D comme demeure princière

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Visiter la maison Autrique, c’est entrer dans un lieu où l’on se sent bien, immédiatement. Où l’on voudrait rester. Pas seulement pour s’y attarder longuement, mais pour y vivre. 

Tout y respire la beauté. Tout y est bien pensé, bien agencé, lumineux, confortable.

Magnifiquement restaurée, cette oeuvre du jeune Victor Horta est un bijou, jusque dans ses moindres détails.

Et côté jardin, il y a même de la place pour un magnifique piano à queue 🙂 

Photo prise fin septembre, à Schaarbeek, 266 chaussée de Haecht – d’autres photos et toute l’info sur la maison, ses habitants, sa restauration ici – merci à Tania de m’avoir accompagnée dans cette visite!

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Z comme Zigzags (2)

Pour terminer le mois belge, voyons ce que dit Théophile Gautier à propos de son voyage dans notre pays: 

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extrait 1: Mons 

« Mons est une vraie ville flamande. Les rues y sont plus propres que les parquets en France ; on les dirait cirées et mises en couleur. Les maisons sont peintes, sans exceptions, du haut en bas, et de teintes fabuleuses. Il y en a de blanches, de bleu cendré, de ventre de biche, de roses, de vert pomme, de gris de souris effarouchée, et de toutes sortes de nuances égayées, inconnues dans ce pays-ci. Le pignon découpé en forme d’escalier s’y montre assez fréquemment. La toiture de l’Ambigu-Comique peut donner aux Parisiens, qui ne sont pas très-cosmopolites en général, une idée assez nette de ce genre de construction : cela produit un effet d’une bizarrerie assez agréable. » (p.60) 

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extrait 2: la « catholicité » dans le paysage traversé 

« Plus on avance, plus on sent dans l’air un vague parfum de catholicité totalement inconnu en France ; presque à chaque maison il y a une vierge ou un saint dans une niche, et non point un saint ou une vierge avec des nez cassés et des doigts de moins comme ici, mais jouissant de tout leur nez et très-peu manchots. Dans beaucoup de villages les vierges sont habillées en robe de soie et ornées de couronnes, d’oripeaux et de moelle de sureau ; elles ont une lampe devant elles comme en Espagne ou en Italie ; les églises sont aussi parées avec une recherche et une coquetterie amoureuse tout à fait méridionales. » (p.66) 

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extrait 3: Bruxelles 

« Après avoir traversé une infinité de rues bordées de maisons avec des toits en escaliers, nous débouchâmes tout d’un coup sur la place de l’Hôtel de Ville, c’est la plus vive surprise que j’aie éprouvée dans tout mon voyage.

Il me sembla que j’entrais dans une autre époque, et que le fantôme du moyen âge se dressait subitement devant moi ; je croyais que de pareils effets n’existaient plus qu’au Diorama et dans les gravures anglaises.

Qu’on se figure une grande place dont tout un côté est occupé par l’Hôtel de Ville, un édifice miraculeux avec un rang d’arcades, comme le palais ducal à Venise, des clochetons entourés de petits balcons à rampes découpées, un grand toit rempli de lucarnes historiées, et puis un beffroi de la hauteur et de la ténuité la plus audacieuse, tailladé à jour, si frêle que le vent semble l’incliner, et tout en haut, un archange doré, les ailes ouvertes et l’épée à la main.

À droite, en regardant l’Hôtel de Ville, une suite de maisons qui sont de véritables bijoux, des joyaux de pierre ciselés par les mains merveilleuses de la Renaissance. On ne saurait rien voir de plus amoureusement joli ; ce sont de petites colonnettes torses, des étages qui surplombent, des balcons soutenus par des femmes à gorge aiguë, terminées en feuillages ou en queues de serpent, des médaillons aux cadres fouillés et touffus, des bas-reliefs mythologiques, des allégories soutenant des écussons armoriés, et tout ce que la coquetterie architecturale de ce temps-là peut imaginer de plus séduisant et de plus amusant à l’œil. Toutes ces maisons sont admirablement conservées, il n’y manque pas une pierre ; la triple chemise de couleur dont elles sont couvertes les conserve comme dans un étui. » (p.78-80) 

Zigzags a paru en 1845

 

 

I comme impressions ostendaises

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la même plage qu’avant-hier, mais parfaitement vide le lundi matin, comme l’aime Brigou cool

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sur le mur du jardin japonais, le même canard que l’an dernier, toujours vivant laughing

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les cabines de plage, toujours aussi symétriques, malheureusement par manque de vent vous ne pouvez pas admirer le drapeau pirate

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les jeunes arbres de la bibliothèque ouvrent leurs feuilles (c’est bien normal) 

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de plus en plus de particuliers restaurent les maisons anciennes 

(la grande baie vitrée du rez-de-chaussée reflète la maison d’en face)

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les lavabos de la brasserie du Parc (1932) 

et ci-dessous, la cage d’escalier

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C comme cheminées

Dans ma petite ville au passé textile, comme dans les grandes villes du nord de la France, les hautes cheminées d’usines étaient omniprésentes

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Je dis ‘étaient’ parce que nombreuses sont celles qui, faute d’entretien, se sont écroulées, ou ont été abattues pour laisser la place à d’autres projets urbanistiques. 

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Je ne sais pas s’il faut attendre une reconnaissance de l’Unesco pour sauvegarder celles qui restent, parfois amputées de la moitié de leur hauteur et juste restées là « pour faire couleur locale » quand une usine est transformée en lofts. 

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En tout cas, celles que je vois dans ma ville, je ne peux m’empêcher de les trouver belles et émouvantes, parce qu’elles symbolisent tout le passé industrieux des hommes et des femmes de ma famille depuis la moitié du 19e siècle jusqu’au milieu du 20e. 

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Filature, bobinage, teinturerie, ourdissage, tissage, toutes les usines avaient leur chaufferie pour produire la vapeur, l’énergie nécessaire au fonctionnement des machines. 

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Et tout autour grouillent les maisons ouvrières, souvent encore aujourd’hui les quartiers les plus défavorisés, où il n’y avait qu’une pièce à vivre, deux chambres à l’étage, une cour avec la pompe et les toilettes.

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ce qui explique la présence, à l’arrière de ces maisons, de constructions basses rajoutées pour agrandir une cuisine et avoir une salle de bains. 

B comme balade bruxelloise

Sur le chemin du retour, entre le Cinquantenaire et la gare du Nord: 

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La maison de Paul et Caroline Cauchie, architecte et décorateurs, rue des Francs

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Paul Cauchie est le grand spécialiste des sgraffites

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La maison du peintre Georges Saint-Cyr, conçue par l’architecte Gustave Strauven, square Ambiorix,  

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fait à peine 4 mètres de large 

(un bijou de ferronnerie d’art devant lequel cette personne tenait à rester tongue-out)

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L’hôtel Van Eetvelde, oeuvre de Victor Horta, avenue Palmerston 

*** 

Pour ceux qui voudraient tout voir, la liste complète est des bâtiments bruxellois art nouveau est ici et cinq belles balades (une par quartier concerné) sont proposées ici 

Je me demande bien pourquoi les photos sont interdites à la maison Cauchie, on les trouve par centaines sur internet… 

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Merci à Tania, grâce à qui j’ai découvert la maison Cauchie!

Derniers témoins

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Ici et là 

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entre deux blocs de béton et de verre 

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subsistent les derniers témoins 

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de la Belle-Epoque 

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« A Ostende, nous dit le guide de la promenade maritime de dimanche soir, dès qu’un bâtiment a plus de 30 ans, on commence à se dire qu’il vaudrait mieux l’abattre pour construire du neuf! »

Hélas, je sais bien qu’il a raison, j’avais un beau-frère roi de la brique et du béton… Il se vantait chaque fois qu’il avait reçu un permis de construire sur un bout de dunes…  

« Imaginez, ajoute-t-il en nous montrant une photo du front de mer vers 1910, que nous ayons gardé ces bâtiments-là? D’accord, c’est bien joli, mais combien de gens on aurait pu loger? Avec des plafonds à quatre mètres de hauteur! Et sans le confort d’aujourd’hui! »

Bref, le guide et mon beau-frère, ils étaient du même avis…