M comme magique

Magique, magique, il en faudra de la magie, si on veut résoudre tous les problèmes qui se posent sur cette planète et l’Adrienne aimerait bien – mais n’ose pas trop – être du côté de ceux qui croient que l’intelligence humaine et les nouveautés technologiques résoudront tout.

Sceptique, donc, ne serait-ce que parce qu’il nous faudrait d’abord « capturer » quelques astéroïdes pour en retirer tous les métaux dont nous avons de plus en plus besoin.
Même et surtout pour nos énergies dites « vertes ».

Bref, pour ceux que ça intéresse, une start-up bruxelloise a découvert un fil « magique« , un fil thermofusible permettant de faciliter le recyclage des vêtements.
Et une jeune Anversoise a trouvé un procédé pour fabriquer du faux cuir à base de mycélium. Donc sans avoir recours ni à l’animal ni à des dérivés du pétrole.

Allons enfants de la patrie, à l’horizon de 2030 le jour de gloire devrait arriver 😉

G comme Gunzig

Ce doit être infime, la part qui revient à l’auteur quand on achète un de ses ouvrages en Livre de Poche à 7,90 € et pourtant c’est dans le but de le soutenir (oui, riez) que l’Adrienne l’a acheté, et pas pour son titre, Feel Good, ni pour les jolies bouclettes brunes de Thomas.

Bref, de passage à Bruxelles mardi dernier pour aller à la Monnaie, comme d’habitude elle est entrée dans la librairie Tropismes « juste pour voir », elle en est sortie avec (seulement) deux livres et elle en a trois ou quatre en route en même temps, mais pas grave, ça reste un plaisir 😉

Premier

source ici (récap en 70 titres lors de ses 70 ans)

Le premier, c’était beau-papa.
Au téléphone, belle-maman exultait:

– C’est positif, a dit le docteur, donc tout va bien!

Elle avait compris ce que tout proche aime comprendre: les tests sont positifs, donc c’est bon.
Mais bien sûr, en jargon médical « positif » veut dire mauvais.

Jusqu’à aujourd’hui l’Adrienne ne comprend pas comment le médecin, qui a dû assister à une explosion de joie, lui aussi, vu que belle-maman avait l’émotion explosive, comment il n’a pas rectifié le tir.

Le premier, donc, c’était beau-papa.
Après, bien sûr, il y en a eu beaucoup, beaucoup d’autres.
De toutes les sortes.
Des rapides-fulgurants et des sournois-faux jetons, qui te font croire « en rémission » pour t’anéantir plus fort après des opérations et des thérapies qui te mettent le peu de vie qui te reste complètement à l’envers.

Bref, c’est à lui l’Ostendais et à tous ceux qui ont suivi que l’Adrienne a pensé, père, oncle, tantes, amies, élèves… après avoir entendu la triste nouvelle qu’Arno avait succombé, lui aussi, malgré ses efforts pour rester en vie.

W comme Wavrin

C’est comme « tintinophile » et comme visiteuse de la Cinematek de Bruxelles que l’Adrienne a rencontré deux fois au moins le nom du marquis de Wavrin (1888-1971), et plus elle se renseigne sur ce monsieur, plus elle le trouve exceptionnel et fascinant.

Bref, si vous avez deux minutes, lisez sa bio sur wikisaitout 🙂

Un peu plus d’explications sur le film ici:

K comme klontje

Il avait déjà été question ici de faire de l’eau potable avec de l’eau de mer et hier l’Adrienne découvre un nouveau projet du genre: le grand fabriquant de sucre belge va utiliser les 70 à 75 % d’eau de la betterave à sucre pour en faire de l’eau potable.

Dix mille foyers pourraient ainsi être desservis en « eau de betterave » 🙂 d’ici 2024.

Voilà qui rend l’expression « zo klaar als een klontje« (1) encore plus vraie, puisque l’équivalent en français est « clair comme de l’eau de roche »!

***

(1) een klontje, c’est le mot exact pour le morceau de ‘sucre dur’, celui qui se dissout parfaitement sans laisser de résidu dans le fond de la tasse, une invention belge, paraît-il.

Article en néerlandais ici, avec une autre vidéo.

H comme Hulda

Cette année, on fête le bicentenaire de la naissance du compositeur né à Liège, César Franck.

L’occasion pour les deux grands orchestres liégeois – l’orchestre philharmonique royal de Liège et l’opéra royal de Liège – de faire entendre des œuvres souvent peu ou mal connues.

Comme cet opéra dont l’Adrienne ignorait l’existence 🙂

Pour ceux qui voudraient se rafraîchir la mémoire musicale, trente minutes avec Martha et Renaud:

B comme Bruxelles-Toulouse

Quand en 2017 l’Adrienne a vu ce dessin d’Hergé à l’expo qui lui était consacrée, elle n’en a pas saisi la portée: Bruxelles-Toulouse et retour, à l’automne 1940?

Ce n’est que tout récemment qu’elle a établi le lien avec des faits historiques qui ont touché plus de 300 000 jeunes hommes, jeunes garçons principalement, au lendemain de l’invasion allemande.

Après le 10 mai 1940, les jeunes gens de 16 à 35 ans qui n’avaient pas fait de service militaire ont été enjoints de quitter immédiatement leur foyer pour se rendre par leurs propres moyens dans des centres de recrutement de l’armée belge.

Les chercheurs évaluent à 300 000 le nombre qui a pris la route, donc quasiment tous les appelés, souvent à pied ou à vélo, seuls ou en petits groupes du même village, du mouvement scout…

Des gamins pour la plupart, emportant juste, comme on le leur avait dit, une couverture, un peu de linge et de la nourriture pour 48 heures. Des gamins qui n’avaient souvent pas encore quitté leur province, ni pris le train et beaucoup n’avaient jamais vu la mer.

L’avancée de l’armée allemande a cependant été si rapide, que rien n’était prévu pour les accueillir si massivement, en plus du flot de réfugiés. Comment trouver à se loger, à manger, à boire, à se laver? Toujours ils étaient envoyés plus loin, toujours ils devaient se débrouiller seuls. Après Courtrai, Roulers, Ypres et Poperinge, ils ont été envoyés en direction de la France.

C’est là qu’un grand nombre d’entre eux s’est retrouvé pris entre deux feux. Plus de trois cents sont morts sur les routes belges ou françaises, lors de bombardements par les stukas. Ceux qui ont réussi à passer la Somme à temps ont été envoyés à Rouen, où ils ont été obligés d’abandonner sur place leur précieux vélo. Pour continuer en train à bestiaux, jusqu’à soixante par wagon prévu pour quarante, en direction de Toulouse.

Quand les combats ont cessé, il a encore fallu de nombreuses semaines pour organiser leur rapatriement.

D’où le lien avec le dessin d’Hergé: les derniers ont retrouvé leur foyer en septembre.

Karel Strobbe, Pieter Serrien, Hans Boers, Van onze jongens geen nieuws. De dwaaltocht van 300.000 Belgische rekruten aan het begin van de Tweede Wereldoorlog, éd. Manteau, 2015, 357 p. (traduction du titre: Pas de nouvelles de nos garçons. L’odyssée de 300 000 recrues belges au début de la deuxième guerre mondiale)

Sur la photo choisie pour la couverture du livre, on en voit devant leur baraquement. Sur le mur ils ont écrit: « Wij willen terug naar België« , nous voulons rentrer en Belgique. Remarquez leur tenue: chemise, cravate… Pour cette équipée, ils avaient pour la plupart mis leur « costume du dimanche », croyant que dès la première ville où ils devaient se rendre, on leur donnerait leurs habits militaires…

Allez donc faire, comme ce gamin de Chênée, près de Liège, 130 km à pied avec vos chaussures du dimanche. Puis 225 km à vélo, pour essayer de garder une petite avance sur les panzers allemands. Et enfin 1600 km en train jusqu’à Nîmes.

Le défi du 20

Pour le 20 mars, Passiflore (merci, Passiflore!) demande trois chanteurs et tout naturellement l’Adrienne a pensé à regrouper trois Italo-belges.

Le premier est évidemment Adamo, dont on peut lire ici la biographie, au cas où on ne la connaîtrait pas bien, et voir toute la discographie.

Tombe la neige est un de ses tout premiers morceaux, le choix est large et ceux que l’Adrienne aime sont nombreux, ils font partie de la jeunesse de sa Tantine.

Ensuite il y a Frédéric François. Il a francisé son nom, Francesco Barracato, et s’est spécialisé dans les chansons d’amour Latin Lover 😉

En 1972, mini-Adrienne et son petit frère braillaient Laisse-moi vivre ma vie 🙂

Enfin, Claude Barzotti, né Francesco Barzotti, qui en 1975 a fait chavirer le cœur de midinette de l’Adrienne bien avant qu’elle ne soit une Madame… et tiens! il chavire encore 🙂

K comme Kees

– Vous permettez que je vous demande ce que vous faites dans la vie? s’enquit la dame du B&B en s’adressant à l’homme assis une table plus loin.
– Mais je vous en prie!

C’est ainsi qu’à sept heures du matin, en prenant son petit déjeuner, l’Adrienne a eu droit à tout le curriculum du type – un Hollandais qui s’appelle Kees, ça ne s’invente pas! (1) – ainsi que celui de la dame du B&B, de son mari, de ses parents et de ses beaux-parents 🙂

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photo de « room with a view » prise le 8 mars après le coucher du soleil – le carré bleu gris à peine perceptible au bord en bas à gauche, c’est le toit de la vaillante chtite auto de l’Adrienne 🙂

(1) en patois flamand, Kees veut dire fromage – mais bien évidemment ce n’est pas la véritable étymologie de ce prénom très très hollandais 😉

J comme Jeanne

Dès la première salle de l’expo à Talbot House, l’Adrienne a été scotchée par le témoignage filmé qui montrait une très vieille dame racontant ses souvenirs de petite fille de sept à huit ans pendant la première guerre mondiale, à Poperinge.

Elle s’appelle Jeanne Battheu et est née en 1910. Poperinge faisait partie de ce petit bout de Belgique qui a résisté à l’envahisseur. La famille de Jeanne était une des seules à ne pas avoir envoyé ses enfants en lieu sûr, de sorte qu’elle a tout vécu de près: les soldats anglais à Talbot House, les bombardements, l’ypérite…

« Je n’ai pas eu d’enfance », dit-elle au moment où elle raconte qu’on lui avait demandé de faire boire du lait à des soldats gazés et qu’elle en a vu mourir sous ses yeux dans d’horribles souffrances.

Source de la photo ici: on voit la petite Jeanne qui pousse une « chaise roulante » bricolée dans laquelle se trouve sa petite sœur: l’enfant a tout à coup cessé de savoir marcher, à l’âge de deux ans et demi, traumatisée par le bombardement de leur maison. Elle n’a plus vécu longtemps, décédée à cinq ans et elle « avait à ce moment-là les cheveux aussi blancs que les miens aujourd’hui », dit Jeanne (1910-2001).