A comme Atomium

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Quand samedi soir Walrus et son épouse ont su que l’Adrienne, pourtant fan de l’Atomium au point d’en avoir fait son avatar, ne l’avait jamais visité ni même vu de tout près, ils ont fait un détour et permis une halte photo dont voici le résultat.

La photo n’est pas de telle qualité mais l’Adrienne s’en f…, elle a vu le machin authentique briller de mille feux et elle est toute contente 🙂

Mille feux de gratitude en son cœur aussi!

Stupeur et tremblements de 1989

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Quand Valentin est né, en 1968, dit Violeta en déposant l’aspic de légumes sur la table, il y avait toutes les confiseries qu’on voulait, dans les magasins. Lui, comme bébé, a été élevé au sucre, pour ainsi dire. Mais à la naissance de Gabriela, en 1976, c’était fini: il n’y avait plus rien! Rien du tout! Des cartons vides, des queues interminables, des rivalités pour un coupon de mauvais tissu…

L’aspic est trop volumineux pour la lame du couteau qu’elle y enfonce en essayant de faire le moins de dégâts possible. C’est sa pièce maîtresse, son frisson gastronomique en jaune, rouge et vert.

– Dommage, dit-elle, qu’il n’y ait pas de légumes bleus, ça aurait fait notre drapeau national.

Autour de la table, tout le monde sourit aimablement à cette manifestation de fierté nationale.

– Surtout qu’il y a déjà le trou au milieu, dit Marie.

Ce trou au milieu, c’est leur fierté. D’abord celle de Valentin, qui armé d’un brassard tricolore a défié, ainsi qu’un millier d’autres habitants de leur ville, les quelques tirs comminatoires sur la place de l’hôtel de ville et quelques brandons de violence orchestrée ici et là. Gloire fugace, il est vrai. Depuis les événements, les politiciens du régime honni se sont refait une virginité, et on dirait bien qu’on va faire du neuf avec du vieux.

– Notre pays a beaucoup de richesses, dit Violeta. Les années d’abondance vont revenir.

***

texte écrit pour 13 à la douzaine avec les mots imposés suivants: 1 carton 2 fugace 3 manifestation 4 vert 5 comminatoire 6 aspic 7 frisson 8 orchidée 9 bébé 10 brandon 11 lame 12 rivalité et le 13e pour le thème: confiserie – le lecteur perspicace aura remarqué l’absence d’orchidées 🙂

X c’est l’inconnu

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Ce ‘parler vrai’ qu’il y a eu lors de la rencontre de l’Adrienne avec ses anciennes copines de classe, c’est une fort belle chose.

Elle avait craint qu’il n’y ait que des rappels de vieux souvenirs, ou des blancs dans la conversation, à cause de toutes ces années à combler et des chemins si différents que chacune a pris. Par bonheur, ces dangers n’ont jamais existé et le ton a été donné dès le début: pas de jolis emballages, pas de gros camouflages, pas de good news show.

Ce qui permet de conclure que sur dix anciennes élèves, une seule a réussi le tiercé gagnant: elle est toujours mariée avec le même homme, elle a trois merveilleux enfants sans aucun problème, ni de santé, ni de scolarité, ni sur le plan personnel et elle habite une belle maison de maître dans un chef-lieu de province où son mari et elle ont le même travail depuis des années.

La totale, quoi 🙂

Les autres, toutes les autres, ont connu ou connaissent des aléas d’ordres divers.

Alors l’Adrienne repense à Monsieur Filleul, qui s’est marié en août dernier,  et qui, elle l’espère, sera ce un sur dix 🙂

W comme wagon de train pour nos douze ans

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Dès ses études terminées, Madame a sollicité dans plusieurs écoles secondaires, d’abord dans la région de Louvain, où elle aurait bien aimé rester mais où on la trouvait trop jeune (1), puis à Dendermonde, où on l’a trouvée trop femme (2), de sorte qu’elle s’est retrouvée à jouer au prof dans sa ville natale, où elle n’a pas sollicité mais où lui a proposé le job.

C’est ainsi que de fusion d’écoles en fusion d’écoles, elle a fini par enseigner dans celle où elle a elle-même été élève. Le dernier lieu où elle aurait choisi de travailler, voyez comme il y a de ces ironies de la vie 🙂

Mais c’est grâce à ce concours de circonstances que samedi dernier elle a eu l’opportunité de faire une visite guidée de nostalgie heureuse pour ses anciennes copines de classe, venues des quatre coins du pays pour l’occasion. Ça faisait bien entre quinze et vingt ans qu’elles ne s’étaient plus vues.

C’est donc ainsi qu’elle a pu constater que les souvenirs les plus vivaces sont ceux de leurs douze ans: chacune se souvenait du local de cette première des six années de secondaire, des profs d’alors et de leurs ‘petites phrases’, de la place où chacune était assise…

Et c’était bien 🙂

***

(1) et (2) les éternelles frustrations de la candidate débutante: soit on vous préfère quelqu’un d’expérimenté, soit on vous préfère un homme.

P comme perles

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Il y a celle qui a tellement confiance en elle qu’elle a apporté trois ‘souris’ de tipp-ex.

Celui qui avoue naïvement qu’il a fait des recherches sur le texte qu’il devait préparer pour l’oral, mais que sur cet extrait-là il n’a rien trouvé. Ça se remarque à son analyse – très personnelle – de l’arrivée de Charles Bovary dans son collège.

Celui qui dit: le texte, je ne l’ai lu qu’une fois, je n’avais pas le temps. Voilà pourtant plus de trois semaines qu’ils connaissent l’horaire des examens et que Madame leur conseille de bien planifier leur travail.

Celui qui tient à introduire Madame dans son sport préféré, le muay thaï mais elle continue à ne pas comprendre ce qu’il peut y avoir d’amusant à taper sur quelqu’un jusqu’à ce qu’il soit KO. Ou l’inverse. Ma mère refuse de venir me voir boxer, dit-il. Je la comprends, dit Madame, je ne viendrai pas te voir non plus.

Celui qui veut convertir Madame à la série pour ado qu’il regarde assidûment sur netflix. Il lui a même apporté les photos des acteurs. Madame fait de son mieux pour ne pas montrer ce qu’elle pense du niveau de cette série apparemment très addictive et s’étonne qu’un jeune homme aussi intelligent puisse admirer ces bêtises.

Celui qui, la veille au soir de l’examen, s’est soudain rappelé qu’il devait parler à l’oral d’un sujet de son choix et a vite imprimé un entrefilet sur les gilets jaunes, sans avoir cependant nulle opinion sur ces manifestations. Pourquoi tu as choisi ça? demande Madame. Parce que c’est un article que je comprenais tout de suite, répond-il.

Celui qui n’a pas apporté de texte ni d’article, mais un livre « d’images » sur son lieu de vie précédent, La Flèche, où il a vécu de ses deux à douze ans à cause du travail de son père. C’est là que Madame a remercié mentalement Joe Krapov, grâce à qui elle a tout de suite pu réagir en disant joyeusement: La Flèche? Tu as habité la Sarthe?

Et elle a failli ajouter « toi aussi » 🙂

source de la photo wikipédia

L comme [elle]

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C’est la dernière photo que j’ai prise d’elle. Un peu traficotée façon Joe Krapov amateur 😉

Je la connais depuis que je suis née. Façon de parler. C’est plutôt elle qui me connaît depuis que je suis née.

Meilleure amie de ma mère. Ces dernières années, leur amitié s’est effilochée. Mais pas la mienne. Je ne suis pas ma mère 😉

J’admire comme dans sa chambre de malade, elle continuait à s’intéresser à tout. J’admirais sa mémoire prodigieuse, que je n’ai pas. Et ses belles mains aux ongles soigneusement laqués.

J’apprécie que jamais, jamais elle ne disait du mal des autres. Pas même de ma mère, de ses humeurs, de sa défection.

De ta maman, dis-je à son fils le jour de son décès, dimanche dernier, je n’ai que de bons souvenirs.

De ta maman, ai-je dit à son fils hier soir, je peux faire une longue liste de « je me souviens… »: il n’y aura que de jolies choses.