Vérité, 1942)