Premier!

Dans une de ces nombreuses écoles où Madame a été réaffectée, il y avait deux Rita au secrétariat, et ce qui faisait beaucoup rigoler – elles les premières – c’est que l’une s’appelait Van Boven (d’en haut) et l’autre Van Beneden (d’en bas)

Alors quand Madame a vu sur le site d’Ostende qu’un certain Pierre-Joseph Van Beneden avait fondé le premier laboratoire et le premier aquarium destinés à l’étude de la biologie marine, en 1843, elle a d’abord pensé aux deux Rita avant de s’intéresser à Pierre-Joseph 🙂

Qui pourtant vaut plus que la peine qu’on le sorte de l’oubli!

Comme disent dédaigneusement nos voisins hollandais, vous les Belges, vous ne savez pas vous vendre 😉

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L’illustration (source ici, où on peut voir aussi un portrait du monsieur) montre l’emplacement de cet institut, au 19e siècle, sur l’Oosteroever d’Ostende, dans l’huîtrière de la famille Valcke-Deknuyt.

T comme Taalgrens

Frontière linguistique, taalgrens, c’est un mot que le père de l’Adrienne détestait: il ne voulait pas l’entendre. Il voulait en nier l’existence. Ou plutôt: continuer à croire que les francophones apprendraient le néerlandais et les Flamands le français.

A Bruxelles le week-end dernier, l’Adrienne a pu constater que cette frontière est bien réelle: lors de la visite du Parlement de la fédération Wallonie-Bruxelles, le groupe néerlandophone ne connaissait aucun nom de ceux donnés aux diverses salles du bâtiment.

Même le guide avait dû se renseigner pour savoir qui était Amélie Nothomb, qu’il appelait systématiquement Nathalie Nothomb (vous imaginez à quel point l’Adrienne a dû se retenir pour ne pas le corriger ;-)) et en entrant dans la salle Maurane il demande à la cantonade:

– Quelqu’un ici connaît Maurane?
– Oui, fait l’Adrienne.

Apparemment, il ne voulait pas la croire:

– Ah bon? et c’est quoi? un peintre?
– Une chanteuse.

Le type avait ses idées sur la frontière linguistique et culturelle et aurait aimé qu’elles soient entièrement partagées. Confirmées.

Que José van Dam soit inconnu, passons, mais Philippe Gelück et son Chat?

Puis le groupe arrive dans la salle Eddy Merckx, que tout le monde connaissait, évidemment.

Et là son réflexe territorial lui fait dire:

– Je ne sais vraiment pas pourquoi ils ont choisi Eddy Merckx: il est Flamand! Il y a tout de même aussi de grands sportifs wallons?
– Ben oui, a dit quelqu’un, Justine Hénin.

Bref, une journée du patrimoine fort instructive.

Il aurait été intéressant de faire l’exercice inverse et d’accompagner un groupe francophone en visite au parlement flamand.

Photos prises à Bruxelles aux Journées du Patrimoine le 17 septembre dernier.

L comme Laetitia

Il en avait déjà été question ici, de Speculoos et de Trappist, et cette fois encore il s’agit d’une nouvelle fracassante – en tout cas l’Adrienne la trouve fracassante, cette nouvelle découverte dans l’exploration spatiale par les télescopes belges: trouver des planètes situées à plus d’une centaine d’années lumière de la terre, c’est de la physique qui devient de la métaphysique.

Bien sûr, dans la presse on retient surtout que c’est une « super Terre potentiellement habitable« 

Bref.

L’équipe de l’université de Liège est dirigée par Laetitia Delrez et ceux que le sujet intéresse peuvent lire toute l’info ici, sur le site de l’université de Liège, d’où vient aussi la photo d’illustration.

W comme Welkom!

Après la présence du loup – un billet de janvier 2018 annonçait son arrivée en Belgique – présence qui est loin d’être digérée, les louveteaux qui sont nés entre-temps ont besoin d’être protégés des chasseurs – après le loup donc, la presse annonce l’arrivée imminente d’un autre prédateur du même genre, le chacal doré.

Voilà une bébête dont l’Adrienne n’avait encore jamais entendu parler! Le chacal, oui, dans les westerns ou les histoire de Lucky Luke, mais un chacal doré? et en Belgique?

Vérification faite, c’est normal qu’il soit inconnu ici, puisque l’animal n’a jamais vécu dans nos régions. Certains seraient en route depuis le sud-est de l’Europe vers la Scandinavie. Cet animal est protégé en Europe depuis 1992.

Alors comme il y a le site welkom wolf (bienvenue au loup) il y a désormais welkom jakhals, d’où vient la photo d’illustration.
Article en français ici.

B comme baguette magique

Nommez une chose pour laquelle il n’existe pas de championnat, ça doit être assez rare 🙂

Celui de magie en tout cas existe et il vient d’avoir lieu à Québec.

Cette année, apprend-on dimanche soir, c’est un Belge qui l’a remporté, il s’appelle Laurent Piron et pratique ce qu’on explique dans cette vidéo de 2018: la magie nouvelle.

Voilà l’Adrienne embarquée immédiatement dans ses souvenirs d’enfance, à se rappeler les tours de magie de l’ami José certains dimanches après-midi.

Des « tours » et des trucs qu’il fallait acheter en magasin spécialisé, bien s’entraîner à réaliser correctement puis montrer au public constitué de trois adultes et quatre enfants.

Ébahis, les enfants; amusés, les parents.

Même si parfois ça ratait.

Alors l’ami José était le plus déçu de tous, lançait d’un air fâché: « C’est fini! J’arrête! » et les quatre petits poussaient des Oh! navrés et des Encore! suppliants.

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Les fans de l’ami José peuvent trouver ici les cinq billets qui lui ont été consacrés.

C’est qu’on l’a beaucoup aimé, l’ami José 🙂

Adrienne dans l’immobilier

Le couple planté devant la maison à vendre était parfait pour illustrer ce qu’on peut lire depuis plus de trente ans: il y a un effet réel et mesurable du statut socio-économique sur la santé et la longévité.

L’Adrienne revenait du marché et voyait de loin qu’ils allaient l’aborder:

– Vous êtes d’ici? lui a demandé la dame, et comme si le panier de la ménagère n’était pas une preuve suffisante en plus de la première réponse positive, il a fallu le répéter deux fois, oui, d’ici même, née ici, grandi ici, travaillé ici, habitant ici.

La réponse mettait visiblement la dame en joie:

– Oh! c’est parfait! Alors vous allez pouvoir répondre à nos questions!

Ils venaient d’une autre province flamande, où ils avaient une grande villa avec jardin, mais où des travaux d’entretien et de rénovation devenaient nécessaires, alors ils s’étaient dit: plutôt que de nous mettre dans des travaux, vendons et achetons quelque chose qui soit aux normes actuelles.

Et c’est ainsi qu’ils avaient fait plus de 70 km – au niveau de la Belgique, c’est énorme, pour un déménagement – dans l’espoir de pouvoir visiter cette villa près du parc, en centre ville, avec piscine, sauna, terrasse et jardin bien cachés derrière une triple haie.

Mais voilà, la charmante ville natale de l’Adrienne traîne une triste réputation auprès de ceux qui ne la connaissent pas, et tous les clichés y sont passés, à commencer, bien sûr, par le pourcentage « d’étrangers ».

***

Après les avoir quittés, une demi-heure plus tard, elle s’est demandé quel tour aurait pris la conversation s’ils étaient tombés sur quelqu’un d’autre.

Hajar, Nabila, Othmane, Youssef et tous les autres méritent qu’on rectifie immédiatement le propos 🙂

W comme Waterloo

C’est un programme d’aide aux vétérans de divers conflits, il s’appelle Waterloo Uncovered et du 22 juin au 15 juillet derniers il a permis à une vingtaine de vétérans de travailler avec des archéologues – c’est en association avec l’Agence wallonne du Patrimoine – sur le site de la bataille de Waterloo.

Vous vous étonnerez peut-être qu’on puisse encore y trouver des choses « intéressantes » deux cents ans après la bataille mais la réponse est oui.

Des restes humains, des restes d’animaux, des munitions… qui devraient apporter toujours plus de réponses sur le déroulement de cette bataille et surtout sur ses terribles circonstances.

Vingt mille morts en un seul jour… il a bien fallu les enterrer quelque part, n’est-ce pas?
Ainsi que les chevaux, les mulets… et les membres amputés. C’est qu’on est à la ferme de Mont-Saint-Jean, là où se trouvait l’hôpital de campagne des troupes anglaises.

Pour ceux que ça intéresse, le journal de bord de la campagne archéologique de 2022 est ici.

M comme magique

Magique, magique, il en faudra de la magie, si on veut résoudre tous les problèmes qui se posent sur cette planète et l’Adrienne aimerait bien – mais n’ose pas trop – être du côté de ceux qui croient que l’intelligence humaine et les nouveautés technologiques résoudront tout.

Sceptique, donc, ne serait-ce que parce qu’il nous faudrait d’abord « capturer » quelques astéroïdes pour en retirer tous les métaux dont nous avons de plus en plus besoin.
Même et surtout pour nos énergies dites « vertes ».

Bref, pour ceux que ça intéresse, une start-up bruxelloise a découvert un fil « magique« , un fil thermofusible permettant de faciliter le recyclage des vêtements.
Et une jeune Anversoise a trouvé un procédé pour fabriquer du faux cuir à base de mycélium. Donc sans avoir recours ni à l’animal ni à des dérivés du pétrole.

Allons enfants de la patrie, à l’horizon de 2030 le jour de gloire devrait arriver 😉

G comme Gunzig

Ce doit être infime, la part qui revient à l’auteur quand on achète un de ses ouvrages en Livre de Poche à 7,90 € et pourtant c’est dans le but de le soutenir (oui, riez) que l’Adrienne l’a acheté, et pas pour son titre, Feel Good, ni pour les jolies bouclettes brunes de Thomas.

Bref, de passage à Bruxelles mardi dernier pour aller à la Monnaie, comme d’habitude elle est entrée dans la librairie Tropismes « juste pour voir », elle en est sortie avec (seulement) deux livres et elle en a trois ou quatre en route en même temps, mais pas grave, ça reste un plaisir 😉

Premier

source ici (récap en 70 titres lors de ses 70 ans)

Le premier, c’était beau-papa.
Au téléphone, belle-maman exultait:

– C’est positif, a dit le docteur, donc tout va bien!

Elle avait compris ce que tout proche aime comprendre: les tests sont positifs, donc c’est bon.
Mais bien sûr, en jargon médical « positif » veut dire mauvais.

Jusqu’à aujourd’hui l’Adrienne ne comprend pas comment le médecin, qui a dû assister à une explosion de joie, lui aussi, vu que belle-maman avait l’émotion explosive, comment il n’a pas rectifié le tir.

Le premier, donc, c’était beau-papa.
Après, bien sûr, il y en a eu beaucoup, beaucoup d’autres.
De toutes les sortes.
Des rapides-fulgurants et des sournois-faux jetons, qui te font croire « en rémission » pour t’anéantir plus fort après des opérations et des thérapies qui te mettent le peu de vie qui te reste complètement à l’envers.

Bref, c’est à lui l’Ostendais et à tous ceux qui ont suivi que l’Adrienne a pensé, père, oncle, tantes, amies, élèves… après avoir entendu la triste nouvelle qu’Arno avait succombé, lui aussi, malgré ses efforts pour rester en vie.