K comme krapoverie

V SÊtre amies
S SAmies pour la vie
V S S.Être amies d’enfance
V S AÊtre amies fidèles
A S SFidèles amies pour la vie
V S Adv.Être amies obstinément


V VVivre et mourir
V SMourir un jour, oui
V S S.Mais vivre jour après jour, en attendant que
S SUn jour ou une nuit
V S SS’arrête la vie, pas l’amitié
S S S.L’amitié, les souvenirs, la complicité


V S SMourir un jour d’hiver
A Np NpSeule à Mini-Ville ou à Maxi-Cité
S S S.Toute mort est solitude et séparation
V S AMourir dans un lit médicalisé
Np NpÀ Maxi-Cité ou à Mini-Ville
S V Adv.La mort arrive parfois trop tard


V SMourir sur la route
S V VVoiture percutée, éclatée
V S Adv.Tombée dans un ravin abruptement
Np Np Np SEn chemin vers Maxi-Cité, Mini-Ville ou l’Espagne au soleil
V A SMourir par beau temps
V V.En chantant en riant


A S NpJoyeuses en route vers Mini-Ville
V S V SEn chantant des ballades en racontant des blagues
S V SLe ravin s’ouvre sur la droite
V SQue cache un virage
S V SLa vitesse t’emporte, la vitesse
V V S.Te porte et t’attire au fond


S A SAmitié, belle amitié
V adv SOn te garde intensément au cœur
S S V advDans le cœur et dans la tête tu es là
V ATu es vivante
Adv A advIntensément présente, toujours
S S VL’amitié, la complicité restent
S adv S SLes souvenirs, toujours du bonheur et une tendresse
V adv.Qui ne finit jamais


Ecrit selon les consignes de Joe Krapov qui demandait un poème sur l’amitié en suivant le schéma imposé comme indiqué dans la colonne de gauche, A = adjectif ; V= verbe ; S = substantif ; Adv = adverbe ; Np = nom propre.

Ouf 🙂

L’illustration vient d’un ancien devoir de Lakévio.

V comme vive les maths!

En revenant à pied de son deuxième jour de dog-sitting, l’Adrienne a bien sûr remarqué le décor peint sur la fenêtre d’une maison.

– Tiens, se dit-elle, voilà qui va intéresser mes amis matheux!

Une petite auto arrivait justement, prenait l’allée, et une jeune femme en est descendue, a sorti le maxi-cosy avec son bébé bien emmitouflé, la conversation pouvait être engagée:

– Vous permettez que je prenne une photo de votre fenêtre? a demandé l’Adrienne.
– Bien sûr! c’est là pour ça!

Puis elle a invité l’Adrienne à s’approcher, à venir dans le jardin, et en effet, il a fallu au moins prendre six photos de plus près, de gauche, de droite, avant d’avoir celle-ci où tout est à peu près lisible.

– J’ai une paire d’amies profs de maths, dit-elle à la jeune femme, ça va leur faire plaisir!
– Oh! j’espère que tout est correct!

Il y a des gens, tu leur dis le mot ‘prof’ et ils paniquent par peur de la ‘faute’ et du stylo rouge…

– Mais en principe tout est bon, dit-elle après réflexion, ça devrait être correct.
– Ne vous inquiétez pas, a ri l’Adrienne, mes amies vous le diront!

Ce que l’Adrienne voit surtout, c’est que le bébé est un petit garçon qui s’appelle Gust 🙂

I comme incroyable!

Mercredi après-midi, vers les trois heures, on sonne à la porte de l’Adrienne.
Elle va ouvrir avec circonspection, les visites qu’on n’attend pas apportent rarement de bonnes nouvelles.

C’est une dame qui habite quelques maisons plus loin:

– Vous vous appelez bien Adrienne? fait-elle.
– Euh… oui…
– Alors ceci est pour vous.

Et elle remet à l’Adrienne une enveloppe récupérée de sa mutuelle.
A l’intérieur de l’enveloppe, une double carte de voeux de la part d’une blogamie qu’elle a eu le bonheur de rencontrer « en vrai » lors de son dernier voyage à Paris.

– J’ai trouvé ça dans ma boîte, explique la dame, et dès que j’ai vu votre nom j’ai arrêté de lire.

Mouais.

Par bonheur, la blogamie ne fait aucune fine allusion au charmant voisinage dans lequel l’Adrienne vit 😉
Pas grave si la dame a tout lu 😉

Mais le mystère insoluble – en plus de la chose incroyable – c’est où la carte a été déposée en premier lieu? qui l’a débarrassée de son enveloppe d’origine? ce qu’est devenue cette enveloppe – pourquoi l’avoir jetée? – et pourquoi l’avoir mise chez une dame qui ne s’appelle pas Adrienne… mais dont on a peut-être dû penser qu’elle connaît les noms et prénoms de tout le voisinage 😉

Bref, c’est miracle que la chouette carte de Berthoise soit arrivée à bon port.

Mille mercis à elle et à tous ceux qui ont (pour)suivi sa déviation!

***

et le plus incroyable de tout c’est que malgré ces déviations la carte est arrivée en seulement trois jours: cachet de la poste le 4 et reçue le 7 décembre!

Z comme zorg

Il était le premier sourire du matin quand l’Adrienne allait à l’école et qu’il fumait sur le pas de sa porte.

Il est rare de le rencontrer en rue, il ne sort que pour aller s’approvisionner au petit magasin du coin.

Mais jeudi il était en route de bonne heure quand l’Adrienne l’a croisé.

Il est vrai que depuis plus d’une semaine, il avait un souci: la banque qui s’occupe de ses versements était fermée.

– Il faut tout de même que je paie ma télé et mon électricité! dit-il.

Lui, comme la maman de meilleure amie et même celle (toujours en pleine forme) de l’Adrienne, et tant d’autres, ne se débrouillent pas avec les nouvelles technologies.

Le petit monsieur a besoin d’un guichet avec une vraie personne qui lui fasse sa paperasse.

La mère de l’Adrienne a besoin de sa fille qui est à 850 km. Elle ne comprend pas qu’il faut donner des procurations. Elle pense que sa fille n’a qu’un coup de fil à passer pour tout régler.

– Tu n’as qu’à dire que tu es ma fille! rétorque-t-elle quand l’Adrienne essaie de lui expliquer quelle sorte de formulaire il faut remplir.

– Nous n’avons rien réglé au moment où maman était « encore bien », dit meilleure amie. Alors maintenant on a un tas de démarches et de difficultés. On doit pourtant la vendre, sa maison!

Hé oui, pour payer les soins et la maison de retraite.

Mais quand la maman était « encore bien », elle jugeait inutile le « zorgvolmacht« , une sorte de procuration qui donne la permission à quelqu’un de s’occuper de tes affaires, financières ou autres, le jour où tu n’en es plus capable.

– Et ma femme de ménage! poursuit le petit monsieur, ça fait un mois qu’elle n’est plus venue!

Normalement elle vient tous les quinze jours.

– Et bien, rit l’Adrienne, elle aura d’autant plus de travail, quand elle viendra!

Mais il reste soucieux:

– J’espère qu’elle va venir cette semaine…

Lui aussi aurait besoin que quelqu’un téléphone à sa place…

***

‘zorg’ est le mot qui veut dire ‘soin’, prendre soin, donner des soins, mais aussi ‘souci’

7 petites phrases

– Tu n’as qu’à téléphoner le matin, pour dire que tu ne viens pas travailler parce que ta belle-fille va accoucher!

(deux dames sur le quai avant le départ du train)

– Pour une fois que je paie mon train!

(un jeune homme à son copain, dans le train)

– Et tu habites toujours chez toi?

(une dame au serveur à la terrasse d’un café bruxellois)

– Si! j’ai une salle de bains! mais je n’ai pas de lumière dans ma salle de bains!
– Ah! tu n’as pas de luminaire!

(deux hommes en discussion dans la rue)

Hier gaat dat niet gebeuren! (ça n’arrivera pas ici)

(l’employé du musée, à Bozar, à l’Adrienne qui lui dit qu’elle n’a pas de boite de soupe ni de colle forte dans son sac)

Dat is toch niet praktisch! (ce n’est quand même pas pratique!)

(l’amie à l’expo à la KBR en voyant les riches reliures de certains manuscrits exposés)

***

Quand on se balade sans oreillettes et sans smartphone, on voit et on entend du choquant, du comique, du surréaliste…

Vous devinerez sans doute laquelle de ces petites phrases a le plus fait rire l’Adrienne 🙂

Question existentielle

C’était le début des années nonante et l’Adrienne se promenait en ville avec sa grand-mère qui ne cessait de s’exclamer, chaque fois qu’elle voyait apparaître un nouveau chantier ou s’élever des étages de béton:

– Encore des appartements!

Et elle ne manquait jamais d’ajouter la question qui restait sans réponse:

– Mais qui va habiter là-dedans?

Trente ans plus tard, il y a toujours des chantiers pour de nouveaux blocs d’appartements qui se construisent, jusque dans la rue de l’Adrienne où un ensemble de six blocs porte le nom charmant de « parc » et chaque fois qu’elle passe devant, c’est-à-dire tous les jours, l’Adrienne pense à la question de sa grand-mère: est-ce que tout ça trouvera acquéreur?

Alors vendredi soir, assise avec une maman d’élève à la terrasse d’un café – oui ces jours-ci même en Belgique à la mi-octobre on peut passer une soirée en terrasse non chauffée et même sans manteau – quand vendredi soir leur regard à toutes deux s’est porté sur un nouveau bloc d’appartements au coin de la grand-place, elles ont exprimé la même pensée, sauf que chez l’autre dame la question lui vient de son père:

– Mais qui va habiter dans tous ces appartements?

***

photo prise dans ma rue, la démolition d’une villa avec usine et cheminée d’usine, pour construire six blocs d’appartements. Le beau saule pleureur n’a pas survécu non plus.

M comme Manège

Dans la maison de l’amie d’enfance, là où il y avait quatre enfants et une maman qui savait à la fois faire des crêpes pour huit et faire tomber des friandises du haut de l’escalier, il y avait aussi une télé.

C’est là que mini-Adrienne a pu voir de temps en temps quelques bribes d’émissions enfantines.

Ainsi elle se souvient du tournicoti tournicota du Manège enchanté, auquel elle ne comprenait pas grand chose et qu’elle trouvait nul.

A la maison, il y avait la mère et ses torticolis.

Auxquels mini-Adrienne ne comprenait rien non plus, sauf que ça rendait de très mauvaise humeur.

***

Écrit pour le Défi du samedi 737 où Walrus – merci à lui – propose le mot torticolis.

En cherchant l’info correcte sur le Manège enchanté, je me suis rendu compte qu’on n’y disait pas tournicoti tournicota – comme j’avais toujours cru entendre dans ma petite enfance – mais tournicoti tournicoton 😉

X c’est l’inconnu

Elle a envoyé une photo par google photos et l’Adrienne n’a pas réussi à l’ouvrir, malgré toutes les étapes effectuées pour se faire admettre puis reconnaître par l’engin qui finit par lui envoyer un message tout fiérot annonçant qu’il a bloqué quelqu’un qui essayait de se faire passer pour elle.

Bref.

Le seul message accompagnant la photo était « Noi și nepotelul« , nous et notre petit-fils, donc on devine ce qu’on n’a pas pu voir, une heureuse grand-mère, un heureux grand-père, et un petit garçon blond âgé de quatre ans qu’ils ne voient que deux ou trois semaines par an.

Et bien tout ça est beau et triste à la fois, comme d’avoir une amie à deux mille kilomètres dont on ne sait pas si on la reverra un jour.

U comme umeur

Le soir, quand Madame allume son téléphone portable pour une dernière vérification, elle pourrait chaque fois gagner un pari: dès que Lynn la voit en ligne, arrivent ses messages:

– Je vous ai vue marcher en rue, vous aviez l’air bien contente!
– Ah oui, fait Madame, j’ai le sourire, en général, alors j’en reçois en retour, et même parfois je chante en marchant.

Lynn, plus rien ne l’étonne.
Et ça discute jusqu’à ce que Madame dise « bon, maintenant il faut dormir ».

Ensuite évidemment Madame ne dort pas, elle pense aux petits soucis de Lynn, mais bizarrement ces conversations la mettent de bonne humeur.
Ou plutôt umeur, comme on dit dans le dialecte du Val d’Aoste.

– Quelqu’un parmi vous est déjà allé au Val d’Aoste? demande Enzo, l’Italiano vero qui s’occupe du club de lecture italien.

Oui, le père de l’Adrienne y a emmené sa famille pour un aller-retour d’une journée, alors qu’ils étaient en vacances du côté de Chamonix et qu’une adresse valdostana lui était recommandée par un de ses guides culinaires.

Un repas mémorable, c’est vrai, dans une ferme où aucun menu n’était affiché et où des plats – savoureux mais gargantuesques – se succédaient sans qu’une parole puisse être échangée, pour cause de langue inconnue 😉

– Je pense, dit Lynn hier soir, que ma fille est déjà dans sa puberté!

La gamine a tout juste huit ans. Mais sa mère est une nature inquiète qui aime tirer ses enseignements médicaux d’internet.

– Elle n’était que 19e au cross de l’école, et normalement elle se bat pour être sur le podium.
– Elle est peut-être juste fatiguée? dit Madame, qui n’ose pas ajouter qu’elle mange trop gras et trop sucré et se couche trop tard.
– Je vais lui faire faire une prise de sang, dit-elle, elle avait soif, hier après l’école, j’ai peur du diabète.

En voilà une, se dit Madame, qui ferait mieux de lire des Gaston plutôt que encyclopédies médicales…

***

Texte écrit d’après une consigne de Joe Krapov – merci à lui – qui demandait
1. de lister 12 mots ou concepts qui nous mettent de bonne humeur ; chacun d’eux commence par une des premières lettres de l’alphabet (A B C D E F G H I J K L)
2. de dire pourquoi et comment survient la bonne humeur.

Je me suis basée sur les tags qui reviennent le plus souvent sur ce blog et ça donne ceci:

Amitié – Bruxelles – Chanson (chanter)DialectesÉlèves/Expo – Fleur(s) – Gaston/GastronomieHumourItalie/italienJeuKrapoverieLangue/Littérature.

En gras, vous l’aurez compris, ceux qui ont un rapport avec ce billet.

B comme bimbo

E un bimbo, lit-elle en page quatre du cours d’italien grâce auquel l’Adrienne a acquis ses premiers rudiments, il y a vingt ans.

Un bimbo, un bébé. Una bimba si c’est une fille.

– Alors il faudra que je le retienne, ce mot-là!, dit-elle.

C’est qu’elle est motivée: son second fils vient de lui apprendre que sa compagne est enceinte.
Or, elle est italienne et le couple se cherche un appartement à Rome.

– Si je veux que cet enfant me comprenne, dit-elle, il faut que j’apprenne l’italien!

Avouez que c’est beau, l’amour d’une (future) grand-mère 🙂