U comme une vie (ter)

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L’Adrienne est en train de s’habituer à ne plus être Madame. Lundi soir, dans un des couloirs de l’académie de musique, elle rencontre Alena:

– Ça me fait tout bizarre de ne plus être ta prof, lui dit-elle.
– Je comprends, répond Alena.

Un peu plus tard elle ajoute:

– Je comprends que c’est dur pour vous de nous lâcher.

Incroyable comme ils sont clairvoyants, les élèves de Madame.
Pardon, anciens élèves.
Ex-Madame.
😉 

L’Adrienne, disais-je, est en train de s’habituer à une vie sans école, sans élèves:
Il lui arrive de rester encore un peu au lit après six heures du matin.
Elle prend de longs week-ends à Ostende ou à Bruxelles – merci les amis!
Les dimanches se passent sans stress du lendemain.
C’est merveilleux.

Le 17 septembre à midi pile Madame a été rayée de la plate-forme numérique de l’école.
Juste au moment où elle avait été jeter un œil aux premiers résultats en maths et en français de « ses » élèves et qu’
elle retournait à la rubrique ‘correspondance’ dans le but d’envoyer un message de félicitations à Lilya: PAF!

« Vous n’avez pas accès à cette fonction » lit-elle en toutes lettres sur son écran.

– Voilà, se dit l’ex-Madame, il fallait bien que ça arrive un jour ou l’autre.

Une nouvelle vie, donc 🙂

Une vie nouvelle!

***

photo prise lors d’une promenade vespérale le 20 septembre

U comme urbex

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L’Adrienne ne s’en rendait pas compte, mais les fois où elle a exploré une usine désaffectée ou une maison en ruine, elle s’adonnait à l’urbex.

Plus fort encore, le jour où elle n’a pas résisté à la tentation d’aller visiter les caves de son école, elle se laissait aller à la cataphilie.

Rien de moins.

C’est expliqué ici: « L’exploration urbaine, abrégé urbex (de l’anglais urban exploration), est une activité consistant à visiter des lieux construits et abandonnés par l’homme, mais cette pratique inclut également la visite de lieux interdits, cachés ou difficiles d’accès, tel que des tunnels de métro, des catacombes, des chantiers de constructions/rénovations et des rooftop (sommets d’immeubles, monuments…). La pratique regroupe ainsi diverses activités dites « underground » comme la ‘cataphilie‘, la ‘toiturophilie’. L’explorateur urbain est communément désigné par le néologisme urbexeur. »

Un site avec des lieux et des photos ici, principalement au Canada, mais également en France ou en Belgique.

***

photo prise dans ma rue juste avant la démolition totale d’une usine textile, sa cheminée et sa maison de maître. Ainsi que son grand jardin et ses beaux arbres, dont un magnifique saule pleureur. Il y a bien de quoi pleurer…

U comme une fois de plus…

Images d’archives montrant un autre projet belge détruit par Israël, il s’agissait de locaux pour faire la classe –  Israël vernielde eerder al met Belgisch geld gefinancierde klasjes (archiefbeeld)
Cette fois-ci il s’agit de trois réservoirs d’eau, de 2500 arbres et d’une clôture, un projet humanitaire Oxfam financé par le contribuable belge – les dommages s’élèvent à plus de 75000 € –  de afbraak van drie waterreservoirs, 2.500 bomen en een afsluithek in Dukaika, ten zuiden van Hebron. Die infrastructuur maakt deel uit van een humanitair project van Oxfam, gefinancierd door de Belgische ontwikkelingssamenwerking.

Eerder op maandag meldde De Standaard dat Israël in bezet gebied opnieuw infrastructuur had vernield die met Belgisch belastinggeld was gefinancierd. In Khirbet Ad-Duqaiqah, nabij Hebron, hebben Israëlische troepen drie waterreservoirs en minstens 2.500 bomen vernield. Het nieuws werd gemeld door Groen, en aan onze redactie bevestigd door Oxfam, de ngo die het project met Belgisch ontwikkelingsgeld had uitgevoerd. Oxfam schat de schade op meer dan 75.000 euro.

C’est tout à fait inadmissible vu que le projet – comme les précédents – satisfaisait à toutes les lois internationales en vigueur – ‘Deze nieuwe reeks afbraken en inbeslagnemingen van vitale infrastructuur is onaanvaardbaar’, zeggen De Croo en Reynders in een gezamenlijk persbericht. ‘De Belgische ontwikkelingsprojecten willen net een antwoord bieden op de humanitaire noden en worden uitgevoerd met het grootste respect voor het internationale humanitaire recht en de transparantieprincipes inzake ontwikkelingshulp’, klinkt het.

‘Schending internationaal recht’

De plus, il s’agit de territoires qu’Israël occupe en dépit des conventions de Genève et des résolutions de l’ONU – De Croo en Reynders wijzen er (nogmaals) op ‘dat de afbraak van infrastructuur en woonsten op de Westelijke Jordaanoever, bezet Palestijns grondgebied, ingaat tegen het internationale humanitaire recht en meer bepaald de 4de conventie van Genève en de resoluties van de VN-Veiligheidsraad’.

België heeft in het verleden telkens gevraagd om de getroffen projecten te herstellen of de opgelopen schade te compenseren. België zal ook in dit geval, via de ambassadeur in Brussel en in Tel Aviv, ‘onmiddellijk uitleg vragen aan de Israëlische regering en aansturen op compensaties’.

Het is niet de eerste keer dat Israël door België gefinancierde ontwikkelingsprojecten op de Westoever vernielt. België vroeg eind 2017 compensatie aan Israël voor de vernieling van zonnepanelen en prefab-schoolklasjes. Voor zover bekend ging Israël niet in op die vraag.

en bleu traductions de l’Adrienne – source de l’article ici

U comme ultimes perles

portrait of young woman

C’est avec le plus grand sérieux que J raconte comment le roi Laios et la reine Jacotte sont allés consulter l’oracle de Delphes.

–  Jacotte? a failli dire Madame, mais elle s’est retenue parce qu’elle devait se mordre trop fort les lèvres pour ne pas rire.

Qu’A précise que Charles d’Orléans s’est vêtu de broderie parce qu’il fait chaud.

Qu’Y révèle qu’il y a une chute dans cette histoire mais qu’on ne la voit qu’à la fin.

Que T estime que Victor Hugo met des fleurs bizarres sur la tombe d’une fille, surtout que le houx vert, ça pique.

M reste lui aussi très sérieux quand il déclare prudemment à propos de l’Ode à Cassandre: « C’est un poème, je pense… »

Et Madame, quant à elle, a eu beaucoup de mal à garder son sérieux en entendant d’aussi jolies perles.

Photo de Pixabay sur Pexels.com

U comme Unesco à vélo

Les amateurs de patrimoine mondial pourront bientôt découvrir à vélo tous les sites belges primés par l’Unesco. (« Liefhebbers van werelderfgoed kunnen de verschillende sites in ons land binnenkort ook met de fiets bezoeken. »)

La chose était bien sûr possible depuis toujours, mais elle sera facilitée par une application qui sera opérationnelle cet été, selon l’article, ‘Augmented Routes

En Wallonie, la possibilité existe déjà, voyez ici! Onze étapes de RaVel minutieusement décrites et commentées 🙂

photo du béguinage de Bruges, source de la photo et de l’article ici.

 

U comme une, deux, trois…

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– Le temps ne fait rien à l’affaire, se dit-elle. 

Sur la table, elle a étalé des lettres d’amour vieilles de plus de trente ans, qu’elle essaye de reclasser dans l’ordre chronologique. Elle a tout de suite mis la main sur la plus ancienne, la toute première, qu’elle connaît encore par cœur. 

– Le temps ne fait rien à l’affaire… 

Trois fois déjà au cours des années précédentes, elle a tout fourré dans un sac en plastique. Noir. Opaque. Elle a pensé les brûler, un soir d’automne, au fond de son jardin. Les déposer dans un parc à conteneurs, très loin de son domicile, dans un pays étranger. Les passer à la déchiqueteuse, tôt le matin, sur son lieu de travail. 

Chaque fois, au moment ultime, celle qui avait été la première, celle qu’elle connaissait par cœur, lui était tombée entre les mains. Jamais elle n’avait réussi à la brûler, la déchiqueter, la jeter. 

Non, le temps ne fait rien à l’affaire.  

*** 

12 ans que ces lettres lui brûlent les doigts 

il serait temps qu’elle s’en débarrasse 

tongue-out 

Et la valise de Folon, photographiée à la Brafa, est ici bien à sa place 🙂

 

U comme un coup de fil utile

 

Heather Buchanan newman-880

– Tu sais, pour les prochaines vacances, j’ai bien réfléchi…

– Oui ?

– Ce n’est plus tellement loin… J’y pense beaucoup! Pas toi?

– Non.

– Alors tu n’as pas de préférence? Pas d’idée? On fera comment?

– Mais, comme tu veux !

– C’est bien ce que je craignais. Alors je crois que j’ai trouvé.

– Ah bon !

– Ça ne te dérangerait pas que ma sœur nous accompagne?

– Mais non !

– Tu ne lui en veux plus pour cette histoire de l’an dernier?

– Non.

– Donc ça ne serait pas une si mauvaise idée de l’emmener?

– Pourquoi pas.

– Vous n’allez pas vous disputer ou faire la tête?

– Ah, non !

– Ce serait puéril, avoue…

– En effet.

– D’ailleurs, elle ne demande qu’à s’entendre avec toi.

– Peut-être.

– Donc je lui en parle? Ou j’attends?

– Fais pour le mieux.

– Mais en principe tu es d’accord?

– Oui.

– Alors je lui téléphone tout de suite.

– D’accord.

– Je te dirai quoi après.

– C’est ça.

– Bon, je te laisse travailler… A toute!

– A tout à l’heure.

L’affaire est dans le sac, sourit Francis en posant son téléphone sur son bureau.

***

Tableau et consignes chez Lakévio: Luce appelle Francis. Nous ne connaissons que les réponses de Francis. A vous d’imaginer  et d’intercaler ce que raconte Luce. Voici ce que dit Francis:

– Oui ? – Non. – Mais, comme tu veux ! – Ah bon ! – Mais non ! – Non – Pourquoi pas. – Ah, non ! – En effet. – Peut-être. – Fais pour le mieux. – Oui. – D’accord. – C’est ça. – A tout à l’heure.