B comme Botanique

Dans le petit hôtel ‘simple mais convenable’ qui aurait fait la joie de Daninos, vendredi matin la machine à café était en panne. Bon, se dit l’Adrienne, j’irai boire un cappuccino en ville.

Dans le coin, tout était encore fermé. Bon, se dit l’Adrienne, j’irai jusqu’au Muntpunt (place de la Monnaie), j’en profiterai pour lire les journaux. 

Mais ça n’ouvrait qu’à dix heures. Bon, se dit l’Adrienne, j’ai rendez-vous à Schaarbeek à midi pile, je vais me rapprocher tout doucement, je boirai un cappuccino au bar du Jardin Botanique.

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Mais au Jardin Botanique, les bâtiments sont en travaux  et le bar est fermé jusqu’au premier septembre. Bon, se dit l’Adrienne, j’irai jusqu’au Boentje.

C’est comme ça que l’Adrienne a fait des kilomètres à pied pour arriver quand même avec une heure d’avance au rendez-vous 🙂

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photos prises le vendredi 30 août au Jardin Botanique – si quelqu’un sait comment s’appelle cet arbre aux fleurs roses, je serais contente de le savoir 🙂

E comme experte

L’autre jour, l’Adrienne a sorti de son armoire un pantalon de lin beige clair qu’elle ne met plus depuis au moins quinze ans. Tiens, se dit-elle, je me demande bien pourquoi! Et hop! la voilà qui l’enfile pour aller faire ses courses.

C’est à peine trois cents mètres plus loin qu’elle s’est rendu compte pourquoi elle ne le mettait plus: la fermeture éclair s’ouvre toute seule.

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On va boire un cappuccino ensemble? 

L’Adrienne aime inviter sa Tantine, qui accepte avec joie. Elles se voient déjà à l’ombre du grand arbre, sur la terrasse, musique douce et papotages, peut-être mangeront-elles un petit brownie au chocolat?

Las, las, voyez comme en peu d’espace
Il a fallu cette idée laisser choir.

Une affichette à la porte indique que le barista est fermé jusqu’au 21 août.

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Ce qui soulage l’Adrienne, qui en se rendant en voiture au Terminal maritime de Zeebrugge s’est retrouvée à Knokke-Heist, c’est qu’elle finit tout de même toujours par arriver à destination… et jusqu’à présent indemne 😉

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texte écrit avec les mots imposés chez Olivia Billington: cappuccino – manger – indemne – musique – soulager – ombre – inviter. Merci Olivia!

Illustrations magrittiennes prises à Bruxelles, au café de la bibliothèque flamande: des inscriptions spécialement conçues pour des expert-e-s dans le genre de l’Adrienne: ceci est une porte, ceci est la poignée de la porte 😉

 

Première expérience

Les présentations faites, l’Homme et l’Adrienne continuent de sentir peser sur eux les quatre regards observateurs. L’obstacle de la langue installe un certain silence. L’émotion fait perdre à Violeta le peu de français qu’elle connaît. Son mari ne parle que le roumain, son fils un peu d’anglais et la petite est trop intimidée pour ouvrir la bouche. 

L’Adrienne est dans le même cas : ses rudiments de roumain semblent s’être presque tous évaporés et il est encore un peu tôt dans la journée pour sortir un « noapte bună », seule formule dont elle se souvienne avec précision

Violeta disparaît dans sa cuisine suivie de sa fille et revient avec deux tasses de café et deux soucoupes dans lesquelles elle a déposé un peu de confiture maison.

On n’est pas dans un pays où la ménagère qui reçoit une visite n’a qu’à ouvrir son placard à provisions pour en sortir un paquet de chocolat ou de biscuits. Ici, on le verra dès le premier jour, ici il n’y a rien. Rien que la débrouille. 

– Vous aimez ? s’enquiert Violeta. C’est du café turc. 

L’Homme et l’Adrienne le trouvent horrible. 

– C’est très différent de ce qu’on connaît, dit l’Adrienne, qui à l’époque ne buvait jamais de café. 

Le café turc de Violeta, c’est du café moulu qu’on fait bouillir plusieurs minutes dans un poêlon, puis on le verse dans les tasses en essayant de ne pas transvaser trop de marc. Mission impossible et breuvage très amer. Dans le pays de l’Adrienne, la température de l’eau pour le café est une chose à tenir bien à l’œil : « café bouillu, café foutu ! » 

– On fera notre café nous-mêmes, glisse l’Homme à l’Adrienne. 

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C’est finalement une tout autre cafetière italienne que l’Adrienne s’est offerte fin mai dernier, à l’occasion de son anniversaire. 

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Remarquez l’embout à gauche: la vapeur qu’il produit doit métamorphoser le lait en une mousse légère pour le cappuccino. Voilà ce qui a définitivement fait pencher la balance en faveur de cet article-ci, à peine plus cher que la Bialetti dont on parlait hier et pour lequel le choix du format, du modèle, de la couleur… ne se posait pas. 

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Contrairement à ses habitudes, l’Adrienne s’est astreinte à lire de bout en bout le mode d’emploi – qui heureusement n’est pas très épais – puis à suivre scrupuleusement toutes les étapes de la fabrication de la mousse de lait: la notice recommande le lait demi-écrémé bien froid, on dose la bonne quantité (100 ml), on attend que les lampes rouge et verte s’allument, on évacue un premier jet de vapeur jusqu’à ce qu’il n’en sorte plus d’eau, on introduit l’embout dans le lait etc. etc.

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Hélas, ça foire à tous les coups. 

D’abord on ne comprend pas pourquoi le lait ne se change pas en mousse. Au contraire, il se met à bouillir et à gicler sur la nouvelle machine, les murs et tout le reste, y compris sur l’Adrienne. 

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Puis on finit par résoudre le mystère: les 100 ml de départ ont doublé de volume tout en restant liquides, d’où on peut conclure que de cet embout, il ne sort pas que de la vapeur, mais aussi de l’eau. 

Bref, ce n’est pas demain que l’Adrienne pourra offrir un cappuccino à sa mère, à qui elle avait annoncé toute fière: 

– Dès que je réussis à faire un vrai cappuccino, je t’invite! 

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Sur les sept fois sept tentatives, voici le seul qui donne un peu l’illusion de ressembler à un cappuccino, mais c’est surtout grâce à son cacao tongue-out

 

E comme expert

Certains se souviendront peut-être en quels termes dithyrambiques l’Adrienne avait décidé que la cafetière italienne était l’ustensile qu’il lui fallait en remplacement de son percolateur? 

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dessin de Guillaume Long sur son blog

Elle s’est donc rendue à Bruxelles dans un magasin spécialisé avec la ferme intention d’en rapporter un précieux exemplaire à la maison. 

Malheureusement, ces cafetières étaient présentées en divers modèles (du plus classique au plus design), en plusieurs coloris (tons neutres, tons vifs, tons pastels) et bien sûr en différents formats, de sorte que l’Adrienne, après avoir passé une grosse demi-heure à comparer tailles, prix, modèles et couleurs… est ressortie du magasin sans avoir pu se décider. 

Elle comprend bien, à présent, ce qu’ont dû ressentir ses amis roumains la première fois qu’ils étaient en Belgique, juste après la chute de leur Conducator, et qu’ils ont été confrontés à des hypermarchés où le choix d’un simple yaourt demande l’examen d’un rayonnage de plusieurs mètres sur quatre étages.

D comme détail

Chez grand-mère Adrienne, le « service de tous les jours » était ce Boch Frères made in Belgium (La Louvière) à motifs bleus dont je parlais hier. 

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Il y a les grandes tasses pour le café au lait du petit déjeuner – voyez le numéro 2 gravé à côté du logo – et les petites – elles portent un numéro 3 – pour le café de l’après-midi avec la cousine Marguerite, la tante Jeanne et l’amie Yvonne. 

J’aime les utiliser même si leur forme ronde est désuète et leur épaisseur peu raffinée. 

Ce sont les tasses qui rappellent la toile cirée fleurie ou à rayures, selon les années, le sucre de Tirlemont, si dur à casser en deux, les speculoos Lotus, les biscuits Delacre et Destrooper dans leur boîte en fer blanc, le lait frais qui a bouilli dans son poêlon émaillé et laisse d’horribles « peaux » épaisses dans le café. 

Ce sont les tasses qui font revivre l’amie Yvonne, la tante Jeanne et la cousine Marguerite, vieilles dames du temps jadis, qui ont connu deux guerres – elles s’en vantaient bien assez tongue-out – l’apparition du téléphone, des automobiles, de la télévision et de tant d’autres choses qu’elles abordaient avec circonspection. 

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Pour le Projet 52 de Ma’ 

Projet 52 – 2016 

semaine 9 – gros plan 

C comme café

Ce sont les voyages en Italie qui ont fait que l’Adrienne, buveuse exclusive de thé, a découvert la saveur du café. 

Découvert et pas redécouvert, car il n’a rien de comparable au café au lait qu’elle a bu chez sa grand-mère pendant toute son enfance, dans les grandes tasses Boch Frères à motifs bleus. 

L’Homme raillait « la chaude eau » (1) et ne buvait que du café pour lequel il avait un percolateur. L’Adrienne a toujours trouvé le breuvage qui en sortait de qualité plutôt médiocre, même le plus fin des maragogype ne pouvait la convaincre de lâcher ses merveilleux thés de chez Fortnum & Mason.

C’est la raison pour laquelle, suite à ses séjours chez des amis pourvus d’une magnifique machine à espresso, elle a commencé à rêver d’investir dans du beau matériel. 

Non pas les dosettes et autres capsules vantées par des acteurs américains mais le fin du fin made in Italy qui coûte malheureusement dix fois plus.

Et qui encombre aussi beaucoup plus. 

Elle a failli se l’offrir à Noël. A reculé devant le prix et le volume de l’appareil. Puis elle a vu ceci: 

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http://long.blog.lemonde.fr/2009/11/11/pause-cafe-premiere-partie/

Encombrement zéro, prix dérisoire, utilisation d’une extrême facilité (2), entretien simplissime, aucune panne à craindre… et surtout, elle fait, selon Guillaume Long, le meilleur des cafés. café2 - kopie.gif

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http://long.blog.lemonde.fr/2009/11/12/pause-cafe-seconde-partie/

Reste à trouver une boutique où ça se vend cool

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(1) voir Astérix chez les Bretons

(2) l’Adrienne est une analphabète des modes d’emploi