L comme [elle]

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C’est la dernière photo que j’ai prise d’elle. Un peu traficotée façon Joe Krapov amateur 😉

Je la connais depuis que je suis née. Façon de parler. C’est plutôt elle qui me connaît depuis que je suis née.

Meilleure amie de ma mère. Ces dernières années, leur amitié s’est effilochée. Mais pas la mienne. Je ne suis pas ma mère 😉

J’admire comme dans sa chambre de malade, elle continuait à s’intéresser à tout. J’admirais sa mémoire prodigieuse, que je n’ai pas. Et ses belles mains aux ongles soigneusement laqués.

J’apprécie que jamais, jamais elle ne disait du mal des autres. Pas même de ma mère, de ses humeurs, de sa défection.

De ta maman, dis-je à son fils le jour de son décès, dimanche dernier, je n’ai que de bons souvenirs.

De ta maman, ai-je dit à son fils hier soir, je peux faire une longue liste de « je me souviens… »: il n’y aura que de jolies choses.

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Y comme y être

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Y être.

Y être comme tous ces autres qui ont également estimé devoir être là et qui sont pour la plupart beaucoup plus âgés qu’elle: dix ans, vingt ans de plus.

Y être, et reconnaître des gens d’autrefois. De cette première école où on a fait ses premières armes et où elle était aussi.

Y être en manteau rouge entre tous ces autres qui ont choisi le noir, le gris foncé, le bleu marine.

Y être et écouter les textes et la musique que la famille a choisis pour elle.

Y être et être émue.

On a son petit-fils en classe.

G comme goutte

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En ces mois de disette, on est si heureux de voir tomber trois gouttes qu’on sort vite l’appareil pour immortaliser ce moment magique.

Mais il n’en tombe pas une de plus. L’herbe, les plantes et l’Adrienne restent sur leur soif 😉

En visite jeudi dernier chez l’amie V*, on sourit en regardant les enfants patauger dans une grande piscine gonflable.

– On l’avait déjà installée et remplie en juin, dit l’amie d’un air d’excuse, c’était avant qu’il y ait des réglementations à cause du danger de pénurie…

Les enfants rient, s’ébrouent, sortent de l’eau sans même prendre la peine de se sécher.

– Elle est froide! disent-ils.

Elle est généralement entre 24 et 27°, ça dépend si on l’a recouverte pour la nuit ou pas.

– Vous ne connaissez pas votre bonheur, pense l’Adrienne.

Question existentielle

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Madame a la chance d’avoir des élèves fort polis, qui remercient d’avoir été appelés à son bureau pour y recevoir « des conseils » ou pour s’y être fait remonter les bretelles.

Le mois dernier, juste après s’être entendue dire « c’est parce que je t’aime bien », elle a tout à coup été saisie d’un doute.

Alors elle vous pose la question qui la turlupine depuis un bon mois: bien aimer quelqu’un, est-ce que ça donne des droits?

P comme Pompéi

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Pompéi était à Bruxelles, collègue-amie V voulait la voir, alors ça s’est organisé vendredi dernier.

Partout où il était marqué en trois langues « don’t touch », « niet aanraken », « ne pas toucher », on avait justement très envie de le faire. Comme l’envie de sentir le grain de cette statue de marbre.

Mais on s’est retenues 🙂

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Une fois de plus, on s’est extasiées sur l’ingéniosité technique et la somme de connaissances scientifiques des Romains. Capables d’opérer de la cataracte, par exemple. 

Une fois de plus on s’est dit qu’on n’a rien inventé: il y avait là un cuit-œufs. Sauf qu’il est en bronze au lieu d’être en plastique 😉 

C’est à la Bourse, on a donc en même temps pu jeter un œil à l’intérieur de ce bâtiment. Assez impressionnant.

Voir le dossier pédagogique? Voir des photos? Encore jusqu’au 5 août!

I comme internats chic (3)

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« Il y a en Suisse des internats privés de réputation mondiale, où la longueur des listes d’attente est proportionnelle à la facture qui chaque moi attend les parents. Des écoles où l’on capte les langues étrangères comme par magie, où l’on pratique tous les sports, où l’on apprend les bonnes manières et où l’on forge des amitiés avec des condisciples du monde entier. » écrit Metin Arditi dans son Dictionnaire amoureux de la Suisse. (p.291)

Mais il n’en a pas voulu pour ses propres enfants, pour trois raisons qu’il appelle « trois inconvénients, tous cachés et tous pervers. » (p.292)

Le premier concerne ces réseaux utiles de relations haut-placées dans le monde entier: « Elle est bien misérable, la confiance du parent à l’égard de son enfant, lorsqu’il lui dit: ‘Tu feras ton chemin à l’aide de relations.’ Quel message lui envoie-t-il sur l’idée qu’il se fait de lui? De sa personnalité? De sa capacité à se créer des amis, des collègues, à se construire un chemin de vie… Où est l’estime, l’irremplaçable estime du parent, lorsqu’il parle à son enfant de ‘réseautage’? Il l’initie à la combine! Je ne peux imaginer regard plus humiliant. » (p.293)

« Le deuxième inconvénient touche à la facture faramineuse de certaines écoles privées. Combien de fois n’ai-je pas entendu ces mots: ‘Si je peux lui offrir cette chance que je n’ai pas eue, j’en fais volontiers le sacrifice.’ Du coup, la culpabilité change de camp. Ce n’est plus le parent qui se sent coupable d’éloigner son enfant. C’est l’enfant qui doit porter sur ses épaules ce que son écolage coûte à sa famille. » (p.293)

Le troisième concerne cette « ouverture au monde »: « Est-ce qu’elle ne soustrait pas l’élève à une vie de quartier? À un contact quotidien avec des enfants de toutes les origines sociales? Posons la question: de tout ce qu’une éducation doit apporter, s’il fallait choisir une qualité et une seule, laquelle faudrait-il retenir?  À mes yeux, ce serait la capacité de dialoguer avec tout un chacun. À l’écouter. À l’accepter autant qu’à se faire accepter de lui. J’y vois la qualité essentielle d’une réussite professionnelle et sociale, en un mot d’une vie. Bien sûr, on peut penser que, pour un enfant de chez nous, converser avec un Chinois ou un Russe est enrichissant. C’est indéniable. Mais je crois qu’il apprendra moins de son condisciple étranger avec lequel il partagera les mêmes goûts, les mêmes cercles, les mêmes préoccupations de privilégiés que d’une cohabitation avec des enfants de son quartier aux origines socio-économiques différentes des siennes.

Pour ma part, j’ai mis mes enfants à l’école publique. Sans hésitation. » (p.293-294)

Fin de l’article, qui laisse – il me semble – une large part à la réflexion et à l’échange d’arguments ou de contre-arguments.

La première partie de l’entrée ‘Internats chic‘ est ici et la deuxième .

*** 

Merci les amis suisses 🙂