J comme jarre

2019-11-01 (71)

Amis tintinophiles, vous aussi vous l’avez reconnu, ce beau dragon bleu – dynastie Ming, règne de Jiajing (1522-1566) pour ceux qui veulent tout savoir 😉

Mais oui, mais oui, c’est celui-là même!

Je ne sais pas si Hergé, en plus de l’info fournie par son ami Tchang sur la situation en Chine dans les années 30, est allé voir les porcelaines du musée Guimet, mais en passant devant cette grande jarre on ne peut que se rappeler celle-ci:

tintin lotus bleu

source de l’illustration ici.

et un fou de Tintin découvert ici.

W comme wagon de train

confucius

Après la bonne nouvelle des trains de nuit entre Bruxelles et Vienne qui seront remis en service dès janvier 2020 – la seule inconnue étant le prix qui sera demandé pour une couchette – voilà qu’on peut lire qu’un train de marchandises relie désormais Yiwu (Chine) à Liège.

Ce n’est pas le premier, dit l’article: un autre relie la Belgique à la Chine pour le transport de Volvo.

Deux fois par semaine, le train de Yiwu devrait transporter principalement des produits cosmétiques et de l’électro-ménager. Ce qu’il transporte dans l’autre sens n’est pas précisé. Sur des plate-formes comme Alibaba, les Européens achètent des tas de produits made in China. Et les Chinois? Achètent-ils européen? 

Mais alors mais zalors, se demande l’Adrienne, pourquoi ne pas aussi laisser un ou deux wagon à des voyageurs? Ce serait super de traverser l’Allemagne, la Pologne, la Biélorussie, la Russie, le Kazakhstan… et toute la Chine jusqu’à Yiwu 🙂

Puis de revenir tranquillement en sens inverse.

Pakjestrein tussen Luik en China

Vanuit de stad Yiwu, in het oosten van China, is gisterochtend een vrachttrein vertrokken richting Luik. De trein met 200.000 pakjes wordt binnen tien tot vijftien dagen in Luik verwacht, na passages door Kazachstan, Rusland, Wit-Rusland, Polen en Duitsland.

De verbinding zal normaal twee keer per week worden uitgevoerd door Cainiao, de logistiekafdeling van de Chinese internetreus Alibaba. Er zullen vooral cosmeticaproducten en huishoudtoestellen mee naar Europa worden vervoerd.

Alibaba bouwt in Luik zijn eerste Europese hub uit, een eerder aangekondigde investering van 75 miljoen euro.

Het is niet de eerste vrachtverbinding per trein tussen België en China. Er worden al langer Volvo-wagens over het spoor vervoerd van en naar China. (blg)

Source de l’illustration sur wikipédia: Confucius, gouache on paper, c. 1770. Encyclopedia Britannica. Elle a déjà servi pour un autre billet.

Z comme Zhongni Qiu

confucius

Parfois, c’est le hasard qui apporte une réponse à une question qu’on se posait depuis longtemps mais pour laquelle on n’avait jamais vraiment pris le temps de chercher. 

Le hasard, cette fois, avait la forme d’un magazine féminin que ma mère me prête pour que j’en fasse les mots croisés. Une page y était consacrée à quelques citations de Confucius.

Longtemps déjà que je me demandais comment un Chinois pouvait porter un nom si peu chinois, et par quels effets de hasard il était connu aujourd’hui sous ce nom-là et pas sous celui d’origine, Zhongni Qiu. Si la réponse vous intéresse, il suffit de cliquer sur le lien 🙂

La question suivante à présent est comment les Chinois se sont débrouillés pour pouvoir dire avec autant de précision d’un homme du cinquième siècle avant notre ère qu’il est né un 28 septembre et mort un 11 mai.

Et comment on fait pour avoir des sourcils longs de dix centimètres 🙂

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Source de l’illustration sur wikipédia: Confucius, gouache on paper, c. 1770. Encyclopedia Britannica.

E comme errance

Fatigué d’errer entre tours de bureaux et chantiers, j’ai fini par atterrir, au détour d’une rue grouillante, dans un minuscule bar à nouilles dont les tables encombrent le trottoir. Là, j’avale mon bol de soupe au milieu de vieux Chinois indifférents. La première fois, j’ai commandé Dieu sait quel plat en montrant du doigt une phrase en chinois sur la feuille tachée servant de menu. Depuis, dès que je me pose sur un tabouret, le cuisinier m’apporte le même brouet, quelle que soit l’heure, sans attendre ma commande.

Alain Berenboom, Hong Kong Blues, éd. Genèse, Paris-Bruxelles, 2017

Moe van het dolen tussen torenflats en bouwterreinen, ben ik na een straat bomvol mensen, uiteindelijk terechtgekomen in een piepkleine noedelbar waarvan de tafels de stoep versperren. Daar drink ik mijn soep op, te midden van oude, onverschillige Chinezen. Bij mijn eerste bezoek heb ik god weet wat besteld door met de vinger te wijzen naar iets in het Chinees op het vieze blaadje dat de menukaart voorstelt. Sindsdien, zodra ik op een krukje ga zitten, brengt de kok me hetzelfde brouwsel, om het even hoe laat het is, zonder te wachten op mijn bestelling.

Traduction de l’Adrienne, réalisée pour Found in translation, Passa Porta 2018

Cela fait un mois que je tourne en rond. Les flics locaux ne veulent pas croire que j’ai perdu mon passeport. Encore moins qu’on me l’a volé. Il paraît qu’il n’y a pas de malandrins à Hong Kong. Pas un seul pickpocket, tire-laine ou vide-gousset. Pas le moindre truand, même dans les Nouveaux Territoires, réputés plus interlopes. Et les fameuses triades ? Encore une invention de romanciers en mal d’exotisme ? Non, Monsieur. Mais elles ne s’intéressent qu’aux crimes industriels, drogue en containers, escroqueries bancaires et détournements financiers. En toute légalité. Pas à des combines minables. Donc, si je n’ai plus de passeport, c’est que je l’ai vendu.

Een maand dat ik ronddool. De plaatselijke flikken willen niet geloven dat ik mijn paspoort kwijt ben. Nog minder dat het gestolen is. Naar het schijnt zijn er geen boefjes in Hongkong. Geen enkele zakkenroller, kruimeldief of jatter. Niet één gangster, zelfs niet in de New Territories, ondanks hun louche reputatie. En de beruchte triades? Is dat ook al een uitvinding van romanschrijvers op zoek naar exotisme? Neen, mijnheer. Maar ze tonen enkel interesse voor misdaad op industriële schaal, drugs in containers, bankenzwendel en geldverduistering. Volledig legaal. Geen amateuristisch gesjoemel. Bijgevolg, als ik geen paspoort meer heb, zal ik het verkocht hebben.

Stupeur et tremblements

DSCI6209

Une naissance, n’est-ce pas toujours une bonne nouvelle, me direz-vous. Oui, mais que penser de la venue au monde d’un bébé, quatre ans après la mort de ses deux parents? Après une longue procédure engagée par ses quatre grands-parents?

On peut tout de même se poser quelques questions…

A commencer par l’âge des grands-parents.

Ou l’absence d’oncles et de tantes, au cas où…

Du partage des rôles entre les quatre grands-parents…

Mais ce qui m’a surtout frappée de stupeur – et me fait trembler pour l’enfant – c’est que les grands-parents ont l’intention de ne lui dire la vérité que « le plus tard possible ».

Le plus tard possible? Faudra-t-il qu’il la découvre lui-même par inadvertance? Combien de temps peut-on faire croire à un enfant que ses parents « vivent à l’étranger »? Quel enfant ne s’étonnerait pas – ne s’inquiéterait pas! – de ne jamais ni les voir ni les entendre,  à une époque où tout ça est possible à distance? Combien de gens devront être complices de ce mensonge? Tout ça a-t-il été pensé et projeté en fonction du bien de l’enfant?

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source de l’info ici

la presse française l’a relayée aussi, par exemple ici

photo de fleurs de marronniers prise dans une allée du parc fin avril

R comme rue Royale

Elles marchaient devant moi rue Royale, l’une après l’autre, traînant leur grosse valise. La plus jeune traînait aussi les pieds. En la dépassant, j’ai failli lui dire qu’elle usait ses chaussures.

Je me suis arrêtée devant un graffiti. J’ai sorti mon appareil photo. C’est alors que la plus jeune m’a abordée. Elle agitait devant moi un feuillet imprimé de g**gl*m*ps et parlait un anglais assez pénible.

– Where are we?

Quand je lui ai répondu « Rue Royale! », j’ai bien vu que ça ne l’aidait pas.

– Where do you want to go?

Elle agite de nouveau son feuillet g**gl* où on peut voir un minuscule plan de rue. Dans sa réponse, je saisis le mot « hôtel ».

J’examine le plan. Je lui explique qu’elles doivent rebrousser chemin et prendre à gauche au premier carrefour. Elle me regarde comme si je parlais chinois alors que c’est elle la Taiwanaise.

– Ok! I’ll go with you.

Et me voilà les accompagnant jusqu’à leur hôtel, 34 rue de l’Association, oubliant complètement la photo humoristique que je voulais prendre.

– People in Belgium are so friendly! me dit-elle en me remerciant.

Alors qu’elles venaient seulement d’arriver de l’aéroport.

 bruxelles,belgique,voyage

G comme Grenouilles

La Chine aurait-elle changé? La critique de Mao serait-elle devenue possible?

Plus j’avançais dans le livre, plus je me posais la question.

Bien sûr, la critique est voilée: la tante du narrateur est fidèle jusqu’à l’extrême aux édits du Grand Timonier. Personne ne poursuit sa tâche avec autant d’assiduité, traquant les femmes enceintes par tous les moyens, licites et illicites. Les obligeant à l’avortement même quand elles en sont au septième ou huitième mois de la grossesse. Provoquant ainsi la mort de plusieurs d’entre elles. Pour la bonne cause, dit-elle.

Mais c’est précisément dans la folie de ces excès qu’on peut entrevoir la critique. D’autant plus qu’à la fin de sa vie, la tante est taraudée de remords.

Par ailleurs, nulle part il n’est question de cet autre problème lié aux lois sur le planning familial et le principe de l’enfant unique: le déficit énorme dans le chiffre des naissances de petites filles…

Alors critique, oui, mais dans des limites apparemment permises.

Livre intéressant, pour sa construction ingénieuse et pour l’impressionnante page d’histoire de la Chine rurale. Il a exercé sur moi une sorte de fascination… mais c’est aussi le premier livre traduit du chinois que j’aie lu jusqu’à présent… je ne peux donc pas comparer Cool

Grenouilles.jpg

 http://www.seuil.com/livre-9782021024005.htm
Prix Nobel de littérature