W comme Welles

Ne regardez pas le résumé de la vidéo ci-dessus, si vous n’avez pas encore vu le film 🙂

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Il arrive parfois, que « sur cette télé où il n’y a jamais rien de beau », on passe un vrai bijou.

En plein après-midi.

Comme ce « Citizen Kane », d’Orson Welles, que l’Adrienne a vu quand elle était toute jeunette, un soir chez ses grands-parents. Mais ça l’avait tout de même assez impressionnée pour qu’elle se souvienne très bien du film, de certaines images, de certains passages, de certaines citations.

Et de la chute.

Alors évidemment, en le revoyant ces jours-ci, elle a pu se concentrer sur le reste: la structure, les prises de vue, des tas de détails.

C’est fascinant.

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Pour ceux que ça intéresse:

W comme what if…

devoir de lakevio du gout_24.jpg

Dans le film de Jaco Van Dormael, Le tout nouveau testament, les gens apprennent la date exacte de leur mort et un compte à rebours commence pour chacun d’entre eux.

Certains prétendent ne rien vouloir changer à leur vie, d’autres décident de faire ce qui leur faisait envie depuis longtemps. Voyager. Tuer quelqu’un. 

Sur ce tableau de Gustave Caillebotte, Jeune homme à la fenêtre, on voit son frère René. Il est représenté de dos, les mains dans les poches, debout et solidement campé sur les jambes légèrement écartées, en contre-jour devant la fenêtre de l’appartement familial.

Il fait beau, il y a une lumière printanière sur le boulevard et par la fenêtre ouverte il regarde vaguement dans la rue où il n’y a aucune circulation et à peine quelques passants.

On est en 1876, René a 25 ans, Gustave trois de plus. René mourra inopinément quelques mois plus tard.

Qu’aurait-il aimé faire encore, pour le peu de temps qu’il lui restait, s’il l’avait su?

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Caillebotte nous donne le 24e devoir de Lakevio du Goût (merci à lui!)

Mais que regarde, qu’attend –ou non- cet homme à la fenêtre. Je sais qu’il regarde par la fenêtre d’un appartement que je reconnais près de la gare Saint Lazare. Attend-il ou regarde-t-il simplement cette femme qui s’éloigne du côté à l’ombre de cette rue ensoleillée ? Si vous avez une idée de ce qui occupe ses pensées, dites-le lundi.

Ci-dessous, sur un autre tableau de la même année 1876, autour de la table familiale dans le même appartement au numéro 77 de la rue de Miromesnil, la mère du peintre, en deuil de son mari, servie par le maître d’hôtel, et René déjà en train de manger.
Impatient de vivre.
L’assiette de Gustave est vide et son couteau encore posé sur le porte-couteau en cristal.

G. Caillebotte - Le déjeuner.jpg

source de l’illustration wikimedia commons

  René CAILLEBOTTE sur généanet

  • Né le 27 janvier 1851 (lundi) – Paris 5ème
  • Décédé le 1er novembre 1876 (mercredi) – Paris, à l’âge de 25 ans

 Parents

  • Martial CAILLEBOTTE 1799-1874
  • Céleste DAUFRESNE 1819-1878

 Frères et sœurs

  • H Gustave CAILLEBOTTE 1848-1894
  • H Martial CAILLEBOTTE 1853-1910

 Demi-frères et demi-sœurs

Du côté de Martial CAILLEBOTTE 1799-1874
  • avec Adèle Zoé BOISSIERE 1810-1836
    • F Léonie CAILLEBOTTE 1830-1836
    • H Alfred CAILLEBOTTE 1834-1896
  • avec Eugénie Joséphine Le MASQUERIER 1813-1844
    • H Max CAILLEBOTTE 1844-1844

I comme inspiration chez Lali

Depuis qu’une gamine armée d’une pancarte en carton avait décidé de sauver la planète à elle toute seule, la mode était aux tresses.

Peut-être cela avait-il aidé qu’une autre héroïne à tresse – très blonde, celle-là – envahisse les écrans de cinéma et les rayons des jouets… surtout en cette période de l’année où on croit devoir exprimer son amour par un nombre conséquent de cadeaux.

Ne restait plus qu’à trouver celle qui mettrait la lecture à la mode pour qu’aux prochains tests PISA toutes les nations réunies se retrouvent au top de la « compréhension de l’écrit » 🙂

tableau et consigne chez Lali, que je remercie!

Adrienne au cinéma

2019-10-31 (36)

En sortant de la gare de l’Est jeudi en fin d’après-midi, on pouvait voir des soldats britanniques avec un béret à pompon rouge sortir d’un camion bâché, des soldats allemands dûment casqués entrer dans ce même camion, quelques FFI portant nonchalamment le fusil à l’épaule et un G.I. discutant dans son GSM.
Des civils en casquette, des femmes en socquettes. Elles avaient visiblement froid, avec leurs jambes nues et les 10 à 11° C ambiants.
Beaucoup de véhicules divers, quelques conduites intérieures noires, avec la roue de secours sur le capot arrière, plusieurs camions, des jeep
made in the USA.

Tout le monde avait l’air de beaucoup s’ennuyer.

Pourtant au milieu de tout ça, un type manœuvrait une énorme caméra.

Une petite recherche ne m’a pas beaucoup avancée, il pourrait s’agir du film qu’Olivier Dahan est en train de réaliser, un ‘biopic’ sur Simone Veil, ‘Le voyage du siècle‘. 

Les gars de la sécurité du rail étaient à la fête: ils devaient dévier le flot des voyageurs vers une autre porte d’entrée… et personne ne rouspétait.

Ce que ça fait comme effet, tout de même, le cinéma 😉 

Voir ici la liste des tournages en cours à Paris en ce moment.

C comme cri du corps

Voilà une paire de jours que l’Adrienne passe du lit au fauteuil et du lit au lit, comme les vieux de Brel. Perte totale, l’Adrienne. Alors elle s’est décidée à écouter les cris de son corps et à se reposer. Pas même capable de lire, de faire des mots croisés ou de regarder la télé. Bérézina.

Mais cet après-midi il y a Berthoise qui l’invite à un petit jeu auquel elle ne peut résister, vu que c’est Berthoise qui le demandé héhé.

Quatre emplois que vous avez faits dans votre vie.

– jusqu’à ses 18 ans, un jour par an l’Adrienne était vendeuse de casquettes à la braderie: c’est elle qui tenait le stand sur le trottoir devant la chapellerie des grands-parents paternels
– de ses 16 à 18 ans elle a fait un job de vacances dans une institution pour aveugles, ça commençait tôt le matin – préparer les petits déjeuners et aider certains à assortir leurs vêtements ou à trouver la prise pour leur rasoir – et ça finissait tard le soir parce qu’il fallait aussi s’occuper de servir des boissons à la cafétéria
– dès son entrée dans sa belle-famille, elle a fait beaucoup de baby-sitting, généralement de deux ou quatre enfants à la fois pendant que leurs parents étaient en vacances
enfin, la grande affaire de sa vie a été son métier de prof de FLE 🙂

Quatre films que vous regarderiez encore et encore.

1.Fantasia, en souvenir de son père qui trouvait que c’était le plus beau des Disney
2.Singing in the rain, pour les scènes hilarantes comme dans la vidéo ci-dessus
3.The sound of music, pour chanter d’un bout à l’autre en admirant les alpages
4.The great Dictator, ou un autre Chaplin

Quatre lieux où vous êtes allé(e) en vacances.

– en numéro 1, la côte belge, Knokke-le-Zoute avec grand-mère Adrienne puis Westende
– en numéro 2, la France en famille, à peu près toutes les provinces et régions parce que le père ne voulait pas aller en vacances ailleurs: Alsace, Normandie, Bretagne, Bourgogne, châteaux de la Loire, Morvan, Provence, Sud-Ouest, Alpes, Pyrénées, Ardèche, côte Atlantique…
– en numéro 3, l’Italie. Toute l’Italie 🙂
– en numéro 4, en dehors de l’Europe le plus beau voyage a été la Nouvelle-Zélande.

Quatre endroits où vous avez vécu.

L’Adrienne n’a été domiciliée qu’en 3 endroits différents: la ville où elle est née, la ville côtière de ses beaux-parents (parce qu’elle s’est mariée en étant encore étudiante et qu’un « kot » ne peut être un lieu de domiciliation) et le village où elle avait trouvé la maison de ses rêves au milieu d’un parc naturel.
Mais elle a aussi vécu quatre ans à Louvain pour ses études.

Quatre choses que vous faites chaque fois que vous allez sur le net.

1.vérifier les mails
2.en jeter quelques-uns qu’on n’a pas demandés et répondre à d’autres
3.s’occuper du blog et aller sur quelques blogamis
4.jouer à des jeux en ligne

Quatre endroits où vous aimeriez être en ce moment.

1.ici même
2.à la mer, parce qu’il y fait un peu moins chaud qu’ici
3.et c’est tout

Quatre personnes à qui vous allez refiler le bébé : le fera qui voudra 🙂

V comme vive la philo

philo

Si vous vous demandez pourquoi l’Adrienne passe son temps à se renseigner sur des « héros » inconnus d’elle, comme Wonder Woman ou Buffy Summers, ou pourquoi elle a enregistré et regardé The devil wears Prada, qui passait justement sur une chaîne flamande ces jours-ci… la réponse est dans l’illustration ci-dessus.

En quarante petits chapitres, l’auteur se propose de nous faire découvrir le lien entre quarante héros / héroïnes divers et une pensée philosophique.

Tous ces héros viennent de la littérature populaire – comme Bridget Jones, de la BD – comme Tintin, du cinéma – comme Tony Montana, des séries télévisées – comme Monica Geller (Friends) et des dessins animés – comme Elsa et Anna.

Du côté des philosophes, on ne trouve que les grands classiques, Aristote, Socrate, Camus, Nietzsche… et pour chacun d’eux un seul aspect de leur œuvre ou de leur pensée, une seule phrase, le plus souvent, par exemple pour Leibniz, à propos de Wonder Woman, il s’agit de la petite citation « la justice est la charité du sage. » (p.55)

Sont également classés parmi les philosophes, l’anthropologue et ethnologue Claude Lévi-Strauss, pour la notion d’ethnocentrisme dans Pocahontas, et Machiavel, pour les principes du machiavélisme chez Claire Underwood (House of Cards).

Mais ne vous inquiétez pas: tout ça est si court, si digeste et si succinct que vous resterez sur votre faim.

Ou que comme l’Adrienne vous regretterez qu’y manque un de vos héros favoris, comme Gaston Lagaffe, Prunelle et monsieur de Mesmaeker 🙂 

info et source de l’illustration ici – lire trois extraits ici.

Y comme yoga… pour orteils

orteils

Depuis quelque temps – allez savoir pourquoi – l’Adrienne reçoit des messages d’une conseillère en bien-être, une femme d’affaires avisée qui distille deux ou trois aspects de son immense savoir, puis propose un abonnement à prix promotionnel pour vous faire profiter de son indispensable ‘coaching’.

Fin novembre, l’Adrienne a bien ri en découvrant le titre du message: du yoga pour vos orteils. Mais sans doute a-t-elle le rire facile 🙂

Bref, en cherchant plus loin elle a appris de nouveaux mots qui font plutôt penser à des instruments de torture, comme ‘écarteurs d’orteils’ ou ‘séparateurs d’orteils’… mais il paraît que ça fait un bien fou!

Il ne lui reste plus qu’à s’acheter une balle de tennis 😉

Source de la photo et article ici. Pour ceux qui trouveraient que ce blog est tombé dans le n’importe quoi – et je ne leur donne pas tort – demain s’ils le désirent je peux leur parler de l’influence des rayons gamma on man-in-the-moon marigolds 😉

Première séance

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Eunice serre contre elle son petit sac avec les précieux pourboires. Cet argent si durement gagné et pour lequel il faut sourire à toutes les âneries, accepter les mains baladeuses, supporter les exigences, ramasser les papiers sales entre deux séances.

Eunice est fatiguée. Appuyée contre le mur dont elle sent la moulure de bois lui scier le dos, elle a mal aux pieds. Elle n’aurait pas dû mettre ces escarpins noirs, trop hauts, trop élégants pour ce genre de travail. Elle ne sait pas ce qui lui a pris. Un sursaut d’élégance pour compenser cet uniforme bleu nuit qu’elle trouve si mal seyant?

Eunice ne regarde plus l’écran depuis longtemps. Elle suit les films comme le font les aveugles: les mots, le ton, le bruitage, l’accompagnement musical lui suffisent pour tout comprendre sans rien voir. Là, en ce moment, par exemple, elle sait que les héros en sont arrivés au baiser tant attendu. En gros plan.

Debout sous les lampes qui accentuent sa blondeur dorée, le menton dans la main, Eunice se demande quand viendra son tour de rencontrer l’homme qui lui proposera autre chose que ses mains aux fesses.

Elle ne sait pas que celui qui est là chaque samedi à la première séance ne vient pas pour le film: c’est elle qu’il regarde en silence, sans jamais oser l’aborder.

***

tableau (Edward Hopper, New York Movie, 1939) et consignes chez Lakévio, que je remercie!

I comme incroyable!

Après trois photos de groupe, une « normale », une avec les mains en forme de cœur et une avec les bras en l’air, l’ambianceur a repris le micro et a déclaré qu’il remettrait à chacun un petit carton sur lequel se trouvait un nom. Il s’agissait de retrouver l’autre moitié d’un duo, dans le but de faire connaissance avec un autre invité au mariage. On ne recevrait un verre d’apéritif qu’à cette condition: se présenter avec son binôme!

Chacun s’est mis à crier « Tintin et Milou! », « Adam et Eve! », « Bonnie and Clyde! »…

Sur le carton de l’Adrienne, elle lit « Coyote » et elle doit se faire expliquer qu’il faut trouver un Beep Beep. Il ne s’agissait pas de Coyote et la police.

Elle trouve son binôme au moment où la table du vin d’honneur est déjà complètement prise d’assaut. Elle se présente, tout sourire:

– Bonsoir! Je suis la Marraine de R***

– Ah? et qui c’est, R***?

Estomaquée, l’Adrienne!

– Quoi? vous êtes invitée au mariage et vous ne connaissez même pas le nom du marié?