K comme Karé… quoi?

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L’Adrienne marchait d’un pas vif dans la rue des Francs-Bourgeois quand tout à coup une main a saisi la sienne. Une charmante vendeuse en tablier clair voulait observer ses ongles 😉

– Que faites-vous, pour vos ongles? demande-t-elle avec un accent tout à fait exotique.
– Ben… rien, comme vous voyez. Je les coupe juste, rit l’Adrienne.
– Vous connaissez la marque Sakaré?
– Pas encore…

Ce qui était une demi-vérité, puisqu’elle pouvait bien voir ce nom marqué sur l’uniforme de la vendeuse. De plus, c’était trompeur: ça pouvait laisser supposer qu’elle avait envie de la connaître. Mais ce genre de vendeuse ne s’arrête pas à ces détails et parle juste pour parler.

– J’ai quelque chose pour vous, dit-elle en tenant toujours la main de l’Adrienne, venez je vais vous montrer.

Et voilà qu’elle l’attire – qu’elle la tire – à l’intérieur d’une boutique tout en noir et or. Où elle entreprend le polissage d’un des ongles de la main qu’elle tenait toujours. Dans un flot de paroles pour expliquer la supériorité du machin qu’elle utilisait – il y avait même « poudre de diamants », c’est dire la qualité 😉

– Que faites-vous pour vos cuticules? demande-t-elle du ton d’un médecin à un patient légèrement attardé.
– Ben rien, répond l’Adrienne, c’est grave (docteur)?
– Non, non, c’est très bien, il ne faut surtout pas les couper!

Les couper, voilà une idée qui n’était encore jamais venue à l’Adrienne, qui après le polissage a dû admirer le brillant de son ongle avant qu’il ne reçoive encore d’autres « soins » avec des huiles « spéciales ».

Par bonheur les ongles d’à côté n’étaient pas jaloux 😉

– Voilà! dit la jeune femme très satisfaite de son travail, ça va rester comme ça pendant au moins une semaine. Même si vous faites des vaisselles, des lessives ou du jardinage.
– Formidable! dit l’Adrienne, qui s’est dépêchée de sortir de la boutique pour rire à son aise, munie de deux échantillons « parce que c’est vous » 😉 et d’un ongle brillant mais unique.

***

petites conclusions de cette histoire: d’abord qu’il faut plaindre des vendeuses obligées de faire ce genre de racolage et ensuite qu’il ne faut rien croire de ce qu’elles disent. Par exemple, ça n’a pas tenu une semaine, comme c’était promis 🙂

La photo vient du site de Sakaré et ceux qui veulent lire quelques avis peuvent aller voir et .

I comme incipit

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Souvent je me suis couchée de bonne heure, avec l’espoir que dans ma bulle, sous la couette, tout rentrerait dans l’ordre.

Dans ma région, à ceux qui ont un souci on recommande « slaap er een nachtje over » (1): passe une bonne nuit de sommeil et demain matin tu verras ça d’un autre œil.

Il doit cependant y avoir une faille dans le système, vu que le lendemain on constate que le souci est toujours là. Les lutins ne sont pas passés, ni la bonne fée.

Et surtout, il faut arriver à dormir.

J’ai toujours lu d’un regard soupçonneux les conseils qu’on trouve de nos jours jusque dans la dernière des gazettes, des conseils et des interdits de la part des gourous du sommeil, en particulier celui-ci: éteindre tous les écrans au moins deux heures avant de se coucher.

Deux heures, vraiment?

😉

***

(1) l’équivalent du français « la nuit porte conseil ».
La traduction littérale pour « slaap » est « dors » (impératif) et « nacht » = « nuit », donc: « slaap er een nachtje over » = passe une bonne nuit de sommeil (là-dessus).

***

Deux consignes pour ce texte: les mots imposés d’Olivia Billington: souvent – ordre – soupçonneux – gazette – espoir – bulle – particulier – faille et la proposition 173 d’Ecriture créative: Vous commencerez votre texte par une phrase de Marcel Proust  : « Longtemps, je me suis couché de bonne heure »

Photo prise d’une chambre avec vue 🙂

G comme GSM

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Bon, les habitués le savent, certains même depuis 2008 puisque c’est alors qu’elle en a parlé pour la première fois, l’Adrienne est téléphonophobique.

Vous savez aussi que depuis avril l’Adrienne est entrée dans le 21e siècle.

Bon.

Vous avez dû remarquer que l’été est passé et qu’un léger besoin de chauffage se fait sentir.

Chez les gens normaux, on appuie sur un bouton ou on tourne à une mollette et hop! ça se met en route.
Chez l’Adrienne, il y a chaque fois matière à suspense.
Enfin, si on peut encore parler de suspense. Vous aussi avez déjà deviné la suite.

Donc, le week-end dernier, comme la température était assez brusquement descendue à 16°, l’Adrienne a décidé de mettre du chauffage. Las, l’engin a émis deux borborygmes puis a indiqué « F 22 », ce qui dans son langage – il faut bien sûr d’abord mettre la main sur le mode d’emploi de l’appareil – veut dire: manque d’eau ou manque de pression.

Bon.

Besoin d’un homme de l’art. Attendre jusqu’au lundi. Téléphoner à celui qui a déjà dû venir la fois précédente. Son numéro n’est plus attribué. Faire une recherche internet. Y passer une demi-journée. Téléphoner à l’installateur. Quelqu’un de la firme va rappeler. Quand? Aujourd’hui peut-être ou alors demain. Sans rire! Rester collée au GSM toute la journée. L’emporter même aux toilettes. Devoir le recharger toutes les quatre heures. S’il veut bien. Souvent il ne veut pas. « En charge sur le secteur », affiche-t-il, ce vilain menteur, alors que le niveau de batterie continue de baisser.

Bref, l’Adrienne rame et n’a pas chaud… 

(d’où l’illustration, prise à Ostende, et qui a déjà servi pour un billet consacré à l’artiste et à l’expo inspirée du Radeau de la Méduse ;-))

Y comme yoga

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« Tu devrais faire du yoga. » – « Le yoga, ça te ferait le plus grand bien. » – « Pourquoi tu ne t’inscris pas à un cours de yoga? » – « Moi le yoga m’aide beaucoup! » 

Bref, la carissima nipotina en a tant et tant parlé que l’Adrienne – bien que n’ayant pas les dispositions naturelles d’une Cici (prononcer TchiTchi) – s’est inscrite pour un cours de yoga hebdomadaire.

Premier mercredi de septembre, premier cours.

L’Adrienne, de peur d’arriver en retard, de ne pas trouver l’endroit – ce n’est pas dans sa ville – est en avance de vingt minutes. Même la prof n’est pas encore arrivée 😉

Peu après neuf heures, chacun est installé dans un grand cercle pour le tour de piste habituel des présentations – du temps perdu, personne ne retient le prénom de personne, même la prof donne du Patrick au seul homme du groupe, alors qu’il avait dit s’appeler Stefaan.

La séance commence.
L’Adrienne fait de son mieux.
Se heurte à ses limites.
C’est normal, pense-t-elle, d’ailleurs la prof l’avait dit en préambule, ne pas se forcer, chacun a ses limites etc. etc.

Tout à coup une voix l’apostrophe d’un ton sévère. Deux ou trois fois, même – elle n’avait d’abord pas compris que la prof s’adressait à elle:

– C’est exprès, que vous faites tout de travers?

X c’est l’inconnu

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Vous savez que l’Adrienne est un pseudo.
Choisi en hommage à une grand-mère tant aimée.
Vous savez aussi comme ce pseudo – ainsi que quelques autres précautions – doit garantir un anonymat jugé très important.

Alors vous imaginez la stupéfaction de l’Adrienne, l’autre jour.
Le téléphone sonne.
Elle décroche.

Petit silence au bout du fil puis une voix d’homme un peu hésitante dit:

– Je suis bien chez Adrienne?

PAF! stupéfaction, horreur et incompréhension, mille questions se bousculent à la fois dans la petite tête de l’Adrienne – qui? comment? etc. – mais heureusement, au moment où elle est en train de décider qu’elle va répondre oui – c’est si difficile de mentir – la voix pose une deuxième question:

– Je suis bien à Anderlecht?

Alors là, grand ouf:

– Non, monsieur, vous n’êtes pas à Anderlecht.

Quel bonheur, c’était une erreur.

Il y a donc encore des gens qui portent ce prénom, devenu bien rare, et pas encore réadopté par les jeunes parents d’aujourd’hui, qui apprécient pourtant les Oscar, les Léon et les Maurice de la même époque.

W comme WWILF

La chose a dû vous arriver aussi, vous commencez une recherche internet et de fil en aiguille vous passez d’un site à un autres, vous finissez peut-être même par regarder des trucs sur YouTube, un vieux film, une chanson, une recette, des  chats mignons… et par ne plus savoir ce que vous cherchiez au départ.

Figurez-vous que ça porte un nom, c’est WWILF, acronyme pour « what was I looking for? », qu’est-ce que je cherchais?

– Tu as fait quoi, hier soir?
– Du wilfing!

C’est expliqué ici 🙂

Et l’Adrienne, qu’a-t-elle fait, hier soir?

Du walrussing 🙂

***

photo 1 le bureau et l’ordi dans la maison d’autrefois, photo 2 l’ordi, première chose à avoir été déménagée et installée 😉

Le walrussing est le même procédé que le wilfing: tu commences par lire un billet, tu y découvres un lien, tu suis ce lien… heureusement que ton estomac crie famine sinon tu y serais encore 😉

Dernière commande

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Vous vous souvenez que l’Adrienne a décidé de prendre des cours particuliers de piano? Chez une ancienne élève?

A leur premier rendez-vous, la prof conseille à l’Adrienne d’acquérir l’ouvrage ci-dessus: vu qu’elle est fan de musique classique, il devrait lui convenir.

L’Adrienne toute contente se précipite le jour même chez son vendeur de piano pour le commander. C’était le 13 juin.

Bon, vous la sentez venir?

Le 20 juin, l’Adrienne avait son deuxième rendez-vous avec sa nouvelle prof.

– Je n’ai pas encore le livre, lui dit-elle d’emblée. Je l’ai commandé mais il n’est pas encore arrivé.
– Ah, dit la prof avec un fin sourire, tu l’as commandé en magasin.

Ce n’était même pas une question.

– Moi, ajoute-t-elle, je commande toujours sur internet. Et normalement je l’ai en trois jours maximum.

Mais l’Adrienne – on ne se refait pas – est tout à fait opposée à ce genre de commerce, pour un tas de raisons humaines, économiques, écologiques.

Les semaines ont passé, le livre n’arrivait pas, l’Adrienne est partie dans le Yorkshire le 3 juillet.

A son retour, elle a téléphoné à son vendeur de piano.
Pour tomber sur un répondeur lui disant que le magasin sera fermé jusqu’au 21 août.

Qui c’est qui va bien rigoler?

La prof, que l’Adrienne revoit demain 🙂

source de la photo ici.