F comme fruit

Opnieuw briefkaart met kiwisticker bezorgd door Bpost: ‘Goedkoper dan priorzegel en meer vitamientjes’

Je ne sais pas s’il faut être Belge pour avoir de telles idées – ni s’il faut être en Belgique pour que ça marche – mais le fait est là: quelques plaisantins, à l’occasion de Noël et Nouvel An, ont envoyé des cartes de vœux ornées du petit auto-collant d’un kiwi au lieu du timbre poste. Comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessus.

L’expéditeur de celle-ci est heureux d’annoncer que sa carte vitaminée est arrivée avant une autre, qui avait cependant été pourvue d’un timbre officiel au tarif « prioritaire » de 0,97 €.

A la Poste, bien sûr, on déplore cette mode fruitière, mais depuis que le facteur ne passe plus dans ma rue, j’applaudis à tout ce qui peut la faire grincer des dents 🙂

Je précise, pour ceux qui aimeraient tenter l’expérience, que ça ne semble pas marcher avec les auto-collants des poires et des bananes: ça ne fonctionne qu’au kiwi 😉

source de la photo et article ici.

E comme experte

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– Je viendrai chez toi lundi après-midi, dit l’Adrienne au téléphone (oui oui :-)) à tante Suzanne-qui-n’est-plus-sa-tante-depuis-treize-ans-mais-qui-a-eu-la-bonté-de-garder-le-contact. 

Le temps de trouver le guichet – la gare d’Ostende est toujours en travaux et le guichet se déplace – et voilà le tram en direction de Knokke qui part sans l’Adrienne.

Il ne fait pas chaud à ce carrefour des vents, le 30 décembre.

Un grand homme maigre s’approche:

– Est ce que les trams roulent, aujourd’hui?
– J’espère bien! dit l’Adrienne. En tout cas, il y en a un qui vient de partir.
– Ah bon, fait-il. J’ai lu qu’il y avait la grève à partir d’aujourd’hui.
– J’espère que la dame du guichet m’en aurait prévenue, au lieu de me vendre mes deux billets!

Un pour l’aller, un pour le retour. L’Adrienne commence déjà à s’inquiéter si celui du retour servira 😉

D’autres personnes arrivent dans le quart d’heure qui suit et chacun s’enquiert auprès d’elle – qui doit avoir l’air de faire partie des meubles – si le tram roule, de quelle voie il part, à quelle fréquence et quel est l’âge du capitaine.

Bref, le bon tram finit par arriver, il est déjà bondé, peu en descendent et beaucoup veulent y monter. C’est rapé pour admirer le paysage et l’Adrienne sait à peine à quelle halte elle doit descendre. Bredene-aan-zee, voilà, c’est ça.

Comme elle a le choix entre la route à gauche et celle à droite, elle se met évidemment à marcher dans le mauvais sens.
Elle ne s’en rend compte qu’au moment où elle arrive à un parking et un terrain de camping.

– Tiens, se dit-elle, Camping Astrid? Je n’ai jamais vu ça les autres fois où je suis allée chez tante Suzanne!

Non, parce que les autres fois, elle était en voiture et avait ses quelques repères visuels… Demi-tour, donc.
Et l’arrivée chez la tante trois quarts d’heure plus tard qu’elle n’avait espéré.

– Tu sais, lui dit tante Suzanne, il suffisait de prendre le bus, le 4 ou le 9, ils s’arrêtent juste en bas de l’appartement.

F comme filer une torgnole

– Ça doit être la carte graphique, dit le mari de Tania – un connaisseur – arrivant ainsi à la même conclusion que Walrus – un connaisseur aussi, l’Adrienne est entourée de pro 🙂

– Est-ce que tu lui as donné un coup?

– Un coup? fait l’Adrienne en ouvrant de grands yeux.

Elle sait très bien faire la tête d’ahurie.

– Oui, un bon petit coup, c’est peut-être juste un mauvais contact.

Alors, de retour chez elle, l’Adrienne – qui de sa vie n’a jamais tapé rien ni personne, pas même le carton – a donné quelques petits coups dans le dos de son ordi, sans trop savoir sur quelle zone insister ni quelle poigne y mettre…

Peut-être fallait-il frapper plus fort? Les diagonales flashy et les lettres volantes étaient toujours là…

Mais c’était un prétexte suffisant pour (vous faire) réécouter un Renaud de derrière les fagots 😉

Bonne journée à tous!

K comme Karé… quoi?

sakare

L’Adrienne marchait d’un pas vif dans la rue des Francs-Bourgeois quand tout à coup une main a saisi la sienne. Une charmante vendeuse en tablier clair voulait observer ses ongles 😉

– Que faites-vous, pour vos ongles? demande-t-elle avec un accent tout à fait exotique.
– Ben… rien, comme vous voyez. Je les coupe juste, rit l’Adrienne.
– Vous connaissez la marque Sakaré?
– Pas encore…

Ce qui était une demi-vérité, puisqu’elle pouvait bien voir ce nom marqué sur l’uniforme de la vendeuse. De plus, c’était trompeur: ça pouvait laisser supposer qu’elle avait envie de la connaître. Mais ce genre de vendeuse ne s’arrête pas à ces détails et parle juste pour parler.

– J’ai quelque chose pour vous, dit-elle en tenant toujours la main de l’Adrienne, venez je vais vous montrer.

Et voilà qu’elle l’attire – qu’elle la tire – à l’intérieur d’une boutique tout en noir et or. Où elle entreprend le polissage d’un des ongles de la main qu’elle tenait toujours. Dans un flot de paroles pour expliquer la supériorité du machin qu’elle utilisait – il y avait même « poudre de diamants », c’est dire la qualité 😉

– Que faites-vous pour vos cuticules? demande-t-elle du ton d’un médecin à un patient légèrement attardé.
– Ben rien, répond l’Adrienne, c’est grave (docteur)?
– Non, non, c’est très bien, il ne faut surtout pas les couper!

Les couper, voilà une idée qui n’était encore jamais venue à l’Adrienne, qui après le polissage a dû admirer le brillant de son ongle avant qu’il ne reçoive encore d’autres « soins » avec des huiles « spéciales ».

Par bonheur les ongles d’à côté n’étaient pas jaloux 😉

– Voilà! dit la jeune femme très satisfaite de son travail, ça va rester comme ça pendant au moins une semaine. Même si vous faites des vaisselles, des lessives ou du jardinage.
– Formidable! dit l’Adrienne, qui s’est dépêchée de sortir de la boutique pour rire à son aise, munie de deux échantillons « parce que c’est vous » 😉 et d’un ongle brillant mais unique.

***

petites conclusions de cette histoire: d’abord qu’il faut plaindre des vendeuses obligées de faire ce genre de racolage et ensuite qu’il ne faut rien croire de ce qu’elles disent. Par exemple, ça n’a pas tenu une semaine, comme c’était promis 🙂

La photo vient du site de Sakaré et ceux qui veulent lire quelques avis peuvent aller voir et .

I comme incipit

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Souvent je me suis couchée de bonne heure, avec l’espoir que dans ma bulle, sous la couette, tout rentrerait dans l’ordre.

Dans ma région, à ceux qui ont un souci on recommande « slaap er een nachtje over » (1): passe une bonne nuit de sommeil et demain matin tu verras ça d’un autre œil.

Il doit cependant y avoir une faille dans le système, vu que le lendemain on constate que le souci est toujours là. Les lutins ne sont pas passés, ni la bonne fée.

Et surtout, il faut arriver à dormir.

J’ai toujours lu d’un regard soupçonneux les conseils qu’on trouve de nos jours jusque dans la dernière des gazettes, des conseils et des interdits de la part des gourous du sommeil, en particulier celui-ci: éteindre tous les écrans au moins deux heures avant de se coucher.

Deux heures, vraiment?

😉

***

(1) l’équivalent du français « la nuit porte conseil ».
La traduction littérale pour « slaap » est « dors » (impératif) et « nacht » = « nuit », donc: « slaap er een nachtje over » = passe une bonne nuit de sommeil (là-dessus).

***

Deux consignes pour ce texte: les mots imposés d’Olivia Billington: souvent – ordre – soupçonneux – gazette – espoir – bulle – particulier – faille et la proposition 173 d’Ecriture créative: Vous commencerez votre texte par une phrase de Marcel Proust  : « Longtemps, je me suis couché de bonne heure »

Photo prise d’une chambre avec vue 🙂

G comme GSM

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Bon, les habitués le savent, certains même depuis 2008 puisque c’est alors qu’elle en a parlé pour la première fois, l’Adrienne est téléphonophobique.

Vous savez aussi que depuis avril l’Adrienne est entrée dans le 21e siècle.

Bon.

Vous avez dû remarquer que l’été est passé et qu’un léger besoin de chauffage se fait sentir.

Chez les gens normaux, on appuie sur un bouton ou on tourne à une mollette et hop! ça se met en route.
Chez l’Adrienne, il y a chaque fois matière à suspense.
Enfin, si on peut encore parler de suspense. Vous aussi avez déjà deviné la suite.

Donc, le week-end dernier, comme la température était assez brusquement descendue à 16°, l’Adrienne a décidé de mettre du chauffage. Las, l’engin a émis deux borborygmes puis a indiqué « F 22 », ce qui dans son langage – il faut bien sûr d’abord mettre la main sur le mode d’emploi de l’appareil – veut dire: manque d’eau ou manque de pression.

Bon.

Besoin d’un homme de l’art. Attendre jusqu’au lundi. Téléphoner à celui qui a déjà dû venir la fois précédente. Son numéro n’est plus attribué. Faire une recherche internet. Y passer une demi-journée. Téléphoner à l’installateur. Quelqu’un de la firme va rappeler. Quand? Aujourd’hui peut-être ou alors demain. Sans rire! Rester collée au GSM toute la journée. L’emporter même aux toilettes. Devoir le recharger toutes les quatre heures. S’il veut bien. Souvent il ne veut pas. « En charge sur le secteur », affiche-t-il, ce vilain menteur, alors que le niveau de batterie continue de baisser.

Bref, l’Adrienne rame et n’a pas chaud… 

(d’où l’illustration, prise à Ostende, et qui a déjà servi pour un billet consacré à l’artiste et à l’expo inspirée du Radeau de la Méduse ;-))

Y comme yoga

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« Tu devrais faire du yoga. » – « Le yoga, ça te ferait le plus grand bien. » – « Pourquoi tu ne t’inscris pas à un cours de yoga? » – « Moi le yoga m’aide beaucoup! » 

Bref, la carissima nipotina en a tant et tant parlé que l’Adrienne – bien que n’ayant pas les dispositions naturelles d’une Cici (prononcer TchiTchi) – s’est inscrite pour un cours de yoga hebdomadaire.

Premier mercredi de septembre, premier cours.

L’Adrienne, de peur d’arriver en retard, de ne pas trouver l’endroit – ce n’est pas dans sa ville – est en avance de vingt minutes. Même la prof n’est pas encore arrivée 😉

Peu après neuf heures, chacun est installé dans un grand cercle pour le tour de piste habituel des présentations – du temps perdu, personne ne retient le prénom de personne, même la prof donne du Patrick au seul homme du groupe, alors qu’il avait dit s’appeler Stefaan.

La séance commence.
L’Adrienne fait de son mieux.
Se heurte à ses limites.
C’est normal, pense-t-elle, d’ailleurs la prof l’avait dit en préambule, ne pas se forcer, chacun a ses limites etc. etc.

Tout à coup une voix l’apostrophe d’un ton sévère. Deux ou trois fois, même – elle n’avait d’abord pas compris que la prof s’adressait à elle:

– C’est exprès, que vous faites tout de travers?