T comme Thimoty

Người thợ lau kính tại Bỉ tri ân bằng cách vẽ tên cố NS Chí Tài
source de la photo ici

Un article récent avait attiré l’attention de l’Adrienne: son titre disait qu’apprendre de nouvelles choses rendait heureux. Mais l’info la plus importante, pour elle, c’est qu’il faut laisser tomber l’idée de vouloir être bon, très bon, et même le meilleur.

Non, disait l’expert, il faut apprendre juste pour le plaisir d’apprendre, sans s’inquiéter du résultat.

Or comme chacun sait, avec la pandémie il fallait se trouver de nouveaux hobbys pour occuper un surplus de « temps libre ».

Et c’est ce qu’a fait ce laveur de vitres (Flandre Orientale): vu que probablement il avait moins de demandes, il pouvait s’amuser à dessiner des motifs, des logos, des personnages dans la mousse savonneuse sur les fenêtres.
Puis le mettre sur Tik Tok.
Encore plus générateur de buzz que youtube.
Et très vite être repris dans ces fameux algorithmes, garantie de succès.
Puisque d’autres inoccupés passent leur temps sur ce genre de plate-forme.

Il a aujourd’hui des milliers d’abonnés, des « like » par millions, et vous « dessine » ce que vous lui demandez.

Bref, oubliez ce que disait l’article: devenir bon, très bon, le meilleur dans ce que vous entreprenez, c’est tout de même important 😉

M comme mule

« Ach! » disait-il, « Ach! allège ton almanach, les concerts sont annulés.
Tu ferais chanteur ambulant? Mime sur le bitume?
Tu vas finir au bloc! Partir en bombe!

Je sais que la scène te botte, que tu es arrivé en bout de ligne, que tu n’as plus de quoi payer ta boulangère, ton camembert…

Tu veux arrêter à toi tout seul le char de l’État?
Ton royaume pour un cheval?
Tu es à un cheveu de prendre la culotte (*)?
Tu en as marre des combines?
Tu veux de nouveau donner des coups de collier, vivre des coups de feu? Tu veux que cesse cette descente aux enfers?

Que veux-tu que je te dise?

Reviens en septembre… »

(*) ne pas pouvoir faire face à une situation difficile.

***

Merci à Joe Krapov qui propose d’insérer au moins dix mots de la liste ci-dessous dans un texte qui parlera de la poste, des timbres, des lettres, des facteurs, des cartes postales, du courrier électronique ou de tout autre chose.

Ach  – Allégé  – Almanach  – Ambulant  – Arête de poisson  – Babillarde,  – Bafouille  – Bidou  – Bitume  – Blanchir une batterie  – Bloc  – Boite à cocus  – Bombe (partir en)  – Botte  – Boulangère  – Boulisterie  – Bout de ligne  – Brêmard  – Brigades  – Burelage  – Cabine  – Cage à poules  – Califs  – Camembert  – CharCheval  – Chevalet  – Cheveu  – Cocotte  – Collier et étiquette  – Combine  – Contrerembour  – Côté  – Coupage-piquage  – Coup de collier  – Coup de feu  – Courir la poste  – Culotte  – Dentelure  – Dépêches  – Dépêche close ou directe  – Dépiautage  – Descente

et là je me suis arrêtée parce que ça faisait déjà 18 mais il y a encore

Distri  – Double toile  – Écluser  – Embrigadé  – Entier postal  – Être au pair  – Être descendu  – Faire gare  – Fausse  – Feuille 12  – Filante  – Gogneuse  – Haut le pied  – Jésus  – Lanterneau  – Liasse  – Libourne  – Maximaphilie  – Mignonnette  – Mondaine  – Mougeotte  – Mule  – Nénette  – Odontomètre  – Ordre de service  – Pacha  – Passe  – Peau de lapin  – Petit bleu  – Philatélie  – Piéton  – Pneu  – Pochée  – Ponton  – Postier  – Poulain  – Pyjama  – Rayon de distribution  – Rebuts  – Rembour  – Remonte  – Restes  – Rouge  – Route  – Sauterelle  – Sédentaire  – Surnuméraire  – Tilbury  – Timbre à date  – Tirer la toile  – Trempolino  – Trousse-couilles  – Tubiste  – Tuer le courrier  – Valise  – Voyage  – Zinc 

X c’est l’inconnu

C’est un « inconnu » qui fait peur et qui s’appelle « deepfake ».

Cet excellent article suisse emploie le mot « flippant ».

C’est une forme de trucage qui utilise l’intelligence artificielle et qui pour le moment est encore réservée à des pro, comme le belge Chris Umé, une sorte de pionnier/spécialiste en la matière, avec ses vidéos montrant un vrai/faux Tom Cruise.

ça lui a pris des mois de travail avec un matériel sophistiqué et un excellent sosie de la star mais c’est une technologie qui sera bientôt à la portée d’un plus grand nombre, avec toutes les dérives possibles.

On ne fera pas que s’amuser à de petites imitations sur Tik Tok, c’est évident.

Et oui, la rubrique « les joies d’internet » devient de plus en plus… flippante, c’est exactement ça!

Stupeur et tremblements

Il y en a qui ne savent pas quoi faire pour créer le ‘buzz’ sur internet et il y en a qui ne savent pas comment ça se fait qu’ils l’ont créé.

Comme Sander Bauwens et ses plus de 180 millions de vues pour une vidéo de 2017.

Une vidéo où il ne se passe rien d’autre, pendant sept minutes et septante-quatre secondes (oui ici c’est la Belgique :-)) que faire passer des poussins, un à un, d’une cage à l’autre.

Et un titre tout aussi peu racoleur, big clean up of the cages

Bref, son auteur, dont le hobby est d’élever des poules, en est le premier étonné.

Surtout, dit-il, que la qualité de l’image est mauvaise, il a simplement filmé d’une main avec un vieux gsm 😉

C comme Carl

Une autre chose qui aurait dû avoir lieu le 2 février, c’est la rencontre à Bruxelles de deux poètes que l’Adrienne aime beaucoup, le Français Thomas Vinau et le Belge Carl Norac.

Mais comme nous tous, au lieu de se voir « en vrai » ils ont dû avoir recours aux joies d’internet, et comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessus, c’est un exercice assez neuf pour eux aussi.

Mais c’est chouette à voir et à entendre, si on a une heure de repassage, de pause ou d’envie, tout simplement 🙂

Merci à eux et aux Midis de la Poésie!

***

Poème pour l’enfant au bord d’une page

La poésie fait son nid d’une main à peine ouverte,
elle peut suivre les lignes de la paume
et aussi vivre  dans un poing.
Elle est ce souffle inattendu qui patientait en toi,
ce temps posé sur l’instant, mais qui dure.
Si tu veux la dresser, change de livre,
délaisse les gens qui veulent la définir.
Elle aura toujours le coup d’aile d’avance
de l’oiseau quand tu veux l’attraper.

Un poème ne t’attend pas.
Il est là, même où tu l’ignores.
Il ne se veut pas forcément plus brillant
qu’une bruine qui s’amuse ou un soleil qui tombe.
Un poème ne fait pas pousser les fleurs :
c’est une parole entre deux lèvres
qui ne sauvera peut-être pas la Terre,
mais qui s’entendra,
se fendra d’un aveu, d’un amour, d’un combat.
Elle chantera encore quand d’autres s’agenouillent
ou s’enfuient devant la foule des bras tendus.

Aujourd’hui, tu vas écrire, me confies-tu.
Alors, vas-y, jette-toi dans la beauté.
Au bout d’une page, ou de quelques vers,
il y a parfois le début d’un univers.
Je te regarde : ce matin, tu te sens si poème
que tu crois pouvoir toucher,
pour dire le monde,
l’infini d’une seconde.

Carl Norac, source ici.

Le défi du 20

Quelle coïncidence, s’exclame l’Adrienne – oui, elle se parle à elle-même, et encore plus qu’avant, histoire de vérifier si sa voix est encore là, et puis quelle merveilleuse liberté d’expression, nul n’est là pour la contredire – bref ‘Quelle coïncidence‘ s’exclame l’Adrienne, en voyant la carte postale que Tania a envoyée à une amie blogueuse canadienne.

– J’ai failli t’envoyer exactement la même, lui écrit l’Adrienne.

Mais jusqu’à aujourd’hui, personne n’a répondu sur le blog canadien non plus 😉

***

La libellule (1903) est une œuvre de l’orfèvre et sculpteur belge Philippe Wolfers (1858-1929) – plus d’info ici – texte écrit pour le Défi du 20 – Lettre L – Passiflore demandait d’utiliser libellule et liberté.

M comme marchande

source

Étonnement de l’Adrienne ce matin: fabriquer et « vendre » des fleurs en papier crépon sur la plage serait une activité qu’on ne trouverait pas ailleurs que sur notre côte belge?

Bizarre!

Et voilà qui ramène l’Adrienne des années en arrière, petite fille confrontée à son énorme timidité et à son absence totale d’esprit mercantile.

Ses fleurs, par contre, étaient très réussies 😉

***

L’article explique que son origine remonte aux années 1920 et que les coquillages qui servent de monnaie d’échange dans ce petit commerce floral diffèrent d’une plage à l’autre.

W comme wagon de train

Des millions de Belges ont applaudi quand fin juin le gouvernement a décidé – parmi les mesures supposées relancer l’économie après le confinement – d’offrir à chaque Belge un Railpass gratuit, donc dix voyages entre deux destinations en Belgique.

Ceux qui n’ont pas applaudi, ce sont les responsables de la SNCB, vu que la gratuité se paie, comme chacun sait.

L’idée du gouvernement était de nous donner des envies de découvertes dans notre propre pays, puisque les voyages à l’étranger étaient fortement déconseillés. Ces dix trajets auraient dû être valables du premier juillet au 31 décembre.

Bref, de tout cela est sorti un compromis, la SNCB préférant probablement garder le billet payant pendant les vacances d’été, le Railpass ne serait valable que d’octobre à mars avec comme limite supplémentaire qu’il n’y aurait qu’au maximum un aller-retour par mois. En compensation, il y aurait donc 12 trajets au lieu de 10.

Vous devinez la suite: reconfinement fin octobre, fermeture des musées, des cafés, des restaurants et de la grosse majorité des hôtels…

L’Adrienne a sur sa cheminée un magnifique Railpass presque neuf 😉

R comme résistance

source de la photo ici.

Que ce soit la recherche universitaire ou les documentaires à la télé, on dirait que nos pays se sont toujours plus intéressés aux collaborateurs qu’aux résistants.

De sorte que ces derniers nous sont peu connus, exception faite de quelques-uns.

Ainsi a-t-il fallu attendre que la jeune fille de la photo ait atteint l’âge de 95 ans – et soit décédée – pour lire un bel article de journal sur les exploits réalisés alors qu’elle n’avait que 16 ans. D’ailleurs, les premières phrases de l’article sont significatives à ce propos:

Het duurde even voor het nieuws doorsijpelde dat Janine De Greef (95) op 7 november is overleden in een Brussels rusthuis. Britse en Amerikaanse media pikten dat het eerst op. Voor hen blijft haar naam ­verbonden met het verzet in de Tweede Wereldoorlog, toen De Greef, als zestien­jarige, 320 Britse en Amerikaanse militairen hielp wegsmokkelen, wier vliegtuig ­boven bezet België was neergeschoten.

Il a fallu un peu de temps pour que la nouvelle du décès de Janine De Greef, dans une maison de repos bruxelloise, le 7 novembre dernier, nous parvienne. Les médias britanniques et américains ont été les premiers à le relever. Pour eux, son nom est toujours lié à la Résistance pendant la seconde guerre mondiale, quand Janine De Greef, alors âgée de 16 ans, a aidé à l’évasion de 320 militaires britanniques et américains après que leur avion avait été abattu au-dessus de la Belgique occupée.

Née en septembre 1925, elle a donc à peine 16 ans quand en 1941 sa famille et elle s’engagent dans le réseau Comète. Ses parents ont fui Bruxelles et sont installés à Anglet (Pyrénées-Atlantiques) d’où ils organisent l’évasion vers l’Espagne, dans ce cas-ci vers le consulat britannique à Bilbao.

On peut voir ici la liste des 320 militaires que Janine a aidés. Ce qui permet de constater qu’il n’y avait pas que des anglo-saxons mais aussi des Polonais, des Canadiens

Au total, le réseau Comète a réussi à sauver environ 800 alliés. Et 155 membres du réseau – dont 55 femmes – ont été fusillés ou sont morts en déportation.

Billet dédicacé à Tania et à sa maman.

H comme horribilis

tintin
Flobert

Nestor avec sa raclette, sa lavette, sa ramassette, sa loque à poussière, son torchon… était contraire.

Oui, l’année avait été mauvaise et ce n’était pas avec un ballotin de pralines à Noël qu’on allait l’amadouer.

J’en ai ma claque de leurs carabistouilles, grommelait-il entre ses dents, et tant pis le ménage sera fait rouf-rouf, qu’ils tirent leur plan!

Au milieu de son bazar on a toqué à la porte.

Milliardidju, ce sera encore ce marticot de Séraphin Lampion qui vient nous vendre son brol!

– Bonjour tout le monde! a crié Tintin, une main sur la clenche et l’autre portant ses filets à commissions.
Je nous ai rapporté des couques au beurre et du filet américain!

A la bonne heure, a soupiré Nestor, ils vont encore me mettre des miettes partout! Moi, le 31 décembre, je prends ma pension!

***

écrit pour l’agenda ironique de décembre qui demandait de combiner le thème de l’annus horribilis à des régionalismes, dont au moins un juron.

J’ai été très heureuse de pouvoir lâcher un maximum de belgicismes, chose que j’évite de mon mieux en temps normal 🙂