I comme Isère, misère!

Béline a gardé la doudoune et le duvet. Elle a horreur d’avoir froid et ce matin, avec le temps qu’il fait, elle aurait préféré rester près du feu.

Et elle a dû quitter la maison si tôt qu’elle a à peine eu le temps de déjeuner, alors évidemment elle a des vertiges et en route elle a dix fois frôlé la catastrophe. Elle espère qu’elle ne devra pas prendre ces risques chaque matin, dorénavant!

Mais voilà son copain Panurge qui arrive dans la cour! Elle s’empresse d’aller froufrouter de son côté, du sirop plein la voix en s’adressant à lui, comme dans un film d’amour qu’elle a vu l’autre soir.

Et lui, le pauvre, dans un vieux réflexe machiste, se dit « J’emballe, j’emballe sec! Cette nana, elle est à moi, je le sens, ça va marcher comme sur des roulettes! »

***

Ecrit pour Les Plumes d’Asphodèle chez Emilie avec les mots imposés suivants: DUVETHORREUR – AIMER – TEMPS – FEU – FROUFROUTER – VERTIGE – SIROP – FROID – FRÔLER – FILM – ROULETTE – RISQUE – RÉFLEXE

Emilie a rajouté six mots à la collecte.  On pouvait laisser de côté les trois derniers (ci-dessus en italiques). Mais j’ai fait la totale 🙂 

***

On a parlé de l’Isère dans nos quotidiens de Flandre, pour cette affaire du plus haut comique…

Voir les articles en français ici et ici, deux exemples parmi des tas d’autres.

J’ai surtout aimé les prénoms des élèves à quatre pattes, j’espère qu’il y avait parmi eux une Béline, en hommage à Molière 🙂

20 miracles de la nature (1 bis)

WWF2018

© Gino Symus, WWF

Un vrai miracle de la nature, au lieu de ce que j’avais pensé écrire à propos des trous et des terrils qui ont remplacé nos jardinets expropriés 😉

Cette photo du photographe belge Gino Symus a gagné le prix Frans Lanting de la WWF.

Je trouve qu’elle est de toute beauté! Non seulement pour sa composition, ses couleurs, sa lumière, mais aussi pour ce qu’elle nous raconte. 

On peut y voir une crevette femelle (Palaemon serratus) – on voit ses œufs dans son ventre – porteuse de vie, porteuse d’espoir. 

Stupeur et tremblements

abeille

Stupéfaction de l’Adrienne en lisant un jeudi matin de novembre que 150 000 abeilles volées en juin dernier ont été retrouvées.

Mais qui donc, se dit-elle, vole des abeilles?

Et pourquoi?

Nos butineuses sont-elles devenues à ce point rares et précieuses qu’on se mette à les voler?

Et comment les enquêteurs s’y sont-ils pris pour les retrouver?

Bref, les trois ruches volées ont été retrouvées chez un apiculteur amateur peu scrupuleux et restituées à leurs propriétaires – un père et son fils – qui réagissent comme s’il s’agissait de membres de leur famille qui auraient fugué ou fait un long et périlleux voyage:

– On est vraiment très heureux qu’elles soient de retour à la maison.

– J’avais presque perdu l’espoir de les revoir un jour…

source de la photo et article ici 

N comme nooit

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On était le lundi 10 septembre et déjà l’Adrienne avait été tellement débordée – week-end de cat-sitting ostendais compris – qu’elle n’avait pas eu une minute pour s’exercer au piano.

C’est alors qu’elle a vu ce poster dans une des classes de l’académie de musique, avec un poème du Belge Max Temmerman, né en 1975 à Brasschaat:

Ce qui
nous distingue
des animaux
c’est que très vite
nous abandonnons.

Un rien
et en suppliant
nous demandons
une interruption.

Ou nous
jetons
l’éponge.

C’est que
toujours
nous voyons
un retour possible,

rouges de honte
et dépités.

Alors
je préfère
n’importe quel
animal.

Un oiseau qui s’est arrêté de voler,
même dans une cage,
jamais encore
ce n’est arrivé.

L’Adrienne a donc décidé de persévérer. Nooit opgeven. Ne pas jeter l’éponge 🙂

PS: Ce poème, Beesten (Animaux) a eu le prix du public en 2014.

Question existentielle animale

Mais où étais-tu en 1977-78, l’Adrienne, qu’une info aussi capitale t’ait échappé: 

Une « Déclaration universelle des droits de l’animal » a été rédigée et adoptée par la Ligue internationale des droits de l’animal en 1977, puis proclamée solennellement par l’UNESCO en 1978.
Elle n’a cependant aucune portée juridique.

Il a fallu qu’hier soir les épreuves du Bac de français soient publiées pour que tu le découvres? 

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/bac18-eafess.pdf

Ainsi que ce bel extrait de Marguerite Yourcenar:

Dans l’état présent de la question, à une époque où nos abus s’aggravent sur ce point comme sur tant d’autres, on peut se demander si une Déclaration des droits de l’animal va être utile. Je l’accueille avec joie, mais déjà de bons esprits murmurent:
« Voici près de deux cents ans qu’a été proclamée une Déclaration des droits de l’homme, qu’en est-il résulté ? Aucun temps n’a été plus concentrationnaire, plus porté aux destructions massives de vies humaines, plus prêt à dégrader, jusque chez ses victimes elles-mêmes, la notion d’humanité. Sied-il de promulguer en faveur de l’animal un autre document de ce type, qui sera – tant que l’homme lui-même n’aura pas changé – , aussi vain que la Déclaration des droits de l’homme ? » Je crois que oui. Je crois qu’il convient toujours de promulguer ou de réaffirmer les Lois véritables, qui n’en seront pas moins enfreintes, mais en laissant çà et là aux transgresseurs le sentiment d’avoir mal fait. « Tu ne tueras pas. » Toute l’histoire, dont nous sommes si fiers, est une perpétuelle infraction à cette loi.
« Tu ne feras pas souffrir les animaux, ou du moins tu ne les feras souffrir que le moins possible. Ils ont leurs droits et leur dignité comme toi-même », est assurément une admonition bien modeste ; dans l’état actuel des esprits, elle est, hélas, quasi subversive. 
Soyons subversifs. Révoltons-nous contre l’ignorance, l’indifférence, la cruauté, qui d’ailleurs ne s’exercent si souvent contre l’homme que parce qu’elles se sont fait la main sur les bêtes. Rappelons-nous, puisqu’il faut toujours tout ramener à nous-mêmes, qu’il y aurait moins d’enfants martyrs s’il y avait moins d’animaux torturés, moins de wagons plombés amenant à la mort les victimes de quelconques dictatures, si nous n’avions pas pris l’habitude de fourgons où des bêtes agonisent sans nourriture et sans eau en route vers l’abattoir, moins de gibier humain descendu d’un coup de feu si le goût et l’habitude de tuer n’étaient l’apanage des chasseurs. Et dans l’humble mesure du possible, changeons (c’est-à-dire améliorons s’il se peut) la vie.
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les poneys Exmore de la réserve naturelle
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Pipo et mama Moussa, le duo rigolo qui valait tous les antidépresseurs du monde 🙂 
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Zeta et Jones, chats de poche
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et bien sûr, Chien Parfait, ici encore tout jeunot…

B comme bébés

Hier pendant la pause

Madame et sa collègue

ont regardé avec une émotion
mêlée d’un tas d’autres sentiments

les premières images de la naissance d’un bébé panda

entre des grillages et sous l’œil des caméras.

***

Espérons que ce bruyant limaçon rose

s’en tirera

sur cette drôle de planète

où un congélateur thaïlandais

est rempli de bébés tigres

et où des bébés humains

meurent noyés en Méditerranée

H comme hippocampe

Un jour que mini-Adrienne devait faire un exposé à l’école primaire, elle a choisi de parler de l’hippocampe. Son titre était: « L’hippocampe ou cheval marin« . 

Voilà un épisode que j’avais complètement oublié et qui m’est revenu en mémoire en visitant l’Aquarium d’Ostende.

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Où je suis tombée en arrêt, fascinée par ce petit hippocampe qui se déplaçait du haut en bas, par légers frétillements. 

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Il fait à peine quelques centimètres. Pourtant, à l’époque de mon exposé, ce sont les mots « cheval marin » qui m’avaient attirée. Le cheval occupait une des premières places dans mon cœur de petite fille. En rentrant de l’école, je ne manquais jamais de caresser le museau de celui qui était dans une prairie non loin de chez moi. Un jour que son propriétaire m’a vue, il m’a soupçonnée de lui donner des friandises, ce qui était faux. 

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Ces drôles de sachets, c’est la nursery où les petits sont à l’abri des prédateurs.