U comme Uylenspiegel

Félicien Rops : La médaille de Waterloo

En 1856, Félicien Rops et Charles De Coster fondent la revue Uylenspiegel, journal des ébats artistiques et littéraires.
Rops a 23 ans et De Coster 29.

En début de parcours, au musée de Namur, on peut voir quelques-unes des lithographies que Rops a réalisées pour cet hebdomadaire. Comme celle qui illustre ce billet, La Médaille de Waterloo.

Voici un extrait du dossier pédagogique proposé par le musée:

En 1856, Rops atteint la majorité légale, fixée à 23 ans à l’époque. Grâce à l’héritage paternel , il entraîne à sa suite Charles De Coster et une partie de la rédaction du Crocodile pour fonder son propre journal, Uylenspiegel, journal des ébats artistiques et littéraires : « Cher Carlo, Le Journal est né, l’accouchement a eu lieu sans les secours du moindre forceps, l’opération césaréenne n’a pas été nécessaire, l’enfant et les dix papas se portent bien…, – le baptême a eu lieu, le journal a nom Uylenspiegel je t’enverrai Dimanche les dragées, enveloppées dans dix numéros,…
Tout à toi
F. Rops
Uylenspiegel bégaye déjà très joliment seulement il fait pipi dans ses colonnes. – pas vertébrales !!! (…) »

U comme urticant

Photo de Magda Ehlers sur Pexels.com

Les années précédentes l’Adrienne ne l’avait pas remarqué – il est vrai qu’au fil des ans la récolte devient plus conséquente, donc aussi le temps passé sous le feuillage – mais après la première grosse cueillette de figues, elle avait des rougeurs sur les bras et le décolleté, avec ce genre de démangeaisons comme après un bain d’orties.

Donc ces dernières semaines, elle met un pull manches longues, boutonné jusqu’au menton, avant de s’aventurer entre les branches de son arbre, alors qu’il faisait 30° à peu près tous les jours.

– Et dire, soliloque l’Adrienne, que selon la Genèse c’est avec des feuilles de figuier qu’Adam et Eve ont dû couvrir leur nudité…

Voilà un dieu bien cruel!

U comme une vie

C’est toute une vie qui a quitté l’appartement maternel samedi aux alentours de midi.

Dans de grands sacs poubelle de plastique noir, le brocanteur avait entassé pêle-mêle ce qui ne l’intéressait pas: petits pots avec couvercle, verre gradué, le pot dans lequel l’Adrienne adolescente préparait le milk-shake à la banane pour son goûter et celui du petit frère…

Un moment elle a hésité, allait-elle fouiller dans ces sacs pour en extraire encore une tranche de vie passée ou tout laisser partir?

Sur le dessus, il y avait la thermos rouge et blanc qui ne servait qu’en vacances. Celle dans laquelle le café avait un goût si infect.

Heureusement, le bouchon était introuvable 😉 Sinon, qui sait? l’Adrienne l’aurait « sauvée »…

***

placardée à la porte du living, une affichette prévient l’Adrienne qu’elle n’a le droit de ne rien emporter: « alles is verkocht« , tout est vendu…

U comme une heure et demie

Les plats du terroir, que ce soit en Belgique ou ailleurs, sont généralement de ceux qui ont besoin de mijoter longuement au coin du feu.
De ceux qu’on pouvait laisser accrochés dans l’âtre pendant qu’on allait travailler aux champs.

Ainsi en est-il des carbonnades, qui nécessitent au moins une heure et demie de cuisson. En tout cas selon Tante Léa 😉
Sur le Net on peut en trouver qui mentionnent une heure trois quarts.
Ou comme dans la vidéo ci-dessus, dans la version d’Alain Ducasse, qui la met deux heures au four.

Et qui reçoit des tas de commentaires parce que dans sa version, seule la bière est belge 😉

Ci-dessous une version plus « authentique », avec un ingrédient que certains jugent indispensable: les tranches de pain d’épices tartinées de moutarde forte.

Par contre, dans nos chaumières on ne les servait pas avec des frites, mais avec des pommes de terre nature.

U comme Urbs, urbis

photo et article de Daily Science:

BIENVENUE À FALERII NOVI, LA VILLE ROMAINE SOUS LES CHAMPS

Durée de lecture : 4 min

Inutile d’écarquiller les yeux. On ne voit que des champs et des arbres à la cité antique de Falerii Novi. Pourtant, des chercheurs belges et britanniques viennent de mettre au jour tout un nouveau quartier dans cette une cité romaine qui a vu le jour en 241 av. J.-C.

Cette découverte, réalisée dans la vallée du Tibre, à une cinquantaine de kilomètres de Rome, repose sur l’usage d’une technologie qui avait déjà fait ses preuves à Bruxelles, en 2018. A l’époque, François Blary, professeur d’histoire de l’art et d’archéologie à l’ULB et co-directeur du Crea-Patrimoine, le centre d’archéologie de l’Université Libre de Bruxelles, avait passé la Grand-Place de Bruxelles au radar de sol. Ces scanners avaient permis de discerner dans le sous-sol des structures archéologiques anciennes.

Une technique perfectionnée… depuis 1910

Cette fois, c’est une équipe de l’université de Gand et de l’université de Cambridge, au Royaume-Uni, qui a ausculté le sous-sol, en Italie. Pendant trois ans, avec leur radar de sol, ils ont ratissé les champs qui entourent l’abbatiale de Sainte-Marie, tout à côté de l’actuel village de Falerii Novi.

Ces archéologues ont pu cartographier complètement l’antique ville romaine. Leur radar de sol  fonctionne comme un radar ordinaire, en faisant rebondir les ondes radio sur les objets et en utilisant l’”écho” pour construire une image. La différence est qu’il détecte ici des objets souterrains.

Bien que ce principe soit utilisé depuis les années 1910, ces dernières années, les progrès technologiques ont rendu l’équipement plus rapide et plus performant.

Découvertes de plusieurs bâtiments

Cela a conduit à la découverte de plusieurs nouveaux bâtiments, dont un complexe de bains, un marché et un temple. Les chercheurs ont également découvert ce qui semble être une sorte de monument public, différent de tout ce qui avait été observé auparavant dans de telles cités.

« La ville est bien documentée dans le registre historique et ne se trouve pas sous des bâtiments modernes, ce qui en fait un excellent endroit pour mener ce genre d’études », indiquent les chercheurs. « En tant que telle, elle a fait l’objet de décennies d’analyses à l’aide d’autres techniques non invasives, comme la magnétométrie. Celle-ci permet de mesurer le modèle magnétique du sol qui est influencé par l’activité antique ».

Le radar de sol de dernière génération utilisé ici peut sonder le sol à diverses profondeurs.  Les relevés réalisés à Falerii Novi ont été effectués tous les 12,5 cm, sur l’ensemble du site. De quoi éclairer les chercheurs sur la façon dont les villes ont été construites et sur leur évolution dans le temps. L’occupation du site s’est effectivement étendue sur plus de neuf siècles.

Semi-automatisation du traitement des données

Le travail d’interprétation des données récoltées a été semi-automatisé. Une innovation dans le domaine. “L’utilisation des données du radar de sol à haute résolution génère des quantités massives d’informations, rendant l’analyse manuelle très longue”, explique le professeur Martin Millett, un des chercheurs anglais du projet.

Il faudra encore un peu de temps avant que la carte de Falerii Novi ne soit entièrement analysée. Néanmoins, cette recherche a déjà révélé beaucoup de choses sur la ville. « Elle semble notamment moins standardisée que celle de nombreuses autres villes bien étudiées, comme Pompéi, révélant la complexité et la variation de l’urbanisme romain », estime l’équipe scientifique.

Une équipe pour laquelle l’objectif principal de cette recherche était de disposer de nouvelles données sur les villes romaines en Italie, afin de répondre à des questions concernant les processus d’urbanisation, les diversités régionales de l’urbanisme romain, l’évolution des populations, les relations entre villes et campagnes à l’époque romaine…

U comme un homme et une femme

devoir de Lakvio du Goût_40.jpg

On se serait presque cru à un enterrement, toutes les femmes étaient en noir. Pourquoi s’imagine-t-on plus élégante en noir? Mystère! Seuls les grands décolletés prouvaient que l’occasion était festive.

Robert avait rejoint Marlène sur la causeuse, et visiblement elle aurait préféré quelqu’un d’autre. Elle le toisait tout en réchauffant son porto dans la main. C’est un des nombreux points sur lesquels elle n’était pas d’accord avec Marc. Depuis qu’il suivait des cours d’œnologie, il ne prétendait plus servir le porto qu’entre 10 et 14°. Mais quitter Marc pour commencer une histoire avec Robert? Il ne pouvait en être question!

Il y avait même un peu de commisération dans ce regard qu’elle portait sur lui, et sur ce verre qu’il penchait dangereusement. Il va finir par verser son xérès sur son pantalon, se dit-elle. Qu’était-il en train de lui raconter? Elle avait complètement perdu le fil…

Mais là, juste derrière lui, assise sur le tabouret du piano, il y avait Sibylle.

Ah! Sibylle!
Ses courbes, ses bouclettes, son joli rire…

Il serait peut-être temps de suivre sa véritable inclination.

***

écrit pour le 40e devoir de Lakevio du Goût – merci Monsieur Le Goût! – avec la consigne suivante: 

Mais que diable peut-il bien lui raconter ? Où veut-il en venir. Qu’attend-elle ? Que pense-t-elle de sa ballade ? À l’instant je n’en sais rien. Grâce à vous j’espère en savoir plus lundi sur ce que vous inspire cette toile d’Aldo Balding.

Et vu que dernièrement c’était la journée lgtb, l’inspiration était toute trouvée 🙂

U comme Une vie

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Quand Clara a emménagé dans cet appartement parisien, elle n’a pas mesuré les conséquences de ce changement.

L’ouverture de la cave – encore cadenassée par la locataire précédente – lui a révélé les trésors de toute une vie: des photos, du courrier.

Toute une vie que Clara a décidé de reconstituer, de reconquérir étape par étape, à l’aide d’un réseau d’entraide de plus en plus vaste, d’internautes des quatre points cardinaux.

Cette enquête, menée en parallèle avec son métier de journaliste, a fait voyager Clara dans divers lieux, en France et aux Pays-Bas, et a suscité de nombreux projets très positifs, comme celui d’une institutrice d’Aubervilliers.

Bref, à l’issue de plusieurs années d’enquêtes minutieuses, Clara est convaincue que son sort est lié à celui de cette dame, qu’elle est en quelque sorte sa bonne étoile, et elle espère que celle-ci lui pardonne la liberté qu’elle a prise d’exposer au grand jour toute sa vie, à la fois minuscule et passionnante.

***

Texte écrit pour les Plumes d’Emilie – merci Emilie! – avec les 13 mots imposés suivants: CHANGEMENT – VOYAGER – ETOILE – MESURER – EQUATEUR – POSITIF – VASTE – PARALLÈLE – LIBERTÉ – TRÉSOR – CARDINAL – COURRIER – CONQUÉRIR

On pouvait en laisser un de côté.

source de l’image sur le site du projet ici.

U comme une mère

Une mère pète un câble.

Au deuxième jour de « confinement ».

Elle n’en peut déjà plus.

Quatre enfants et deux ordi, chaque enfant reçoit des tas de tâches de la part des profs et elle n’en peut plus, dit-elle.

Pour moi le problème ce n’est pas les deux ordi pour quatre enfants – qui en plus ont chacun leur GSM sur lequel ils passent la journée, dit-elle.
Apparemment pas à travailler pour l’école.

Le problème n’est pas non plus que le prof de sa fille fasse sa vidéo-conférence à huit heures du matin: qu’est-ce qui l’empêche d’exiger de sa fille de se lever aux heures habituelles? Puisqu’on nous conseille de garder une bonne hygiène de vie et de continuer à bien structurer nos journées. Au lieu de passer la journée à manger, comme font ses enfants. A ce qu’elle dit 😉

Pour moi, la phrase-clé de sa frustration est celle-ci: « Now our children will find out how dumb we are« .

Or, aucun prof ne veut que les parents fassent le travail à sa place.
Aucun.
Au contraire même.

Si l’élève a des questions, c’est au prof qu’il doit les poser.
S’il a besoin d’aide, c’est au prof qu’il doit s’adresser.

Le prof a absolument besoin de ce feed-back pour faire du bon travail.

Ceci étant dit, la vidéo est hilarante 🙂

Et je ne peux m’empêcher de me demander quel coup de gueule elle pousserait si les profs n’essayaient pas, par tous les moyens, de continuer leur enseignement!

 

U comme umami pour tous?

Le rayonnement de la gastronomie française fait partie des priorités d'Emmanuel Macron.

Il y a dans cette histoire quelque chose que l’Adrienne n’a pas compris et elle compte sur vous pour le lui expliquer 😉

Elle l’a d’abord vu dans la presse flamande: Frankrijk wil af van ‘elitair’ gastronomisch imago. Ce qui donne en traduction: la France veut se débarrasser de son image gastronomique ‘élitiste’.

Il est déjà intéressant de remarquer que le mot ‘elitair/élitiste’ a été placé entre guillemets. Il semble supposer que les produits culinaires français ne soient pas à la portée de tous.

Or, si on lit bien l’article (voir lien ci-dessous vers les communiqués français) il s’agit plutôt de faire connaître (i.e. de vendre) les produits français sur les marchés étrangers:

« Nous avons raté la ‘world food’, c’est-à-dire le produit que l’on peut trouver partout », a insisté le responsable, assurant vouloir rendre accessible les produits français « au plus grand nombre » […] « 

Faut-il donc comprendre que, tout comme on peut trouver partout dans le monde des pizzerias « napolitaines », du fast-food américain ou des sushi bars « japonais », ainsi que de quoi se confectionner ces plats « typiques » chez soi, on devrait disposer de la même chose pour une « spécialité » française?

Et si oui, laquelle sera ainsi dénaturée pour plaire au plus grand nombre?

article en français et source de l’image ici.

U comme uniforme

Si par extraordinaire vous trouviez un jour à votre porte deux olibrius en jaune fluo, un grand maigre coiffé à la Tryphon Tournesol et un petit gros qui vous surprend par sa ressemblance avec Oliver Hardy, n’y voyez rien de louche ou de bizarre et faites-leur confiance. Ce sont deux fantastiques techniciens de chez Proximus.

Chaque problème est unique et il faut chaque fois innover: le câble est trop en surface, à l’intérieur il est quasiment inaccessible et les ouvriers qui refont la rue prétendent ne pas savoir ce qu’ils en ont fait. Bref, il faut de l’idée.

Ils sont dans votre bureau et examinent la situation.

– Il n’y a pas longtemps que vous avez ce piano, dit Oliver Hardy. Je le vois aux petits plastiques qu’il y a encore autour des pédales.

Vous riez. Bien vu!

Puis il vous laisse un peu interloquée quand il vous raconte que lui aussi joue d’un instrument. Qu’il joue dans un groupe. Qu’il suit des cours pour un deuxième instrument. Et que Tryphon Tournesol est musicien, lui aussi.

Quand tout remarche et qu’ils partent de chez vous, vous leur dites que vous aviez l’intention de passer à Telenet, mais qu’ils vous ont réconciliée avec Proximus 🙂

***

photo du professeur Auguste Piccard, qui a inspiré à Hergé le personnage de Tryphon Tournesol (source de la photo wikipedia)

écrit pour Les petits cahiers d’Emilie (merci Emilie!) avec les mots imposés suivants: extraordinaire – fantastique – bizarre – orignal – tournesol – olibrius – unique – visionnaire – surprendre – innover – idée – interloquer

(on pouvait en laisser tomber, ce que j’ai fait :-))