Première rencontre

Les Belges, selon les dires de Tshiamuena, avaient débarqué dans son patelin à la faveur des vaccins contre la varicelle. Quatre ou cinq médecins stagiaires qui devaient traiter une centaine de mômes. Alors qu’elle vadrouillait dans son village, elle était tombée nez à nez avec l’un d’eux. – Tu as quel âge? Elle n’avait pas su comment réagir. Elle avait souri du bout des lèvres. Tout en tremblant de peur, elle s’était efforcée de soutenir le regard de l’homme. Depuis sa naissance, c’était la toute première fois qu’elle croisait un Blanc. Ses parents, ses oncles, ses tantes, ses nièces, ses cousins, également. Comme la majorité des gens de son village. […]

Lorsqu’un marchand, en rentrant de ses pérégrinations, avait confirmé non sans tristesse que les Blancs se servaient de morceaux de métal pour manger, il avait déclenché une hilarité sans précédent. Pendant plus d’une année, lorsque le type revenait sur ce fait divers, on s’éclatait jusqu’à rouler par terre. […]

Comme l’homme blanc arrivait par la mer, le fleuve ou l’océan, des rumeurs circulaient selon lesquelles c’était un animal marin qui après des années de solitude et de putréfaction corporelle s’était décidé à sortir des eaux à la recherche d’une vie meilleure sur terre. On assimilait l’homme blanc à un revenant ou même à un ancêtre – succombé par noyade ou de mort naturelle -, qui à l’issue d’un séjour aquatique prolongé avait perdu la couleur de sa peau […]

Fiston Mwanza Mujila, La Danse du Vilain, éd. Métailié, 2020, p.69-71

Le premier billet sur ce livre est ici.

Y comme y a pas que

Cousin numéro trois est marathonien. Champion de triathlon. Amateur des parcours les plus lourds, de ces ‘trails’ où il faut grimper des dénivelés boueux.

Apparemment, il n’est pas le seul.
Apparemment, le ‘trail’ ne leur suffit pas.
Il leur faut de l’ultra-trail.
Et c’est l’équipe belge qui vient de remporter les championnats du monde de cette discipline, devant les Etats-Unis.

Course d’endurance et ‘last man standing‘, comme dans le film They shoot horses, don’t they.

Ce last man standing, c’étaient deux Belges, dont un incroyable champion qui s’appelle Karel Sabbe et est dentiste à Gand:

« Cette fois, il vient de repousser les limites physiologiques de l’être humain puisque jamais avant lui un homme n’avait couru 75 heures, plus de trois jours et trois nuits donc, parcourant 503 kilomètres sans s’arrêter. »

Tout ce que vous voulez savoir sur cette compétition: ici.

7 paires?

A l’expo au Musée de la Tapisserie, à Tournai, l’Adrienne s’est arrêtée un moment devant cette œuvre ‘Sans titre‘ dont elle ne savait que penser.

Des petits carrés blancs épinglés sur fond blanc, sont tricotés ou crochetés ou simplement « déchiquetés » dans du tissu, et portent chacun une nominette (comment appelle-t-on ça en France?) avec un verbe pronominal.

On constate qu’il s’agit souvent des mêmes verbes qui reviennent.
On s’interroge sur le sens de tout ça.
On commence à assembler les verbes deux à deux, jusqu’à former sept couples: se tendre/se détendre, se salir/se laver, s’user/se réparer, se couvrir/se découvrir… mais on doute que ce soit la bonne explication du sens de l’œuvre.

On consulte la brochure reçue à l’entrée.
On y explique que ces verbes « renvoient à l’individu » et que l’œuvre « interpelle et pose une réflexion sur l’être et le devenir. »

Ça rappelle une discussion qu’on avait eue avec un voisin artiste très reconnu en Flandre, dont la conclusion était: si moi – artiste – je décrète qu’une chose est de l’art, alors c’est de l’art.

Point barre.

T comme trois petits points de suspension

La fiche que le garçon de bureau avait fait remplir et qu’il tendait à Maigret portait textuellement :

Ernestine, dite la Grande Perche (ex-Micou, actuellement Jussiaume), que vous avez arrêtée, il y a dix-sept ans, rue de la Lune, et qui s’est mise à p… pour vous faire enrager, sollicite l’honneur de vous parler de toute urgence d’une affaire de la plus haute importance.

Maigret jeta un coup d’œil en coin au vieux Joseph pour savoir s’il avait lu le billet, mais l’huissier à cheveux blancs restait impassible. Il était probablement le seul, ce matin-là, dans tous les bureaux de la P.J., à ne pas être en bras de chemise, et, pour la première fois après tant d’années, le commissaire se demanda par quelle aberration on obligeait cet homme quasi vénérable à porter au ou une lourde chaîne avec une énorme médaille.

Il y a des jours comme ça, où l’on se pose des questions saugrenues. Cela tenait peut-être à la canicule. Peut-être aussi à ce que l’atmosphère de vacances empêchait de prendre les choses très au sérieux. Les fenêtres étaient grandes ouvertes et la rumeur de Paris vibrait dans le bureau où, avant l’entrée de Joseph, Maigret était occupé à suivre des yeux une guêpe qui tournait en rond et heurtait le plafond invariablement au même endroit. Une bonne moitié des inspecteurs étaient à la mer ou à la campagne. Lucas portait un panama qui, sur sa tête, prenait des allures de hutte indigène ou d’abat-jour. Le grand patron était parti la veille, comme tous les ans, pour les Pyrénées.

– Saoule? demanda Maigret à l’huissier.
– Je ne crois pas, monsieur Maigret.

Car il arrive à certaines femmes, quand elles ont trop bu, d’éprouver le besoin de faire des révélations à la police.

Simenon, Maigret et la Grande Perche, 1951, in Tout Simenon volume 5, Presses de la Cité, p. 543 (incipit)

***

Les trois points de suspension ont intrigué l’Adrienne: s’agit-il de masquer le mot ‘picoler’? ça ne semble pas assez raide, comme vocable, pour y jeter un voile pudique. En tout cas pas de nos jours 😉 S’agit-il d’un autre mot? mais alors lequel?

A part ça, il y a comme toujours tous ces éléments qui font la saveur du livre et qui disparaissent à l’écran: les traits d’humour (comme ici le panama aux allures de hutte indigène), l’atmosphère étouffante à cause de la canicule et le léger laisser-aller pour cause de vacances (dans le film Maigret est comme d’habitude habillé du manteau pardessus le veston), des détails comme cette guêpe, toutes ces réflexions pertinentes sur la psychologie des personnages… et les odeurs! 

Bref, quand on lit et qu’on regarde le film juste après, on se souvient des mots, des répliques, de tout, et on remarque ce qui a été omis ou conservé.

Comme cette petite phrase qu’on avait relevée p.555 à propos du mari de la Grande Perche: « Né gibier, il trouvait tout naturel d’être chassé ».

M comme Maigret en meublé

– Pourquoi ne viendriez-vous pas dîner chez nous, à la fortune du pot?

Le brave Lucas avait probablement ajouté :

– Je vous assure que ma femme en serait enchantée.

Pauvre vieux Lucas ! Ce n’était pas vrai, car sa femme, qui s’affolait pour un oui ou pour un non et pour qui c’était un martyre que d’avoir quelqu’un à dîner, l’aurait certainement accablé de reproches.

Ils avaient quitté tous les deux le Quai des orfèvres vers sept heures, alors que le soleil était encore brillant, s’étaient dirigés vers la Brasserie Dauphine et avaient pris place dans leur coin. Ils avaient bu un premier apéritif en regardant dans le vide à la façon des gens qui ont fini leur journée. Puis, sans y prendre garde, Maigret avait frappé sa soucoupe avec une pièce de monnaie pour appeler le garçon et lui dire de remettre ça.

Ce sont des choses sans importance, bien entendu. Des choses qu’on exagère en les exprimant, parce que, dans la réalité, elles sont beaucoup plus subtiles. Maigret n’en était pas moins persuadé que Lucas avait pensé:

« C’est à cause de l’absence de sa femme que le patron prend un second verre sans y être obligé. »

Il y avait deux jours que Mme Maigret avait été appelée en Alsace au chevet de sa sœur qu’on allait opérer.

Est-ce que Lucas s’imaginait qu’il était désorienté? ou malheureux? En tout cas, il l’invitait à dîner en y mettant malgré lui une insistance un peu trop affectueuse. Il avait, en outre, une certaine façon de le regarder, comme pour le plaindre. Ou bien tout cela n’existait-il que dans l’imagination du commissaire?

Comme par une ironie du sort, depuis deux jours, aucune affaire urgente ne le retenait à son bureau après sept heures du soir. Il aurait même pu partir à six heures, alors que, d’habitude, c’était miracle quand il arrivait chez lui à l’heure pour un repas.

– Non. Je vais en profiter pour aller au cinéma, avait-il répondu.

Et il avait dit « profiter » sans le vouloir, sans que cela reflétât sa pensée.

Ils s’étaient quittés au Châtelet, Lucas et lui, Lucas dégringolant l’escalier du métro, Maigret restant debout, indécis, au milieu du trottoir. Le ciel était rose. Les rues paraissaient roses. C’était un des premiers soirs à sentir le printemps, et il y avait des gens à toutes les terrasses.

Qu’avait-il envie de manger? Parce qu’il était seul, qu’il pouvait aller n’importe où, il se posait gravement la question, pensait aux différents restaurants capables de le tenter, comme pour une partie fine. Il fit d’abord quelques pas dans la direction de la Concorde et cela lui donna comme une mauvaise conscience, parce qu’il s’éloignait inutilement de chez lui. A une vitrine d’une charcuterie, il vit des escargots préparés, débordant d’un beurre persillé qui avait un aspect verni.

Sa femme n’aimait pas les escargots. Il en mangeait rarement. Il décida de s’en offrir ce soir-là, donc « d’en profiter », et il fit demi-tour pour se diriger vers un restaurant proche de la Bastille dont c’est la spécialité.

On l’y connaissait.

– Un seul couvert, monsieur Maigret?

Le garçon le regardait avec un rien d’étonnement, un rien de reproche. Seul, il ne pouvait pas avoir une bonne table et on l’installa dans une sorte de couloir, contre une colonne.

La vérité, c’est qu’il ne s’était rien promis d’extraordinaire. Ce n’était même pas vrai qu’il eût envie d’aller au cinéma. Il ne savait que faire de son grand corps. Pourtant, il se sentait vaguement déçu.

– Et comme vin, ce sera?

Il n’osa pas prendre un vin trop fin, toujours pour ne pas paraître en profiter.

Et, trois quarts d’heure plus tard, alors que les réverbères s’étaient allumés dans le soir bleuté, il se retrouvait debout, toujours seul, place de la Bastille.

Il était trop tôt pour se coucher. Il avait eu le temps, au bureau, de lire le journal du soir. Il n’avait pas envie de commencer un livre qui le tiendrait éveillé une partie de la nuit.

Il se mit à marcher sur les Grands Boulevards, décidé à entrer dans un cinéma. Deux fois, il s’arrêta pour examiner des affiches qui ne l’aguichèrent pas. Une femme le regarda avec insistance et il rougit presque, car elle semblait avoir deviné qu’il était provisoirement célibataire.

S’attendait-elle, elle aussi, à ce qu’il en profitât?

Georges Simenon, Maigret en meublé (1951), in Tout Simenon, volume 5, Presses de la Cité, 1988, début du chapitre 1, p. 337-338.

 

D comme démocratique?

<P>Maandag 3 augustus </P>

On entend de plus en plus deux sortes de voix, à propos des mesures sanitaires, comme le signe d’une dualité croissante dans l’opinion publique entre ceux qui se plaignent du « pas assez » et ceux qui crient au scandale antidémocratique.

Les mesures, disent ceux-ci, sont trop souvent contraires à la Constitution belge.
Elles sont donc illégales et mettent notre démocratie en danger.
Les « experts » ont pris le pouvoir, clament-ils.
Ou sont utilisés comme couverture.

Par exemple, ce couvre-feu décrété par Madame le Gouverneur de la province d’Anvers. Du jamais vu depuis l’occupation allemande et interdit par la loi belge.

Pouvoirs spéciaux, traçage des individus, fin annoncée du secret médical, tout ça est accepté par un grand nombre, vu le climat de peur qui a été créé.

Mais de plus en plus de gens commencent à se demander si ce sera « het nieuwe normaal« . Ils craignent que la majeure partie de ces mesures (comme le traçage ou la fin du secret médical) ne soient conservées dans un (hypothétique) après-corona. 

Bref, ça fait réfléchir.

***

source de l’illustration ici – le caricaturiste Lectrr réutilise un tableau de Hopper pour faire référence à un point de l’actualité anversoise, où le couvre-feu (avondklok) a été décrété. Etant donné que Nighthawks date de 1942, cette réutilisation se justifie pleinement 🙂

R comme rire

On ne le croirait pas en regardant les adaptations pour le cinéma ou la télévision, mais il y a de l’humour chez Simenon et ses Maigret.

Par exemple, dans Maigret au Picratt’s (1951) qu’on peut voir dans la vidéo ci-dessus – qui diffère trop de l’original, soit dit en passant – on peut lire ceci: 

C’était une de ces journées mornes par lesquelles on se demande ce qu’on est venu faire sur la terre et pourquoi on se donne tant de mal pour y rester.

Georges Simenon, Maigret au Picratt’s, in Tout Simenon volume 5, Presses de la Cité 1988, p. 240

Elle commençait à trouver que la police n’est pas aussi curieuse qu’on le prétend, car Maigret ne l’aidait pas du tout, ne la poussait pas à parler, l’écoutait avec l’indifférence d’un vieux confesseur assoupi derrière son grillage.

Georges Simenon, Maigret au Picratt’s, in Tout Simenon volume 5, Presses de la Cité 1988, p. 299

M comme Maigret

Quand Maigret, avec un soupir de lassitude, écarta sa chaise du bureau auquel il était accoudé, il y avait exactement dix-sept heures que durait l’interrogatoire de Carl Andersen.

On avait vu tour à tour, par les fenêtres sans rideaux, la foule des midinettes et des employés prendre d’assaut, à l’heure de midi, les crémeries de la place Saint-Michel, puis l’animation faiblir, la ruée de six heures vers les métros et les gares, la flânerie de l’apéritif…

La Seine s’était enveloppée de buée. Un dernier remorqueur était passé, avec feux verts et rouges, traînant trois péniches. Dernier autobus. Dernier métro. Le cinéma dont on fermait les grilles après avoir rentré les panneaux-réclame…

Et le poêle qui semblait ronfler plus fort dans le bureau de Maigret. Sur la table, il y avait des demis vides, des restes de sandwiches.

Un incendie dut éclater quelque part, car on entendit passer les bruyantes voitures des pompiers. Il y eut aussi une rafle. Le panier à salade sortit vers deux heures de la Préfecture, revint plus tard par la cour du Dépôt où il déversa son butin.

L’interrogatoire durait toujours. D’heure en heure, ou de deux en deux heures, selon sa fatigue, Maigret poussait un bouton. Le brigadier Lucas, qui sommeillait dans un bureau voisin, arrivait, jetait un coup d’œil sur les notes du commissaire, prenait la suite.

Et Maigret allait s’étendre sur un lit de camp pour revenir à la charge avec de nouvelles provisions d’énergie.

La Préfecture était déserte. Quelques allées et venues à la Brigade des mœurs. Un marchand de drogues qu’un inspecteur amena vers quatre heures du matin et qu’il cuisina sur-le-champ.

La Seine s’auréola d’un brouillard laiteux qui blanchit et ce fut le jour, éclairant les quais vides. Des pas résonnèrent dans les couloirs. Des sonneries de téléphone. Des appels. Des claquements de portes. Les balais des femmes de ménage.

Et Maigret, posant sa pipe trop chaude sur la table, se leva, regarda le prisonnier des pieds à la tête, avec une mauvaise humeur non exempte d’admiration.

Dix-sept heures d’interrogatoire serré! Auparavant, on avait retiré à l’homme les lacets de ses chaussures, son faux col, sa cravate, et on avait vidé ses poches.

Pendant les quatre premières heures, on l’avait laissé debout au milieu du bureau, et les questions tombaient aussi dru que des balles de mitrailleuse.

– Tu as soif?…

Maigret en était à son quatrième demi et le prisonnier avait esquissé un pâle sourire. Il avait bu avidement.

– Tu as faim?…

On l’avait prié de s’asseoir, puis de se lever. Il était resté sept heures sans manger et on l’avait harcelé ensuite, tandis qu’il dévorait un sandwich.

Ils étaient deux à se relayer pour le questionner. Entre les séances, ils pouvaient sommeiller, s’étirer, échapper à la hantise de cet interrogatoire monotone.

Et c’étaient eux qui abandonnaient!

Georges Simenon, La nuit du carrefour, 1931 (éd. LdeP 14246) – début du chapitre 1

***

L’Adrienne, suite à sa lecture du Polar pour les nuls, passe ses soirées avec le commissaire Maigret 🙂

W comme wagon de train

Lidewij met 2 treinbegeleiders

Des entretiens à cœur ouvert avec des gens passionnés par leur métier, voilà ce qu’on voit et entend dans ce reportage réalisé sur le trajet qui va d’Ostende à Eupen, une ligne qui traverse donc tout le pays et est une de celles à plus forte affluence… neuf cents passagers en temps normal, à peine trente la première semaine de la phase 1 du déconfinement.

Pendant tout un mois, entre le moment où les entreprises ont pu reprendre le travail in situ et celui où les cafés et restaurants ont rouvert, la journaliste a pris ce même train dans les deux sens, avec chaque fois la même jeune conductrice, les mêmes contrôleurs, le même agent de la sécurité…

Trains quasiment vides au début, donc – avec juste quelques personnes des rares secteurs fonctionnant encore, in casu des infirmières – et qui se remplissent un peu au fil des semaines.

Chaque rencontre est un petit document humain, car comme le disent les contrôleurs dans ce reportage, le masque et les autres mesures mettent de la distance entre les gens et eux – sans compter une certaine peur, en plus, parfois – mais en même temps on ressent qu’il y a un réel besoin de communiquer, de se raconter, de s’épancher même.

Le vieux monsieur qui a mis son masque à l’envers (« ah! c’est pour ça qu’il me glisse tout le temps du nez! »), la dame à déambulateur (qu’elle appelle avec humour sa mercedes décapotable – elle y a d’ailleurs accroché le fameux emblème) qui peut enfin retourner à son appartement à la mer, les amoureux qui ont été séparés deux mois à cause du confinement (« ça fait sept mois qu’on est ensemble, moins deux, donc en fait ça ne fait que cinq »), la jeune étudiante qui va à son examen (mais qui n’a « pas eu le temps d’étudier »), le réfugié guinéen qui rêve de l’Angleterre (où personne, croit-il, ne vit dans la rue comme lui)…

Het leven zoals het is, dit-on chez nous, la vie comme elle est.

***

source de la photo et article ici.