H comme heureux évènement (bis)

Il y avait déjà eu une naissance dans la famille des éléphants en février et ce 8 juin un deuxième bébé est arrivé.

La maman s’est débrouillée toute seule, dit le soignant, le bébé a très vite réussi à se mettre sur ses quatre pattes et les autres femelles forment un solide cercle de famille. Tout va donc très bien.

Faudra que l’Adrienne finisse par aller faire un tout à Pairi Daiza 🙂

Longue vie à cette jolie – et touchante – petite bête!

article ici.

 

G comme gentillesse

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Cette fois, se dit l’Adrienne en marchant d’un bon pas vers l’appartement de sa mère, elle ne pourra pas se plaindre que je ne lui raconte jamais rien… j’ai de quoi alimenter la conversation.

Deux heures plus tard, l’Adrienne marche de nouveau d’un bon pas en rentrant chez elle. Elle sait tout sur la voisine d’en haut, d’en bas, d’à côté. Sur l’ophtalmo, le dermato. Sur qui a dit quoi et ce qu’il faut en penser, jusqu’à la troisième génération.

Mais sa mère ne sait rien sur la boule au ventre que l’Adrienne avait la veille, en se rendant à son ultime cours de FLE. Elle ne sait rien des émotions bien douces que lui ont données ses élèves. Elle ne sait rien de rien.

Alors vous comprenez combien vous êtes précieux, vous tous ici qui prenez le temps de lire et de comprendre et de trouver les mots gentils à mettre en commentaire.

Merci à vous tous.

G comme (votre) Gentillesse et G comme (ma) Gratitude.

F comme feu et flamme

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– Cette année, dit le père, nous n’irons pas à l’Hôtel de la Plage. Nous allons faire du camping en Ardèche!

Les enfants poussent des cris enthousiastes et la mère prend son air résigné de martyre envoyée au sacrifice. Il est important que chacun sache ce que ça lui coûte, de faire une croix sur sa villégiature à la Côte d’Azur.

Vers la mi-juillet, la tente est plantée sous un jeune arbre auquel le soleil ardent et le manque d’eau ont fait perdre presque toutes ses feuilles. La pelouse du prospectus est une plaine caillouteuse et déshydratée mais l’accueil de Gilbert et de son épouse est cordial, le chant des cigales omniprésent et la lumière incandescente.

Assis en tailleur sur l’herbe sèche, cachés au milieu des taillis, les enfants ont une idée géniale: voilà tous les ingrédients réunis pour réussir une expérience qui leur tient à cœur depuis longtemps et pour laquelle ils ont tout spécialement apporté une loupe.

***

Deux consignes, celle du Défi du samedi (thème: incandescent) et celle d’Emilie avec les 12 mots suivants (dont on peut en laisser tomber un, je n’ai pas eu besoin du mot nostalgie :-)) TAILLEUR – PELOUSE – PLAGE – PERDRE – NOSTALGIE – CIGALE – LUMIÈRE – ARBRE – CROIX – ACCUEIL – AZUR – ARDENT

L’illustration, je l’ai déjà utilisée pour un autre billet, mais ceux qui aiment Gaston comme moi le comprendront, ça me fait toujours rire 🙂
Photo prise l’été dernier chez mon frère, qui a tous nos vieux albums.

7 citations de Michel Serres

Nous vivons aujourd’hui une crise aiguë des langues. […] elles tombent en mésestime, chacun saccage la sienne, comme on a fait de la terre.
Les Cinq sens, Michel Serres, éd. Bernard Grasset, 1985 p. 376
Voici ma définition de la culture : ce qui permet à un homme cultivé de n’écraser personne sous le poids de sa culture. Et la science est ce qui permet à un savant de ne pas abuser de son savoir. 
Des sciences qui nous rapprochent de la singularité, p.383, in La Complexité, vertiges et promesses, Le Pommier/Poche, 2006 
Il ou elle écrit autrement. Pour l’observer, avec admiration, envoyer, plus rapidement que je ne saurai jamais le faire de mes doigts gourds, envoyer, dis-je, des SMS avec les deux pouces, je les ai baptisés, avec la plus grande tendresse que puisse exprimer un grand-père, Petite Poucette et Petit Poucet. Voilà leur nom, plus joli que le vieux mot, pseudo-savant, de « dactylo.».
Petite Poucette, Michel Serres, éd. Le Pommier, 2012, p. 14
Dix Grands-Papas Ronchons ne cessent de dire à Petite Poucette, chômeuse ou stagiaire qui paiera longtemps pour ces retraités :  “C’était mieux avant.” Or, cela tombe bien, avant, justement, j’y étais. Je peux dresser un bilan d’expert. Qui commence ainsi : avant, nous gouvernaient Franco, Hitler, Mussolini, Staline, Mao… rien que des braves gens ; avant, guerres et crimes d’état laissèrent derrière eux des dizaines de millions de morts. Longue, la suite de ces réjouissances vous édifiera. […]
[…] Plus tard, j’eus à mesurer les distances du savoir. Mieux valait habiter Paris ou une grande ville pour accéder aux bibliothèques, aux universités, aux centres documentés. Un renseignement, une citation pouvaient coûter des journées de voyages et des heures de recherche. Clic, aujourd’hui, un centième de seconde pour le même résultat.
C’était mieux avant !, Michel Serres, éd. Le Pommier, 2017
Ces paroles ignobles de la Marseillaise où on parle du sang impur des ennemis, qui est un mot d’un racisme tel qu’on devrait avoir honte de l’enseigner aux enfants. Quels que soient les ennemis, qu’ils aient un sang impur, c’est quand même d’un racisme, j’aurais honte de l’enseigner à mes étudiants, ils ont tous un sang pur et l’impureté du sang est quelque chose qui me fait horreur. […] Ce n’est pas seulement un imaginaire raciste, c’est une tradition qui a été si longue qu’elle a fondé beaucoup de traditions politiques, beaucoup de philosophies du droit .
Michel Serres, 9 mai 2008, France Culture, dans Vendredis de la philosophie.
Et en numéro 7, un extrait plus large que Madame propose chaque année en septembre à la sagacité de ses élèves de sixième (la Terminale):

Michel Serres, « Qui en saigne », Le Monde de l’éducation, septembre 1998

Interrogez un grand homme de science, il vous dit que pour apprendre les mathématiques, la chimie ou la physique…. il faut commencer au plus tôt : dès l’école élémentaire. Certes; faisons‑le donc. De même, seul le jeune âge s’adapte vraiment aux langues étrangères. Au travail, de nouveau. Ainsi, pour l’histoire, le sport, les Jeux olympiques… En groupes de pression, les experts, écoutés des politiques, poussent en amont la formation. Dès lors, descendent comme la foudre sur la tête de l’enfant ‑ et de l’instituteur ‑ les exigences des savants, plus les ignorances parallèles des adultes impuissants. Le voilà obligé d’apprendre au plus vite tout ce dont ses parents rêvent, tout ce dont la société a besoin, tout ce que chacun abandonna et regrette. Fini le vert paradis.

Or comme chacun diffère de tout autre: la blonde, le grand, le maigre, la surdouée, le cas social…, la classe met du temps à trouver l’unité favorable à l’exercice en commun. Admirez alors comment une société qui n’a plus aucun projet (ni politique, ni social, ni culturel, sauf le calcul mortel d’enrichir de rares personnes pour mieux affamer l’humanité entière et, pour commémorer ou condamner son passé, l’ouverture quotidienne de musées funèbres), qui ne sait plus donc dans quel but d’avenir éduquer ses enfants, oblige les plus jeunes d’entre eux à concevoir, à leur âge et pour eux-mêmes, leur propre dessein de formation, avec l’aide souple de l’instituteur, acculant ce dernier à recevoir, dans sa classe, autant de classes différentes que d’enfants. L’abandon de l’éducation par les parents, la famille, le quartier, la ville et toute autre communauté rejaillit aujourd’hui sur l’école, où tout, désormais, doit se faire, où tout donc, par saturation, devient irréalisable.

la plupart des autres citations viennent dici.

E comme eau

Pas besoin de longues enquêtes sur le net cette fois-ci, pour retrouver d’anciennes publicités pour notre Spa Reine national.  De celles qui sont restées dans les mémoires, parce qu’elles contiennent une anecdote et ont fait sourire. Du sérieux montré avec légèreté.

On y voit des gens attablés, un couple, un père et son fils, deux sœurs… L’un des deux se montre odieux, sans scrupules, jusqu’au moment où l’autre, excédé, lui envoie son verre d’eau de Spa à la figure. Pour l’amener à des pensées plus justes.

écrit pour Olivia Billington avec les mots imposés suivants: spa – s’attabler – pensées – enquête – légèreté – scrupule – anecdote

D comme délation

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Celui-là même, qui depuis cinq ans est à la tête du parti d’extrême droite ayant fait son meilleur score aux dernières élections, celui-là même est cet ancien président d’un groupement d’étudiants ayant appelé les écoliers à dénoncer leurs professeurs tenant en classe des propos « de gauche ».

A l’époque il y a eu un tollé général et il a dû mettre une sourdine.

Mais comme toujours, c’est à force de répéter des atrocités qu’elles finissent par passer.
Son prédécesseur avait déjà lancé l’idée en 1989 et on peut lire ici que nos voisins du nord viennent de la reprendre en ce joli printemps de 2019. 

Carré noir, de Kasimir Malevitch

 

C comme coiffeur

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Depuis que son coiffeur philosophe a pris sa retraite, l’Adrienne va chez ses successeurs. Qui ne sont pas du tout philosophes, et c’est déplorable. Surtout pour eux…

La dame est bien douce mais toujours triste, limite déprimée, c’est l’Adrienne qui lui remonte le moral et lui arrache un sourire.

L’homme… l’homme est un horrible macho de la race supérieure du plus blanc que blanc, donc vous devinez aisément quel est son sujet de conversation préféré.

Quand il s’adresse à l’Adrienne, elle a du répondant et ça s’arrête là.

Mais quand c’est avec un autre client, il faut l’entendre et le supporter jusqu’à la lie.

Alors voilà, l’Adrienne aimerait bien trouver un vrai successeur à son coiffeur philosophe. Tant pis s’il coupe mal les cheveux, du moment qu’on y passe un quart d’heure philosophique 🙂

***

photo prise à Louvain samedi dernier – l’enseigne comporte deux jeux de mots: kapper (coiffeur) avec le N en plus fait knapper (plus beau) et Leuven (Louvain) dont les ciseaux coupent le U fait leven (vivre) – kapper Leuven, knapper leven, vivre mieux.