H comme hyménée

ça t’embêterait si je partais une semaine en vacances à la fin du mois?

Moi toute seule, précise-t-elle.

Il émet un grommellement.

– Je te laisserais de quoi manger au frigo.

Là, par bonheur, les chiens se sont mis à aboyer et il a pu se défouler en leur criant de se taire.

Deux jours, s’est dit l’Adrienne en éclatant de rire!

Deux jours exactement qu’ils ont gravé leurs noms au bas d’un parchemin, devant l’échevin de l’état-civil et leurs témoins 🙂

***

Toute la soirée l’Adrienne a remercié mentalement ses voisins de lui procurer tant de raisons de rigoler.

Les entendre vivre, c’est du sketch de six heures du matin à dix heures du soir 🙂

Question musicale

De samedi matin à vendredi soir, ça fait sept jours pleins que l’Adrienne se demande ce qu’elle pourrait bien raconter sur les troubadours sans faire un cours d’histoire littéraire.

Alors il s’est passé exactement la même chose que dans la conversation qu’elle a eue, l’autre jeudi, avec son prof d’accompagnement musical:

– Qu’est-ce que tu aimes, comme chansons? demande-t-il, dans le but de trouver des musiques sur lesquelles s’exercer à faire des arrangements.

– Euh…, fait l’Adrienne, qui se met à réfléchir à toute vitesse sans réussir à rien sortir.

La ci darem la mano, est-ce que ça compte comme chanson?
Ou Voi che sapete che cosa è l’amor?
Non, bien sûr, ce n’était pas la question.

– Brel, peut-être? propose le prof, qui a visiblement fait l’effort de trouver un nom adapté au grand âge de l’Adrienne 😉

– Ah oui! fait-elle, soulagée, Brel, Brassens…

Là, c’est au tour du prof de sécher. On ne peut pas lui en vouloir. D’abord parce qu’il est jeune et ensuite parce que pour connaître Brassens, il faut avoir baigné dans la culture française. Ce n’est pas son cas.

– Vous savez, dit l’Adrienne pour s’excuser, déjà à seize ans je n’étais pas normale, je préférais Mozart aux vedettes du moment. Je ne connaissais aucun des groupes que mes copines aimaient…

Il n’a plus rien trouvé à dire, le pauvre.

***

écrit pour le Défi du samedi n° 581 – thème: troubadour – merci Walrus!

C comme chantons!

Que faisait-on, avant internet, quand on avait un refrain en tête et qu’on voulait retrouver toute la chanson? Quand on se souvenait d’une récitation de grand-père sans connaître le nom du poète?

Aujourd’hui on tapote “Brassens + jupon” ou “quelque arabesque folle” et voilà que de cet océan de savoirs surgissent toutes les chansons où l’ami Georges a tâté le jupon d’une belle et près de sept cents références à papa Victor dissolvant ses larmes dans des poèmes à sa Léopoldine.

Après, évidemment, on devient complètement accro et on passe des heures à lire ce que Brel dit de Brassens (vous le trouverez en tapotant “Brassens + bigoudi”), ce que les journalistes ont écrit sur Brassens (tapotez “Brassens + écorché”, oui les journalistes écrivent surtout en clichés).

Et – vous l’aurez deviné – si vous voulez tout savoir sur sa vie privée, vous tapez “Brassens + impasse”…

***

En même temps, ça vous apprend que ‘jupon’ se dit ‘las enaguas’ en espagnol… qui sait à quoi ça pourra vous être utile, un jour?

🙂

Texte écrit pour « Ecriture créative ». Les 10 mots imposés sont les suivants : bigoudis – internet – refrain – jupon – arabesque – océan – dissoudre – écorché – impasse – sept. Vous pouvez les inclure dans un poème, une prose, un texte court, un texte long, c’est comme vous le sentez ! L’idée est de vous laisser guider par ces mots, que vous utiliserez dans l’ordre ou le désordre, au pluriel ou au singulier, conjugués ou non.

 

Quel cadeau lui faire?

 Quand j’ai couru porter un collier de perles à Eurypyle 
La belle, la traîtresse en avait un en vrais diamants 
Avec mon p’tit collier, j’avais l’air d’un con, ma mère 
Avec mon p’tit collier, j’avais l’air d’un con 

Quand j’ai couru porter mes rubans d’soie à Eurypyle 
La belle, la traîtresse avait déjà fini d’s’coiffer 
Avec mes p’tits rubans, j’avais l’air d’un con, ma mère 
Avec mes p’tits rubans, j’avais l’air d’un con 

Quand j’offris pour étrenne un poudrier à Eurypyle 
La belle, la traîtresse avait déjà du rose aux joues 
Avec mon poudrier, j’avais l’air d’un con, ma mère 
Avec mon poudrier, j’avais l’air d’un con 

Quand j’ai couru tout chose au rendez-vous d’mon Eurypyle 
La bell’ posait toute nue pour un sal’ typ’ qui la peignait 
Avec mon bouquet d’fleurs, j’avais l’air d’un con, ma mère 
Avec mon bouquet d’fleurs, j’avais l’air d’un con 

lakévio38.jpg

tableau et consigne chez Lakévio

 (n’est-ce pas incroyable?
voilà exactement 52 ans
que l’ami Georges chantait cette chanson de la vidéo!)

C comme coupable

Le voilà, le coupable:

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celui qui a accueilli les amours débutantes

de l’Adrienne et de l’homme-de-sa-vie…

Il en rougit, le traître (1)

Langue tirée

(1) Il était vert, autrefois.
« Le voilà donc le banc qui de la vie d’Adrienne a détruit l’harmonie… »
Un jour peut-être j’en ferai une tirade bergeracoise, La tirade du banc.
Vu l’immense succès de ma « tirade du pied » auprès des potaches de France, c’est gagné d’avance (en ce moment ça télécharge dur, ma tirade du pied… je me demande d’ailleurs comment ces gamin(e)s sont évalué(e)s LOL)

22 ou la tirade du pied

X c’est X

Non, non, rien n’a changé…

– Vous avez fait de la terre ce qu’elle est : une pétaudière !

Quand Jules a descendu sa douzième gueuze (de chez Cantillon), il fait profiter tous les clients de l’estaminet de la Carpe (diem) de ses vues sur le monde comme il va. Tout en faisant mine de s’adresser uniquement à son voisin de bar.

– Mon vieux, par moments t’as une figure d’enterrement ! Regarde-moi ! Devine quel âge j’ai ? Devine ! Qu’est-ce que tu dis ? 55 ? Tu m’as pas bien regardé ? 77 ans, Môssieur ! J’en aurai même 78 en novembre ! Et j’aime autant te dire que les dames ne s’en plaignent pas ! Tu peux me faire confiance. Le plus cornard de nous deux n’est pas celui qu’on croit.

Heureusement, sa victime du jour est célibataire. Jules glisse de son tabouret, se raccroche au bar et lance à la cantonade :

–  Il n’y a que les imbéciles qui sachent bien faire l’amour ! Alors oui, je suis un imbécile ! Un imbécile heureux !

Le patron, qui connaît ses classiques, lui lance :

– Tu es le cantonnier des chemins vicinaux, peut-être ?

Jules est arrivé à un stade où plus aucun son ne lui parvient.

– Alors j’ai bien vu qu’elle me regardait, la dame du premier étage, et je lui ai dit, comme ça : « Avez-vous remarqué que j’avais un beau cul ? »

***

1 Ecrivez le titre de trois chansons que vous connaissez.
2 Choisissez en une parmi ces trois : celle dont le titre pourra et 
devra même être celui du texte que vous allez écrire
3 Vous avez obligation d’insérer dans ce texte cinq répliques ou 
citations extraites de chansons de Georges Brassens

Merci à Joe Krapov pour la consigne!
Aux amateurs qui voudraient chercher les citations de ses chansons: il y en a 5

Cool

J comme j’aime, je n’aime pas

J’aime tous mes élèves mais pas tous mes collègues.

J’aime les fruits mais pas en boîtes.

J’aime les animaux mais pas les limaces dans le potager.

J’aime la musique dite « classique » mais pas la contemporaine genre Stockhausen.

J’aime la lecture mais pas la science-fiction.

J’aime le chocolat noir mais pas le blanc (désolée, Amélie)

J’aime l’opéra mais pas Pelléas et Mélisande.

J’aime Camus mais pas Sartre. Voltaire mais pas Rousseau.

J’aime Bruxelles. J’aime l’Italie. J’aime l’Italie qui descend l’Escaut. J’aime Brel.

J’aime la Belgique et son merveilleux climat Rigolant. Je n’aime ni la chaleur ni le froid.

J’aime le Renaud des années 80. C’est grâce à lui que j’ai appris plein de mots argotiques.

J’aime les langues. J’aimerais les parler toutes.

J’aime les sketches de Fernand Raynaud qu’on écoutait en famille à la radio alors qu’il était déjà mort depuis longtemps.

J’aurais aimé étudier l’archéologie mais mon père a dit que ce n’était pas avec ça que j’allais gagner ma croûte.

J’aime les films des années 30 mais pas les blockbusters d’aujourd’hui.

J’aimais déjà Brassens avant de comprendre tout ce qu’il disait.

J’aime cuisiner mais pas faire les poussières.

J’aime ne rien faire mais je n’aime pas le désordre sur mon bureau.

J’aime la mer ET la montagne.

J’aime évoquer ma grand-mère Adrienne alors qu’elle est morte depuis 20 ans.

R comme réponse

Les « tag », ça connaît des saisons, me semble-t-il, comme les noix. En tout cas il en est tombé pas mal ces dernières semaines.
 
D’abord celui du portrait chinois. Il me vient d’Elisabeth
 
Un écrivain : Albert Camus. Non, Jorge Semprun. Attendez, Georges Perec, aussi!
Un aliment : le pain aux noix (pour déguster le saint-marcellin coulant avec Elisabeth)
Un supplice : devoir choisir une seule réponse alors qu’il y a tellement d’autres choses que je voudrais nommer
Un animal : éléphant, chien, chat, coccinelle, mésange, je les aime (presque) tous, même les vers de terre (très utiles, les vers de terre, et tellement pathétiques quand je les vois égarés sur le tarmac, que je les prends délicatement entre deux doigts pour les reposer dans l’herbe)      
Une couleur : bleu parme (c’est la couleur que j’aurais voulue pour ma chambre à coucher quand j’avais 14 ans mais ma mère me l’a interdit, elle a choisi un papier peint roccoco. C’est peut-être pour ça que depuis que j’ai des murs à moi – enfin, à moitié à moi – je les laisse tout blancs)
Une pièce (d’un château, d’une maison, d’un immeuble…) : la bibliothèque? mais avec une piscine à côté
Une profession : prof (je ne sais rien faire d’autre Langue tirée)
Un objet : mon ordinateur
Une chanson : il faut vraiment choisir entre Brel et Brassens? (oui je sais je date terriblement)
Un défaut : têtue et paresseuse (une paresseuse très contrariée dans son vice mais on va voir ce qu’on va voir le jour où elle prendra sa retraite hahaha elle va s’en payer une tranche, sur son lit de mort!)
 
***
 
Ensuite il y a eu le tag de Berthoise
 
Quel est mon plus gros défaut…

ben comme j’ai dit ci-dessus: je procrastine beaucoup trop ce que je n’aime pas faire – procrastiner est un mot qui sert à enjoliver la paresse –  et au cas où ce ne serait pas un défaut assez grave: je suis têtue, il faut de solides arguments pour me faire changer d’avis

Ce que je pense d’une personne ayant mes traits de caractère…

LOL je n’en ai encore jamais rencontré! je le jure!
Mais j’exhorte mes élèves à ne pas procrastiner Clin d'œil

Si j’ai déjà vécu un amour interdit…

Non je suis quelqu’un de très rangé (ce n’est pas ce qu’on croirait en voyant mon bureau, je sais) mais j’ai une imagination débordante, depuis toute petite je me raconte des histoires qui sont de véritables romans et je me fais des films dans ma tête

Ce que je vois dans mon avenir…

Rien. Je n’ai pas la moindre idée du lieu où je vivrai dans un, deux ou cinq ans, ni du nombre d’années de travail qui me restent à faire, ni des moyens dont je disposerai pour occuper mon temps après que j’aurai pris ma retraite. Je ne sais pas quels livres je pourrai encore lire, quels pays je visiterai, de quel reste de santé je jouirai encore à ce moment-là … je ne sais rien.
Je verrai bien! Carpe diem Cool

A quelle occasion j’ai eu mon dernier fou rire…

Au moment où j’écris ce billet, mes derniers fous rires du jour sont d’origine « scolaire ».

Le matin, il y a d’abord eu ce collègue d’électricité, un vieux monsieur à moustaches, qui a mimé comment réagit un de ses gars de professionnelle quand il lui demande de remettre un devoir: plongée dans le cartable, recherche fiévreuse, papiers en pagaille… alors que l’élève, le prof et les copains savent tous que c’est un cinéma dont personne n’est dupe: le gars (appelons-le Kevin) « oublie » toujours ses devoirs. Finalement le prof dit: « ça va Kevin, tu peux t’arrêter de chercher, tu me le donneras demain »

A la pause, une prof qui a travaillé dix ans dans le privé a raconté qu’un jour tout le bureau a vu tomber un slip par la jambe du pantalon de leur chef. Le matin en enfilant son pantalon il n’avait pas remarqué que son slip sale de la veille se trouvait encore à l’intérieur du vêtement… « Il y a comme un truc qui me gêne, là, à hauteur du genou… » disait-il précisément en se levant de sa chaise…

A midi, la collègue de musique a fait tomber un petit pois dans son décolleté. Elle l’a cherché quelques secondes puis a déclaré: « Oh ça ne fait rien, il finira bien par ressortir »… et on a beaucoup ri en repensant à l’histoire du slip Langue tirée