O comme onze

Ce n’est sans doute pas tout à fait un hasard si l’Adrienne se trouvait pile poil au monument aux morts de 14-18 à l’instant où on y déposait des gerbes.

Puis on a sonné le glas au clocher et observé une minute de silence.

Un ancien élève devenu instituteur était là avec sa classe. Des enfants de sept ans.

Un onze novembre, jour de congé.

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, tout est différent et tout est pareil.

***

photo prise dans ma ville, en route vers le parc et son monument aux morts de 14-18.

O comme ogre

Photo de suntorn somtong sur Pexels.com

– Tu me racontes une histoire? fit la petite.

Avec ses boucles blondes éparses sur l’oreiller et son nounours contre sa joue, il la trouva une fois de plus terriblement attendrissante.

Il ne cessait de s’étonner comment lui, un grand échalas tout pâle, tout maigre, avait réussi ce prodige: de bonnes joues roses, des petits bras dodus, tout ce petit corps adorablement potelé.
Une merveille, oui.

– Mais pas une histoire de cave, précisa-t-elle. ça me fait trop peur, la cave.
– D’accord, d’accord, fit-il, je chercherai autre chose pour ce soir.

Il prit le livre magique, celui qui répond quand on lui parle et auquel il manque toujours la fin des histoires. Comme tous les soirs, il se prit la tête dans la montgolfière qui servait de mobile au-dessus du lit de l’enfant.

Elle rit:
– Tu oublies toujours comme tu es grand.
– Une histoire avec une grenouille, ça te va? demanda-t-il.
– Il y a un ogre dans cette histoire?
– Je ne crois pas…
– La maîtresse a dit que ça n’existe pas les ogres.
– Ah! ben… si la maîtresse le dit!

La petite endormie et le livre refermé, il se rendit à la cave, ouvrit le congélateur et en sortit la blondinette précédente pour son repas du lendemain.

***

Merci à Joe Krapov pour ses consignes – le jet des dés a donné le 10 (échalas), le 8 (cave), le 7 (livre), le 5 (montgolfière) et le 4 (grenouille)

O comme œuvre au noir

Chaque fois que l’Adrienne entre à la banque, elle se demande qui a eu l’idée de cette décoration de murs beiges et de tableaux anthracite, quel en est le but ou le message et ce qu’en pensent les employés qui ont ça sous les yeux quotidiennement.

Elle n’a encore jamais osé le leur demander, de peur de leur faire prendre douloureusement conscience de la « tristitude » de leur environnement.

Bref, elle n’aime pas 😉

O comme On a fait…

« On a fait ce que font tous les touristes à Venise en hiver », se souvient le narrateur de David Nicholls, qui raconte sa visite de cette ville avec sa future épouse en un mois de février, quelque vingt ans auparavant.

Occasion pour lui de nous refaire les clichés sur Venise:

« On s’abritait de la pluie, et quand le soleil réapparaissait, on buvait du chocolat chaud et amer sur des places glaciales à la grâce et à la beauté stupéfiantes, ou on sirotait des Bellini dans des bars mal éclairés et hors de prix en nous armant de courage en prévision de l’addition.

[…]

Venise était mon premier aperçu de l’Italie, mais où étaient les mammas aux mains pleines de farine et les vauriens aux tignasses emmêlées auxquels je m’attendais? A la place, je découvrais une cité aux portes closes, dont les citoyens assiégés fixaient d’un air mauvais et rancunier – tout à fait compréhensible – les cohortes sans fin de visiteurs présents, y compris en hiver, semblables à des invités qui ne voudraient pas voir qu’il est l’heure de partir. »

David Nicholls, Nous, éd. Belfond, 2015, p.255-256 (trad. Valérie Bourgeois)

O comme Oise et Orne

Aldeburgh-141

La présence quotidienne de Rémy sur cette plage déserte était un mystère pour mini-Adrienne.

Tout à coup il apparaissait ou disparaissait, elle ne savait rien de lui, sauf son prénom.
Où logeait-il ?
Où était sa famille ?
Il n’en était jamais question.

Chaque jour, les parents déployaient les draps de plage et s’installaient avec leurs magazines.
Mini-Adrienne et son petit frère commençaient leurs travaux en attendant la marée.
Chaque jour, ils rebâtissaient un fort au bord de l’eau, convaincus qu’ils finiraient par en réaliser un capable de résister aux vagues.
Même l’aide de Rémy n’y avait jamais suffi.

Parfois monsieur Beauciel passait faire la conversation aux parents.
Sa femme et lui étaient cette sorte de grands-parents sans petits-enfants.

Monsieur Beauciel aimait bien vérifier si Rémy savait toutes les choses qu’un enfant de dix ans doit savoir.
Comme la liste des départements, par exemple.
Avec leur chef-lieu.

Monsieur Beauciel semblait très étonné des lacunes dans les connaissances de Rémy et avait terminé son interrogatoire par un « il faudra apprendre tout ça, mon garçon, c’est indispensable ! » alors Rémy avait baissé la tête et n’avait rien répondu.
Mini-Adrienne en avait été mortifiée pour lui.

Mais ce n’était pas tombé dans l’oreille d’une sourde : quatre ans plus tard, quand les parents ont de nouveau pris la route des vacances en France, elle avait le gros Michelin rouge sur les genoux et apprenait par cœur les numéros et les noms des départements français.

Leur chef-lieu, malheureusement, ne s’y trouvait pas.

Par conséquent elle aussi a des lacunes dans ces connaissances indispensables 🙂

***

Écrit pour le défi du samedi n°672 où Walrus – merci à lui! – proposait cette photo d’Aldeburgh (Suffolk)

O comme Ode

Savoir à l’odeur quel jour on est. Rentrer tard. Dès l’entrée, se rendre compte: ah oui, on est mercredi. Allumer. Les poils du tapis sont bien droits. Neige fraîche que personne n’a foulée.

Aan de geur weten welke dag het is. Laat thuiskomen. Bij de deuropening beseffen: ach ja, het was woensdag vandaag. Licht aan. De polen van het tapijt staan weer rechtop. Verse sneeuw, nog door niemand beroerd.

La chambre: une chambre d’hôtel aux draps frais. La salle de bains: se revoir dans les robinets, allongé. Le bureau: elle a trouvé le billet. Combien de ces billets lui a-t-on écrits ces dernières années? Aucune idée. Un par quinzaine.

De slaapkamer: een hotelkamer met schone lakens. De badkamer: jezelf weer zien in de kranen, langgerekt. De werkkamer: ze heeft je briefje gevonden. Hoeveel van die briefjes heb je de afgelopen jaren geschreven? Geen idee. Om de twee weken eentje.

‘Bonjour S., pas besoin de changer les draps aujourd’hui, j’étais souvent à l’étranger.’

‘Salut S., rien de spécial aujourd’hui. Si tu veux, il y a de la soupe au frigo. Bon appétit.’

Bonjour S., je hoeft de lakens niet te verversen vandaag, ik was veel in het buitenland.’

Salut S., rien de spécial aujourd’hui. Si tu veux, il y a de la soupe au frigo. Bon appétit.’

Un jour elle a dit qu’elle aimait ces billets. C’était il y a longtemps. Depuis combien de temps vient-elle, d’ailleurs? Douze ans? Treize? Elle était encore ‘illégale’. Quelle horrible expression. Les papiers pour sa famille et elle ne sont arrivés que plus tard. J’ai aidé son mari avec ça. Vu grandir ses enfants. Leur français est devenu meilleur que leur albanais. Ils le parlaient avec elle mais ne l’écrivaient pas ou à peine. La petite fille rigolote est devenue une jeune femme. Le fils a fait des études.

Eén keer heeft ze gezegd dat ze dat fijn vond, die briefjes. Dat was jaren geleden. Hoeveel jaar komt ze hier überhaupt al? Twaalf? Dertien? Ze was nog ‘illegaal’ toen. Wat een vreselijke uitdrukking. De papieren voor haar en haar gezin kwamen pas later. Je hebt haar man er nog mee geholpen. Je hebt haar kinderen groot zien worden. Hun Frans werd beter dan hun Albanees. Ze spraken het met haar, maar schreven het niet of nauwelijks. Het koddige dochtertje werd een jonge vrouw. De zoon ging studeren.

Ressentir encore un peu de gêne. Toujours penser aux mots de Gandhi, que toute la vie il faut continuer à faire d’humbles travaux. C’est pour ça que je n’ai pas de lave-vaisselle. Mais tout de même: laver ces quelques assiettes, n’est-ce pas uniquement pour apaiser ma conscience? C’est si peu en comparaison de tout ce qu’elle fait.

Nog steeds enige gêne voelen. Nog steeds denken aan de woorden van Gandhi, dat je je hele leven lang ook nederig werk moest blijven doen. Daarom heb je geen vaatwasser. Maar toch: die paar borden zelf afwassen, is dat niet enkel om je geweten te sussen? Het is zo weinig vergeleken met wat zij allemaal doet.

Se demander si son salaire est en rapport avec son travail. Comment elle tient le coup, six jours sur sept, chez toutes ces familles ou ces célibataires dont elle a les clés. Racheter cette gêne en lui donnant parfois une somme plus importante. Ecrire sur le billet ‘J’ai gagné un prix’. Ou le marmonner. Voir alors son regard brillant d’incrédulité. Se sentir encore plus gêné.

Je afvragen of ze wel loon naar werken krijgt. Je afvragen hoe ze het volhoudt, zes dagen per week, bij al die gezinnen en singles waarvan ze de huissleutels heeft. Je ongemak afkopen met af en toe een groter bedrag. ‘Ik heb een prijs gewonnen,’ op het briefje schrijven. Of mompelen. Haar stralende ongeloof dan. Je nog gegeneerder voelen.

Rentrer parfois quand elle y est. Bruits d’enfance: quelqu’un chantonne dans la pièce d’à côté, trempe une serpillière, fait grésiller le fer à repasser.

‘Viens, S., on déjeune ensemble? Tu veux du thé?’

Écouter les histoires de son pays. De sa famille. De la santé d’une maman là-bas. Pluie de mots dans son français élémentaire. Un jour je suis allé dans son pays, j’ai mangé du poisson avec son frère, dans un routier décrépit. Depuis, j’arrive à me représenter quelque chose aux noms de lieux qu’elle évoque. A la nostalgie aussi.

Soms thuis zijn wanneer zij er is. Geluiden uit de kindertijd dan: iemand die neuriet in een aanpalende kamer. Het soppen van een dweil. Het hissen van het strijkijzer.

‘Kom, S., zullen we samen lunchen? Wil je thee?’

Luisteren naar de verhalen over haar land. Over de familie. De gezondheid van haar verre moeder. Stortvloed van woorden in haar elementaire Frans. Je bent ooit naar haar land gereisd en hebt daar met haar broer vis gegeten in een verlopen wegrestaurant. Sindsdien kan je je iets bij de plaatsnamen voorstellen. Bij de heimwee ook.

Peut-être que personne ne me connaît mieux qu’elle. Elle a trouvé les vêtements de femme dans l’armoire puis les a vus disparaître. Elle a vu le désordre de lits après l’amour et après une nuit solitaire. Elle a vu le côté sombre de ma vie publique. Elle ne pose pas de questions.

Après toutes ces années, elle persiste à repasser les sous-vêtements. ‘Pour tuer les microbes’, dit-elle avec conviction après une nouvelle tentative de lui faire abandonner cette habitude farfelue.

Misschien weet niemand meer over jou dan zij. Ze heeft in de kast dameskleren gevonden en later weer zien verdwijnen. Ze heeft bedden gezien, omgewoeld door liefde en omgewoeld door eenzaamheid. Ze heeft de donkere achterkant van je openbaarheid gezien. Ze stelt geen vragen.

Na al die jaren strijkt ze nog steeds je ondergoed. ‘Pour tuer les microbes,’ zegt ze overtuigd als je weer eens een poging hebt ondernomen om haar van die malle gewoonte af te helpen.

Il y a quelques années, j’étais malade comme un chien. Je l’ai appelée pour lui dire de ne pas venir. Elle est venue le soir même, avec son mari. C’était en décembre, par un froid de canard. Ils m’apportaient une casserole de soupe. Une vieille recette de famille, des Balkans. Une casserole de soupe. Son mari et elle. Ils étaient venus à pied, par les rues de Bruxelles, dans ce froid. Chacun tenant une poignée, comme s’il s’agissait de la transporter du fourneau jusqu’à table. Mais c’était dans le froid, dans Bruxelles, dans la nuit.

Il y a des années. Mais aujourd’hui encore, j’en ai la gorge serrée d’émotion.

Jaren geleden was je zo ziek als een hond. Je belde om te zeggen dat ze niet moest komen morgen. Ze kwam diezelfde avond nog, samen met haar man. Het was december en steenkoud. Ze hadden een keteltje soep meegenomen. Een oud familierecept uit de Balkan. Een keteltje soep. Zij en haar man. Ze waren ermee door de straten gelopen van Brussel, in de kou. Een hand aan elk handvat, als bracht ze het van het fornuis naar de eettafel. Maar dan door de kou, in Brussel, in het donker.

Het is jaren geleden. Nog steeds een krop.

Traduction de l’Adrienne, article de David Van Reybrouck, Ode aan mijn poetsvrouw, in De Correspondent, 15 octobre 2015.

Ces articles parus dans le journal néerlandais ont été rassemblés dans un ouvrage sous le titre Odes (De Bezige Bij, 2018) et récemment traduits en français, publiés chez Actes Sud (2021). On peut en lire des extraits ici.

Photo prise à Paris à l’expo Banksy.

O comme Ovejero

81 ème devoir de Lakevio du Goût.

devoir de Lakevio du Goût_81.jpg

Finir un livre c’est comme te séparer
de quelqu’un que tu aimais,
qui remplissait tes jours,
qui illuminait tes nuits, et tu étais bien, tout
était très bien, mais les choses s’achèvent
comme s’achève ce temps où tu dis je t’aime
juste quand tu le sens. Bien ou mal finissent
les histoires, tu dois fermer le livre
et passer au suivant ou accepter le vide, comprendre
que le néant et le vertige
font partie de la vie.

Acabar un libro es como separarte
de alguien a quien quisiste, que llenó tus días,
que iluminó tus noches, y estuvo bien, todo
estuvo muy bien, pero las cosas terminan
como termina ese tiempo en el que dices te quiero
justo cuando lo sientes. Mal o bien acaban
las historias, tienes que cerrar el libro
y pasar al siguiente o aceptar el vacío, entender
que la nada y el vértigo
son parte de estar viva.

Finir un livre c’est
comme quitter la maison où tu as vécu de nombreuses années et t’installer dans un autre quartier, une autre ville, un autre pays,
accepter la possibilité que les choses
arrivent sans motif, que le monde n’existe pas
pour toi seule, et que tu es
comme cette pierre, comme cette bave, comme ce jour
où il pourrait avoir plu
et que personne ne s’en est rendu compte.

Acabar un libro es
como dejar la casa en la que has vivido muchos años
y mudarte a otro barrio, a otra ciudad, a otro país,
aceptar la posibilidad de que las cosas
suceden sin motivo, que el mundo no existe
para ti sola, y que tú eres
como esa piedra, como esa baba, como ese día
en el que podría haber llovido
y nadie se dio cuenta.

Rien ne demeure, tout change,
sauf un arrière-goût de tristesse qui t’accompagne de livre en livre,
sauf ce désir que les histoires se poursuivent
et que le protagoniste ne meure pas à la page cent. Finir un livre c’est
comme le commencer, entrer dans une autre vie et te dire
cette fois
j’en sortirai
indemne.

Et ce n’est jamais certain.

(traduction de l’Adrienne)

Nada permanece, todo cambia,
salvo un dejo de tristeza que te acompaña libro a libro,
salvo ese deseo de que las historias continúen
y el protagonista
no muera en la página cien. Acabar un libro es
como empezarlo, entrar en otra vida y decirte
esta vez
saldré
indemne.

Y nunca es cierto.

José Ovejero, Acabar un libro, in Mujer lenta, Pre-textos, Poesía, 2017.

Publié dans O

O comme oubli

Madame de B*** l’aimait bien, sa « petite Cindy« , comme elle l’appelait.

Ses histoires de divorce, l’éducation de ses enfants, tout ce qui faisait sa vie de femme d’un milieu si différent du sien et qu’elle partageait avec elle, semaine après semaine.

– Vous trouvez ça si important? qu’il a dit l’avocat. Et bien oui, que je lui ai dit, pour moi c’est important, qu’ils se couchent à l’heure et ne mangent pas des crasses! Non mais! On voit bien qu’il n’a pas de gosses, lui!

Mme de B*** se persuadait que ces confidences avaient créé entre elles des liens solides et qu’en quelque sorte par sa présence bienveillante, son écoute attentive, elle accompagnait Cindy. Qu’elles faisaient un bout de chemin ensemble.

Je ne suis pas, se disait-elle, de celles qui cloisonnent leur existence, qui entretiennent soigneusement les barrières, les distances, les frontières entre leur monde bourgeois et un prétendu monde extérieur, objet de mépris.

Elle ne voyait pas ce qui pourrait rompre ce bel équilibre et souriait en observant avec quelle maîtrise Cindy faisait la grande baie vitrée d’un mouvement ample, sans laisser la moindre trace sur la vitre.

– A propos, fit Cindy, qui affectionnait cette expression, il faudra acheter du Destop. J’ai l’impression que les canalisations sont bouchées, surtout à la cuisine. Je le note quelque part?

– Non, non, ça va, j’y penserai, j’ai encore toute ma tête, vous savez! fit Mme de B***.

– Bon. Alors j’y vais. Faut que je file. A mardi prochain!

– A mardi prochain, bonne semaine, ma petite Cindy!

Et dès que la porte s’était refermée, Mme de B*** sortit son épais agenda et y consigna scrupuleusement tout ce qui avait été dit entre elles ce jour-là.

***

Texte écrit en réponse à la question 12 du jeu d’Annick SB: Vous trouvez cela important? et avec les mots imposés par Émilie:
accompagner – divorcer – cloisonner – maîtrise – milieu – enfant – oubli – rivière – barrière – canalisation – distance – lien – rompre – sourire – partager – frontière – filer – femme.

Merci à ces dames!

O comme odonata

Photo de Tarikul Raana sur Pexels.com

Jeanne prend sa tasse de café pour la boire au jardin. 

Cette année, le seringat n’a pas été taillé. 
Les narcisses sont défleuris. 

Sur la pelouse transformée en garrigue par plusieurs étés de sécheresse, elle trouve le ballon de son petit voisin. La haie de houx est devenue trop dense pour qu’il s’y aventure et apparemment l’idée de venir sonner à sa porte ne lui est pas venue. 

– Faudra qu’on se refasse un scrabble, lui et moi, se dit-elle. 

Dès qu’on aura droit à la grande libération du « comme avant », grâce aux vertus conjuguées des vaccins et des premiers antiviraux annoncés. 
Et même si ce masque fera désormais partie de l’habillement « ordinaire », quelle importance! 

C’est alors qu’elle aperçoit la première libellule. 

– Tout n’est donc pas perdu, sourit-elle. 

Et un kaléidoscope d’images de bonheurs futurs défile devant ses yeux.

***

écrit pour Treize à la douzaine avec les mots imposés suivants: 1 seringat 2 tasse 3 vertu 4 ballon 5 dense 6 garrigue 7 habillement 8 idée 9 kaléidoscope 10 libération 11 libellule 12 narcisse 13 scrabble.

En titre j’ai mis odonata, c’est-à-dire libellule.

O comme Oceanbird

C’est un projet un peu fou et qui sans doute aurait dû démarrer il y a déjà de nombreuses années, puisque le premier rapport du Club de Rome concernant les limites de la croissance a déjà paru en 1972.

Mais – direz-vous – mieux vaut tard que jamais et voici les plans pour une navigation qui se ferait à l’antique, uniquement par la force des vents, aidée par la technologie d’aujourd’hui, permettant d’adapter immédiatement la « voilure » au moindre souffle et d’en tirer parti au maximum.

Oceanbird.

Oiseau de mer.

Le cargo est aussi joli que son nom. Plus petit que nos cargos actuels, moins rapide et ne pouvant transporter qu’une fraction des géants qui sillonnent nos mers…
Et pourtant il semblerait que là se situe l’avenir.

Ci-dessous, une première expérience avec un prototype en modèle réduit, présenté par un Ulysse heureux 😉

Un article en français ici, si le sujet vous intéresse.