R comme rions!

Vendredi soir, l’Adrienne était dans le petit centre culturel de sa ville, assise au second rang et bien décidée à passer une paire d’heures à une occupation très saine: rire.

C’est en tout cas ce qu’elle attendait, vu qu’il y avait au programme ce qu’on appelle en bon néerlandais unstand-up comedian‘.

Mais avant de voir la vedette, un autre avait le rôle de Marcel (1) sauf qu’il s’appelait Elias. Les présentations faites, il demande au public s’il a envie d’entendre des blagues ‘pipi-caca’ (2)

L’Adrienne, considérant que ça a peut-être pu l’intéresser vers l’âge de trois ou quatre ans (malheureusement, elle ne s’en souvient pas) et supposant que si Marcel pose une question, il aime qu’on lui réponde, l’Adrienne donc fait non de la tête.

Boudiou de boudiou! si elle avait su, elle se serait retenue et aurait fait comme tous les autres, poker face.

Voilà le Marcel qui l’agresse et ne la lâche plus jusqu’à la fin de la représentation, essayant de faire rire la salle à ses dépens, lui demandant si le caca lui pose problème, comment était son caca du matin, s’étonnant que la question ne la fasse pas rire, etc., etc.

Jusqu’à sa dernière phrase avant de laisser la place au comique pour lequel on était venu.

Bref, il s’en est fallu de peu que l’Adrienne quitte la salle mais vu qu’elle est du genre tenace, elle a préféré attendre que ce soit le Marcel qui s’en aille 😉

***

(1) vous savez bien: chauffe, Marcel chauffe! écoutez Vesoul 🙂

(2) en bon néerlandais: « als jullie het goed vinden, zal ik nu wat pipi-kakamoppen vertellen »

Publicités

Dernière fois

ccf5d-851133103

La dame de l’accueil jette un regard de plus en plus énervé en direction du gros cadran qui marque l’heure. En principe, elle finit sa demi-journée dans cinq minutes, mais elle sent qu’elle va devoir lâcher prise: aucune possibilité de faire avancer plus vite les formalités avec la petite vieille dame qu’elle a devant elle et qui vit dans sa bulle, les doigts serrés sur le fermoir de son antique sac à main de cuir noir.

Il est clair qu’on ne lui a pas demandé son opinion quand on a décidé de lui faire quitter son intérieur douillet, avec ses broderies à l’ancienne sur l’appuie-tête des fauteuils et ses persiennes ajourées.

On lui a mis aux pieds une sorte d’espadrilles trop grandes pour elle, on l’a embarquée dans la voiture de l’aîné de ses neveux, et la voilà devant des papiers qu’elle n’a pas lus et qu’elle signe sans rechigner, de sa belle écriture un peu penchée.

– Vous pouvez la mener tout de suite au réfectoire, dit la dame de l’accueil, c’est de ce côté.

Précision inutile, il n’y a qu’à suivre l’odeur de la soupe de courgettes et les bruits de vaisselle.

***

Ecrit pour 13 à la douzaine avec les mots imposés suivants: 1 fermoir 2 possibilité 3 accueil 4 prise 5 opinion 6 courgette 7 finir 8 cadran 9 bulle 10 espadrille 11 broderie 12 persiennes et le 13e pour le thème :  écriture. 

Avec une pensée plus qu’émue pour gentille voisine Casque d’or: un beau jour de septembre, c’est la dernière fois que vous bavardez de choses et d’autres, des travaux à la rue, de la santé et du temps qu’il fait…

Photo prise à une expo dans ma ville.

V comme vive la famille!

98f63-gold

Gentille voisine Casque d’Or, toujours pimpante et souriante, douce dans la voix comme dans les gestes, a eu tout à coup un gros problème de santé. Sa famille l’a fait hospitaliser.

Depuis que la maison est vide, des neveux et nièces s’y activent. Le premier week-end, on est venu remplir quelques voitures de choses diverses. 

De la maison de gentille voisine Casque d’Or ne provenaient jusqu’au mois dernier que deux sortes de bruits: les volets qu’elle montait et descendait matin et soir, et la sonnerie du téléphone, qui était amplifiée.

Ces deux derniers week-ends, les neveux et nièces sont revenus. Armés de marteaux, semble-t-il. Les bruits qu’on entend sont ceux de la brique qu’on frappe, comme si on voulait abattre un mur, creuser une brèche… 

Ça rend l’Adrienne un peu triste.

Et ça lui rappelle Beau-Frère Aîné, qui avait tenu à « sonder » les murs de la cave paternelle, persuadé que son défunt père y avait caché des lingots d’or, et qui regardait avec méfiance ses frère et sœurs, les soupçonnant d’avoir – qui sait? peut-être! – trouvé quelque chose avant lui…

source de l’image ici

I comme incroyable!

Après trois photos de groupe, une « normale », une avec les mains en forme de cœur et une avec les bras en l’air, l’ambianceur a repris le micro et a déclaré qu’il remettrait à chacun un petit carton sur lequel se trouvait un nom. Il s’agissait de retrouver l’autre moitié d’un duo, dans le but de faire connaissance avec un autre invité au mariage. On ne recevrait un verre d’apéritif qu’à cette condition: se présenter avec son binôme!

Chacun s’est mis à crier « Tintin et Milou! », « Adam et Eve! », « Bonnie and Clyde! »…

Sur le carton de l’Adrienne, elle lit « Coyote » et elle doit se faire expliquer qu’il faut trouver un Beep Beep. Il ne s’agissait pas de Coyote et la police.

Elle trouve son binôme au moment où la table du vin d’honneur est déjà complètement prise d’assaut. Elle se présente, tout sourire:

– Bonsoir! Je suis la Marraine de R***

– Ah? et qui c’est, R***?

Estomaquée, l’Adrienne!

– Quoi? vous êtes invitée au mariage et vous ne connaissez même pas le nom du marié?

7 chiffres

businessman

Quand Madame reçoit une petite carte pour annoncer la naissance d’un bébé chez un(e) ancien(ne) élève, elle y trouve 7 chiffres.

En plus de la date de naissance, il y a la taille et le poids du bébé ainsi que l’heure de sa naissance, à la minute près (11.37 h. pour le dernier-né, ce 31 août).

En plus de l’adresse des heureux parents, il y a le numéro de portable de papa, celui de maman, et leur numéro de compte en banque. 

C’est dans ce monde-là que l’on naît aujourd’hui et qu’il faudra se débrouiller 🙂

***

source de l’illustration et lecture du chapitre XIII ici.

Y comme Y en a, je vous jure!

DSCI6765

Hier, l’Adrienne a refait en sens inverse les 800 et quelques kilomètres – et oui, le canard est toujours vivant 🙂

Sur une aire d’autoroute, après avoir pris de l’essence HyperChère, elle se gare pour aller payer à la caisse, comme c’est demandé.

Malheureusement, ça n’a pas plu à un Parisien qui arrivait en trombe et considérait que cette place lui était réservée.

Il s’est donc conduit en parfait gentleman: après avoir déversé quelques injures, puis des menaces, il a garé sa voiture derrière celle de l’Adrienne, l’empêchant de partir avant que lui-même l’ait décidé.