W comme whimsical

Vous vous souvenez que sous prétexte d’entretenir son anglais, l’Adrienne regarde du n’importe quoi… du moment que ça finit bien?

C’est ainsi qu’elle a vu Elizabethtown.
Le film obtient un score de 4.8/10 sur Rotten Tomatoes 😉

Pour ce qui est de l’aspect didactique, elle y a appris un mot qui ne lui servira sans doute jamais, mais elle l’a trouvé si joli qu’elle tient à vous le partager: whimsical.

C’est le mot que prononce le fils (Orlando Bloom) en observant le visage de son père mort. On a une image de cette scène dans la bande annonce ci-dessus, vers 1’30 ».

Il lui trouve un sourire bizarre, légèrement moqueur, comme il ne lui en avait jamais vu de son vivant, et qu’il qualifie de whimsical.

Il répète le mot deux ou trois fois, ce qui permet de bien le mémoriser.

On a vraiment pensé à tout dans ce film 🙂

C comme Christie

Il paraît qu’il vaut mieux les lire dans l’ordre de parution, mais à la bibliothèque, l’Adrienne ne disposait pas de cette information, et de toute façon elle avait envie de se dépayser avec le Bertram’s hotel 🙂

In the heart of the West End, there are many quiet pockets, unknown to almost all but taxi drivers who traverse them with expert knowledge, and arrive triumphantly thereby at Park Lane, Berkeley Square, or South Audley Street.
If you turn off on an unpretentious street from the Park, and turn left and right once or twice, you will find yourself in a quiet street with Bertram’s Hotel on the right-hand side. Bertram’s Hotel has been there a long time. During the war, houses were demolished on the right of it, and a little farther down on the left of it, but Bertram’s itself remained unscathed. Naturally it could not escape being, as house agents would say, scratched, bruised, and marked, but by the expenditure of only a reasonable amount of money it was restored to its original condition. By 1955 it looked precisely as it had looked in 1939–dignified, unostentatious, and quietly expensive.
Such was Bertram’s, patronized over a long stretch of years by the higher echelons of the clergy, dowager ladies of the aristocracy up from the country, girls on their way home for the holidays from expensive finishing schools. (« So few places where a girl can stay alone in London but of course it is quite all right at Bertram’s. We have stayed there for years. »)

On ne peut pas dire que ça commence sur les chapeaux de roue 😉

Trois pages de description avant que n’apparaisse un personnage ou deux, et un dialogue:

On this particular day, November the 17th, Lady Selina Hazy, sixty-five, up from Leicestershire, was eating delicious well-buttered muffins with all an elderly lady’s relish.
Her absorption with muffins, however, was not so great that she failed to look up sharply every time the inner pair of swing doors opened to admit a newcomer.
So it was that she smiled and nodded to welcome Colonel Luscombe–erect, soldierly, race glasses hanging round his neck. Like the old autocrat that she was, she beckoned imperiously and in a minute or two, Luscombe came over to her.

« Hello, Selina, what brings you up to Town? »

Version française à lire en ligne ici.

https://ennalit.wordpress.com/2021/12/01/challenge-petit-bac-2022-qui-veut-jouer/

U comme Us (Nous)

Voici le chapitre 39, il s’intitule « Une brève histoire de l’art »:

Cave paintings. Clay then bronze statues. Then for about 1,400 years, people painted nothing except bold but rudimentary pictures of either the Virgin Mary and Child or the Crucifixion. Some bright spark realised that things in the distance looked smaller and the pictures of the Virgin Mary and the Crucifixion improved hugely. Suddenly everyone was very good at hands and facial expression and now the statues were in marble. Fat cherubs started appearing, while elsewhere there was a craze for domestic interiors and women standing by windows doing needlework. Dead pheasants and bunches of grapes and lots of detail. Cherubs disappeared and instead there were fanciful, idealised landscapes, then portraits of aristocrats on horseback, then huge canvasses of battles and shipwrecks. Then it was back to women lying on sofas or getting out of the bath, murkier this time, less detailed, then a great many wine bottles and apples, then ballet dancers. Paintings developed a certain splodginess – critical term – so that they barely resembled what they were meant to be. Someone signed a urinal, and it all went mad. Neat squares of primary colour were followed by great blocks of emulsion, then soup cans, then someone picked up a video camera, someone else poured concrete, and the whole thing became hopelessly fractured into a kind of confusing, anything-goes free for all.

Des peintures rupestres. Des statues d’argile, puis de bronze. Ensuite, pendant près de 1400 ans, les gens n’ont plus rien peint sauf des représentations audacieuses mais rudimentaires de la Vierge à l’enfant ou de la Crucifixion. Un génie éclairé s’est rendu compte que les objets vus de loin semblent plus petits, alors les peintures de la Vierge Marie et de la Crucifixion se sont grandement améliorées. Tout à coup, chacun a très bien su dessiner les mains et les expressions du visage et les statues étaient de marbre. Des chérubins grassouillets ont fait leur apparition, ailleurs ça a été la mode des intérieurs domestiques et des femmes cousant à leur fenêtre. Des faisans morts, des grappes de raisins et un tas de détails. Les chérubins ont disparu et à leur place il y a eu des paysages imaginaires, idéalisés, puis des portraits d’aristocrates à cheval, puis d’énormes toiles avec des batailles ou des naufrages. Après on est revenu aux femmes couchées sur des sofas ou sortant du bain, plus troubles cette fois, moins détaillées, puis des tas de bouteilles de vin et de pommes, ou des danseuses de ballet. Les peintures ont évolué en gribouillages – terme critique – de sorte qu’elles ressemblaient à peine à ce qu’elles étaient supposées montrer. Quelqu’un a signé un urinoir, et tout est devenu dingue. Des carrés parfaits de couleurs primaires ont été suivis de grands blocs d’émulsion, puis des boîtes de soupe en conserve, puis quelqu’un a pris une caméra, un autre a coulé du béton: tout ça s’est désespérément fracturé en une sorte de n’importe quoi confus et de tout est permis.

David Nicholls, Us, Hodder & Stoughton, 2014, chapter 39, A brief history of art, traduction de l’Adrienne et illustration prise du site de l’éditeur.

La BBC en a déjà fait la version filmée mais on peut supposer que le chapitre 39 n’y aura pas sa place 😉

Z comme zero zucchero

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Sans sucre, sans œufs, sans lait, sans farine, dit Stefania.

Voilà comment elle fait des biscuits ou gâteaux secs.

Vous devinez que l’Adrienne a voulu vérifier, surtout ce « sans sucre » lui semblait impossible.

Alors pour satisfaire votre curiosité, voici ce que Stefania appelle « zero zucchero »: pour une tasse de flocons d’avoine et une poignée d’amandes, il faut une tasse de jus de pommes et une demi-tasse de raisins secs. Vous mixez tout ça légèrement et vous en faites des petits tas sur une plaque que vous mettez 15 minutes au four à 150°.

Zero zucchero, le jus de pommes et les raisins secs?

La bonne blague 🙂

***

L’illustration n’a rien à voir avec le billet puisque c’est le gâteau de mariage de G&S, l’été dernier, avec comme principaux ingrédients du sucre, des œufs, de la farine pour le biscuit, de la pâte à sucre pour le décorer et du « lemon curd » pour le fourrer.

Mais ne demandez pas à l’Adrienne si c’était bon, elle n’en a pas mangé 😉

Stupeur et tremblements

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Le bol de Ted ressemble à un de ces jeux de patience et de dextérité où il faut réussir à faire traverser tout un labyrinthe à une bille pour lui faire atteindre le centre.

Dès le premier matin, l’Adrienne observe ça avec stupéfaction.

– C’est pour qu’il mange moins vite? demande-t-elle au maître du chien.

En effet.

Pendant les deux ou trois jours qui restent aux maîtres avant leur départ, ils expliquent à l’Adrienne tout ce qu’elle aura à faire pour la maison, le jardin et les bêtes.

Il devient vite évident que la seule éclaircie dans la vie de Ted, le seul moment de vrai bonheur, ce sont ses trois promenades quotidiennes.

– Il faut, dit le maître, qu’il sache qu’il est tout en bas dans la hiérarchie!

Pauvre bête, se dit l’Adrienne, qui s’attache extrêmement vite à l’animal, on ne sait vraiment pas quoi inventer dans cette maison pour le contrarier.

***

source de la photo (et autres articles du même genre) ici.

Texte écrit pour Olivia Billington – que je remercie – avec les mots imposés suivants: matin, bonheur, départ, reprise, éclaircie, contrarier, s’attacher. Je n’ai pas réussi à y intégrer ‘reprise’ mais je la souhaite excellente à tous ceux qui retournent au travail ces jours-ci!

O comme Où étiez-vous en 1979?

 

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– Vous le reconnaissez? demande le gentil barista chez qui l’Adrienne avait finalement pu entrer pour boire un cappuccino.

C’est qu’à York, les chiens ne sont pas les bienvenus. Or ce brave Ted avait déjà dû supporter son premier voyage en train, la foule de la gare, les flots de touristes autour de la cathédrale, des parcs et des pelouses interdites aux quadrupèdes et nulle part le moindre bol d’eau fraîche. Ah! on était bien loin de l’aimable Skipton!

– Non, dit l’Adrienne, ça ne me dit rien du tout!

– Vraiment pas?

Il insiste, incrédule. C’est toujours un moment embêtant où il faut se décider si on va avouer qu’en dehors de Wolfgang Amadé, on ne connaît pas grand-chose.

– Je vous le fais écouter, si vous voulez.

– D’accord, dit l’Adrienne.

Et il lui a déversé ceci dans les oreilles, en précisant que ce morceau était à l’origine du hip hop, et l’Adrienne a fait de son mieux pour se montrer impressionnée:

L comme luxury hot chocolate

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A Skipton, les affichettes « dog friendly » ornent presque tous les commerces. Votre quadrupède y sera accueilli avec des bols d’eau, des câlins et des exclamations élogieuses sur sa beauté et sa bonne tenue.

Mais l’expérience « Kibble Bakery » est assez unique.

L’Adrienne y était entrée un peu par hasard, avec sa mère et Monsieur Neveu, pour y boire un cappuccino. Ted les accompagnait et il pleuvait.

No problem, le quadrupède a des serviettes bien douces et bien sèches à disposition. Les humains se débrouillent.

– Do you want any treat for the dog? demande la gentille serveuse.

L’Adrienne est étonnée qu’on propose une gâterie au chien mais refuse, vu les recommandations de son maître à propos du strict régime alimentaire de Ted.

Ce n’est qu’en feuilletant le menu qu’elle comprend: il y a toute une page réservée aux petits plaisirs gustatifs du chien et Ted n’aurait rien eu à craindre pour sa santé: tout est frais, sans additifs, sans conservateurs, sans gluten, sans lactose…

De plus chanceux que Ted sont entrés après lui et ont eu droit à un « pupcake », un « woofle » ou un « doggy donut ».

L’Adrienne a relu cette page plusieurs fois, avec un mélange de stupéfaction et d’amusement.

Puis elle a prié Monsieur Neveu de la prendre en photo 🙂 

K comme Keeping up appearances

Défi 569, merci Walrus!

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Pourquoi leurs parents avaient-ils donné à l’aînée un prénom français et à la cadette un anglais? Et quelle importance, puisque Laurence appelait Priscilla “Lala” et Priscilla appelait Laurence “Lolo”? 

À dix-huit ans, Priscilla a déclaré qu’elle voulait faire des études d’institutrice, choix que tous ont applaudi, les parents, la grande sœur, les profs.

– Priscilla, avait coutume de dire Lolo, elle est si intelligente que même rien qu’en dormant sur ses cours, elle les connaîtra par cœur !

Et puis, au début des vacances d’été, Priscilla a disparu. Volatilisée.

Ne me faites pas chercher, avait-elle écrit à sa sœur, je vais bien et vous donnerai bientôt des nouvelles.

Ce que personne ne savait, c’est que depuis des semaines elle entretenait une correspondance internet avec un jeune Anglais et qu’elle était partie le rejoindre. Comme ça, avec juste une valise.

– Et tes études d’institutrice? a demandé Madame, comme si c’était la chose la plus importante.

– Je les ferai en Angleterre ! a répondu Priscilla. Ce que Madame n’a pas cru, bien sûr.

Entre-temps, elle était déjà mariée et installée dans la maison de ses beaux-parents, qui étaient charmants et l’adoraient, disait-elle.

Ce n’est que quelques mois plus tard que Laurence a enfin pu rendre visite à sa sœur et se faire une opinion sur ce jeune Onslow qu’elle avait épousé.

– Et maintenant, a dit Lolo, viens avec moi !

Quand elles sont arrivées en ville, Laurence leur a mis à toutes les deux un gant de ménage en plastique jaune sur la tête.

– On fait la fête ! a dit Lolo. On n’a pas pu enterrer ta vie de jeune fille, on va le faire maintenant ! C’est ma tournée !

– Je ne peux pas, a répondu Priscilla. Je suis enceinte.

Alors Laurence a bu toute seule.

H comme humour anglais

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Voilà l’inscription qu’un monsieur promenait sur son ventre, en grandes lettres blanches et noires sur fond bleu, et l’Adrienne s’est demandé avec stupéfaction si le message était destiné au lecteur ou au porteur.

Pour les amateurs éventuels, ce T-shirt et d’autres sur le site anglais chargrilled

Au musée de Whitby, l’Adrienne est heureuse de pouvoir déguster tranquillement un café. Le décor est fleuri, coloré, appétissant et cosy au possible. Deux dames hypergentilles s’affairent pour servir toutes sortes de douceurs.

Puis le regard tombe sur cette plaque qui ne cadre ni avec le décor, ni avec l’ambiance: 

The deadline for complaints was yesterday.

Au cas où voudriez la même pour votre cuisine, c’est ici.

Et sur l’étroit canal reliant Leeds à Liverpool, les petites péniches qui baladent de paisibles retraités pendant une soixantaine de minutes, portent fièrement des noms prestigieux, comme Endeavour, le célèbre trois-mâts du capitaine James Cook 😉