F comme fa

Hier l’Adrienne réfléchissait à un billet F comme Fa, dans lequel elle vous expliquerait son petit souci de casting à la chorale: non, elle n’est pas vraiment une soprano mais le chef pense que si 🙂

Alors elle qui n’arrive qu’à peine à chanter le fa dans « judicandus » devrait arriver jusqu’au la dans « homo reus« . Mission impossible, donc.

Blijven oefenen, a rigolé un ténor quand elle a dit qu’elle n’atteindrait jamais ce sol et ce la. Blijven oefenen, continuer à s’entraîner, a-t-il répété, hilare, comme si l’exercice allait y changer quelque chose, mais bon, elle a ri aussi.

Et puis dans sa boîte aux lettres elle a trouvé un courrier de la police.

Pour lui signifier que son figuier (appelé « struik« , « buisson », alors qu’il est déjà plus haut que son toit ;-)) a des branches qui envahissent le trottoir: « het voetpad is bijna volledig overwoekerd« .

Dangereux, ça!
Et une invasion du domaine public, « inname van het openbaar domein » en plus!

Bref, le billet du jour serait plutôt F comme figuier.

Ou tout autre mot en F qui vous viendrait à l’esprit après la lecture de ce billet 😉

N comme nature et forêts

Photo de Francesco Ungaro sur Pexels.com

Comme l’événement était organisé par Nature et forêts, le guide les a d’abord entraînés vers une petite clairière où ils pourraient se mettre en cercle pour l’écouter expliquer les lois et décrets régionaux, nationaux et européens concernant la protection de la faune et de la flore.

Aucun des participants ne semblait être l’heureux propriétaire d’une parcelle boisée, les tenants et aboutissants de ces réglementations leur passaient complètement au-dessus de la tête, mais ils faisaient poliment semblant d’écouter, en se dandinant de plus en plus d’une jambe sur l’autre à mesure que les minutes s’écoulaient et que le guide tournait page après page d’un épais dossier plein de dates, de schémas, de listes, de statistiques et de diagrammes.

La seule qui ne se dandinait pas, c’était évidemment Madame de B***, bien campée sur ses deux jambes et sa paire de béquilles.

Au moment où le guide reprend son souffle et tourne une énième page, elle se tourne vers la jeune femme blonde et dit bien fort:

– Vous croyez qu’on va finir par la faire, cette promenade? Vous croyez que ça va être possible?

***

écrit pour la question 4 de l’atelier d’Annick SB: « Vous croyez que ça va être possible? » – Merci Annick SB.

T comme trente

30 % de la planète – a-t-on pu lire ces jours-ci suite au sommet mondial pour la biodiversité – devrait être protégé.
Et le projet de Grande Muraille Verte – pour arrêter la désertification en Afrique – devrait être augmenté ou relancé.

Greta et Greenpeace trouvent que ce n’est pas assez mais l’Adrienne applaudit: tout ce qui va dans le bon sens est bon à prendre.
Comme on dit dans sa langue, alle beetjes helpen.

D’ailleurs de nombreux pays, de nombreuses régions et des tas de gens s’occupent dans leur coin de planter et de reboiser.
Même dans la ville de l’Adrienne.
Des initiatives de la ville et aussi privées.
On ne manque pourtant pas d’arbres, ici, mais en a-t-on jamais assez 😉

Bref, applaudissons et regardons des vidéos comme celle ci-dessus, réalisée au Pakistan.
Puis allons voir le reboisement de l’Islande, de l’Éthiopie ou d’autres pays encore et réjouissons-nous pour chaque arbre planté.

Enfin, pour ceux qui ont 26 minutes 13, il y a le document ci-dessous:

Septième étape

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D’abord, une dame est passée dans chaque maison pour faire signer un papier par lequel on donnait son accord d’être exproprié. Même si on n’était pas d’accord. C’était vers 2016.

En 2018, les haies et les arbustes des jardinets ont été arrachés à la grue aussi facilement que des fétus de paille.

En 2019, la terre des jardinets a été ouverte pour renouveler les conduites de l’eau, du gaz, de l’électricité, les câbles divers pour le téléphone, internet, la télé.

Le béton de la route a été cassé avec une telle force qu’on a craint que nos maisonnettes ne s’écroulent en même temps.

Un tronçon à la fois, la route a été creusée comme pour y installer des piscines: d’énormes collecteurs d’eau de pluie en béton y ont été placés. Les modèles carrés ont été coulés sur place, les ronds ont été apportés.

Enfin, ces dernières semaines la route a été refaite, ainsi que des trottoirs et une piste cyclable. Ici et là, un arbre a été planté. Des liquidambars. Les marquages au sol ont été refaits.

Et demain comme prévu la route sera rouverte à la circulation.

***

La photo a été prise le matin du 21 avril: les arbres ont été apportés – petite motte, long fût, branches déjà tout en feuilles – plantés le lendemain… ils auront bien du mérite s’ils s’en sortent tous vivants en 2021!

 

R comme rubberwood

Vous vous souvenez d’Oliver Hardy et Tryphon Tournesolqui après avoir sonné chez l’Adrienne pour réparer sa connexion internet, l’avaient épatée par leurs connaissances en musique?

Et bien, ce n’est pas tout 🙂

Au moment de sortir, Oliver Hardy se tourne vers l’escalier et déclare devant l’Adrienne, interloquée:

Rubberwood!
– S’il vous le dit, c’est que c’est vrai, ajoute fièrement Tryphon Tournesol. C’est un pro!
– Et c’est bon, ça, rubberwood? s’enquiert-elle auprès de l’expert.

Oliver fait une petite moue, on sent une hésitation, puis il donne son verdict:

– Ce n’est pas mauvais… Et c’est surtout beaucoup moins cher que le hêtre.

Rubberwood, en français on dit plutôt hévéa, un arbre qu’on plante pour son latex, principalement en Asie du Sud-Est, et qu’on abat quand il ne produit plus assez. Son bois est alors récupéré pour du mobilier ou des escaliers… et on replante.

Mais ce que l’Adrienne ne s’explique pas – et ce qu’elle n’a pas osé demander – c’est pourquoi cet homme, qui a à peine une quarantaine d’années et qui semble si passionné par le bois et la menuiserie, a délaissé les copeaux pour les installations téléphoniques…

***

texte écrit pour Olivia Billington – que je remercie – avec les mots imposés suivants: musique – cigogne – arbre – quarantaine – hésitation – envoûtement – copeaux – sonner

image du site de la FAO.

L comme lac

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En complet contraste avec l’effervescence qui règne à Ostende en toute saison, le calme et la sérénité du Bosje, principalement autour du plus grand étang.

Avec ses 37 hectares dont 19 sont boisés, 3,25 herbeux, 8 recouverts par l’eau des divers étangs et ses 4 hectares de sentiers de promenades, vous comprendrez que l’Adrienne s’y perd facilement.

C’est dit, elle retourne s’y perdre le 8 février prochain!

***

photo prise le matin du premier janvier… et de grâce, ne me citez pas Lamartine 🙂

I comme industrie

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– On veut le changement, s’énerve l’ami Phil mercredi soir, mais jusqu’à présent aucune éolienne ne tourne dans toute la zone! Chaque fois qu’il est question d’en installer, le même scénario recommence: un comité se forme, incite à la mutinerie collective, fait du tapage médiatique, prédit toutes sortes de troubles mentaux et physiques… Bref, tu vois le tableau.

– Mais comment réussit-on à trouver tous ces sans-culottes pour une éolienne dans la zone industrielle, là où il n’y a pas de riverains? Elle ne dérangera personne! s’étonne l’Adrienne.

Phil soupire. Parle d’utopie. Évoque l’exemple allemand. Même nos voisins wallons font mieux que nous, c’est dire si on est à la traîne 😉

– En tout cas, conclut-il, je suis fier de ce que j’ai réalisé, avec tous les arbres que j’ai plantés autour de ma firme, quand on regarde par la fenêtre, on se croirait dans un bois!

***

écrit pour les Plumes d’Emilie – que je remercie – avec les mots imposés suivants: mutinerie – trouble – manque – culotte – bois – changement – utopie – industrie – recommencer – tourner – tableau – tapage.

Photo prise à Tongres fin novembre.

U comme une vie (ter)

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L’Adrienne est en train de s’habituer à ne plus être Madame. Lundi soir, dans un des couloirs de l’académie de musique, elle rencontre Alena:

– Ça me fait tout bizarre de ne plus être ta prof, lui dit-elle.
– Je comprends, répond Alena.

Un peu plus tard elle ajoute:

– Je comprends que c’est dur pour vous de nous lâcher.

Incroyable comme ils sont clairvoyants, les élèves de Madame.
Pardon, anciens élèves.
Ex-Madame.
😉 

L’Adrienne, disais-je, est en train de s’habituer à une vie sans école, sans élèves:
Il lui arrive de rester encore un peu au lit après six heures du matin.
Elle prend de longs week-ends à Ostende ou à Bruxelles – merci les amis!
Les dimanches se passent sans stress du lendemain.
C’est merveilleux.

Le 17 septembre à midi pile Madame a été rayée de la plate-forme numérique de l’école.
Juste au moment où elle avait été jeter un œil aux premiers résultats en maths et en français de « ses » élèves et qu’
elle retournait à la rubrique ‘correspondance’ dans le but d’envoyer un message de félicitations à Lilya: PAF!

« Vous n’avez pas accès à cette fonction » lit-elle en toutes lettres sur son écran.

– Voilà, se dit l’ex-Madame, il fallait bien que ça arrive un jour ou l’autre.

Une nouvelle vie, donc 🙂

Une vie nouvelle!

***

photo prise lors d’une promenade vespérale le 20 septembre