P comme podium et privilège

eole

« Belgische fles bubbels is de beste ter wereld« , les bulles belges meilleures au monde, titre mon journal d’hier à sa page Life & Style, suite à un concours international où un mousseux (méthode traditionnelle) d’un domaine viticole belge, la Cuvée Prestige 2014 du Domaine du Chant d’Éole, a été primé.

Que nos amis français se rassurent, le vignoble belge est si peu étendu que sa production n’a aucun besoin de publicité, la demande dépasse largement l’offre. Et à ce même concours, on a aussi médaillé 261 vins français même si la concurrence internationale devient de plus en plus forte.

Pour ce qui est de la Belgique, il semblerait que le réchauffement climatique ait pour effet de faire ressembler toujours davantage le climat belge (ou plutôt wallon, dans ce cas) à celui de la Champagne. De plus, le Domaine du Chant d’Éole profiterait des bienfaits des éoliennes qui brassent l’air aux alentours.

Bref. 

L’illustration du billet vient du site du Domaine du Chant d’Éole où vous pourrez trouver toutes les infos qui vous intéressent.

C comme canne à pêche aux souvenirs

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Impossible, impensable, de laisser filer tout un printemps et tout l’été sans la traditionnelle excursion d’un dimanche dans les Ardennes.

Les grands-parents, parents et enfants embarquent dans deux voitures et les voilà en route. Tôt le matin, parce qu’il faut profiter de sa journée et que de nombreuses étapes sont prévues. D’abord pour les dévotions de grand-mère, puis pour la soif de grand-père. C’est dans l’ordre des choses, après les cierges et les prières, c’est tout juste l’heure de l’apéro et on se trouve pile-poil dans une ville où la bière trappiste est excellente: Rochefort.

La petite, évidemment, a choisi de voyager dans la voiture de grand-père, ses conversations sont plus rigolotes. Même quand il parle de ciment blanc, de brouettes ou de truites.

Dans sa voiture on rit tellement qu’on en oublie presque d’avoir la nausée.

Alors quand on lit Une partie de pêche. Un jeudi, de bon matin, debout sur une roche, je laissai flotter ma ligne dans le tourbillon des belles eaux claires. Ah, quel bonheur, quand au bout de quinze à vingt minutes, en allongeant et retirant lentement l’amorce sur l’eau agitée, tout à coup une secousse répétée m’avertit que le poisson avait mordu et qu’ensuite le bouchon descendit comme une flèche habilement lancée.

C’était un gros ! Je le laissai filer, et puis, relevant la gaule à la force du poignet, une truite colorée fila dans les airs et se mit à sauter au milieu des ronces coupées et des herbes pleines de rosée.

On ne peut que se souvenir de grand-père, qui nous faisait nous tordre de rire chaque fois qu’il disait: Vu que la truite coûte cent francs de moins dans les Ardennes que chez nous, je fais des économies en allant les manger là-bas. Alors je vous invite tous, comme ça j’économise six cents francs 🙂

Sacré grand-père.

***

Truite arc-en-ciel par Jon Q. Wright et consignes chez Lakévio, que je remercie: 

Une partie de pêche.

Un jeudi, de bon matin, debout sur une roche, je laissai flotter ma ligne dans le tourbillon des belles eaux claires. Ah, quel bonheur, quand au bout de quinze à vingt minutes, en allongeant et retirant lentement l’amorce sur l’eau agitée, tout à coup une secousse répétée m’avertit que le poisson avait mordu et qu’ensuite le bouchon descendit comme une flèche habilement lancée.

C’était un gros ! Je le laissai filer, et puis, relevant la gaule à la force du poignet, une truite colorée fila dans les airs et se mit à sauter au milieu des ronces coupées et des herbes pleines de rosée.

(d’après Erckmann-Chatrian)

Doublez le texte (au moins !) grâce à l’ajout d’adjectifs, adverbes, conjonctions, propositions conjonctives, relatives, etc… Bref, noyez le poisson !

 

Stupeur et tremblements

Rien qu’en lisant le journal de mardi ou mercredi derniers – c’est juste un exemple – il aurait été possible d’alimenter la rubrique ‘stupeur et tremblements‘ pour de nombreux mois. Des tas de choses tristes, horribles ou désolantes. Et parfois les trois à la fois.

L’Adrienne a décidé de ne pas en parler. N’est-ce pas que c’est courageux 😉 

Elle a décidé de montrer l’arrivée des premières cigognes à Planckendael lundi dernier, le 18 février, où elles retrouvent les nids de l’an dernier plus un certain nombre de nouveaux qui ont été aménagés cet hiver. Désormais elles ont donc 67 nids à leur disposition, ce qui devrait suffire pour les cent trente oiseaux attendus.

Une vingtaine de cigognes sont arrivées en début de semaine et on en attend encore cent dix autres. Elles reviennent d’Espagne ou du sud de la France. Celles qui ont traversé la Méditerranée pour passer l’hiver au Maroc ne sont attendues que pour avril.

Souhaitons-leur bonne route… et un bel été en Belgique! 

M comme Magritte

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Chère petite Georgette, écrit René Magritte à sa fiancée en mars 1922, aujourd’hui nous avons essayé nos masques dans une chambre remplie de gaz, très amusant!

Cette carte postale envoyée par la poste militaire m’a beaucoup émue, et aussi fait sourire. Elle ressemble à celles qu’envoyait mon grand-père paternel à sa petite Yvonne à la même époque, sauf qu’il la remplissait de son écriture fine, de milliers de baisers, et qu’il n’y avait plus de place pour un dessin 😉

René Magritte et Georgette Berger se sont mariés quelques mois plus tard, le 28 juin.

Après s’être perdus de vue pendant de nombreuses années, à cause de la guerre de 14-18, ils se retrouvent par hasard au printemps de 1920, à Bruxelles, au Jardin Botanique, et ne se quitteront plus 🙂

Photo prise à la Brafa le 2 février.
Je n’ai pas pensé à demander le prix de cette carte postale 😉

B comme Brafa

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La foire aux antiquaires (BRAFA) est à l’image de l’expo de la ROCAD.be, La Chambre Royale des Antiquaires et des Négociants en Œuvres d’Art, qui fête son centenaire (1919-2019) en exposant dans un joyeux mélange des (je cite) « œuvres phares, allant de tableaux anciens et modernes, des arts décoratifs, arts premiers, porcelaine, argenterie, antiquités, archéologie et mobilier. Ces pièces ont toutes été cédées par les membres de ROCAD.be à des collectionneurs ou à des musées, et ne représentent qu’une petite partie des transactions qui se sont faites au fil des années par les marchands de la Chambre, et ne seront pas à vendre. Ces objets reflètent parfaitement la qualité et la diversité des spécialités qui sont les fleurons de cette association d’antiquaires et de négociants en art.
Les œuvres choisies sont non seulement des pièces exceptionnelles du marché de l’art mais racontent aussi chacune une histoire qui sera partagée avec le public.
L’exposition comprendra notamment :
– Deux œuvres de la main de René Magritte (1898-1967)
– Une exceptionnelle figure de Bodhissatva du VIe siècle
– Une rarissime statue Djenné du Mali en terre cuite
– Un service dit « aux oiseaux de Buffon » de la Manufacture de Tournai, XVIIIe siècle
– Une paire de chenets par Pierre Gouthière, XVIIIe siècle, dont seul un autre exemplaire
est connu au Château de Versailles
– Un portrait par Henri Evenepoel (1872-1899) » (fin de citation de la brochure ROCAD)

Bref, l’Adrienne y a passé quelques belles heures hier, passant de l’art préhistorique à l’art africain, à l’antiquité égyptienne, grecque, romaine, aux peintures de tous les siècles et de tous les genres, bijoux anciens, sculptures, bandes dessinées… et n’a regretté qu’une chose: qu’il y ait toujours si peu de possibilités de restauration sur place. Vous n’avez pas réservé? a dit la jeune fille à un monsieur qui faisait la queue, alors nous n’avons pas de place avant quinze heures 🙂

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M comme manque

Sur les vols Icelandair, on a la possibilité de passer le temps à regarder des films, des documentaires, des séries télévisées. Chacun sur son petit écran encastré dans le siège devant soi. Plus de conversation, plus de lecture.

A l’aller, l’Adrienne a consciencieusement admiré tous les documentaires sur l’Islande.

Au retour, elle a eu l’occasion de voir quatre des cinq épisodes de Kokkaflakk, une émission dans laquelle le chef Ólafur Örn Ólafsson va rendre visite à un chef islandais installé à l’étranger: Paris, Berlin, New York… et un petit patelin belge: Ypres.

Le format est des plus classiques: on suit le parcours du chef, il montre un pan de sa vie privée et professionnelle dans sa patrie d’accueil, il fait goûter sa cuisine à Ólafur Örn Ólafsson, qui trouve évidemment tout fabuleux 🙂

Ses questions aussi sont (forcément) à peu près les mêmes pour chacun, jusqu’à la question finale:

– Qu’est-ce qui te manque le plus, ici?

Si vous croyez que le jeune chef installé à Paris avec son chien pour unique compagnon va dire ‘ma famille’ ou ‘mes amis’, vous vous trompez. Il répond: la nature. Après, on le voit se promener avec son toutou-nez-plat-courtes-pattes dans un des bois parisiens.

Même question et même réponse pour le New-New-Yorkais ou le Berlinois – ça ne fera pas plaisir aux Berlinois, qui trouvent leur ville si verte et si aérée – « la nature! ».

Et le Belge d’adoption, que dit-il?

Qu’il est parfaitement heureux en Belgique 🙂

Brave cœur! Faudra que l’Adrienne aille découvrir son resto 🙂

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photo de décembre 2015, le chef, son épouse (belge) et l’aînée de leurs deux enfants – photo de Faye Pynaert, source ici.

Z comme Zeebrugge

Zeebrugge port gets ready for Brexit

Zeebrugge is Brexit proof, peut-on lire sur de grands affichages le long du port. Qu’est-ce que ça veut dire concrètement, Brexit proof, se demande l’Adrienne, à un moment où on ne sait pas encore quelles seront les modalités de ce Brexit?

Dans un article du 7 décembre, un journaliste du Guardian se pose la même question. Vous le lirez si ça vous intéresse.

L’aspect le plus comique de la chose, ce sont ces Britanniques qu’il interviewe sur leur vote pour ou contre le Brexit, à l’époque. Comme ce chauffeur de camion qui fait le trajet Zeebrugge-Hull depuis toutes ces années et qui a voté pour le Brexit, dans l’idée que ‘ça ne passerait pas’ parce que si ça passait, ça ruinerait son boulot ( » I never thought it would pass. Brexit could wreck my job »).

Ou comme cette touriste de 71 ans qui a voté pour le Brexit mais revient d’une visite au marché de Noël à Bruges. Elle aussi est persuadée que ça ne changera rien puisque de toute façon “People will still want their fun, won’t they?”