Y comme Yaka

Yaka Modeler

Yaka, c’est ce merveilleux pays où vit le petit frère. Et dont régulièrement il envoie des injonctions:

– Yaka envoyer un mail.
– Yaka téléphoner.
– Yaka leur dire ceci. Leur demander cela.
– Yaka chercher.
– Yaka régler.

Et toujours c’est urgent. A faire plutôt la veille que le jour même.

Et toujours c’est simple.

Alors cette nuit l’Adrienne s’est dit qu’elle devrait avoir l’audace de lui répondre:

– Yaka le faire toi-même.

Juste une fois.

Pour voir ce que ça donnerait 😉

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source de la photo ici.

Y comme Yvonne

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Elle, je l’ai aimée tout de suite. Ses beaux yeux verts. Son élégance proprette. Son grand calme. Son sens de l’organisation, qui lui laissait plus de loisirs qu’à n’importe qui d’entre nous.

Bien sûr, il a fallu du temps pour qu’elle m’accepte. Mais j’ai su me montrer patient. Juste assez présent et juste assez silencieux pour que peu à peu elle se rapproche de moi. J’en ai été très heureux.

Et puis… et puis Snowball a été chassé par Napoleon et à la ferme, l’enfer a commencé…

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texte écrit pour le 45e devoir de Lakevio du Goût, que je remercie: 

Ce couple me dit quelque chose, mais quoi ? Et à vous ? Que dit-il ?

Y comme y a qu’à deviner

– Tu as fait ta liste de courses? demande l’Adrienne à peu près quotidiennement à sa mère.

Qui répond invariablement qu’il ne lui faut rien de spécial « pour le moment ».

Puis se ravise.

– Je n’ai plus beaucoup de yaourts.
– Il t’en reste combien?
– Un.

Misère! un yaourt = un jour. Il faut donc retourner au magasin.

Et quand l’Adrienne les lui apporte – avec quelques autres nourritures indispensables, vu qu’il est chimérique d’attendre La-Liste-Des-Courses – sa mère lui dit:

– Il me faudrait des oranges.

Ou des pommes.
Ou des bananes.
Il manque forcément toujours quelque chose.
Puisqu’il n’y a pas de liste 🙂

L’Adrienne a eu beau y consacrer quelques inutiles palabres: c’est parler à un mur.
Aussi efficace que la danse de la pluie en ces semaines de sécheresse.
C’est un peu comme le discours du roi au chapitre 10 du petit Prince: il ne faut demander aux gens que des choses raisonnables.

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source de l’illustration et e-book complet ici.

Ecrit pour Olivia Billington (merci Olivia!) avec les mots imposés suivants: liste – palabres – misère – mur – oniromancie – danse – chimérique.

 

Y comme y a qu’à

shallow focus photography of couple ants holding book figurine

L’ami au téléphone était en train d’expliquer à l’Adrienne que la jardinerie AVEVE était rouverte depuis la veille mais qu’il ne s’y était pas du tout senti à l’aise, trop de monde, pas assez de distance, bref il déconseillait d’y aller, même s’ils avaient encore quelques paquets de farine dans les rayons 😉

– Pourtant, dit l’Adrienne, faudrait que j’y aille, j’ai une invasion de fourmis dans la cuisine…

– Oh! fait-il, attends! ma femme a un bon remède, pas besoin de sortir de chez toi!

En effet, l’épouse explique qu’il suffit de verser un peu de farine là où entrent les fourmis:

– Elles s’en repaissent, paraît-il, et disparaissent comme par enchantement!

L’Adrienne aurait bien essayé ce miraculeux remède, oui mais justement, c’est la farine qui manque.

– Ça marcherait aussi avec de la fécule de maïs ou de riz, tu crois? C’est tout ce qui me reste!

– Sans doute! dit l’amie. En tout cas, ça vaut le coup d’essayer!

C’est ainsi que depuis une quinzaine de jours, les fourmis de l’Adrienne se repaissent de fécule.

Et non, elles n’ont pas encore disparu 😉

Photo de Pixabay sur Pexels.com

Y comme y a qu’à

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Comment peut-on avoir « le cœur à marée basse » quand le printemps est si lumineux? Pas de brouillards matinaux, un petit vent bien vif, la légère oscillation des branches encore nues? Des nuits étoilées avec un mince croissant de lune?

Comment peut-on se plaindre, quand les tulipes offrent leurs variations de rouge, de rose et de jaune? Qu’il y a le calme plat dans les rues, pas de va-et-vient de poids lourds, pas de bruit des travaux?

Comment peut-on stresser, quand il n’y a pas d’horaire à respecter? que c’est tous les jours dimanche?

Tu as des envies de plage, de haute mer, du remous des vagues?
Alors il n’y a qu’à regarder tes photos!
Tu en profiteras sans avoir de grains de sable entre les orteils 🙂

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écrit pour les Plumes d’Emilie – merci Emilie! – avec les mots imposés suivants:
HORAIRE – VARIATION – REMOUS – HAUTE – LUNE – OSCILLATION – VA-ET-VIENT – VENT – MASCARET – PLAGE – BROUILLARD – GRAIN – SYZYGIE – BASSE

Y comme Y a comme un défaut

Quel bonheur, un livre! 

Le cœur de mini-Adrienne fait des bonds. Il n’est même pas nécessaire d’ôter le papier, c’est un livre, elle le sent, et c’est le principal! Elle s’élance pour embrasser sa Tantine.
La couverture est vert pâle. Boule d’Or et sa Dauphine, dit le titre. 
La Dauphine, mini-Adrienne connaît, c’est le modèle de voiture qu’a le vieil Hector. Exactement de ce même vert délavé. 
Et Boule d’Or? ce sont les cigarettes que fume le grand-père. Les rouges sans filtre.
Une auto et des cigarettes, se dit mini-Adrienne, du haut de ses huit ans, voilà qui sera une lecture intéressante!
Alors elle y commence tout de suite. Mais il n’est question ni de Renault ni de tabac:
« C’est aujourd’hui chez nous la cueillette du mimosa que les gens de la ville viennent chercher ce soir. Papa a besoin d’aides ; qui est-ce qui vient avec moi ? «  lit-elle à la page 10. 
Cueillette de mimosa, fête du mimosa, bouquets de mimosa, gerbes de mimosa, une montagne de mimosas… et la Reine du Mimosa! 
Qui s’appelle Marie-Antoinette. 
Voilà. 
C’est comme ça qu’à huit ans mini-Adrienne a su que la future reine de France portait un nom de voiture 🙂
***
écrit pour le Défi du Samedi n°600, thème: mimosa!
Merci, Walrus 🙂

 

Y comme yolo

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L’Adrienne est sur l’autoroute entre Ostende et Bruxelles.

Elle essaie de se maintenir autour des 120 km à l’heure parce que c’est la limite imposée en Belgique, quand tout à coup une Porsche la dépasse à toute allure.

Le propriétaire est une de ces personnes qui ont mille euros de trop et se sont offert une plaque d’immatriculation personnalisée.

Sur la sienne, seulement quatre lettres: YOLO.

Et bien vous savez quoi? L’Adrienne a éclaté de rire, là, toute seule à son volant.

You only live once, et peut-être plus très longtemps…

Voilà exactement le genre de conducteur dont grand-mère Adrienne disait, chaque fois qu’elle en rencontrait un: « celui-là, il ne mourra pas dans son lit! »

source de la photo ici.

Y comme y a plus qu’à!

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L’Adrienne s’est toujours demandé pourquoi le long des routes et des avenues, on plantait des marronniers au lieu de châtaigniers, pourquoi des platanes au lieu de pommiers ou de noyers.

Pourquoi les orangers en bord de route, à Malaga, ne donnent-ils que des fruits immangeables qu’on laisse pourrir sur place?

Pourquoi seuls les habitants de la campagne peuvent-ils trouver des noisettes, des mûres, des myrtilles et ne fait-on pousser dans les parcs de la ville que des arbustes aux baies purement décoratives?

Bon, à côté de l’Albertine il y a quelques bacs à légumes, c’est peut-être un début 😉

Pour ce qui est des arbres fruitiers dans les espaces verts de la ville, Copenhague vient de montrer l’exemple, comme on peut le lire ici.

Source de la photo ici: le site et l’expérience valent une visite 🙂

Y comme yoga

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« Tu devrais faire du yoga. » – « Le yoga, ça te ferait le plus grand bien. » – « Pourquoi tu ne t’inscris pas à un cours de yoga? » – « Moi le yoga m’aide beaucoup! » 

Bref, la carissima nipotina en a tant et tant parlé que l’Adrienne – bien que n’ayant pas les dispositions naturelles d’une Cici (prononcer TchiTchi) – s’est inscrite pour un cours de yoga hebdomadaire.

Premier mercredi de septembre, premier cours.

L’Adrienne, de peur d’arriver en retard, de ne pas trouver l’endroit – ce n’est pas dans sa ville – est en avance de vingt minutes. Même la prof n’est pas encore arrivée 😉

Peu après neuf heures, chacun est installé dans un grand cercle pour le tour de piste habituel des présentations – du temps perdu, personne ne retient le prénom de personne, même la prof donne du Patrick au seul homme du groupe, alors qu’il avait dit s’appeler Stefaan.

La séance commence.
L’Adrienne fait de son mieux.
Se heurte à ses limites.
C’est normal, pense-t-elle, d’ailleurs la prof l’avait dit en préambule, ne pas se forcer, chacun a ses limites etc. etc.

Tout à coup une voix l’apostrophe d’un ton sévère. Deux ou trois fois, même – elle n’avait d’abord pas compris que la prof s’adressait à elle:

– C’est exprès, que vous faites tout de travers?