W comme wagon de train

Lidewij met 2 treinbegeleiders

Des entretiens à cœur ouvert avec des gens passionnés par leur métier, voilà ce qu’on voit et entend dans ce reportage réalisé sur le trajet qui va d’Ostende à Eupen, une ligne qui traverse donc tout le pays et est une de celles à plus forte affluence… neuf cents passagers en temps normal, à peine trente la première semaine de la phase 1 du déconfinement.

Pendant tout un mois, entre le moment où les entreprises ont pu reprendre le travail in situ et celui où les cafés et restaurants ont rouvert, la journaliste a pris ce même train dans les deux sens, avec chaque fois la même jeune conductrice, les mêmes contrôleurs, le même agent de la sécurité…

Trains quasiment vides au début, donc – avec juste quelques personnes des rares secteurs fonctionnant encore, in casu des infirmières – et qui se remplissent un peu au fil des semaines.

Chaque rencontre est un petit document humain, car comme le disent les contrôleurs dans ce reportage, le masque et les autres mesures mettent de la distance entre les gens et eux – sans compter une certaine peur, en plus, parfois – mais en même temps on ressent qu’il y a un réel besoin de communiquer, de se raconter, de s’épancher même.

Le vieux monsieur qui a mis son masque à l’envers (« ah! c’est pour ça qu’il me glisse tout le temps du nez! »), la dame à déambulateur (qu’elle appelle avec humour sa mercedes décapotable – elle y a d’ailleurs accroché le fameux emblème) qui peut enfin retourner à son appartement à la mer, les amoureux qui ont été séparés deux mois à cause du confinement (« ça fait sept mois qu’on est ensemble, moins deux, donc en fait ça ne fait que cinq »), la jeune étudiante qui va à son examen (mais qui n’a « pas eu le temps d’étudier »), le réfugié guinéen qui rêve de l’Angleterre (où personne, croit-il, ne vit dans la rue comme lui)…

Het leven zoals het is, dit-on chez nous, la vie comme elle est.

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source de la photo et article ici.

 

Question existentielle

Leidt droogte tot meer Belgische quinoa?

Les séances d’applaudissement et de vénération virtuelle sont à peine terminées – sans avoir toutefois apporté un salaire plus décent aux infirmières – qu’on voit fleurir de nouvelles préoccupations à cause de la sécheresse persistante et du manque d’eau.

Avec parfois une ouverture sur quelque chose de neuf et de positif, comme cette question recevant une réponse affirmative : « Leidt droogte tot meer Belgische quinoa?« , est-ce que la sécheresse fera qu’on cultivera davantage de quinoa en Belgique?

Oui, dit l’article, puisqu’un champ ensemencé en avril n’a pas eu de pluie et les plantules sont allées chercher l’humidité du sol jusqu’à une profondeur de 50 centimètres, alors que nos cultures traditionnelles (la betterave, la pomme de terre…) souffrent énormément…

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texte écrit pour Olivia Billington avec les mots imposés suivants: fleurir – capharnaüm – ouverture – salaire – vénération – sécheresse – manque.

Merci Olivia!

article et source de la photo ici.

O comme Owen

Le Livre noir des merveilles - Thomas OWEN - Fiche livre ...

Madame vous l’avoue tout de suite, le nom de l’auteur ne lui disait rien du tout: Thomas Owen. A sa grande honte. D’autant plus grande honte qu’il s’agit d’un Belge 😉 Pseudonyme de Gérard Bertot, lit-elle sur wikisaitout, né à Louvain en 1910 et mort à Bruxelles en 2002. Et apparemment très utilisé dans l’enseignement de la littérature fantastique.

Bref.

– Je l’ai lue, cette histoire, dit Estevan, mais je n’y ai rien compris du tout. La relire une deuxième fois ne servirait à rien! je pourrais la relire cinq fois, je n’y comprendrais toujours rien!

Estevan est à l’âge du tout et du rien.

– OK… fait Madame. Et si je te la lisais à haute voix, ça t’aiderait?

– Je ne sais pas… on peut essayer, si vous voulez…

Ce garçon n’est pas contrariant.

Alors Madame se lance dans une lecture mimée de La Boule noire (non il n’y a heureusement ni film ni photos de cette prestation ;-)) parce que rien ne la motive mieux que les « tout », les « rien » et les « moi je n’aime pas le français » 🙂

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nouvelle à lire ici. infos et source de l’illustration ici. Et un très beau travail de prof confinée faisant son enseignement à distance ici.

Question existentielle

Cartoon van de dag - juni 2013 - De Standaard

Wat gaat u doen…? Qu’allez-vous faire pour les milliers de gens qui travaillent dans le secteur culturel et qui n’ont d’autre choix que de rester chez eux à attendre que le rideau tombe définitivement? Qu’allez-vous faire pour les millions de gens qui craignent de devoir se passer encore longtemps des productions culturelles qu’ils aiment voir et entendre, parce qu’elles donnent de la couleur à leur quotidien? 

Wat gaat u doen voor de duizenden werknemers die hun brood verdienen met cultuur en die geen enkele andere keuze hebben dan thuis te zitten wachten tot het doek valt? Wat gaat u doen voor de miljoenen toeschouwers, luisteraars en lezers die nu al vrezen – en wie weet voor hoe lang – dat ze het zonder de culturele producties en evenementen, die hun dagelijks leven kleur geven, moeten doen?

C’est la question posée dans la lettre ouverte en bas de laquelle trois cents noms du secteur culturel belge ont mis leur signature.

Datée du 11 mai, elle n’a cependant pas été entendue par le gouvernement.
Pas de compensations.
Pas de perspectives.
Pas un mot pour tous ces gens qui nous sont essentiels.

Pour ceux que ça intéresse, Le Vif y a consacré un article le 14 mai.

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Dessin humoristique de Lectrr:
– Papa, c’est quoi, des Primitifs flamands?
– Des gens qui économisent sur la culture, chérie.

M comme De Moor

De toute la série « Le confinement vu par Johan De Moor« , il ne fallait pas rater cet exemplaire-ci 🙂

Pour bien le comprendre, il faut savoir qu’en Belgique les salons de coiffure n’ouvriront que le lundi 18 mai.

Ce qui fait que l’Adrienne a eu le temps de passer de la coupe courte à la coiffure au carré… et que chacun se débrouille comme il peut, y compris Tintin 🙂

A sa vitrine, la coiffeuse de l’Adrienne a placardé un texte dans lequel elle déclare qu’elle n’est pas du tout d’accord avec les décisions du gouvernement concernant les coiffeurs. Mais il est difficile d’en conclure si elle trouve les mesures trop sévères ou pas assez.

Probablement les deux à la fois 🙂

Pour voir les autres dessins de la série, c’est . Ils sont très réussis!

La source de l’image est ici.

Johan De Moor a réalisé la fresque ci-dessous qu’on peut voir à Bruxelles (Saint-Gilles, place Horta) et ici.

lombard 02

Adrienne parle aux objets

Vous l’aurez remarqué, ce qui fleurit le mieux, c’est l’humour au temps du corona et c’est très bien. 

Une des petites phrases rencontrées au tout début du confinement disait que parler aux objets, quand on est seul à être confiné, c’est tout à fait normal.

Que ça ne devient inquiétant que si les objets vous répondent.

L’Adrienne parle aux objets depuis toujours. Ça commence même dès le matin, comme dans ce poème de Paul Van Ostaijen, Marc groet ‘s morgens de dingen (Le matin, Marc dit bonjour aux choses) que tous les petits enfants apprennent par cœur à l’école.

En tout cas les petits enfants du temps où l’Adrienne l’était 😉

Dag ventje met de fiets op de vaas met de bloem

ploem ploem
dag stoel naast de tafel
dag brood op de tafel
dag visserke-vis met de pijp
en
dag visserke-vis met de pet
pet en pijp
van het visserke-vis
goeiendag
Daa-ag vis
dag lieve vis
dag klein visselijn mijn
Par bonheur, jusqu’à présent, aucun objet ne lui a répondu 🙂
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source de l’image ici et des vidéos d’humour belge au temps du corona à voir ici:

https://www.rtbf.be/embed/m?id=2617291&autoplay=0

merci à Joe Krapov pour sa consigne: Les objets confinés se confient

C’est entendu, vous êtes confiné·e chez vous. Mais vous n’êtes pas seul·e. Tous les objets qui vous entourent le sont eux aussi et depuis plus longtemps que vous. Faites-les parler ! Que peuvent nous raconter votre réfrigérateur, le fétiche arumbaya à l’oreille cassée offert par votre oncle Augustin, le miroir magique, le canapé ou la pendule du salon, l’étagère à rouleaux de papier hygiénique (non, quand même pas !) à propos de votre maison, de leur propre vie et de votre tournage en rond « sous leurs yeux » ? Objets inanimés, avez vous donc une âme ? La réponse, cette semaine, sera définitivement « oui »!

 

N comme neveu

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EL NIPOTINO

Je suis le Narrateur, – le Veuf, – l’Inconsolé,
Le neveu d’Adrienne à la villa abolie :
Ma seule tante est morte, – et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Voilà le pastiche qui convient, me semble-t-il, après la lecture du résumé et des premières pages du livre d’Armel Job: Une femme que j’aimais.

Ci-dessous le résumé par la maison d’éditions Laffont:

Un secret qui ne passe pas

Chaque week-end, Claude, jeune homme au tempérament solitaire et à la vie un peu terne, rend visite à la seule personne qu’il aime rencontrer, sa tante Adrienne, qui habite une belle villa à la campagne. Adrienne a cinquante-cinq ans, elle est veuve, elle ne sort pratiquement jamais de chez elle. Mais sa douceur, sa beauté fascinent Claude, comme tous les hommes qui ont un jour croisé son regard.
Un samedi, Adrienne évoque un secret qui depuis toujours pèse sur son cœur. Elle voudrait le confier à Claude, qui refuse de l’entendre. Quelques semaines plus tard, il la trouve gisant sur le carrelage de la villa, morte. Accident ? Meurtre ?… Alors, seulement, Claude se met en quête de la confidence qu’il n’avait pas voulu recevoir. Cette quête va le mener sur les traces du passé d’Adrienne, chaque rencontre lui suggérant une réponse que remet en question la suivante…
Sur un rythme de thriller psychologique qui entraîne le lecteur de fausse piste en fausse piste jusqu’à la révélation finale, un magnifique portrait de femme où Armel Job explore avec le talent qu’on lui connaît les paradoxes de l’âme humaine, de la dévotion à la haine.

On peut lire les premières pages ici.

 

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devoir de Lakevio du Goût_30.jpg

Ces deux-là font quand même une drôle de tête, même s’ils nous tournent le dos, ça se voit, ça se sent, ça se sait. Que diable arrive-t-il ? Faites-nous part de ce que vous en pensez lundi, demande Monsieur Le Goût, dont c’est la 30e consigne ce lundi. Merci à lui!

En voyant ce tableau je me suis dit que la femme aurait mieux fait de ne jamais se teindre en blonde, si au bout de quatre ou six mois elle a changé d’avis – ou si sa coiffeuse est morte – et qu’elle a oublié de boutonner sa robe dans le dos. Ou qu’elle a perdu le bouton et eu la flemme d’en recoudre un autre 😉

Et je me suis demandé pourquoi tous ces gens qu’on voit sur la plage portent les mêmes vêtements blancs… pour ramasser des coquillages?

V comme vive le vent!

Kursaal 2018 (c) VRT

Puisque le Kursaal d’Ostende ouvre ses portes aux visiteurs du lundi 24 au jeudi 27 février, l’Adrienne y a emmené sa mère hier, pour visiter les lieux et y voir ou revoir les fresques de Delvaux et les autres œuvres d’art à l’intérieur du bâtiment.

Ce n’est pas la ‘zacht briesje‘ qui les en a empêchées 😉

Puis, quand elles étaient à mi-chemin du parcours de visite, sa mère se tourne vers elle et lui demande:

– Qu’est-ce qu’on est venues faire ici, au juste?

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source de l’illustration et info sur le Kursaal ici.

la météo du jour à la côte belge ici.

M comme Mystère

Kevin Bacon en Tom Hanks.

A Mortsel, comme dans toutes nos villes, il y a un ‘kringwinkel‘, un de ces magasins où vous pouvez déposer vos objets qui ne vous servent plus et où ils seront remis en vente à des prix très modiques.

A Mortsel, donc, quelqu’un a déposé, parmi d’autres affaires, un album photo dans lequel on peut voir la même dame prenant fièrement la pose avec des tas de vedettes hollywoodiennes.
Environ deux cents photos, datées de 1992 à 1995.

Normalement les albums photos sont passés à la déchiqueteuse mais là on en a été fort intrigué, vu son contenu, on a cru à une erreur et on a mené sa petite enquête pour savoir qui était cette dame pour éventuellement le lui restituer, à elle ou a sa famille.
Et on l’a assez rapidement retrouvée.

Il s’agit d’une Belge aujourd’hui décédée, qui résidait à Los Angeles où de 1975 à 2010 elle a travaillé comme journaliste correspondante à Hollywood. Un travail qu’elle a continué à exercer jusqu’à un âge si avancé – 87 ans! – que finalement les journaux et magazines lui ont suggéré d’arrêter 😉

Le seul mystère non résolu est la question de savoir comment cet album – un des plus de vingt remplis de ce même genre de photos souvenirs avec des vedettes, et qui sont aujourd’hui en possession de sa fille qui vit elle aussi aux USA – est arrivé à Mortsel.

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source de la photo ici, où on peut en admirer des tas d’autres, Maria avec Kate Winslet, Michael Douglas, Jack Nicholson, Bruce Willis, Jack Lemmon, Sophia Loren, Jon Bon Jovi, Keanu Reeves etc.

toute l’info en détail ici.

F comme fruit

Opnieuw briefkaart met kiwisticker bezorgd door Bpost: ‘Goedkoper dan priorzegel en meer vitamientjes’

Je ne sais pas s’il faut être Belge pour avoir de telles idées – ni s’il faut être en Belgique pour que ça marche – mais le fait est là: quelques plaisantins, à l’occasion de Noël et Nouvel An, ont envoyé des cartes de vœux ornées du petit auto-collant d’un kiwi au lieu du timbre poste. Comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessus.

L’expéditeur de celle-ci est heureux d’annoncer que sa carte vitaminée est arrivée avant une autre, qui avait cependant été pourvue d’un timbre officiel au tarif « prioritaire » de 0,97 €.

A la Poste, bien sûr, on déplore cette mode fruitière, mais depuis que le facteur ne passe plus dans ma rue, j’applaudis à tout ce qui peut la faire grincer des dents 🙂

Je précise, pour ceux qui aimeraient tenter l’expérience, que ça ne semble pas marcher avec les auto-collants des poires et des bananes: ça ne fonctionne qu’au kiwi 😉

source de la photo et article ici.