X c’est l’inconnu

Tu devrais voir ce cirque, raconte l’amie au téléphone, quand je rentre des courses, le vendredi matin.

Oui, parce qu’elle y va le plus tôt possible, dans l’idée que pommes et poires n’ont pas encore été manipulées par cent autres mains, et elle n’y va qu’une fois par semaine.

Tu devrais voir ce cirque et combien de temps ça dure avant que tout ce que j’ai acheté soit enfin rangé!

J’imagine! dit l’Adrienne.

Il faut savoir que l’amie était déjà « en temps normal » une adepte de l’hygiène à 100 % alors depuis mars dernier… voilà, vous aussi vous imaginez 😉

Passer ses mains au gel avant, pendant et après, désinfecter tout ce qu’elle touche, avant et après, les poignées de portes, celle du frigo, des armoires, les sacs de courses… Une véritable épreuve.

Mais ça ne les empêche pas d’avoir quand même bien ri en se racontant qu’après avoir ouvert la boîte aux lettres et y avoir trouvé du courrier, elles se demandent si elles doivent laisser reposer les enveloppes bien fermées un jour ou deux avant d’en prendre connaissance 😉

D comme dormir


Souvent le matin Colo et l’Adrienne prennent le café ensemble, même si 1500 km les séparent.

Hier Colo lui a fait connaître la chanteuse et la chanson ci-dessus, dont elle n’avait jamais entendu parler.

Bien sûr, l’Adrienne l’a écoutée attentivement, tout en lisant les nombreux commentaires.

Certains l’ont bien fait rire, comme ceux qui regrettent de ne pas parler « baghette » alors qu’ils aimeraient tellement comprendre et chanter la chanson.

Le plus drôle de tous, c’est celui-ci, qui fera sûrement plaisir à Walrus: « Only the french would write a song about insomnia. »

N’est-ce pas, only the french would write a book about insomnia 🙂

Dernière fois

C’était le 13 février, la dernière fois que l’Adrienne a pu chanter avec ses Geitenwollensokkers et oui, ça fait loin.
Un jeudi soir par mois de chants et de rires.
Beaucoup de rires.

Le chef de chœur est un violoncelliste professionnel qui poursuit une belle carrière de soliste et qui a annoncé qu’il ne pourrait plus combiner tout ça avec la chorale.
Surtout qu’entre-temps son foyer s’est encore agrandi.

On le comprend très bien, c’est déjà un miracle qu’un musicien de sa trempe veuille s’occuper d’une chorale d’amateurs dont certains croient mieux connaître la musique que lui 😉

Hier matin, il envoie la vidéo ci-dessus en promettant une petite demi-heure de bonheur à ceux qui la regarderaient.

Et bien vous savez quoi?

Au bout de six minutes, l’Adrienne était déjà en train de pleurer.

Oui, c’est beau.
C’est même très beau.
Ça donne envie de déménager tout de suite en Suisse.

Mais qu’est-ce que ça fait ressentir le manque.
Les manques.

Enfin, jugez vous-même, si vous avez l’envie et 26 minutes de temps.

J comme j’y pense et puis j’oublie

Mon père m’a dit que tu avais demandé s’il y a une liste de naissance, écrit-elle. Il n’y en a pas alors tu peux faire comme tu veux.

Comme je veux, se dit l’Adrienne, bien bien.
Dans ce cas, faisons plaisir à une ancienne élève qui tient une boutique d’articles de bébé et de vêtements pour enfants, et offrons un bon d’achat à la petite fille qui vient de naître et à sa maman.

Après les rituels purificateurs en vogue ces temps-ci, on tend à l’Adrienne le bon cadeau pour qu’elle y note son nom et celui de la destinataire.

Et là… Zut! plus moyen de se souvenir exactement du prénom du bébé.
Trois syllabes.
Sakuri… Sukara… Sukira?

Dans le doute abstiens-toi, se dit-elle, marquons-y le nom de la maman.

***

Vous l’aurez deviné, le prénom est japonais et se trouve dans le titre de la vidéo ci-dessus 😉

D comme duo d’amour

Ils ont été séparés tout l’hiver mais comme ils forment un couple de ‘mariés pour la vie’, au printemps, ils sont heureux de se retrouver.

Avez-vous vu comme ils se donnent des becs en toute impudeur, pareils aux amoureux de bancs publics 😉

Début mai, la femelle pond un œuf unique dans le secret farouchement gardé de leur nid caché sous terre. Les parents couvent à tour de rôle pendant six semaines. Puis leur bébé reste encore six semaines dans le nid.

Par un de ces mystères-de-la-nature-est-bien-faite, les parents muent au moment où le jeune est en âge de rejoindre les eaux bleues et de se nourrir lui-même. Il faut qu’il se débrouille seul et qu’il s’y rue à toute vapeur, de préférence la nuit ou dans le brouillard, afin d’échapper aux prédateurs. Qui n’attendent que ça, évidemment.

Puffin en anglais, papegaaiduiker en néerlandais, et macareux moine ou ‘perroquet de mer’ en français.

Une livraison spéciale anniversaire pour une chère blogamie qui aspire aux senteurs marines de Concarneau, même si ces images viennent du Pays de Galles 🙂

Et pour elle aussi cette citation de don Bosco, qui lui va comme un gant: « non basta che i giovani siano amati: essi devono sapere di essere amati. » Il ne suffit pas d’aimer les jeunes, ils ont besoin de savoir qu’ils sont aimés.

***

écrit pour les Plumes d’Emilie – un grand merci, Emilie! – avec les mots imposés suivants – on pouvait en laisser un de côté: ANNIVERSAIRE – MER – SECRET – MARINE – PUDEUR – CACHER – BOSCO – PERROQUET – MYSTÈRE – VAPEUR – MARIÉ(E) – BROUILLARD – BLEU – BÂCHER

 

Y comme y a qu’à

shallow focus photography of couple ants holding book figurine

L’ami au téléphone était en train d’expliquer à l’Adrienne que la jardinerie AVEVE était rouverte depuis la veille mais qu’il ne s’y était pas du tout senti à l’aise, trop de monde, pas assez de distance, bref il déconseillait d’y aller, même s’ils avaient encore quelques paquets de farine dans les rayons 😉

– Pourtant, dit l’Adrienne, faudrait que j’y aille, j’ai une invasion de fourmis dans la cuisine…

– Oh! fait-il, attends! ma femme a un bon remède, pas besoin de sortir de chez toi!

En effet, l’épouse explique qu’il suffit de verser un peu de farine là où entrent les fourmis:

– Elles s’en repaissent, paraît-il, et disparaissent comme par enchantement!

L’Adrienne aurait bien essayé ce miraculeux remède, oui mais justement, c’est la farine qui manque.

– Ça marcherait aussi avec de la fécule de maïs ou de riz, tu crois? C’est tout ce qui me reste!

– Sans doute! dit l’amie. En tout cas, ça vaut le coup d’essayer!

C’est ainsi que depuis une quinzaine de jours, les fourmis de l’Adrienne se repaissent de fécule.

Et non, elles n’ont pas encore disparu 😉

Photo de Pixabay sur Pexels.com

I comme industrie

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– On veut le changement, s’énerve l’ami Phil mercredi soir, mais jusqu’à présent aucune éolienne ne tourne dans toute la zone! Chaque fois qu’il est question d’en installer, le même scénario recommence: un comité se forme, incite à la mutinerie collective, fait du tapage médiatique, prédit toutes sortes de troubles mentaux et physiques… Bref, tu vois le tableau.

– Mais comment réussit-on à trouver tous ces sans-culottes pour une éolienne dans la zone industrielle, là où il n’y a pas de riverains? Elle ne dérangera personne! s’étonne l’Adrienne.

Phil soupire. Parle d’utopie. Évoque l’exemple allemand. Même nos voisins wallons font mieux que nous, c’est dire si on est à la traîne 😉

– En tout cas, conclut-il, je suis fier de ce que j’ai réalisé, avec tous les arbres que j’ai plantés autour de ma firme, quand on regarde par la fenêtre, on se croirait dans un bois!

***

écrit pour les Plumes d’Emilie – que je remercie – avec les mots imposés suivants: mutinerie – trouble – manque – culotte – bois – changement – utopie – industrie – recommencer – tourner – tableau – tapage.

Photo prise à Tongres fin novembre.

F comme filer une torgnole

– Ça doit être la carte graphique, dit le mari de Tania – un connaisseur – arrivant ainsi à la même conclusion que Walrus – un connaisseur aussi, l’Adrienne est entourée de pro 🙂

– Est-ce que tu lui as donné un coup?

– Un coup? fait l’Adrienne en ouvrant de grands yeux.

Elle sait très bien faire la tête d’ahurie.

– Oui, un bon petit coup, c’est peut-être juste un mauvais contact.

Alors, de retour chez elle, l’Adrienne – qui de sa vie n’a jamais tapé rien ni personne, pas même le carton – a donné quelques petits coups dans le dos de son ordi, sans trop savoir sur quelle zone insister ni quelle poigne y mettre…

Peut-être fallait-il frapper plus fort? Les diagonales flashy et les lettres volantes étaient toujours là…

Mais c’était un prétexte suffisant pour (vous faire) réécouter un Renaud de derrière les fagots 😉

Bonne journée à tous!

22 rencontres (4 ter)

2019-10-30 (13)

Il y a d’autres rencontres que celles qu’organise le hasard pour Madame avec ses anciens élèves.

Il y a aussi celles qui ne doivent rien au hasard et qui rendent l’Adrienne très heureuse de voir « en vrai », petit à petit, quelques-uns de ses blogamis.

C’est ainsi qu’après avoir rencontré Walrus, Câline, Pivoine, Caro, GBalland, Tania, Colo, Loulou… (ciel! pourvu qu’elle n’oublie personne, c’est toujours dangereux ce genre de liste qu’on veut exhaustive), elle a enfin pu voir « en vrai » l’amie Berthoise.

Et tout ça, croyez-le, c’est du bonheur.

Merci à vous tous!

***

photo prise le 30 octobre au Loir dans la théière, où comme vous pouvez le constater, Berthoise et l’Adrienne ont fêté l’événement en s’offrant une gâterie 🙂