Z comme zee

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L’Adrienne passe toute la semaine à Ostende, pour y prendre soin des chats de sa carissima nipotina, partie parfaire son italien à Torino.

Ce qui veut dire que ses propres chantiers restent en rade et que la connexion internet est minimale.

Mais peut-être que ça s’appelle des vacances, ce genre de situation 🙂

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zèbre numéro 1, à l’époque où il était jeune et innocent 🙂

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Z comme zèbres

Quand l’Adrienne est arrivée place Colignon, il était un peu plus de midi. Quelques hommes étaient à quatre pattes en train de s’affairer autour d’un passage zébré, aidés et encouragés par femmes et enfants.

Pendant ce temps-là, des voitures passaient, des gens s’arrêtaient, des mariés se faisaient photographier et congratuler sur les marches de l’hôtel de ville et le soleil brillait.

C’est en repassant par là trois quarts d’heure plus tard que l’Adrienne a pu entrevoir un début de résultat de ces étranges opérations:

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 L’Adrienne n’a pas osé demander à ces drôles de zèbres s’ils s’étaient enquis de l’opinion des autorités communales et policières sur leurs activités artistiques…

– C’est bien joli, leur a-t-elle dit, et elle a vu une grande fierté dans les yeux des enfants et de leurs parents.

– Ils ne sont pas tous exactement pareils, a dit la petite fille, mais c’est normal, dans la nature non plus ils ne sont pas tout à fait pareils!

Z comme Zhongni Qiu

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Parfois, c’est le hasard qui apporte une réponse à une question qu’on se posait depuis longtemps mais pour laquelle on n’avait jamais vraiment pris le temps de chercher. 

Le hasard, cette fois, avait la forme d’un magazine féminin que ma mère me prête pour que j’en fasse les mots croisés. Une page y était consacrée à quelques citations de Confucius.

Longtemps déjà que je me demandais comment un Chinois pouvait porter un nom si peu chinois, et par quels effets de hasard il était connu aujourd’hui sous ce nom-là et pas sous celui d’origine, Zhongni Qiu. Si la réponse vous intéresse, il suffit de cliquer sur le lien 🙂

La question suivante à présent est comment les Chinois se sont débrouillés pour pouvoir dire avec autant de précision d’un homme du cinquième siècle avant notre ère qu’il est né un 28 septembre et mort un 11 mai.

Et comment on fait pour avoir des sourcils longs de dix centimètres 🙂

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Source de l’illustration sur wikipédia: Confucius, gouache on paper, c. 1770. Encyclopedia Britannica.

Z comme Zina et Zeit

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L’Adrienne a appris à ses dépens qu’il ne fallait pas se fier aux quatrièmes de couverture. C’est pourtant ce qu’elle a fait en lisant ce qu’il y avait au dos de ce livre-ci:

Le photographe ne voyait que la mère qui lavait ses cheveux rouges puis les nattait sous l’œil de verre qui suivait ses bras nus levés haut pour fixer la masse de tresses au sommet du crâne. Clic clac malgré les regards désapprobateurs des voisins. Ne voyait qu’elle et ses cheveux mélangés à l’argile rouge. La boîte noire retombée sur la poitrine de l’homme, la mère n’aurait pas dû sourire mais rentrer chez elle, refermer sa porte, dérouler sa natte. 

Après le passage d’un photographe occidental, la femme aux cheveux rouges disparaît brutalement de la palmeraie où elle vivait, laissant derrière elle ses deux enfants bouleversés. Le mari et les enfants suivront les traces de la mère de ville en ville, et la retrouveront des mois plus tard sur les murs de Séville, devenue top model célèbre grâce au photographe. Ascension rapide suivie d’une chute brutale : l’engouement de l’Occident pour l’étrangère est de courte durée ; les mannequins noirs ne sont plus à la mode, remplacés par les Slaves éthérées… Misère et maladie rattrapent la reine d’hier. 
Avec son incroyable talent de romancière, Vénus Khoury-Ghata nous entraîne dans les rues et les faubourgs de Séville, et livre un roman tragique et drôle sur l’exil, la famille et la condition des migrants.

Le deuxième élément qui a été décisif, c’est la lecture de l’incipit: les prénoms des jumeaux, Zina et Zeit, ont tout de suite fait sourire l’Adrienne, qui ne pouvait que penser à ses deux derniers chatons qu’elle avait nommés Zêta et Jones, sans se préoccuper de savoir s’ils étaient fille ou garçon.

Leur mère ayant suivi l’homme aux cheveux jaunes de l’autre côté du désert, Zina et Zeit se sont installés dans le figuier. Elle sur la plus haute branche, lui sur la plus basse.

Les figues arrachées aux oiseaux, seule nourriture pour ceux qui regardent d’en haut les maisons basses comme des tombes, les visages impassibles comme les nuages qui refusent de pleuvoir ; les tatouages qui enferment la parole derrière les lèvres des femmes.

« Rentrez les jumeaux, crie soir et matin la grand-mère. L’odeur du figuier rend aveugle et tarit le lait dans le sein des mères. Rentrez à la maison. La honte sur nous. Le village vous regarde. »

Ce que la grand-mère appelle maison est un cube de boue séchée percé de trois trous : deux lucarnes et une porte.

Ce qu’elle appelle village n’est que du sable sur du sable. Des murs qui s’effritent au soleil, un ruisseau qui apparaît, disparaît quand bon lui semble et un figuier sur un sol voué au palmier.

Un vrai figuier qui ne doit rien à personne avec des fruits si âpres, même les sauterelles n’en veulent pas.

Village construit sur les épaules d’un village englouti qui remonte au déluge, disent ceux qui n’ont rien à dire et qui profitent du khamsin qui fait migrer le sable pour faire ressortir un toit, un mur, parfois deux, jamais plus de deux.

Vénus Khoury-Ghata, L’adieu à la femme rouge, Mercure de France, 2017, p.9-10 (incipit)

Bref, un bon moment de lecture, des problèmes d’une actualité brûlante racontés avec acuité et humour, en termes choisis, sans manichéisme, d’une grande humanité. A recommander 🙂

Info et photo sur le site de l’éditeur et lecture des premières pages – le livre est à paraître en Folio pour octobre 2018.

Z comme zandbak

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– Je retourne à mon bac à sable (1), dit l’Adrienne en quittant une maison amie, un vendredi soir.

Ça fait bien rigoler tout le monde, même l’Adrienne, que peut-on faire d’autre.

Du sable, il y en a partout, surtout entre les doigts de pieds.

Il ne manque que la mer…

(1) « Ik keer terug naar mijn zandbak », voilà ce qu’elle a dit, d’où le titre du billet 🙂

 

 

Z comme Zibaldone

Si l’Adrienne avait connu le mot à l’époque, elle aurait pu appeler son blog « zibaldone« , c’est-à-dire fouillis, mélanges, un peu de tout.

C’est ce qui relève de la lecture en amont des billets – momentanément jusqu’en 2013 – auxquels elle s’efforce de remettre des tags dans le vain espoir de retrouver plus facilement ce qu’on cherche, chaque fois qu’on cherche…

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Comme on dit en néerlandais, door de bomen het bos niet meer zien, on voit des arbres mais pas la forêt.

Pour le mot ‘zibaldone‘, le dictionnaire Garzanti donne 1.miscellanea letteraria, mélanges littéraires et 2.scritto, discorso disordinato, fouillis et désordre, donc 🙂

Z comme Zut!

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Les commerciaux avaient eu une idée géniale, tout le monde était d’accord là-dessus: on allait surfer sur la vague des années 30 et du constructivisme russe pour faire une campagne d’affichage inspirée de celles, désormais iconiques, qu’on pouvait voir actuellement dans deux expos très courues. 

Ça ne manquerait pas, disaient-ils, de donner de la firme une image forte, volontariste, engagée, tout en faisant un clin d’œil à ceux qui y reconnaîtraient le modèle d’origine. Coup double, donc, c’était gagné d’avance. 

En plus, ce serait à peu de frais: les « modèles » seraient choisis parmi le personnel. Ce dernier aspect a fini par emballer tout le monde, ceux qui payaient comme ceux qui espéraient secrètement être sélectionnés. 

– Zut! bougonne Bérénice, je me demande bien pourquoi c’est encore sur moi que ça tombe!

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tableau et consignes chez Lakévio

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source ici