C comme Cave canem!

Mosaïque de Cave Canem. 40x40cm - Vente de mosaïques romaines

Le 31 octobre, de nouveaux voisins se sont installés dans la maison d’à côté.

A l’époque de gentille voisine Casque d’Or, les seuls bruits qu’entendait l’Adrienne, c’était la sonnerie du téléphone ou un coup de mouchoir trompette.

A l’époque des gros travaux de Monsieur l’entrepreneur, c’était le boucan des outils et le fracas des murs qu’il faisait écrouler.

Quand l’Adrienne lui a gentiment demandé s’il envisageait d’insonoriser les murs, il lui a ri au nez: il ne voulait pas la croire quand elle lui disait qu’elle l’entendait poser un balai contre le mur ou dire ‘f*ck’ quand il faisait tomber un truc à terre.

Moi, disait-il, je n’entends rien qui vient de chez vous!

Ça peut compter comme preuve, n’est-ce pas, vu que l’Adrienne ne fait pas plus de bruit qu’une mouche.
Une mouche qui ne vrombirait pas.

Bref, les nouveaux voisins se sont installés, l’Adrienne entend Madame tousser – une toux de fumeuse – les enfants papoter, les parents discuter.
Quand ils ne parlent pas tous à la fois, elle comprend même ce qui se dit.

Ça promet, soupire-t-elle en se mettant au lit le soir du 31 octobre.

Ça promet, se dit-elle le matin du premier novembre, un dimanche pourtant, alors que les voisins la réveillent vers cinq heures et demie du matin.

Puis, comme elle a une nature optimiste, elle se dit que ça aurait pu être pire.
Qu’ils auraient pu avoir un chien, en plus.

Et bien vous savez quoi?

Une demi-heure plus tard, les aboiements ont commencé.

🙂

***

la photo est une réplique de la mosaïque trouvée à Pompéi.

7 contre 1?

On avait expliqué à mini-Adrienne que pour se faire une idée de l’âge d’un chien, il fallait multiplier par sept le nombre de ses années. Ce qui voudrait dire que Chien Parfait (photo de droite) serait mort vers ses 84 ans.

Or une étude récente faite sur 104 labradors golden retriever – comme Ted sur la photo de gauche – démontre que ce n’est (évidemment) pas aussi simple.

On peut voir sur le graphique ci-dessous que l’évolution du chien est beaucoup plus rapide que chez l’homme en début de vie. Le chien d’un an a son génome qui peut être comparé à celui d’un homme de 30 ans. Par la suite, cette évolution va fortement et graduellement ralentir. Le génome d’un chien de quatre ans correspond à celui d’un homme de 54 ans et à 14 ans à celui d’un septuagénaire. L’étude estime que l’espérance de vie du labrador est de seize ans.

Chien Parfait est donc mort trop jeune.

Mais ça, l’Adrienne le savait déjà 😉

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Y comme Yvonne

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Elle, je l’ai aimée tout de suite. Ses beaux yeux verts. Son élégance proprette. Son grand calme. Son sens de l’organisation, qui lui laissait plus de loisirs qu’à n’importe qui d’entre nous.

Bien sûr, il a fallu du temps pour qu’elle m’accepte. Mais j’ai su me montrer patient. Juste assez présent et juste assez silencieux pour que peu à peu elle se rapproche de moi. J’en ai été très heureux.

Et puis… et puis Snowball a été chassé par Napoleon et à la ferme, l’enfer a commencé…

***

texte écrit pour le 45e devoir de Lakevio du Goût, que je remercie: 

Ce couple me dit quelque chose, mais quoi ? Et à vous ? Que dit-il ?

22 rencontres (11 ter)

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Une fois de plus l’Adrienne s’était fiée à son légendaire sens de l’orientation et avait décidé de couper à travers les prés et les bois au lieu de suivre la route.

Elle a joyeusement gravi la colline et s’est retrouvée au milieu des hêtres, tous pareils les uns aux autres, à une croisée de chemins, sans savoir lequel prendre.

C’est à ce moment-là que deux molosses ont déboulé en aboyant violemment et en montrant les dents.

Bon, se dit-elle, restons immobile, leur maître finira bien par arriver, lui aussi.

Ce n’était pas un maître, mais une jeune femme qui est arrivée tranquillement un peu plus tard, sans une excuse pour les chiens non tenus en laisse, alors que quelques jours avant ils avaient été la cause de l’abandon d’un faon par sa mère:

– Je ne me suis pas dépêchée, dit-elle, je voyais de loin que vous n’aviez pas peur des chiens.
– Normalement, a répondu l’Adrienne, les chiens sont mes amis.

Mais elle s’est heureusement abstenue d’ajouter un commentaire acerbe sur l’obligation de tenir les chiens en laisse parce qu’à ce moment-là, la jeune femme lui a dit:

– Mais je vous connais! Vous avez été mon prof de français!

Elle se souvenait de tout et était si enthousiaste de ses années sur les bancs d’école qu’elle avait décidé de poursuivre l’étude des langues dans l’enseignement supérieur. Hélas, l’Adrienne redevenue Madame ne pouvait en dire autant: elle ne se souvenait de rien.

Et aujourd’hui encore, maintenant qu’elles sont ‘amies’ sur fb, elle scrute ce visage pour en conclure chaque fois que vraiment, il ne lui dit rien du tout!

***

Alors vous comprenez, ce 44e devoir de Lakevio du Goût, c’est aux antipodes du billet du jour, où vous avez deux femmes qui ne fument pas, ne se maquillent pas, ne portent pas de boucles d’oreilles, n’écartent pas les jambes pour s’asseoir à cheval sur une chaise retournée et ne portent pas de mini-jupe 😉  

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Du rififi chez les dames ou autre chose ?
Cette toile de Jack Vettriano amène tant de questions…
Qu’en pensez-vous ?

Que cette toile est un gros GROS cliché…

O comme objectivement!

Quand elle s’est réveillée, elle s’est bien étirée, comme d’habitude, a bâillé tout à son aise, et après quelques exercices d’assouplissement – le dos, surtout, en a besoin – elle s’est décidée à se lever.

Ferait-elle d’abord un brin de toilette ou commencerait-elle sa journée par le petit déjeuner?

Ses pas se dirigeaient vers la cuisine, le choix était donc fait.
Boire un peu d’eau, avant tout.
Puis grignoter deux ou trois petites choses, en se concentrant sur ce qu’on est en train de faire.
Ne pas se laisser distraire par le chien.
« Sur ton tapis! » lui crie-t-on. Et il obéit. Brave bête.

Après le déjeuner et encore quelques exercices d’étirement, il est l’heure de faire sa toilette. Un regard sur le jardin lui apprend que la terrasse est bien sèche, on ira peut-être faire un tour sans tarder. Il y a un nid de campagnols, sous la provision de bois. Une affaire à suivre!

Ah! elle le savait bien, que la seule réincarnation valable, c’était chat chez l’Adrienne.
En toute objectivité 😉

***

texte écrit pour le challenge de l’Atmosphérique avec la consigne suivante: 

un matin, vous vous réveillez dans la peau de quelqu’un d’autre – personne réelle ou  personnage imaginaire / animal / créature… Décrivez votre nouvelle allure, vos sensations, vos pensées, vos émotions, votre état d’esprit dans ce nouveau corps / cette nouvelle enveloppe.

Stupeur et tremblements

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Le bol de Ted ressemble à un de ces jeux de patience et de dextérité où il faut réussir à faire traverser tout un labyrinthe à une bille pour lui faire atteindre le centre.

Dès le premier matin, l’Adrienne observe ça avec stupéfaction.

– C’est pour qu’il mange moins vite? demande-t-elle au maître du chien.

En effet.

Pendant les deux ou trois jours qui restent aux maîtres avant leur départ, ils expliquent à l’Adrienne tout ce qu’elle aura à faire pour la maison, le jardin et les bêtes.

Il devient vite évident que la seule éclaircie dans la vie de Ted, le seul moment de vrai bonheur, ce sont ses trois promenades quotidiennes.

– Il faut, dit le maître, qu’il sache qu’il est tout en bas dans la hiérarchie!

Pauvre bête, se dit l’Adrienne, qui s’attache extrêmement vite à l’animal, on ne sait vraiment pas quoi inventer dans cette maison pour le contrarier.

***

source de la photo (et autres articles du même genre) ici.

Texte écrit pour Olivia Billington – que je remercie – avec les mots imposés suivants: matin, bonheur, départ, reprise, éclaircie, contrarier, s’attacher. Je n’ai pas réussi à y intégrer ‘reprise’ mais je la souhaite excellente à tous ceux qui retournent au travail ces jours-ci!

O comme Où étiez-vous en 1979?

 

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– Vous le reconnaissez? demande le gentil barista chez qui l’Adrienne avait finalement pu entrer pour boire un cappuccino.

C’est qu’à York, les chiens ne sont pas les bienvenus. Or ce brave Ted avait déjà dû supporter son premier voyage en train, la foule de la gare, les flots de touristes autour de la cathédrale, des parcs et des pelouses interdites aux quadrupèdes et nulle part le moindre bol d’eau fraîche. Ah! on était bien loin de l’aimable Skipton!

– Non, dit l’Adrienne, ça ne me dit rien du tout!

– Vraiment pas?

Il insiste, incrédule. C’est toujours un moment embêtant où il faut se décider si on va avouer qu’en dehors de Wolfgang Amadé, on ne connaît pas grand-chose.

– Je vous le fais écouter, si vous voulez.

– D’accord, dit l’Adrienne.

Et il lui a déversé ceci dans les oreilles, en précisant que ce morceau était à l’origine du hip hop, et l’Adrienne a fait de son mieux pour se montrer impressionnée:

L comme luxury hot chocolate

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A Skipton, les affichettes « dog friendly » ornent presque tous les commerces. Votre quadrupède y sera accueilli avec des bols d’eau, des câlins et des exclamations élogieuses sur sa beauté et sa bonne tenue.

Mais l’expérience « Kibble Bakery » est assez unique.

L’Adrienne y était entrée un peu par hasard, avec sa mère et Monsieur Neveu, pour y boire un cappuccino. Ted les accompagnait et il pleuvait.

No problem, le quadrupède a des serviettes bien douces et bien sèches à disposition. Les humains se débrouillent.

– Do you want any treat for the dog? demande la gentille serveuse.

L’Adrienne est étonnée qu’on propose une gâterie au chien mais refuse, vu les recommandations de son maître à propos du strict régime alimentaire de Ted.

Ce n’est qu’en feuilletant le menu qu’elle comprend: il y a toute une page réservée aux petits plaisirs gustatifs du chien et Ted n’aurait rien eu à craindre pour sa santé: tout est frais, sans additifs, sans conservateurs, sans gluten, sans lactose…

De plus chanceux que Ted sont entrés après lui et ont eu droit à un « pupcake », un « woofle » ou un « doggy donut ».

L’Adrienne a relu cette page plusieurs fois, avec un mélange de stupéfaction et d’amusement.

Puis elle a prié Monsieur Neveu de la prendre en photo 🙂 

Le bilan du 20

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Chaque fois que l’Adrienne est en vacances quelque part, elle se demande comment ce serait d’y vivre.

Pour Skipton, c’est chose faite et le bilan est positif, surtout si on a un chien 🙂

Lors de ses trois promenades quotidiennes, elle a l’occasion de saluer des tas de gens et au bout d’un jour ou deux, elle maîtrise les ‘good morning‘, ‘hi!’, ‘how are you?‘ et autres ‘hello’.

Elle reçoit sa dose de sourires et de compliments, toujours adressés à Ted, genre ‘hello, gorgeous!‘ ou ‘are you going for your morning / evening walk?

Les cyclistes, les petits vieux vacillant sur une canne, les mères de famille avec poupon faisant ses premiers pas, tout le monde la remercie de raccourcir la laisse et de faire marcher au pas collé à sa jambe cet animal sage comme une image.

Et en compensation des cacas qu’elle ramasse matin, midi et soir, elle reçoit de grandes démonstrations d’amour dès qu’elle s’est absentée pour faire de rapides courses chez Morrissons.

Le supermarché est à peu près le seul endroit, ici, où le quadrupède préféré des Anglais n’a pas le droit d’entrer. Tout le reste affiche ‘dog friendly‘.

Et une belle bête comme Ted, elle ne se risque pas à le laisser seul à l’attendre à la porte du magasin 😉

***

photo ci-dessus: Ted et Cici (prononcer TchiTchi) prennent le frais à la porte de la véranda.

H comme Hond

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Le voilà, l’animal dont il faut prendre soin pendant que ses maîtres sont en voyage de noces.

Il est grand et bien élevé. Il aime poser pour les photos.

Il s’appelle Ted.

– C’est grâce à moi qu’ils ont leur chien, m’a confié un homme à la fête, en guise de préambule et présentations.

Il semblait considérer que ça lui valait ses lettres de noblesse.

Ou que ça justifiait sa présence en ce lieu puisque le chien était là avant que le couple n’existe 🙂