O comme Oceanbird

C’est un projet un peu fou et qui sans doute aurait dû démarrer il y a déjà de nombreuses années, puisque le premier rapport du Club de Rome concernant les limites de la croissance a déjà paru en 1972.

Mais – direz-vous – mieux vaut tard que jamais et voici les plans pour une navigation qui se ferait à l’antique, uniquement par la force des vents, aidée par la technologie d’aujourd’hui, permettant d’adapter immédiatement la « voilure » au moindre souffle et d’en tirer parti au maximum.

Oceanbird.

Oiseau de mer.

Le cargo est aussi joli que son nom. Plus petit que nos cargos actuels, moins rapide et ne pouvant transporter qu’une fraction des géants qui sillonnent nos mers…
Et pourtant il semblerait que là se situe l’avenir.

Ci-dessous, une première expérience avec un prototype en modèle réduit, présenté par un Ulysse heureux 😉

Un article en français ici, si le sujet vous intéresse.

O comme oiseaux

Une chercheuse américaine a publié le résultat de ses recherches sur l’intelligence et le comportement des oiseaux.

Le petit film ci-dessus illustre comment l’oiseau ‘manipule’ les petites mangoustes pour prendre leur nourriture: d’abord en imitant le cri de leur prédateur, puis, si ça ne marche pas, en imitant leur propre cri d’alarme.

Grâce aux petites vidéos qui illustrent l’article, on peut aussi admirer la dextérité vocale de l’oiseau-lyre, qui non seulement imite des tas de chants d’oiseaux mais aussi des bruits humains – tronçonneuse, cris d’enfants qui jouent, cliquetis de caméra…

On peut une fois de plus admirer le duo d’amour des macareux moines auxquels j’avais consacré un billet en juin.

Mais ce qui me bluffe complètement, c’est la preuve de l’intelligence nécessaire pour résoudre ces problèmes-ci: l’oiseau ne se contente pas d’utiliser un outil, il le fabrique lui-même au besoin.

Tout savoir sur la situation actuelle de nos oiseaux européens? C’est ici.

O comme odorat

En ces temps un peu particuliers, certaines choses prennent une importance… particulière!

Ainsi par exemple, le moment où on ouvre le paquet de café, chaque matin, et où on met le nez dedans, pour en inspirer goulûment les effluves…

et se dire que tout va bien, on a encore un odorat en parfait état de fonctionnement 🙂

***

Une étude a révélé que les troubles du goût touchent 88 % des personnes infectées et 86% présentent des troubles de l’odorat, comme on peut le lire ici. Où on explique que la cortisone pourrait être un traitement efficace.

***

je vous ai remis la photo de la dernière expérience cappuccino, depuis je ne l’ai plus retentée 😉

O comme oraison

Ils ont été les premiers à s’étonner, à la VRK (1), de constater cet été qu’une vidéo de 2015 atteignait tout à coup les sept millions de vue.

Les mystères de l’internet sont évidemment impénétrables mais la porte-parole du chœur suppose qu’il y a un rapport avec différents facteurs: le confinement, bien sûr, qui a jeté tant de gens sur la toile pour y chercher la musique qui ne se trouvait plus dans les salles de concert, le fait que ce morceau de Samuel Barber a été peu enregistré par des chorales professionnelles et qu’il est aussi connu pour son utilisation dans le film Platoon. Même si dans le film, il s’agit de la version instrumentale.

Et comme les grandes personnes aiment les chiffres et les statistiques, on a calculé que les internautes viennent principalement des Etats-Unis, de France et de Grande-Bretagne, que 70% ont plus de 45 ans et qu’ils sont essentiellement masculins.

***

(1) Vlaams Radiokoor, le chœur de la radio flamande

O comme On sonne!

Dans la maison d’autrefois au milieu de nulle part, les seuls qui sonnaient à la porte étaient des Témoins de Jéhovah – on s’en était d’ailleurs émerveillé. Tous les autres visiteurs entraient par la porte-fenêtre.
Sans sonner.

En ville, c’est différent. Il faut sonner pour faire savoir qu’on est là. Sauf les quelques-uns qui entrent par la porte côté jardin.

Bizarrement, ces cinq ou six dernières années on n’a plus vu de Témoins de Jéhovah. Par contre, on a régulièrement un jeune homme qui se propose de faire payer moins cher le gaz et l’électricité.

Chaque fois il vous donne l’impression d’être là par pure bonté d’âme.

– Si je comprends bien, lui a demandé l’Adrienne, vous êtes une sorte de philanthrope?

Et il a eu l’honnêteté de répondre:

– Oh non! il faut que je gagne ma vie, aussi!

***

photo de la porte-fenêtre d’autrefois, un jour de lavage de vitres, avec Mama Moussa sur la table du jardin.

O comme objet inconnu

L’Île du Point Némo

Holmes fit une courte pause et leva un doigt, requérant l’attention de Canterel sur la suite: « Pour épaissir ce que les habitants du cru appellent déjà le “mystère des trois arpions”, il convient de noter qu’il met en scène trois pieds droits de pointure différente, mais chaussés du même modèle de basket.»
— De quelle marque? demanda Canterel.
— Anankè…
— J’espère que vous n’avez pas fait tout ce chemin uniquement pour me raconter ça ?
Il introduisit une langue de chat dans le mouille-biscuit que Miss Sherrington avait déposé près de sa tasse et trempa l’ensemble quelques secondes dans son thé.
— Anankè, dites-vous ? reprit-il en portant le biscuit humecté à ses lèvres.
— Oui, dit Holmes. Le « destin », l’inaltérable « nécessité» des Grecs…
— Sauf que cette marque n’existe pas, continua Grimod en humant son verre de whisky.
— Mais qu’en revanche, ajouta Holmes, c’est le nom de la pierre précieuse qui a été volée cette semaine au cœur du même triangle, à Eilean Donan Castle…

Jean-Marie Blas de Roblès, L’île du Point Némo, éd. Zulma, 2014, p.18-19

***

Si quelqu’un sait à quoi ressemble un trempe-biscuit, qu’il le fasse savoir, une petite recherche g**gl* ne mène qu’à des cochoncetés, comme on dit chez Zazie (celle du métro :-))

***

Image de couverture et toute l’info ici sur le site des éditions Zulma.
Premières pages à lire ici ou un autre extrait à écouter ici.

O comme Ostende fait son cinéma

Regardez ce passage du filmAanrijding in Moscou(2008) – une collision, un accrochage à Moscou, un quartier populaire de Gand, Flandre Orientale – où on voit l’événement déclencheur de l’histoire. La traduction du dialogue se trouve sous le billet.

Matty, la quarantaine et presque autant de problèmes (en instance de divorce, trois enfants à élever, un boulot de m…, une bagnole qui tombe en ruine etc) heurte le camion de Johnny en quittant le parking du supermarché.

L’échange verbal entre les deux est, disons-le proprement, assez vif. Et en patois gantois.

A Ostende, où devait normal avoir lieu cet été le festival annuel dédié au cinéma, on a refait la même scène.

Mais avec des enfants dans les rôles de Matty et Johnny.

Et en patois ostendais.

Traduction de ce dialogue: 

– Godverdomme! (nom de dieu!)
– Maman, mais qu’est-ce que tu fais?
(à Johnny, descendu de son camion) Désolée, je faisais marche arrière… désolée!
– Désolée!?
– Oui…
– Désolée mon cul. Faudra payer, hein, Madame!
– Comment ça?
– Quoi ‘comment ça’? Une bosse dans mon camion… ça va vous coûter cher… il est assuré, au moins, votre landau? (‘kindervoiture’, jeu de mot sur voiture et landau, vu qu’elle a ses trois enfants sur la banquette arrière)
– Eh là! un peu de respect! et qui dit que c’est de ma faute?
– Eh là Madame! c’est vous qui sortez du parking, c’est vous qui faites une manœuvre! Vous n’avez pas regardé dans votre rétroviseur…
– Oui et vous, qu’est-ce que vous faites avec ce mastodonte sur le parking?
– Non, non, désolé, je le connais, ce truc-là.
– Ce truc!
– Oui, Madame, ce truc. Ce n’est pas vous qui allez me couillonner. Allez, prenez votre formulaire pour le constat.
– Oui? et où elle est, cette bosse? 
– Mais Madame! vous êtes en train de la regarder!
– Ça, ici? mais c’est une petite bosse de rien du tout! Par contre mon coffre…
– Commencez pas comme ça, hein! Je vous connais, les femmes de votre sorte! vous êtes toutes les mêmes!
(intervient un troisième personnage) Excusez-moi, madame, monsieur, je pense qu’il vaut mieux rester calme…
– Calme? Mais je suis calme! c’est monsieur le viking ici, avec son dix tonnes, qui n’est pas calme!
– Vous avez vos règles, sans doute?
– Et vous? vous vivez encore chez votre mère, je parie?
(nouvelle intervention du troisième) Madame… Monsieur…
– Maintenant je le sais!
– Quoi?
– Et bien, ce qu’on dit des types avec un camion!
Plus le camion est grand, plus la bougie est petite!

(traduction de l’Adrienne, qui s’est bien amusée :-))

O comme Owen

Le Livre noir des merveilles - Thomas OWEN - Fiche livre ...

Madame vous l’avoue tout de suite, le nom de l’auteur ne lui disait rien du tout: Thomas Owen. A sa grande honte. D’autant plus grande honte qu’il s’agit d’un Belge 😉 Pseudonyme de Gérard Bertot, lit-elle sur wikisaitout, né à Louvain en 1910 et mort à Bruxelles en 2002. Et apparemment très utilisé dans l’enseignement de la littérature fantastique.

Bref.

– Je l’ai lue, cette histoire, dit Estevan, mais je n’y ai rien compris du tout. La relire une deuxième fois ne servirait à rien! je pourrais la relire cinq fois, je n’y comprendrais toujours rien!

Estevan est à l’âge du tout et du rien.

– OK… fait Madame. Et si je te la lisais à haute voix, ça t’aiderait?

– Je ne sais pas… on peut essayer, si vous voulez…

Ce garçon n’est pas contrariant.

Alors Madame se lance dans une lecture mimée de La Boule noire (non il n’y a heureusement ni film ni photos de cette prestation ;-)) parce que rien ne la motive mieux que les « tout », les « rien » et les « moi je n’aime pas le français » 🙂

***

nouvelle à lire ici. infos et source de l’illustration ici. Et un très beau travail de prof confinée faisant son enseignement à distance ici.

O comme Oh les beaux jours!

« Oh le beau jour que ça va être, encore un ! » se réjouit Winnie chaque matin. Malgré l’isolement. L’immobilité forcée. Les aléas divers.

C’est de cette façon que l’Adrienne essaie de voir chaque jour qui vient. Comme un cadeau. Malgré l’isolement. L’immobilité forcée. Les aléas divers.

Et ce matin c’est avec une pensée spéciale pour A*** et T*** qui n’ont pas pu fêter leur mariage comme prévu.

***

Source de l’illustration ici. On peut lire ici les vingt premières pages de « Oh les beaux jours« , Samuel Beckett, éd. de Minuit.