R comme répertoire

C’est demain que les voisins de l’Adrienne organisent chez eux leur fête de mariage et comme ils l’en avaient prévenue, « de temps en temps » la musique allait « un peu fort » ces dernières semaines, parce qu’ils préparaient le programme des festivités.

Ce qui fait que l’Adrienne en connaît déjà tout le répertoire et qu’elle a pu constater qu’aujourd’hui encore, un mariage de Flandre se doit de comporter UNE chanson en français, l’indéboulonnable Connemara.

Personne n’en comprend les paroles et tout le monde s’en f…, il s’agit de faire lalala en agitant sa serviette de table 🙂

Bref, demain l’Adrienne va à Ostende.

La mer y est moins mythique mais ses oreilles s’y porteront mieux 🙂

Ni stupeur ni tremblements

Ni stupeur ni tremblements – même si les sujets n’en manquent pas, comme chacun sait – mais de l’émerveillement et de la gratitude pour les roses de septembre et pour cet être humain d’exception qu’était Julos Beaucarne.
Puisqu’il faut désormais parler de lui au passé.

Mini-Adrienne n’avait qu’une dizaine d’années, ne connaissait de Victor Hugo qu’Après la bataille, que son grand-père avait appris lors de « ses années d’université », comme il disait par plaisanterie, dans un village wallon tout proche, alors que les écoles primaires flamandes de la ville étaient fermées par les Allemands, pendant la guerre de 14-18.
Il le récitait encore par cœur cinquante ans plus tard.

Elle ne connaissait pas non plus Julos Beaucarne.
Mais elle a tout de suite adoré cette chanson:

Photo prise à Alden-Biesen le week-end dernier, le jour de sa mort.

J comme Juliet

89ème devoir de Lakevio du Goût

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En se rendant au marché samedi matin, allez savoir pourquoi, Madame fredonnait Aux pays des merveilles de Juliet, lalalalalalalalala, en boucle, parce qu’elle ne connaît que le refrain.

Elle s’est dit que ça devait être à cause de la visite d’un ancien élève, quelques jours avant, comme ils avaient parlé du futur, du présent et du passé, et que dans ce passé il y avait eu une Juliette, que Madame un lundi matin n’avait pas reconnue tout de suite: Juliette était allée chez un coiffeur se faire lisser sa merveilleuse crinière blonde.

Sous le passage voûté menant au supermarché, elle était passée à un autre répertoire, cette fois à cause de l’aquarelle proposée par Monsieur le Goût pour le surlendemain: dans la discussion qui oppose le parti d’Apollinaire à celui de Maupassant, à propos de la Tour Eiffel, Madame a toujours été du côté de Maupassant, ce qui fait qu’elle chantait Sttellla, « La tour Eiffel, elle est pas belle » et que malheureusement le reste était aussi des lalalala parce que ça fait trop longtemps que cette chanson est introuvable sur internet et qu’il ne lui reste plus que des bribes de paroles en mémoire.

Les élèves n’appréciaient pas qu’on dise du mal de Paris avant même qu’ils y aient mis les pieds, donc Madame a cessé de leur faire écouter Sttellla avant le voyage et les accompagnait jusqu’au-dessous de la tour où elle entendait proférer les poncifs habituels: que c’est grand! que c’est impressionnant, vu comme ça!

Mais jamais jamais jamais elle n’a voulu y monter 🙂

***

Merci à monsieur le Goût pour l’aquarelle et les consignes:

Vous n’habitez pas forcément Paris, pas plus que vous n’en êtes autochtones. Néanmoins, je suis sûr que vous savez ce qu’est la Tour Eiffel. Peut-être même l’avez-vous gravie. À moins que l’ascenseur, plus dispendieux mais plus reposant, ne vous ait fait découvrir sans effort Paris vu d’en haut. J’en déduis que vous avez probablement quelque souvenir à raconter ou quelque opinion à nous faire partager. Votre imagination sera sûrement sollicitée par cette aquarelle de John Salminen…

L comme L’heure, c’est l’heure

61ème devoir de Lakevio du Goût

devoir de Lakevio du Goût_61.jpg

Allons bergers partons tous
L’heure nous appelle.
Couvre-feu! on met les pouces!
Faites pas les rebelles.

Une amende c’est bien lourd
Pour se geler dans ce faubourg.
Courons z’au z’au z’au
Courons plus plus plus
Courons au plus vite.
Écourtons la visite.

C’est de saison et Rembrandt, qui savait sûrement qu’on resterait coincé pour Noël avait déjà prévu de bafouer les consignes en matière de « gestes barrière ».
La preuve.
Néanmoins, pour ce dernier devoir du premier trimestre de l’année scolaire 2020-2021, une histoire sur le fameux et si peu suivi « message de Noël » serait bienvenue.

D comme dormir


Souvent le matin Colo et l’Adrienne prennent le café ensemble, même si 1500 km les séparent.

Hier Colo lui a fait connaître la chanteuse et la chanson ci-dessus, dont elle n’avait jamais entendu parler.

Bien sûr, l’Adrienne l’a écoutée attentivement, tout en lisant les nombreux commentaires.

Certains l’ont bien fait rire, comme ceux qui regrettent de ne pas parler « baghette » alors qu’ils aimeraient tellement comprendre et chanter la chanson.

Le plus drôle de tous, c’est celui-ci, qui fera sûrement plaisir à Walrus: « Only the french would write a song about insomnia. »

N’est-ce pas, only the french would write a book about insomnia 🙂

J comme j’y pense et puis j’oublie

Mon père m’a dit que tu avais demandé s’il y a une liste de naissance, écrit-elle. Il n’y en a pas alors tu peux faire comme tu veux.

Comme je veux, se dit l’Adrienne, bien bien.
Dans ce cas, faisons plaisir à une ancienne élève qui tient une boutique d’articles de bébé et de vêtements pour enfants, et offrons un bon d’achat à la petite fille qui vient de naître et à sa maman.

Après les rituels purificateurs en vogue ces temps-ci, on tend à l’Adrienne le bon cadeau pour qu’elle y note son nom et celui de la destinataire.

Et là… Zut! plus moyen de se souvenir exactement du prénom du bébé.
Trois syllabes.
Sakuri… Sukara… Sukira?

Dans le doute abstiens-toi, se dit-elle, marquons-y le nom de la maman.

***

Vous l’aurez deviné, le prénom est japonais et se trouve dans le titre de la vidéo ci-dessus 😉