P comme pardon

Pas le temps d’écrire, de lire, de commenter, de répondre.

Pardon.

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I comme incroyable!

Après trois photos de groupe, une « normale », une avec les mains en forme de cœur et une avec les bras en l’air, l’ambianceur a repris le micro et a déclaré qu’il remettrait à chacun un petit carton sur lequel se trouvait un nom. Il s’agissait de retrouver l’autre moitié d’un duo, dans le but de faire connaissance avec un autre invité au mariage. On ne recevrait un verre d’apéritif qu’à cette condition: se présenter avec son binôme!

Chacun s’est mis à crier « Tintin et Milou! », « Adam et Eve! », « Bonnie and Clyde! »…

Sur le carton de l’Adrienne, elle lit « Coyote » et elle doit se faire expliquer qu’il faut trouver un Beep Beep. Il ne s’agissait pas de Coyote et la police.

Elle trouve son binôme au moment où la table du vin d’honneur est déjà complètement prise d’assaut. Elle se présente, tout sourire:

– Bonsoir! Je suis la Marraine de R***

– Ah? et qui c’est, R***?

Estomaquée, l’Adrienne!

– Quoi? vous êtes invitée au mariage et vous ne connaissez même pas le nom du marié?

7 chiffres

businessman

Quand Madame reçoit une petite carte pour annoncer la naissance d’un bébé chez un(e) ancien(ne) élève, elle y trouve 7 chiffres.

En plus de la date de naissance, il y a la taille et le poids du bébé ainsi que l’heure de sa naissance, à la minute près (11.37 h. pour le dernier-né, ce 31 août).

En plus de l’adresse des heureux parents, il y a le numéro de portable de papa, celui de maman, et leur numéro de compte en banque. 

C’est dans ce monde-là que l’on naît aujourd’hui et qu’il faudra se débrouiller 🙂

***

source de l’illustration et lecture du chapitre XIII ici.

Y comme Y en a, je vous jure!

DSCI6765

Hier, l’Adrienne a refait en sens inverse les 800 et quelques kilomètres – et oui, le canard est toujours vivant 🙂

Sur une aire d’autoroute, après avoir pris de l’essence HyperChère, elle se gare pour aller payer à la caisse, comme c’est demandé.

Malheureusement, ça n’a pas plu à un Parisien qui arrivait en trombe et considérait que cette place lui était réservée.

Il s’est donc conduit en parfait gentleman: après avoir déversé quelques injures, puis des menaces, il a garé sa voiture derrière celle de l’Adrienne, l’empêchant de partir avant que lui-même l’ait décidé.

Stupeur et tremblements

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L’Adrienne tapotait tranquillement un des ordis de la bibliothèque d’Ostende, ainsi que trois personnes en face d’elle, quand la dame à droite a demandé à la cantonade:

– Où est-ce que je dois introduire ma carte d’identité?

Son voisin ne lui a pas répondu. Il n’a pas quitté son écran des yeux. C’est l’autre dame, celle à gauche, avec son foulard, qui a pris la peine de lui expliquer comment introduire ses coordonnées à l’écran.

– Chez nous à Bruges il faut introduire la carte d’identité, a répété la dame de droite, qui malgré son âge avancé et sa blondeur ne voulait pas passer pour une cyberignare.

A partir de ce moment-là, elle qui n’avait cessé de faire de grands « chut!!! » à deux autres personnes qui osaient parler entre elles, est devenue intarissable. Qu’elle était Brugeoise et que là les ordis fonctionnaient mieux qu’à Ostende, où elle ne trouvait même pas comment accéder à son gmail. Il a fallu l’aider et lui montrer comment ‘scroller’. Qu’elle était veuve depuis vingt ans et qu’il y a huit jours, elle avait « rencontré quelqu’un ». Qu’elle était sûre « qu’internet le savait déjà », vu qu’elle recevait des publicités ciblées pour couples. 

L’Adrienne écoutait ça mi-amusée, mi-stupéfaite, quand tout à coup le monsieur s’est mis à vitupérer. Qu’il était Anversois, qu’il en avait marre d’Ostende, que les Ostendais étaient tous des ploucs (« achterlijke, lompe boeren« , il a dit) et qu’après huit années passées à la côte, il allait retourner à Anvers.

C’est à ce moment-là que l’Adrienne a failli s’étrangler de rire et d’indignation mélangées et a décidé qu’il était temps d’aller prendre un cappuccino.

Cinq minutes plus tard, alors qu’elle attend son café au bar, l’Adrienne est abordée par la dame au foulard:

– C’est vous qui étiez là-haut avec nous aux ordis… Vous êtes Ostendaise? Vous êtes Ouest-Flamande?

Les réponses négatives l’ont soulagée. Puis elle a ajouté:

– Vous savez ce qu’il m’a dit quand je lui ai répondu « alors vous devez comprendre comment moi je me sens quand j’ai du mal à être acceptée, parce qu’on me croit ‘différente’ ou venue d’ailleurs? »

Non, l’Adrienne ne réussit pas à le deviner…

– Que lui et moi, ce n’est pas du tout pareil!

Si ‘lomp’ se traduit par ‘grossier’, ‘lourdaud’, jugez vous-mêmes à qui l’épithète convient le mieux dans cette histoire 🙂