Adrienne aime les arbres

Ceux qui se découpent dans le ciel du petit matin

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Ceux qui pleurent

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Ceux qui rient

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Ceux qui se mirent et s’admirent

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photos prises le dimanche matin 30 septembre

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I comme ironique

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Pourquoi serait-il étrange de dire que la peau sombre de Muanza a pâli en entendant la traduction de la lettre signée à l’encre bleue par le ministre de la Justice lui-même?

C’est vrai qu’il faut bien le connaître pour discerner ses émotions mais depuis le temps qu’il vit dans leur vert paradis, Marie le lit à livre ouvert.

Une demi-page sous l’en-tête du Ministère, place Poelaert n°3 (1), datée de la mi-février, où dans un français suave il est dit qu’on est « au regret de vous faire savoir » qu’on ne peut « accéder à votre requête » et que si Muanza « désire régulariser son séjour à un autre titre, il doit entreprendre, après avoir quitté la Belgique, les démarches nécessaires à partir de l’étranger. »

– Il me reste le Canada, finit-il par dire. J’ai des amis, là-bas. Tu es d’accord pour m’accompagner à l’ambassade, à ton prochain jour de congé?

Marie se demande comment il est possible, qu’au bout d’une année à se battre contre tous ces moulins administratifs, avec toujours des réponses négatives, jusqu’à cette fin de non-recevoir arrivée le midi même, Muanza n’ait toujours pas compris qu’aucune ambassade, fût-elle canadienne, n’acceptera sa requête.

A la radio, la voix d’Edith Piaf fait rimer ‘accordéoniste’ et ‘triste’… Marie se sent terriblement triste. Et vidée d’énergie.

Elle tient encore la lettre à la main, où en six phrases fort civiles on détruit la vie d’un homme.

***

(1) celle-là même que Marcel Thiry appelle ironiquement ‘place Poularde’, les ‘pneus d’or’ ne sont probablement pas ceux de l’Alfa Romeo de son fils, quoique 😉

Or la ville affaireuse où se font gloutonner
Les homards, les caviars, les pommards, les palourdes,
Où l’asphalte, usé de pneus d’or, est jalonné
De fontaines de bock et de places Poulardes.

in Toi qui pâlis au nom de Vancouver, Paris, Seghers, 1975, p.210

***

Ecrit pour l’Agenda ironique d’août 2018

Thème: Toi qui pâlis au nom de Vancouver”, du poète belge Marcel Thiry (1897-1977) accompagné de sept mots tirés au hasard dans le même recueil : paradis, accordéoniste, suave, Alfa Romeo, février, accord et civil.

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et encore deux photos du vert paradis quitté il y a cinq ans 🙂

J comme je (dé)bloque

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Comme le petit Prince sur la planète, il faut faire régulièrement la toilette de son blog. Chez WordPress, ça s’appelle les « commentaires indésirables ».

Alors parfois, comme le petit Prince devant la naissance d’une nouvelle brindille, on ne sait pas encore si ce sera une rose ou un baobab.  

« My family members every time say that I am killing my time here at net, but I know I am getting experience daily by reading such nice content. »

Bloquer ou débloquer?

Il me semble que sous ce parfum de rose se cache un baobab 🙂

Z comme Zibaldone

Si l’Adrienne avait connu le mot à l’époque, elle aurait pu appeler son blog « zibaldone« , c’est-à-dire fouillis, mélanges, un peu de tout.

C’est ce qui relève de la lecture en amont des billets – momentanément jusqu’en 2013 – auxquels elle s’efforce de remettre des tags dans le vain espoir de retrouver plus facilement ce qu’on cherche, chaque fois qu’on cherche…

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Comme on dit en néerlandais, door de bomen het bos niet meer zien, on voit des arbres mais pas la forêt.

Pour le mot ‘zibaldone‘, le dictionnaire Garzanti donne 1.miscellanea letteraria, mélanges littéraires et 2.scritto, discorso disordinato, fouillis et désordre, donc 🙂

22 rencontres (8 bis)

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Hier soir, Madame avait une grosse envie d’arbres, de fleurs et d’oiseaux, mais avant d’arriver en pleine nature elle a eu le bonheur de surprendre deux anciennes élèves en plein travail 🙂 

La brune et la blonde, amies de longue date et aujourd’hui toutes les deux diplômées en psychologie. Un intérêt qui vient de leur vécu, comme c’est si souvent le cas: l’une a dû surmonter la perte brutale de son papa à cause d’un chauffeur ivre, l’autre une anorexie.  

Elles sont ravissantes mais ont toujours besoin qu’on le leur confirme. Elles s’amusent à faire ce qu’elles appellent des photo-shoots. Elles ont reconnu Madame de loin. Saluts, sourires, embrassades, compliments. Elles ont l’air d’aller bien. D’être en paix. 

C’est un beau soir d’été, même si le calendrier n’indique que le 21 avril. 

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P comme promenade

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On va se promener ? disait-il chaque fois qu’il voulait se reposer la tête après avoir passé la journée dans son épicerie. Il posait le crayon qu’il gardait derrière l’oreille et je le suivais avec empressement.

On va allonger le pas, disait-il en voyant le soleil disparaître derrière les fines ramifications du saule pleureur au coin de la rue.

Car il y avait toujours une danse nuptiale à admirer, le vol d’un xylocope chargé de pollen ou une de ces nombreuses aides de la police scientifique, les mouches nécrophages.

Beaucoup d’enfants se montrent réfractaires à la promenade, ne voient pas de sens à une marche dans la nature mais avec lui chaque fleur sauvage recevait son nom et sa fonction dans le grand tout que forme l’univers.

Un riche savoir qui ne peut me consoler de sa perte et qui me fait passer pour une prétentieuse chaque fois que je nomme une plante par son nom latin. 

***

écrit pour 13 à la douzaine avec les mots imposés suivants: 

1 crayon 2 police 3 allonger 4 xylocope 5 prétentieuse 6 épicerie 7 danse
8 empressement 9 ramification 10 réfractaire 11 tête 12 consoler
et le treizième pour le thème : promener 

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photos prises le 8 avril, prunellier en début de floraison et paysage avec promesses de mûres 🙂

U comme un arbre, un lieu

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– Tu ne peux pas te tromper, avait-il dit, il n’y en a qu’un! 

C’est donc là qu’il l’attendait, à l’entrée du parc, au soleil de cette belle matinée de fin avril. 

Sous l’arbre dans toute la splendeur de sa floraison blanche. 

Cet arbre-là, dont le parc ne possédait qu’un seul exemplaire. 

Voilà pourquoi il lui avait bien dit: Tu ne peux pas te tromper! 

Et elle, que faisait-elle pendant tout ce temps? Pourquoi n’arrivait-elle pas? Avait-elle changé d’avis au dernier moment? 

Il n’avait pourtant pas menti, sur sa page de profil: ni sur son âge, ni sur sa taille, ni sur sa profession. Ni évidemment sur le lien principal qui s’était tout de suite créé entre eux deux: sa passion pour la botanique, qu’elle partageait. 

Alors au fait, oui: et elle, que faisait-elle pendant tout ce temps? 

D’abord, elle avait dû faire une recherche, le davidia involucratafranchement ça ne lui évoquait rien de connu. Elle avait peut-être un peu exagéré, lors de leurs échanges, sur sa connaissance des arbres, mais tout le monde ne le faisait-il pas, pour amorcer le poisson? 

Finalement, cette histoire s’était terminée à son avantage. 

– Il n’y en a qu’un, vraiment? Oui, si tu veux, un au parc Monceau, un au Luxembourg et un au Jardin des plantes.

Et tout en marchant d’un bon pas vers le jardin du Luxembourg, elle se demandait ce qui serait le mieux: avouer rapidement ses lacunes en botanique ou essayer de les combler avant qu’il ne s’en rende compte…  

*** 

tableau et consignes chez Lakévio
que je remercie!