X c’est l’inconnu

lakévio117

Vous savez que l’Adrienne est un pseudo.
Choisi en hommage à une grand-mère tant aimée.
Vous savez aussi comme ce pseudo – ainsi que quelques autres précautions – doit garantir un anonymat jugé très important.

Alors vous imaginez la stupéfaction de l’Adrienne, l’autre jour.
Le téléphone sonne.
Elle décroche.

Petit silence au bout du fil puis une voix d’homme un peu hésitante dit:

– Je suis bien chez Adrienne?

PAF! stupéfaction, horreur et incompréhension, mille questions se bousculent à la fois dans la petite tête de l’Adrienne – qui? comment? etc. – mais heureusement, au moment où elle est en train de décider qu’elle va répondre oui – c’est si difficile de mentir – la voix pose une deuxième question:

– Je suis bien à Anderlecht?

Alors là, grand ouf:

– Non, monsieur, vous n’êtes pas à Anderlecht.

Quel bonheur, c’était une erreur.

Il y a donc encore des gens qui portent ce prénom, devenu bien rare, et pas encore réadopté par les jeunes parents d’aujourd’hui, qui apprécient pourtant les Oscar, les Léon et les Maurice de la même époque.

W comme WWILF

La chose a dû vous arriver aussi, vous commencez une recherche internet et de fil en aiguille vous passez d’un site à un autres, vous finissez peut-être même par regarder des trucs sur YouTube, un vieux film, une chanson, une recette, des  chats mignons… et par ne plus savoir ce que vous cherchiez au départ.

Figurez-vous que ça porte un nom, c’est WWILF, acronyme pour « what was I looking for? », qu’est-ce que je cherchais?

– Tu as fait quoi, hier soir?
– Du wilfing!

C’est expliqué ici 🙂

Et l’Adrienne, qu’a-t-elle fait, hier soir?

Du walrussing 🙂

***

photo 1 le bureau et l’ordi dans la maison d’autrefois, photo 2 l’ordi, première chose à avoir été déménagée et installée 😉

Le walrussing est le même procédé que le wilfing: tu commences par lire un billet, tu y découvres un lien, tu suis ce lien… heureusement que ton estomac crie famine sinon tu y serais encore 😉

Dernière commande

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Vous vous souvenez que l’Adrienne a décidé de prendre des cours particuliers de piano? Chez une ancienne élève?

A leur premier rendez-vous, la prof conseille à l’Adrienne d’acquérir l’ouvrage ci-dessus: vu qu’elle est fan de musique classique, il devrait lui convenir.

L’Adrienne toute contente se précipite le jour même chez son vendeur de piano pour le commander. C’était le 13 juin.

Bon, vous la sentez venir?

Le 20 juin, l’Adrienne avait son deuxième rendez-vous avec sa nouvelle prof.

– Je n’ai pas encore le livre, lui dit-elle d’emblée. Je l’ai commandé mais il n’est pas encore arrivé.
– Ah, dit la prof avec un fin sourire, tu l’as commandé en magasin.

Ce n’était même pas une question.

– Moi, ajoute-t-elle, je commande toujours sur internet. Et normalement je l’ai en trois jours maximum.

Mais l’Adrienne – on ne se refait pas – est tout à fait opposée à ce genre de commerce, pour un tas de raisons humaines, économiques, écologiques.

Les semaines ont passé, le livre n’arrivait pas, l’Adrienne est partie dans le Yorkshire le 3 juillet.

A son retour, elle a téléphoné à son vendeur de piano.
Pour tomber sur un répondeur lui disant que le magasin sera fermé jusqu’au 21 août.

Qui c’est qui va bien rigoler?

La prof, que l’Adrienne revoit demain 🙂

source de la photo ici.

Z comme zèle

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Surprise de l’Adrienne, en rentrant de l’école lundi dernier, surprise et surtout de la gêne devant cet étalage sur le trottoir de gentille voisine Casque d’Or.

Comme si on exposait sa vie intime. Les vieilleries accumulées, qui datent de l’époque de ses parents et dont elle n’a jamais su se défaire.

Et aussi de plus belles choses, qui sont déposées dans le camion. Le reste subira un second tri le lendemain.

L’Adrienne ne peut s’empêcher d’y voir de l’excès de zèle: il n’y a pas une semaine que la voisine est enterrée, pas quinze jours qu’elle est morte.

Sans doute que la semaine prochaine il y aura une affichette ‘maison à vendre’…

W comme wolken

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Isa a peint le bleu du ciel.

Elle a dessiné des nuages blancs et doux comme du coton.

De sa plus belle écriture, elle a tracé un joli message pour son papa: Papa, ik ben in de wolken voor jou! (1)

Puis elle a signé son œuvre.

Le vendredi avant la fête des pères, la peinture était sèche et le cadeau prêt à être emporté à la maison pour être offert au papa le jour J.

Et puis… et puis il s’est passé quelque chose. Qui a fait que le joli travail a été abandonné sur le seuil d’une maison vide, juste à côté de l’école.

***

(1) l’expression en néerlandais ‘in de wolken zijn’ veut dire ‘être aux anges’, être très heureux.

M comme mœurs

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– La musique adoucit les mœurs, se dit l’Adrienne.

Alors, après avoir refermé la porte sur deux voisines venues réclamer que ce tas de terre, dans son jardin, ces « mauvaises herbes », tout ça doit disparaître au plus vite… alors donc, l’Adrienne, le cœur gros, va chercher le réconfort de son piano.

C’est vrai que depuis l’installation de l’abri pour l’auto, il y a là un tas de terre qui attend que l’Adrienne ait trouvé quelqu’un apte à réaliser ce qu’elle a en tête, deux grands carrés de potager surélevé.

C’est vrai que chez l’Adrienne, ce n’est pas un « beau gazon » stérile et des bordures nettes, passées au glyphosate. Depuis qu’elle a semé de la roquette, il y en a partout. De même que l’oignon et la mâche montés en graine.

Parfois une belle étrangère s’installe, apportée par le vent, comme cette magnifique digitale en pleine floraison ce mois-ci. Ou un buddleia, que les voisines abhorrent autant que les papillons l’adorent.

Sur le tas de terre de l’Adrienne, les dernières butineuses sont à la fête.

Alors tout en pianotant péniblement, elle réfléchit à une solution qui satisferait tout le monde, les reines du pulvérisateur et l’amoureuse de la nature.

Elle n’en trouve pas: jamais le jardin de l’Adrienne ne sera conforme à leurs souhaits.

E comme experte

lakévio117L’Adrienne, vous savez bien, celle qui est téléphonophobique, celle qui ne jure que par son vieux nokia – toujours éteint – oui celle-là même, a depuis mercredi soir un téléphone intelligent. Plus intelligent qu’elle. Un qui connaît la route et qui sait prendre des photos. 

Voilà, voilà.

Parce que sa mère l’a reçu en « cadeau gratuit » avec un de ses abonnements. C’est vous dire si le machin vaut son pesant de gigabytes.

Avant de pouvoir le configurer, il a fallu courir à un magasin Proximus avant l’heure de fermeture, parce que la carte sim du vieux nokia est trop grande pour le machin intelligent. Qui est pourtant trois fois plus grand que le vieux nokia. Si vous suivez toujours…

Puis il a fallu réintroduire les coordonnées des uns et des autres. Provisoirement, le seul numéro introduit est celui de la nipotina, qui a poussé des cris de joie en apprenant la nouvelle. Allez savoir pourquoi! Et qui lui a immédiatement refilé whatsapp.

– C’est quelle marque? a-t-elle voulu savoir.
– Euh… c’est sans marque. C’est un « cadeau gratuit ».
– …           (on la sent perplexe et légèrement incrédule)

Bref.

L’Adrienne a éteint son téléphone jusqu’au lendemain après l’école. Quand elle a voulu le rallumer, il a demandé son code pin. Vous devinez la suite? On a droit à trois tentatives… D’abord elle a introduit le code pin de la carte sim du vieux nokia – elle avait déjà oublié ce remplacement – puis elle a introduit son code personnel de sécurité – ce n’était pas ce que le machin voulait – puis le bon code pin. Enfin, celui qu’elle croyait être le bon, mais qui a été refusé par l’intelligente machine.

Bref.

Bref tout ça est tout sauf bref.

Mais l’Adrienne est entrée dans le 21e siècle.

Finalement.

Oui, oui.

***

en illustration, un autre tableau qui a servi de consigne chez Lakévio 🙂