Y a-t-il un pilote dans l’avion?

‘Uit de klauwen van de taliban’: foto van huppelend meisje in Melsbroek gaat de wereld rond

L’Adrienne était déterminée à ne pas parler de ce qui se passe là-bas – il y a assez d’autres média pour le faire – mais ce qu’elle a lu vendredi soir l’a tellement choquée qu’il faut qu’elle le dise:

1.dans l’ambassade du Royaume-Uni, à Kaboul, alors qu’on y avait (soi-disant) soigneusement fait disparaître tout document compromettant avant l’évacuation le 15 août, des feuilles traînaient encore par terre, portant les noms et coordonnées complètes d’Afghans ayant travaillé pour les Britanniques. Trois de ces familles n’ont été évacuées qu’après que le Times avait communiqué la chose aux autorités. On est sans nouvelles des autres…

2.Plus fort encore, si possible, du côté des Américains, qui ont tout bonnement communiqué aux taliban des listes avec les noms de citoyens américains et afghans qui ont travaillé pour eux.

D’où la question du titre: y a-t-il un pilote dans cet avion? et si oui, vers quel mur l’envoie-t-il?

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la photo montre une famille afghane à sa descente de l’avion à Melsbroek (Belgique), photo touchante par le bonheur évident de la petite fille sautillante – source ici.

Y comme yeux

Photo de Pixabay sur Pexels.com

Ilias était arrivé à l’école pour y faire ses deux dernières années: son père, excédé par sa paresse, avait espéré que le choc serait salutaire.

Malheureusement, s’il y avait eu choc, ce n’était pas du côté d’Ilias, mais chez les filles de sa nouvelle classe.
Et même chez toutes celles d’autres classes, qui s’agglutinaient autour de lui à chaque récré.

Ilias faisait sensation avec son allure athlétique, sa peau bronzée et ses yeux clairs.

Et puis, comme pour le copain Geoffroy, dans le petit Nicolas, « celui qui a un papa très riche qui lui achète tout ce qu’il veut« , il était aussi celui qui avait la plus belle moto. Rouge.

Bref, Ilias s’est tout de suite beaucoup plu et n’a changé en rien son comportement.

– Vous n’allez pas vous aussi, dit le papa à Madame, lors de l’entretien parents-professeurs, me parler de ses beaux yeux, j’espère?

Car oui, même les profs étaient sous le charme 🙂

Aujourd’hui, Ilias a une femme, un fils de deux ans, un chien et un vrai travail: Madame espère que son papa est content.

Y comme y a de l’orage dans l’air

C’était le samedi 19 juin.

Grosse ambiance chez les voisins: quatre voix, la radio, les deux chiens et les glapissements d’un troisième.

Sapristi, se dit l’Adrienne « ik voel de bui al hangen« .
On dirait un chihuahua et j’ai la très forte impression qu’après le départ de ce couple d’amis, la bête glapissante va rester.

Ainsi soit-il.
Amen.

L’Adrienne n’a même pas besoin de boule de cristal: avec ses voisins, le pire est toujours à venir 🙂

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l‘image illustre l’expression néerlandaise, ik voel de bui al hangen, « je sens déjà l’averse », expression utilisée quand on pressent ou devine un danger, un problème.

Y comme yaourt

Pour mini-Adrienne, à cinq ans, les choses sont claires: la poule, pond des œufs, la brebis donne la laine – et le bonheur de voir des agneaux au printemps – la vache, on la trait pour le lait.

Et c’est là que les problèmes commencent: mini-Adrienne n’aime pas le goût du lait.
L’odeur du lait.
La « peau » de la crème de lait qui flotte dans son café.

A l’époque, l' »intolérance » n’avait pas encore été inventée.
Disons que c’était « instinct de survie ».
Le lait donnait envie de vomir.
Voilà.

Par contre, chez grand-mère Adrienne, incorporé à la poudre magique Impérial, il devenait jaune et épais, une crème à la vanille luisante et veloutée.
Ou à Pâques, mélangé aux figurines en chocolat qu’on y faisait fondre.
Là, d’accord.

Or un jour que mini-Adrienne était malade, si malade que l’école était interdite et qu’elle avait le droit de passer la journée dans le fauteuil de son papa, à attendre que la maladie s’en aille, le médecin avait ordonné qu’elle boive du lait.

Punition sur punition!

On aurait pu le lui servir en perles, en berlingot, avec du miel – tiens, sa mère n’a pas pensé à y mettre du chocolat! – ça n’y aurait rien changé.

Elle s’est bien forcée à obéir, pourtant.

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écrit pour les Plumes d’Émilie – merci Émilie! – avec les mots imposés suivants:
miel – perle – brebis – crème – sein – velouté – traire – chocolat – poule – berlingot – intolérance – incorporer – survie.

Peut-être les choses auraient-elles été différentes si mini-Adrienne avait été nourrie au sein?
Mais ici le mot n’avait pas sa place 😉

Y comme y en a marre!

D’un stylo vengeur, Matteo barre tout ce qu’il vient d’écrire. Son irritation est telle qu’il finit par crever le papier.

Les notifications de son instituteur sur son dernier bulletin n’ont eu pour effet qu’une immense frustration, un grand découragement.

Quand Cindy rentre de la laverie – combien de fois par semaine fait-elle la navette depuis que son lave-linge est en panne ? – elle trouve l’appartement sens dessus dessous, son précieux hibiscus renversé et toute la boîte de dominos éparpillés sur le tapis.

– Matteo ! Qu’est-ce qui s’est passé, ici ? Et où est ton petit frère ?
– Il dort !

Cindy soupire. C’est vrai que son cadet a ce don de pouvoir traverser une nuit de sommeil pleine de bruits sans se réveiller. Mais tout de même. Elle aimerait habiter dans un endroit plus calme. Que les garçons aient chacun leur chambre. Et un petit jardin où se défouler.

ça me gave, ces exercices ! Y en a marre ! J’y comprends rien ! Qu’est-ce que ça veut dire, ‘ambiguïté’ ?

Nouveau soupir de Cindy.
Sur la table, il y a la lettre l’invitant à une session de formation pour « optimiser et uniformiser les méthodes de travail. »

Dans quel monde vivront mes garçons, se demande-t-elle.
Bientôt il faudra un bac + 5 pour être femme de ménage…

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écrit pour 13 à la douzaine avec les mots suivants:

1 barre 2 dormir 3 notification 4 irritation 5 habiter 6 hibiscus 7 domino 8 navette 9 uniformiser 10 laverie 11 gaver 12 immense et le 13e pour le thème : ambiguïté. 

Y comme y a pas moyen

74ème Devoir de Lakevio du Goût.

devoir de Lakevio du Goût_74 .jpg

« Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue… »

Non, non ça ne va pas être possible!

Oh mon dieu seigneur, non et non et non!
J’en suis incapable!
Ah mon dieu seigneur mais pourquoi c’est tombé sur moi!

Ainsi se lamentait cette pauvre Suzanne, qui pouvait bien prier et allumer des cierges, ça ne changerait rien: c’est elle qui allait devoir jouer le rôle de Phèdre, pour la représentation de fin d’année scolaire, alors que ce qu’elle aurait voulu, c’est juste faire une toute petite récitation, un tout petit poème, tiens, celui de Verlaine, par exemple, juste quatorze petits vers faciles à retenir et pouvoir vite, vite quitter la scène sur un

« Et qu’il bruit avec un murmure charmant
Le premier « oui » qui sort de lèvres bien-aimées ! « 

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Merci à Monsieur le Goût pour sa consigne 74:

Que peut donc être en train de faire cette jeune femme, assise à son bureau, peinte par Carl Larsson ? Le savez-vous ? Je le sais parce que je la connais.
Je sais même que ça devrait commencer par :
« Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ».
Et se terminer sur
« Et qu’il bruit avec un murmure charmant, le premier « oui » qui sort de lèvres bien-aimées. »

Y comme Y en a, je vous jure!

Y en a, je vous jure, marmonna Gérard en voyant une vieille dame s’extirper péniblement de la voiture qui venait de se garer à l’entrée du domaine.

Franchement, on a beau préciser que le parcours est difficile, qu’il n’est pas accessible aux voitures d’enfants, qu’il faut de bonnes chaussures de marche, etc. etc. à chaque fois c’est la même histoire.

Il soupira.

Est-ce que ça tombe toujours sur moi ou est-ce que les autres guides-nature ont le même genre de public « varié » ?

Il avait déjà une jeune femme en talons hauts, dans son petit groupe…

Il lui avait poliment fait remarquer que ce n’était pas adéquat mais elle a ri en disant qu’elle avait l’habitude et ne marchait bien qu’avec ça.

Ça, c’est-à-dire une hauteur d’au moins sept centimètres.

Bref.

La vieille dame, enfin debout, ou à peu près, attendait que son accompagnatrice lui tende ses cannes. Deux grosses cannes !

Comment lui dire diplomatiquement que ça n’allait pas, mais alors pas du tout le faire !

Il lui en venait des gouttes de sueur malgré les 3°C et il sortit son mouchoir pour s’éponger le front.

Pendant qu’il cherchait ses mots pour la renvoyer illico d’où elle venait, la voilà qui s’avançait vers lui à petits pas, tout sourire, même ses yeux de myosotis lui souriaient :

– Ah ! lui dit-elle, qu’est-ce que je suis contente qu’on organise une promenade dans ce domaine ! C’est ici que je suis née !

Puis elle ajouta fièrement à la cantonade : Il y a quatre-vingt-sept ans !

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écrit en réponse à la première question du jeu d’écriture L’atelier en question(s): Qui va venir au rendez-vous?

Merci à Annick SB pour l’organisation!

Y comme Ypsilon

Photo de Pixabay sur Pexels.com

Vous qui passez régulièrement, vous savez que l’Adrienne a ses opinions sur un certain nombre de choses qui lui tiennent à cœur.

L’une d’elles est le choix des prénoms qu’on donne (ou parfois inflige) aux enfants.

Alors l’autre jour un article intitulé ‘Ypsilon‘ a retenu son attention.

La journaliste y témoigne des préjugés à l’encontre de certains prénoms, en particulier ceux qui – comme le sien (Vicky) – se terminent par un y.

Comment elle-même se formait une idée préconçue sur base d’un prénom tel que Kimberly.

Et comment à l’âge de 16 ans ça lui a fait se rendre compte de l’existence de la marginalité et des classes sociales.

A 16 ans, sa conclusion a été: tu es une fille avec un prénom qui se termine par y?
Tu es une working class girl.
Une Cindy, une Tiffany.
Une Kimberly, une Vicky.

Bref, après une ou deux expériences négatives, « Je ne voulais plus être mon prénom », écrit-elle.

Sa dernière phrase a quelque chose de poignant: « Als je je klein voelt, komt dat doorgaans omdat iemand anders je klein heeft gemaakt. » Si tu te sens petit (inférieur, minable, insignifiant) c’est généralement parce que quelqu’un te l’a fait sentir.

Y comme yakalire

Dans sa version numérique, l’hebdomadaire flamand Knack offre chaque jour un ‘tip tegen de coronadip‘.

Tip‘ veut dire petit conseil, astuce et ‘dip‘ veut dire petite baisse de tonus, petit coup de mou.

Samedi dernier, le magazine conseillait la lecture, non seulement comme mode d’évasion mais aussi pour tous ses effets positifs sur l’être humain, comme les a décrits Alain de Botton.

Un de ces effets est la réduction du stress.

Selon une recherche réalisée en 2009 par le neuropsychologue David Lewis, lire six minutes par jour ferait baisser le niveau de stress de plus de 60%, un résultat supérieur à celui qu’on obtient par tous les autres moyens, comme le jeu, la promenade, la musique… ou celui qui vous est propre 😉

Y comme y a pas que

Cousin numéro trois est marathonien. Champion de triathlon. Amateur des parcours les plus lourds, de ces ‘trails’ où il faut grimper des dénivelés boueux.

Apparemment, il n’est pas le seul.
Apparemment, le ‘trail’ ne leur suffit pas.
Il leur faut de l’ultra-trail.
Et c’est l’équipe belge qui vient de remporter les championnats du monde de cette discipline, devant les Etats-Unis.

Course d’endurance et ‘last man standing‘, comme dans le film They shoot horses, don’t they.

Ce last man standing, c’étaient deux Belges, dont un incroyable champion qui s’appelle Karel Sabbe et est dentiste à Gand:

« Cette fois, il vient de repousser les limites physiologiques de l’être humain puisque jamais avant lui un homme n’avait couru 75 heures, plus de trois jours et trois nuits donc, parcourant 503 kilomètres sans s’arrêter. »

Tout ce que vous voulez savoir sur cette compétition: ici.