P comme panifiable

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La farine et la levure sèche étaient déjà dans le bol, bien mélangées, l’Adrienne tenait le gobelet d’eau en main et au moment de l’y verser elle est prise d’un doute: la farine d’avoine est-elle bien panifiable?

La réponse est non, évidemment 🙂

Le pain n’est pas devenu plus épais qu’une galette.

Chez l’Adrienne, de temps en temps c’est z’azis puis ze réflécis 😉

Mais qu’à cela ne tienne, le goût était excellent 🙂

B comme bidouillons

Découvrez les coulisses de l’improvisation dit le journal La Croix et c’est exactement ce qu’ont fait Nadine et la mère de l’Adrienne.
Écoutez l’histoire et jugez-en vous-mêmes:

– Tu sais que je vais à la messe trois fois par semaine.
Le curé est un très vieil homme qui perd un peu la boule mais heureusement il connaît la messe par cœur et il la fait en vingt minutes exactement.

Donc mercredi dernier, le temps que je sorte avec mon caddie – oui normalement Marie-Paule me ramène en voiture mais là à cause du caddie plein, ça n’allait pas – donc j’étais encore sur le parvis quand Nadine est sortie de l‘église, tout en affaire :

– Le curé a oublié la clé dans la serrure du tabernacle ! qu’elle m’a dit.

Alors là, on ne savait pas quoi faire ! Si quelqu’un de mal intentionné allait la prendre ? Ou ouvrir le tabernacle ? Voler les hosties !

– Tu sais quoi, j’ai dit à Nadine, prends la clé et cache-la en-dessous de la nappe de l’autel.

Elle trouvait que c’était une bonne idée et on est reparties tranquilles.

A la messe suivante, Nadine n’était pas là parce qu’elle va aussi à une autre paroisse et comme personne ne réussissait à ouvrir le tabernacle, j’ai dit que la clé était sûrement sous la nappe.

Ils ont regardé mais ils ne l’ont pas trouvée.

– Bon et maintenant, qu’est-ce qu’on va faire ? a demandé Marie-Paule.

Elle avait dit au curé de consacrer quelques hosties de plus, parce qu’elle attendait du monde et comme il en restait tout de même pas mal à la fin de la messe et que personne ne réussissait à ouvrir le tabernacle, le curé a résolu le problème en les mangeant.

– En les mangeant ? demande l’Adrienne ahurie.

– Ben oui ! Les hosties qui restaient, ils les a toutes mangées ! Puisqu’on ne pouvait pas les mettre dans le tabernacle !

– Il a eu du mal, d’ailleurs, a-t-elle encore ajouté.

***

Merci à Joe Krapov pour sa consigne Les Conseils de « La Croix »  
En pages 6 et 7 de « La Croix magazine » se trouvent des petits articles, renvoyant à des sites web ou à des livres, dont le titre contient un verbe est à l’impératif.
1) Suivez-ces conseils, rassemblés ci-dessous et racontez-nous ce qui s’ensuit si vous les appliquez à la lettre (un par un ou plusieurs à la suite !)
2) ou développez, sous forme d’un article à votre sauce, ce dont il pourrait être question sous un des titres suivants :

Découvrez les coulisses de l’improvisation

U comme une déclaration

Un couple sort de la gare d’Ostende.

Elle devant.
Lui derrière, qui traîne deux énormes valises, plus un gros sac en bandoulière.

Gaat het schat? ça va mon trésor? demande-t-elle en se retournant à peine vers l’homme suant derrière elle.

Le vrai trésor, elle le porte dans un petit sac rose à franges, garni de quelques clous dorés.

Il est assorti au collier – rose et clouté d’or – du petit chien dont seule la tête pomponnée dépasse.

Z comme zootje ongeregeld

C’est l’expression qui vient spontanément à l’Adrienne – en même temps qu’un grand sourire, la pêche et la banane – quand elle se trouve dans le cercle très joyeux de la chorale, celle qu’elle avait appelée Geitenwollensokken et dont elle avait déjà vanté la belle discipline 😉

Bref, d’arrêts imposés en reprises timides et éphémères, la petite chorale a recommencé ses réunions chaque quinzaine, malheureusement dans chef de chœur.

Il faut dire que c’est bien beau, l’esprit hippie et anar-sur-les-bords, ça rigole, ça papote, ça arrive en retard, certains au bout de cinq ans ne savent toujours pas si elles sont sopranos ou altos, s’ils sont ténor, baryton ou basse, la moitié au moins ne lit pas la musique, certains chantent faux (ou disons: ont du mal à garder la note ;-)), ne viennent qu’une fois sur deux (ou sur trois) donc il faut tout reprendre à zéro, à peu près à chaque répétition.

Zootje ongeregeld, joyeux bazar, petite troupe en pagaille, bande de fous, tout ça et bien plus, et c’est adorablement rigolo.

Sauf pour le chef.

I comme improvisation

Le petit musée Marguerite Yourcenar n’ouvre que de 14.00 h. à 16.30 h. alors l’Adrienne va essayer de remplir agréablement le reste de la journée 🙂

Plan A

Elle découvre qu’il y a un jardin botanique tout près.
Elle y va.
Évidemment, Mme GPS ne connaît pas ce « Hameau » en cul-de-sac et l’envoie chez un pépiniériste.
Par miracle, elle trouve quand même le jardin botanique et se rend à l’accueil.
On n’y accepte que les chèques (?!) ou l’argent comptant et ce sera 6,50 € pour admirer des étiquettes plantées dans deux parterres: toute la végétation est encore en dormance.
Elle n’a qu’un billet de cinq euros et un peu de monnaie, or elle suppute qu’elle en aura besoin pour payer l’entrée du musée.

– Bonne journée! fait-elle en se dépêchant de sortir de là.

Plan B

Elle ira donc à Bailleul.
Encore une de ces petites villes martyres (1) du front de l’Yser, reconstruite après destruction totale en 1918, dans un style plus flamand que n’importe où en Flandre. (2)
Pas de chance, c’est kermesse et on ne peut se garer nulle part.
Elle finit par laisser son auto à un kilomètre du centre, sur la route de Cassel.
Pas grave, ça lui fait une promenade et de toute façon elle a du temps à perdre.
Mais tout est fermé, la kermesse, les cafés et même le musée de l’école de dentelle, « jusqu’à nouvel ordre » à cause « des circonstances sanitaires ».

Plan C

Elle retourne donc à l’auto après avoir en vain cherché un café et des toilettes. Peut-être en trouvera-t-elle à St-Jans-Cappel?
Hélas, un salon de coiffure (fermé), une pharmacie (ouverte) mais pas le moindre bistrot et le clocher ne sonne que onze heures.
Elle demande à un homme qui décharge le coffre de sa voiture s’il y a un endroit où s’asseoir et boire un café.
– Là, fait-il en riant, sur ce banc. Si c’est vous qui apportez le café!
Bref, c’est lui le cuistot du coin (littéralement) et il ouvre à midi.

Plan D

– J’ai le temps de suivre un bout du « sentier des jacinthes » en attendant, se dit-elle. Mais dès qu’elle a tourné le coin, il n’y a plus ni balise bleue ni balise jaune à des mètres à la ronde.
Connaissant son sens de l’orientation, elle décide de faire sagement une heure de lecture dans l’auto.

C’est beau, l’improvisation 🙂

***

photo du Présidial prise à Bailleul le 10 mars – le bâtiment affiche trois instants de son existence gravés dans la pierre: construit en 1776, ruiné en 1918, restauré en 1920.

(1) « Quand mes grands-parents ont pu rentrer à leur ferme, après la guerre, ils ne reconnaissaient plus rien. C’est le cheval qui les a menés exactement là où avait été leur ferme », raconte le monsieur du musée Yourcenar.

(2) « C’est plus beau qu’avant! », dit-il à propos de cette reconstruction, « on a refait des bâtiments comme à Bruges. »

C comme chanter

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Mardi matin, l’Adrienne découvre un joyeux message de Sofie (quelle Sofie? qui est cette Sofie? connais pas cette Sofie!) l’invitant à chanter ensemble:

« Ik voel me heel gelukkig dat ik samen met u de komende weken mag zingen en plezier maken. » Je me sens si heureuse de pouvoir chanter et m’amuser avec vous dans les prochaines semaines.

Et autres gentillesses.

Ce n’est que tout en bas de la page qu’on peut lire que chacun de ces « heureux moments où on chantera et s’amusera ensemble » coûtera 15 €.

Le bonheur a un prix 🙂

T comme traduction

D’un geste il arrête l’Adrienne dès qu’il l’aperçoit:

– Mon frère! il l’a eu!

Et même s’il n’y a pas de quoi rire, l’hilarité la gagne.

« Hij heeft het gehad! » a-t-il dit, c’est une expression qu’on emploie normalement pour signifier qu’on en a marre, qu’on y a assez mis du sien et qu’on arrête les frais.

Mais dans le cas de « ce mal qui répand la terreur« , le sens figuré peut aussi bien s’appliquer que le sens littéral « il l’a eu », évidemment.

L comme locataire

Avec ce récent déménagement de Monsieur le Goût, l’Adrienne admire la désinvolture avec laquelle certains peuvent se décider à déménager, empaqueter, emballer, sans craindre la fatigue ni les embarras divers, jusqu’au retour de manivelle final, la vengeance du propriétaire abandonné: le non-remboursement de la caution, sous des prétextes variés et futiles.

Ainsi, les mille euros pour un coup de balai, lui ont rappelé ses propres mésaventures de locataire.

Pas à l’époque bénie du « kot » d’étudiante, où l’Adrienne n’hésitait pas, en quatre ans d’études, à changer quatre fois de kot – Mais pourquoi? répétait son père au bout de la première année alors qu’il l’avait obligée à loger chez des bonnes sœurs. Tu es quand même bien là où tu es? – non, à Louvain ça n’a jamais posé de problème: la caution était rendue sans discussion.

Mais quand la « vraie vie » a commencé, premier emploi, premier logement, et quand à la fin du bail de trois ans on préfère ne pas le renouveler…

L’état des lieux s’était fait sur le ton le plus paterne mais au moment du départ, il y avait tout à coup des déprédations honteuses.
Alors que l’Adrienne et Monsieur Mari rendaient le bien repeint à leurs frais, retapissé, et en meilleur état qu’ils ne l’avaient trouvé.

Et la deuxième fois, où malgré un grand nettoyage après le départ, le propriétaire a prétexté avoir trouvé les lieux dans un état tellement immonde qu’une femme d’ouvrage n’en serait pas venue à bout en une journée entière.

Bref, du vol pur et simple, donc l’Adrienne souhaite bon courage à tous les locataires de la planète.

***

en illustration, une photo prise à Paris à l’expo Banksy en novembre 2019.

U comme urgence

Annoncer sa « bonne résolution » à quelques personnes choisies de son entourage, c’est une tactique éprouvée: ça aide à la tenir dans la durée.

Aussi, l’Adrienne s’est-elle empressée de communiquer à l’ami de toujours – celui qui prétend qu’il l’a vue naître – cette belle intention de marcher une heure chaque jour.

– Excellent! fait-il, enthousiaste. On devrait le faire ensemble.
– Avec plaisir, dit l’Adrienne, bien qu’elle connaisse déjà la suite 😉

En effet, l’ami est jeune retraité – depuis le premier octobre – et il a en principe tout le temps qu’il faut.
Mais c’est sans compter sur ceux qui comptent sur lui, ses enfants, qu’il a pourtant « établis » – comme on dit dans les romans du tournant du 20e siècle – en leur transmettant à chacun des affaires qui marchent.

Premier jour, premier message:
– Ce ne sera pas pour aujourd’hui, F* a besoin de moi au bureau.

Deuxième jour:
– Désolé, vraiment, je dois aller faire un constat.

Troisième jour:
– On organise une réunion de travail avec le comptable.

Etc.

Même le samedi et le dimanche, vu que dans ce petit empire qu’il a construit pour ses enfants, il y a aussi un (grand) magasin.

Bref, ce n’est que le 23 janvier que le message était positif:
– Je suis libre entre deux heures et quart et quatre heures, cet après-midi, ça te va?

Or l’urgence, ce n’est pas d’aider ses enfants, mais de penser un peu à lui.
En 2021, il a eu un gros avertissement cardiaque.
Et deux ordres: se reposer et faire de la marche.

Vous comprenez, maintenant, que l’Adrienne s’inquiète?

***

la photo a été prise .

N comme nonante

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– C’est bien au numéro 90 que tu habites? demande l’Adrienne à l’amie qui fête son anniversaire ces jours-ci.

Évidemment, vous commencez à la connaître, elle lui pose la question APRES avoir posté la carte de vœux.

***

– Quel orgueil! On dirait bien que tu en es fière! dirait sa mère si elle lui racontait cette anecdote.

Et l’Adrienne qui croyait que l’autodérision est une forme d’humour 🙂