O comme orgueil et préjugés

Janvier est l’époque des discours des chefs de parti et sous prétexte de joyeux rassemblements de nouvel an on constate qu’en réalité les sabres sont déjà bien affûtés en vue des élections communales et régionales de 2024.

Oui, 2024.

On constate qu’il n’est jamais trop tôt pour ressortir les vieilles recettes, celles qui marchent depuis la nuit des temps, Nacht und Nebel, celles de l’orgueil et des préjugés d’un « nous » forcément supérieur à tous les autres, ces « ils » et ces « eux » d’où provient tout le mal.

Alors que la réalité est tellement plus simple – et en même temps beaucoup moins vendeuse – non ce n’est pas « eux », ces autres pauvres ploucs qui vont t’appauvrir.

Ce sont ces 1% de riches toujours plus riches qui t’appauvrissent.

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L’illustration est celle d’un billet de novembre dernier.

Dernier défi

Des souvenirs d’enfance et de grand-mère Adrienne sont remontés en force dès la découverte du mot proposé par Walrus pour le dernier défi du samedi de l’année: élixir.

Élixir! Déjà rien que le mot avec tout ce qu’il avait de mystérieux. Il semblait sorti tout droit des contes de mille et une nuits. En tout cas dans l’imagination fertile de la petite.

Un « dé à coudre » d’Elixir d’Anvers, c’est ce que prenaient les dames, après les repas de fête, quand les hommes passaient au cognac.
Mini-Adrienne ne pouvait que constater que les hommes et les femmes ne buvaient jamais les mêmes sortes d’alcool.

L’Élixir d’Anvers était supposé avoir des vertus thérapeutiques. Tant de choses qu’on croyait bonnes pour la santé quand l’Adrienne était petite fille!

Mais allez savoir pourquoi, elle-même n’a jamais voulu y goûter: que ce soit l’odeur de l’élixir, du cognac ou du whisky, elle n’aime RIEN de tout ça…

Allez, bon passage à l’an neuf, et restez prudents 😉

N comme Nicole (et Hugo)

En 1971, c’est au tour de la Flandre d’envoyer sa participation à Eurosong: le duo Nicole et Hugo chante « Goeiemorgen morgen« , c’est-à-dire « Bonjour », le salut du matin.

Qu’ils n’ont finalement pas pu interpréter lors du concours, la chanteuse étant malade, mais qui est tout de même un vrai « tube » en Flandre.

Et voilà que ces dernières semaines on lit dans la presse que ce vieux tube de 1971 fait un gros succès en Ukraine, où il est repris sur tous les réseaux sociaux – voir la vidéo – on nous explique que c’est une forme de protestation joyeuse, la prononciation du mot néerlandais « goeie » ayant en ukrainien un sens… scabreux et injurieux 😉

Alors, comme l’explique la jeune ukrainienne dans la vidéo ci-dessus (0’47 ») quand le matin il n’y a pas d’électricité, pas de lumière, c’est un « goeie morgen« , un matin de m…

Le même message ci-dessous en français:

1971, c’est aussi l’année où Nicole et Hugo se sont mariés et le couple a continué de chanter jusqu’à la maladie de Nicole, qui est décédée en novembre dernier.

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Pour ceux qui comprennent le néerlandais, un chouette article sur la créativité lexicale des Ukrainiens.

G comme graffeur

Mais non, on n’est plus dans l’underground!
Graffeur, c’est un vrai métier.
Artistique.
Avec ses célébrités et les prix et la reconnaissance, tout ça, oui oui, qui l’eut cru, n’est-ce pas!

Aujourd’hui nous sommes respectables.
Et respectés.
J’aime dire qu’on maquille les murs, tu avoueras que c’est mieux que de maquiller des voitures volées!
Je dis qu’on les maquille parce que je trouve le mot plus joli que ‘faire du trompe l’œil‘.
On ne trompe pas l’œil, on lui offre du beau.
La preuve, même les musées nous passent des commandes!

Tu as vu mon book? Hein? Qu’est-ce que tu en dis?
Il y a tout, là-dedans, absolument tout!
Outdoor ou indoor, le prénom de ton enfant, ta BD préférée, un paysage entier, tous les tarifs, pour tous les budgets.
C’est illimité!

Tiens, on fait même ta déco de Noël, si tu veux.
Sapin classique ou arc-en-ciel, tu n’as qu’à demander!
On fait tout, tout, je te dis!

Quoi, après la fête?
Eh bien, tu repeins par-dessus!
C’est pas plus compliqué!

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Écrit pour l’Agenda ironique de décembre tenu cette fois par Photonanie – merci à elle – qui demandait d’écrire sur le thème de Noël et du sapin, d’utiliser le mot ‘graffeur’ et l’expression ‘être maquillé(e) comme une voiture volée’.

Ci-dessous encore une fois Matthias Schoenaerts mais en français (sa mère était prof de FLE héhé)

H comme Henao

Vous le savez, quand on va à une expo, c’est pour découvrir des choses, les voir de près, les voir en « vrai », les scruter, se documenter.

Le plus souvent, on apprend aussi des choses auxquelles on ne s’attendait pas.

Par exemple à l’expo à la KBR on apprend que notre province de Hainaut, en espagnol, se dit Henao.

– Mais que diable… vous demandez-vous.

Et bien c’est simple: l’Adrienne aime avoir un fascicule explicatif sur papier.
Il y en avait en deux langues.
Allemand ou espagnol?
Vous avez compris 🙂

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Tout savoir sur les Chroniques de Hainaut? C’est ici.

Vous y trouverez également l’illustration ci-dessus, le document entier est numérisé et consultable ici.

Pour la « véritable histoire » de la succession du Hainaut, c’est ici.

G comme G pas le temps

G comme Gaz (non pas le prix mais l’experte qui vous parle a eu besoin de beaucoup cafouiller avant de réussir à mettre en route sa nouvelle petite chaudière)

G comme Gentil (ils ont leur fête ces jours-ci, paraît-il, et ça offre un beau devoir sur table à l’ami Krapov – genre « vous avez trois heures » – parce que paraît-il que les gentils, on profite d’eux)

G comme GR (sentiers de grande randonnée, à cause de l’envie de vous parler de Maurice Cosyn – une image ici)

Bref, ce n’était pas les idées qui manquaient, juste le temps de les réaliser.

A plus tard!

Stupeur et tremblements

C’est avec stupéfaction que l’Adrienne lit le titre de l’article: Les bébés ont déjà de la suie dans leurs poumons et leur cerveau avant leur naissance.

Pour ceux qui lisent le néerlandais, Nog voor de geboorte hebben baby’s al roet in longen en hersenen.

Combien d’études, combien de preuves faudra-t-il encore avant de passer à l’action pour la santé de cette planète et de ses habitants?

O comme Outlaw

Rien à voir avec Lucky Luke, cet Outlaw Project mais on comprend que le nom choisi est un clin d’œil.

On est loin des méfaits des frères Dalton, on est plutôt dans le fait divers ou comme sur l’illustration ci-dessus, la poursuite judiciaire d’une femme qui n’a pas envoyé son fils à l’école tous les jours, comme la loi l’y oblige.

Dans la colonne ‘aard der feiten‘ (nature des faits qui ont donné lieu à une poursuite judiciaire) on a noté le mot ‘Schoolverzuim‘, absentéisme scolaire. Ce qui coûte une amende de 5 ou de 10 francs.

Comme tant d’autres beaux projets, celui-ci non plus n’est pas possible sans l’aide de nombreux bénévoles: répertorier et encoder, c’est un travail qui prend des heures.

source ici

N comme NOUS

Pendant un an, jour pour jour, la ville lui a offert ce local, un de ces petits commerces fermés « pour cause de fermeture », comme disait le père de l’Adrienne.

Chaque jour il y tenait porte ouverte, rencontrait les passants, écoutait leur histoire, leurs rêves, dessinait, peignait.

Certaines de ces rencontres se retrouvent dans la longue fresque qu’il a peinte sur des bandes de papier: la sympathique Myriam, la pétillante Barbara, les amies congolaises de Keta…
Fantastic women‘ a-t-il écrit au-dessus de leur petit groupe souriant, et il a bien raison.
Elles sont fantastiques.

Il a aussi porté un regard amusé sur notre folklore, celui dont nous sommes si fiers et que nous perpétuons depuis le Moyen Age.
Qui a survécu à toutes les invasions et à tous les interdits, survécu aux interdits espagnols de la Contre-Réforme, survécu aux interdits autrichiens du « Keizer Koster« , survécu aux interdits français de la « révolution » et à toutes les guerres.

Nous sommes cette petite ville, la plus pauvre de cette riche Flandre, et la plus décriée.

Mais nous savons que c’est dans le délabrement qu’on apprécie le plus la beauté.

Écrit pour l’Agenda ironique d’octobre sur le thème de la beauté.

La consigne demandait d’inventer un proverbe, j’ai inventé que « c’est dans le délabrement qu’on apprécie le plus la beauté ».

Beauté de l’art et de la solidarité.

G comme gratis!

Si vous voulez un renseignement sur un de ces milliers et milliers d’hommes et de femmes passés par les camps de concentration allemands, il faut payer.

Mais si vous êtes de la famille, c’est gratuit.

En lisant cette précision, l’Adrienne était partagée entre le dégoût et l’ahurissement.

Vous direz sans doute qu’il ne lui faut pas grand-chose pour être désarçonnée.
Et vous aurez raison, surtout s’il s’agit de sujets comme celui-là.

Bref, elle a introduit une demande, complété des formulaires, et elle attend la réponse.

C’est déjà un miracle qu’elle ait pu retrouver la date de la mort, le lieu et même le numéro de matricule.

Car oui, il y a un « livre des morts » où tout est bien noté.