Z comme Zhongni Qiu

confucius

Parfois, c’est le hasard qui apporte une réponse à une question qu’on se posait depuis longtemps mais pour laquelle on n’avait jamais vraiment pris le temps de chercher. 

Le hasard, cette fois, avait la forme d’un magazine féminin que ma mère me prête pour que j’en fasse les mots croisés. Une page y était consacrée à quelques citations de Confucius.

Longtemps déjà que je me demandais comment un Chinois pouvait porter un nom si peu chinois, et par quels effets de hasard il était connu aujourd’hui sous ce nom-là et pas sous celui d’origine, Zhongni Qiu. Si la réponse vous intéresse, il suffit de cliquer sur le lien 🙂

La question suivante à présent est comment les Chinois se sont débrouillés pour pouvoir dire avec autant de précision d’un homme du cinquième siècle avant notre ère qu’il est né un 28 septembre et mort un 11 mai.

Et comment on fait pour avoir des sourcils longs de dix centimètres 🙂

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Source de l’illustration sur wikipédia: Confucius, gouache on paper, c. 1770. Encyclopedia Britannica.

E comme errance

Fatigué d’errer entre tours de bureaux et chantiers, j’ai fini par atterrir, au détour d’une rue grouillante, dans un minuscule bar à nouilles dont les tables encombrent le trottoir. Là, j’avale mon bol de soupe au milieu de vieux Chinois indifférents. La première fois, j’ai commandé Dieu sait quel plat en montrant du doigt une phrase en chinois sur la feuille tachée servant de menu. Depuis, dès que je me pose sur un tabouret, le cuisinier m’apporte le même brouet, quelle que soit l’heure, sans attendre ma commande.

Alain Berenboom, Hong Kong Blues, éd. Genèse, Paris-Bruxelles, 2017

Moe van het dolen tussen torenflats en bouwterreinen, ben ik na een straat bomvol mensen, uiteindelijk terechtgekomen in een piepkleine noedelbar waarvan de tafels de stoep versperren. Daar drink ik mijn soep op, te midden van oude, onverschillige Chinezen. Bij mijn eerste bezoek heb ik god weet wat besteld door met de vinger te wijzen naar iets in het Chinees op het vieze blaadje dat de menukaart voorstelt. Sindsdien, zodra ik op een krukje ga zitten, brengt de kok me hetzelfde brouwsel, om het even hoe laat het is, zonder te wachten op mijn bestelling.

Traduction de l’Adrienne, réalisée pour Found in translation, Passa Porta 2018

Cela fait un mois que je tourne en rond. Les flics locaux ne veulent pas croire que j’ai perdu mon passeport. Encore moins qu’on me l’a volé. Il paraît qu’il n’y a pas de malandrins à Hong Kong. Pas un seul pickpocket, tire-laine ou vide-gousset. Pas le moindre truand, même dans les Nouveaux Territoires, réputés plus interlopes. Et les fameuses triades ? Encore une invention de romanciers en mal d’exotisme ? Non, Monsieur. Mais elles ne s’intéressent qu’aux crimes industriels, drogue en containers, escroqueries bancaires et détournements financiers. En toute légalité. Pas à des combines minables. Donc, si je n’ai plus de passeport, c’est que je l’ai vendu.

Een maand dat ik ronddool. De plaatselijke flikken willen niet geloven dat ik mijn paspoort kwijt ben. Nog minder dat het gestolen is. Naar het schijnt zijn er geen boefjes in Hongkong. Geen enkele zakkenroller, kruimeldief of jatter. Niet één gangster, zelfs niet in de New Territories, ondanks hun louche reputatie. En de beruchte triades? Is dat ook al een uitvinding van romanschrijvers op zoek naar exotisme? Neen, mijnheer. Maar ze tonen enkel interesse voor misdaad op industriële schaal, drugs in containers, bankenzwendel en geldverduistering. Volledig legaal. Geen amateuristisch gesjoemel. Bijgevolg, als ik geen paspoort meer heb, zal ik het verkocht hebben.

Stupeur et tremblements

DSCI6209

Une naissance, n’est-ce pas toujours une bonne nouvelle, me direz-vous. Oui, mais que penser de la venue au monde d’un bébé, quatre ans après la mort de ses deux parents? Après une longue procédure engagée par ses quatre grands-parents?

On peut tout de même se poser quelques questions…

A commencer par l’âge des grands-parents.

Ou l’absence d’oncles et de tantes, au cas où…

Du partage des rôles entre les quatre grands-parents…

Mais ce qui m’a surtout frappée de stupeur – et me fait trembler pour l’enfant – c’est que les grands-parents ont l’intention de ne lui dire la vérité que « le plus tard possible ».

Le plus tard possible? Faudra-t-il qu’il la découvre lui-même par inadvertance? Combien de temps peut-on faire croire à un enfant que ses parents « vivent à l’étranger »? Quel enfant ne s’étonnerait pas – ne s’inquiéterait pas! – de ne jamais ni les voir ni les entendre,  à une époque où tout ça est possible à distance? Combien de gens devront être complices de ce mensonge? Tout ça a-t-il été pensé et projeté en fonction du bien de l’enfant?

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source de l’info ici

la presse française l’a relayée aussi, par exemple ici

photo de fleurs de marronniers prise dans une allée du parc fin avril

R comme rue Royale

Elles marchaient devant moi rue Royale, l’une après l’autre, traînant leur grosse valise. La plus jeune traînait aussi les pieds. En la dépassant, j’ai failli lui dire qu’elle usait ses chaussures.

Je me suis arrêtée devant un graffiti. J’ai sorti mon appareil photo. C’est alors que la plus jeune m’a abordée. Elle agitait devant moi un feuillet imprimé de g**gl*m*ps et parlait un anglais assez pénible.

– Where are we?

Quand je lui ai répondu « Rue Royale! », j’ai bien vu que ça ne l’aidait pas.

– Where do you want to go?

Elle agite de nouveau son feuillet g**gl* où on peut voir un minuscule plan de rue. Dans sa réponse, je saisis le mot « hôtel ».

J’examine le plan. Je lui explique qu’elles doivent rebrousser chemin et prendre à gauche au premier carrefour. Elle me regarde comme si je parlais chinois alors que c’est elle la Taiwanaise.

– Ok! I’ll go with you.

Et me voilà les accompagnant jusqu’à leur hôtel, 34 rue de l’Association, oubliant complètement la photo humoristique que je voulais prendre.

– People in Belgium are so friendly! me dit-elle en me remerciant.

Alors qu’elles venaient seulement d’arriver de l’aéroport.

 bruxelles,belgique,voyage

G comme Grenouilles

La Chine aurait-elle changé? La critique de Mao serait-elle devenue possible?

Plus j’avançais dans le livre, plus je me posais la question.

Bien sûr, la critique est voilée: la tante du narrateur est fidèle jusqu’à l’extrême aux édits du Grand Timonier. Personne ne poursuit sa tâche avec autant d’assiduité, traquant les femmes enceintes par tous les moyens, licites et illicites. Les obligeant à l’avortement même quand elles en sont au septième ou huitième mois de la grossesse. Provoquant ainsi la mort de plusieurs d’entre elles. Pour la bonne cause, dit-elle.

Mais c’est précisément dans la folie de ces excès qu’on peut entrevoir la critique. D’autant plus qu’à la fin de sa vie, la tante est taraudée de remords.

Par ailleurs, nulle part il n’est question de cet autre problème lié aux lois sur le planning familial et le principe de l’enfant unique: le déficit énorme dans le chiffre des naissances de petites filles…

Alors critique, oui, mais dans des limites apparemment permises.

Livre intéressant, pour sa construction ingénieuse et pour l’impressionnante page d’histoire de la Chine rurale. Il a exercé sur moi une sorte de fascination… mais c’est aussi le premier livre traduit du chinois que j’aie lu jusqu’à présent… je ne peux donc pas comparer Cool

Grenouilles.jpg

 http://www.seuil.com/livre-9782021024005.htm
Prix Nobel de littérature

V comme vin… chinois!

Attention! me prévient la presse italienne, l’index pointé en l’air. Attention, car d’ici 2025, le premier consommateur et producteur de vin au monde, ce sera la Chine.

Sur une immense étendue de collines chinoises est en train de se constituer le plus grand vignoble au monde, selon le quotidien La Repubblica, relayé ces jours-ci par quelques sites et blogs transalpins.

Comme on peut s’y attendre, la part de « copillage » est grande, au niveau des cépages mais surtout des étiquettes et des noms. Cependant, le Parti insisterait sur plus de chauvinisme et de couleur locale pour les appellations…

Pas fous, les Chinois auraient engagé des oenologues européens afin de les aider à garantir un certain niveau de qualité. Qui serait atteint, selon Giuseppe Martelli, le président d’une association d’oenologues, d’ici une dizaine d’années et ferait par conséquent concurrence aux leaders actuels de l’exportation de vin, les Italiens et les Français.

Sic transit gloria... vini italiani e francesi   Langue tirée

http://www.report84.it/articoli/prima-pagina/24501-pechino-entro-il-2025-sara-il-primo-consumatore-ma-soprattutto-il-primo-esportatore-mondiale-di-vino

http://www.liboriobutera.com/2012/06/13/attenzione-il-vino-cinese-invadera-il-mondo/

C comme calligraphie chinoise

En ce début d’année scolaire, mon journal se penche sur l’avenir de la calligraphie chinoise.

J’apprends ainsi que le ministère chinois de l’Education Nationale s’émeut de la mauvaise influence du langage SMS: les jeunes chattent par clavier interposé et perdent leur dextérité aux pinceaux.

Dès lors, le ministère imposera au minimum une séance de calligraphie hebdomadaire dans les écoles primaires et offrira cette matière en option dans toutes les écoles secondaires.

Chaque trait, chaque point, dit l’article, porte un nom et doit être exécuté dans un ordre bien précis.

http://knack.rnews.be/nl/actualiteit/nieuws/ondertussen/chinese-kalligrafie-lijdt-onder-digitale-tijdperk/article-1195090524731.htm?nb-handled=true&utm_medium=Email&utm_source=Newsletter-28-08-2011

Tout cela est évidemment très beau, mais je suppose qu’on veut aussi leur enseigner les TICE, l’anglais et un tas de choses toutes plus « utiles » les unes que les autres, et bien évidemment qu’on veut le leur enseigner le plus tôt possible…

Comme l’écrivait Michel Serres déjà en 1998, tout doit se faire à l’école, où donc, par saturation, cela devient irréalisable.

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trots = orgueil

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Les sept péchés capitaux, peintures murales dans le pavillon de la Belgique à la Biennale de Venise, 2011