W comme wagon de train

Lidewij met 2 treinbegeleiders

Des entretiens à cœur ouvert avec des gens passionnés par leur métier, voilà ce qu’on voit et entend dans ce reportage réalisé sur le trajet qui va d’Ostende à Eupen, une ligne qui traverse donc tout le pays et est une de celles à plus forte affluence… neuf cents passagers en temps normal, à peine trente la première semaine de la phase 1 du déconfinement.

Pendant tout un mois, entre le moment où les entreprises ont pu reprendre le travail in situ et celui où les cafés et restaurants ont rouvert, la journaliste a pris ce même train dans les deux sens, avec chaque fois la même jeune conductrice, les mêmes contrôleurs, le même agent de la sécurité…

Trains quasiment vides au début, donc – avec juste quelques personnes des rares secteurs fonctionnant encore, in casu des infirmières – et qui se remplissent un peu au fil des semaines.

Chaque rencontre est un petit document humain, car comme le disent les contrôleurs dans ce reportage, le masque et les autres mesures mettent de la distance entre les gens et eux – sans compter une certaine peur, en plus, parfois – mais en même temps on ressent qu’il y a un réel besoin de communiquer, de se raconter, de s’épancher même.

Le vieux monsieur qui a mis son masque à l’envers (« ah! c’est pour ça qu’il me glisse tout le temps du nez! »), la dame à déambulateur (qu’elle appelle avec humour sa mercedes décapotable – elle y a d’ailleurs accroché le fameux emblème) qui peut enfin retourner à son appartement à la mer, les amoureux qui ont été séparés deux mois à cause du confinement (« ça fait sept mois qu’on est ensemble, moins deux, donc en fait ça ne fait que cinq »), la jeune étudiante qui va à son examen (mais qui n’a « pas eu le temps d’étudier »), le réfugié guinéen qui rêve de l’Angleterre (où personne, croit-il, ne vit dans la rue comme lui)…

Het leven zoals het is, dit-on chez nous, la vie comme elle est.

***

source de la photo et article ici.

 

U comme Urbs, urbis

photo et article de Daily Science:

BIENVENUE À FALERII NOVI, LA VILLE ROMAINE SOUS LES CHAMPS

Durée de lecture : 4 min

Inutile d’écarquiller les yeux. On ne voit que des champs et des arbres à la cité antique de Falerii Novi. Pourtant, des chercheurs belges et britanniques viennent de mettre au jour tout un nouveau quartier dans cette une cité romaine qui a vu le jour en 241 av. J.-C.

Cette découverte, réalisée dans la vallée du Tibre, à une cinquantaine de kilomètres de Rome, repose sur l’usage d’une technologie qui avait déjà fait ses preuves à Bruxelles, en 2018. A l’époque, François Blary, professeur d’histoire de l’art et d’archéologie à l’ULB et co-directeur du Crea-Patrimoine, le centre d’archéologie de l’Université Libre de Bruxelles, avait passé la Grand-Place de Bruxelles au radar de sol. Ces scanners avaient permis de discerner dans le sous-sol des structures archéologiques anciennes.

Une technique perfectionnée… depuis 1910

Cette fois, c’est une équipe de l’université de Gand et de l’université de Cambridge, au Royaume-Uni, qui a ausculté le sous-sol, en Italie. Pendant trois ans, avec leur radar de sol, ils ont ratissé les champs qui entourent l’abbatiale de Sainte-Marie, tout à côté de l’actuel village de Falerii Novi.

Ces archéologues ont pu cartographier complètement l’antique ville romaine. Leur radar de sol  fonctionne comme un radar ordinaire, en faisant rebondir les ondes radio sur les objets et en utilisant l’”écho” pour construire une image. La différence est qu’il détecte ici des objets souterrains.

Bien que ce principe soit utilisé depuis les années 1910, ces dernières années, les progrès technologiques ont rendu l’équipement plus rapide et plus performant.

Découvertes de plusieurs bâtiments

Cela a conduit à la découverte de plusieurs nouveaux bâtiments, dont un complexe de bains, un marché et un temple. Les chercheurs ont également découvert ce qui semble être une sorte de monument public, différent de tout ce qui avait été observé auparavant dans de telles cités.

« La ville est bien documentée dans le registre historique et ne se trouve pas sous des bâtiments modernes, ce qui en fait un excellent endroit pour mener ce genre d’études », indiquent les chercheurs. « En tant que telle, elle a fait l’objet de décennies d’analyses à l’aide d’autres techniques non invasives, comme la magnétométrie. Celle-ci permet de mesurer le modèle magnétique du sol qui est influencé par l’activité antique ».

Le radar de sol de dernière génération utilisé ici peut sonder le sol à diverses profondeurs.  Les relevés réalisés à Falerii Novi ont été effectués tous les 12,5 cm, sur l’ensemble du site. De quoi éclairer les chercheurs sur la façon dont les villes ont été construites et sur leur évolution dans le temps. L’occupation du site s’est effectivement étendue sur plus de neuf siècles.

Semi-automatisation du traitement des données

Le travail d’interprétation des données récoltées a été semi-automatisé. Une innovation dans le domaine. “L’utilisation des données du radar de sol à haute résolution génère des quantités massives d’informations, rendant l’analyse manuelle très longue”, explique le professeur Martin Millett, un des chercheurs anglais du projet.

Il faudra encore un peu de temps avant que la carte de Falerii Novi ne soit entièrement analysée. Néanmoins, cette recherche a déjà révélé beaucoup de choses sur la ville. « Elle semble notamment moins standardisée que celle de nombreuses autres villes bien étudiées, comme Pompéi, révélant la complexité et la variation de l’urbanisme romain », estime l’équipe scientifique.

Une équipe pour laquelle l’objectif principal de cette recherche était de disposer de nouvelles données sur les villes romaines en Italie, afin de répondre à des questions concernant les processus d’urbanisation, les diversités régionales de l’urbanisme romain, l’évolution des populations, les relations entre villes et campagnes à l’époque romaine…

Question existentielle

Leidt droogte tot meer Belgische quinoa?

Les séances d’applaudissement et de vénération virtuelle sont à peine terminées – sans avoir toutefois apporté un salaire plus décent aux infirmières – qu’on voit fleurir de nouvelles préoccupations à cause de la sécheresse persistante et du manque d’eau.

Avec parfois une ouverture sur quelque chose de neuf et de positif, comme cette question recevant une réponse affirmative : « Leidt droogte tot meer Belgische quinoa?« , est-ce que la sécheresse fera qu’on cultivera davantage de quinoa en Belgique?

Oui, dit l’article, puisqu’un champ ensemencé en avril n’a pas eu de pluie et les plantules sont allées chercher l’humidité du sol jusqu’à une profondeur de 50 centimètres, alors que nos cultures traditionnelles (la betterave, la pomme de terre…) souffrent énormément…

***

texte écrit pour Olivia Billington avec les mots imposés suivants: fleurir – capharnaüm – ouverture – salaire – vénération – sécheresse – manque.

Merci Olivia!

article et source de la photo ici.

O comme Owen

Le Livre noir des merveilles - Thomas OWEN - Fiche livre ...

Madame vous l’avoue tout de suite, le nom de l’auteur ne lui disait rien du tout: Thomas Owen. A sa grande honte. D’autant plus grande honte qu’il s’agit d’un Belge 😉 Pseudonyme de Gérard Bertot, lit-elle sur wikisaitout, né à Louvain en 1910 et mort à Bruxelles en 2002. Et apparemment très utilisé dans l’enseignement de la littérature fantastique.

Bref.

– Je l’ai lue, cette histoire, dit Estevan, mais je n’y ai rien compris du tout. La relire une deuxième fois ne servirait à rien! je pourrais la relire cinq fois, je n’y comprendrais toujours rien!

Estevan est à l’âge du tout et du rien.

– OK… fait Madame. Et si je te la lisais à haute voix, ça t’aiderait?

– Je ne sais pas… on peut essayer, si vous voulez…

Ce garçon n’est pas contrariant.

Alors Madame se lance dans une lecture mimée de La Boule noire (non il n’y a heureusement ni film ni photos de cette prestation ;-)) parce que rien ne la motive mieux que les « tout », les « rien » et les « moi je n’aime pas le français » 🙂

***

nouvelle à lire ici. infos et source de l’illustration ici. Et un très beau travail de prof confinée faisant son enseignement à distance ici.

C comme crapaud

C’est en grande partie de notre faute, disait récemment un journaliste flamand interviewé à l’occasion de sa fin de carrière, si les gens ont une vision si sombre, si pessimiste du monde. Nous n’apportons quasiment jamais de bonnes nouvelles, nous considérons – à tort – que seules les mauvaises valent la peine d’être publiées.

Et il est vrai que nos journaux, sous toutes les formes, nous instillent une nouvelle peur à peine nous sommes-nous faits à l’idée de la précédente, comme l’indique bien le dessin de Pierre Kroll ci-dessous.

Alors oui, l’Adrienne est contente de lire de temps en temps une chose apte à rehausser son niveau d’optimisme et de confiance dans le genre humain.

Comme ce patient travail de sauvetage du crapaud calamite dans les eaux wallonnes. Même si crapaud rime avec pas beau et calamite avec… (OK, passons ;-))

Tout lire sur cette passionnante affaire? Ici

Le Kroll du jour sur

source du dessin de Pierre Kroll ici. Le crapaud calamite sur wikipedia ici.

Pour avoir une idée de ses sérénades amoureuses:

 

Question existentielle

Cartoon van de dag - juni 2013 - De Standaard

Wat gaat u doen…? Qu’allez-vous faire pour les milliers de gens qui travaillent dans le secteur culturel et qui n’ont d’autre choix que de rester chez eux à attendre que le rideau tombe définitivement? Qu’allez-vous faire pour les millions de gens qui craignent de devoir se passer encore longtemps des productions culturelles qu’ils aiment voir et entendre, parce qu’elles donnent de la couleur à leur quotidien? 

Wat gaat u doen voor de duizenden werknemers die hun brood verdienen met cultuur en die geen enkele andere keuze hebben dan thuis te zitten wachten tot het doek valt? Wat gaat u doen voor de miljoenen toeschouwers, luisteraars en lezers die nu al vrezen – en wie weet voor hoe lang – dat ze het zonder de culturele producties en evenementen, die hun dagelijks leven kleur geven, moeten doen?

C’est la question posée dans la lettre ouverte en bas de laquelle trois cents noms du secteur culturel belge ont mis leur signature.

Datée du 11 mai, elle n’a cependant pas été entendue par le gouvernement.
Pas de compensations.
Pas de perspectives.
Pas un mot pour tous ces gens qui nous sont essentiels.

Pour ceux que ça intéresse, Le Vif y a consacré un article le 14 mai.

***

Dessin humoristique de Lectrr:
– Papa, c’est quoi, des Primitifs flamands?
– Des gens qui économisent sur la culture, chérie.

M comme De Moor

De toute la série « Le confinement vu par Johan De Moor« , il ne fallait pas rater cet exemplaire-ci 🙂

Pour bien le comprendre, il faut savoir qu’en Belgique les salons de coiffure n’ouvriront que le lundi 18 mai.

Ce qui fait que l’Adrienne a eu le temps de passer de la coupe courte à la coiffure au carré… et que chacun se débrouille comme il peut, y compris Tintin 🙂

A sa vitrine, la coiffeuse de l’Adrienne a placardé un texte dans lequel elle déclare qu’elle n’est pas du tout d’accord avec les décisions du gouvernement concernant les coiffeurs. Mais il est difficile d’en conclure si elle trouve les mesures trop sévères ou pas assez.

Probablement les deux à la fois 🙂

Pour voir les autres dessins de la série, c’est . Ils sont très réussis!

La source de l’image est ici.

Johan De Moor a réalisé la fresque ci-dessous qu’on peut voir à Bruxelles (Saint-Gilles, place Horta) et ici.

lombard 02

C comme Closer to Van Eyck

Gabriel (detail) - Sint-Baafskathedraal Gent © www.lukasweb.be – Art in Flanders vzw, Dominique Provost (2).jpg

Ce devait être le grand événement culturel de 2020, une expo réunissant les œuvres de Van Eyck – disséminées de par le monde – avec son fameux triptyque gantois, qui a fait l’objet d’une minutieuse restauration pendant de nombreuses années.

Tout cela réuni en un seul lieu où dès l’ouverture la foule se pressait.

– Irons-nous voir Van Eyck? demandait la mère de l’Adrienne.

Bien sûr qu’elles iraient!

Sauf que…

Sauf que jusqu’à nouvel ordre, seule une visite virtuelle est possible 🙂

source de la photo ci-dessus et info sur l’expo ici.

source de la photo du panneau central: Closer to Van Eyck, où on peut cliquer sur chaque panneau et agrandir pour tout voir jusque dans les plus petits détails: les violettes, les muguets, les fraises des bois… 🙂

Adrienne parle aux objets

Vous l’aurez remarqué, ce qui fleurit le mieux, c’est l’humour au temps du corona et c’est très bien. 

Une des petites phrases rencontrées au tout début du confinement disait que parler aux objets, quand on est seul à être confiné, c’est tout à fait normal.

Que ça ne devient inquiétant que si les objets vous répondent.

L’Adrienne parle aux objets depuis toujours. Ça commence même dès le matin, comme dans ce poème de Paul Van Ostaijen, Marc groet ‘s morgens de dingen (Le matin, Marc dit bonjour aux choses) que tous les petits enfants apprennent par cœur à l’école.

En tout cas les petits enfants du temps où l’Adrienne l’était 😉

Dag ventje met de fiets op de vaas met de bloem

ploem ploem
dag stoel naast de tafel
dag brood op de tafel
dag visserke-vis met de pijp
en
dag visserke-vis met de pet
pet en pijp
van het visserke-vis
goeiendag
Daa-ag vis
dag lieve vis
dag klein visselijn mijn
Par bonheur, jusqu’à présent, aucun objet ne lui a répondu 🙂
***

source de l’image ici et des vidéos d’humour belge au temps du corona à voir ici:

https://www.rtbf.be/embed/m?id=2617291&autoplay=0

merci à Joe Krapov pour sa consigne: Les objets confinés se confient

C’est entendu, vous êtes confiné·e chez vous. Mais vous n’êtes pas seul·e. Tous les objets qui vous entourent le sont eux aussi et depuis plus longtemps que vous. Faites-les parler ! Que peuvent nous raconter votre réfrigérateur, le fétiche arumbaya à l’oreille cassée offert par votre oncle Augustin, le miroir magique, le canapé ou la pendule du salon, l’étagère à rouleaux de papier hygiénique (non, quand même pas !) à propos de votre maison, de leur propre vie et de votre tournage en rond « sous leurs yeux » ? Objets inanimés, avez vous donc une âme ? La réponse, cette semaine, sera définitivement « oui »!

 

Premier avril

Zaterdag 28 maart

Taratata! dit le cyclotouriste, personne, dans les mesures du corona, n’a rien dit sur la distance qu’on pouvait parcourir, avec le vélo!

Ce n’est pas un poisson d’avril mais c’est une blague qui résume bien l’actualité belge – peut-être encore plus du côté de la Flandre, grande région de cyclotouristes, de coureurs cyclistes, et autres pratiquants de la petite reine s’autoproclamant « Flandrien » avec ce qu’il faut d’orgueil modeste 😉

En effet, ici toutes les courses ont été annulées – même ce monument de kermesse sportive qu’est le Tour des Flandres – et les membres des nombreux groupes de cyclotouristes sont obligés de rouler tout seuls.

Par bonheur pour eux, les ministres n’ont pas limité leur terrain de jeux à un kilomètre autour du domicile 😉

source de l’image ici.