P comme parodie

Sans doute que pour apprécier la parodie, il faut comme l’Adrienne avoir regardé des tas de Christmas movies mais tout, tout ce qui vous irrite – si vous en regardez parfois – se trouve compressé dans les trois minutes que devraient normalement durer ces films, vu la minceur du scénario 😉

La jeune femme partie faire carrière dans la big city rentre pour Noël dans la petite ville qu’elle a quittée depuis longtemps et où elle retourne le moins possible.
Elle doit évidemment travailler même on Christmas Eve mais va tomber pile poil sur son amour de jeunesse. « Tomber sur » et « renverser du café sur » sont des ingrédients indispensables à la rencontre.
Le jeune homme idéal, par hasard resté célibataire comme elle, qui s’est sacrifié à sa famille when mom got sick et à sa patrie en rejoignant les marines, après avoir raté une prometteuse carrière sportive pour cause de genou pété.
Qui bien sûr a un boulot qui les obligera à passer du temps ensemble.
Ils retomberont évidemment dans les bras l’un de l’autre.
Le grand gagnant à la fin de ce genre de film est toujours le petit patelin – appelé ici Ho ho ho merry christmas town – qui l’emporte sur la big city.

Bref, du beau travail et les acteurs réussissent à faire une parodie qui est moins dans le overacting que les originaux (si on peut les appeler ainsi).

Pour ceux qui aiment ça, la lecture des commentaires sous la vidéo est réjouissante, comme celui-ci: « Don’t forget the fresh tree they got from the tree lot that magically turned into a fake tree once they got it in the house« .

« Fake » étant le mot clé de toute cette affaire 🙂

Adrienne au cinéma

Pour le premier retour au cinéma depuis très longtemps, ça ne pouvait pas mieux tomber car voilà un film où on manque d’yeux et d’oreilles pour tout voir et tout entendre.

A plusieurs reprises, l’Adrienne aurait bien aimé disposer d’un bouton « arrêt » afin de mieux pouvoir examiner les détails d’une image. Car c’est un foisonnement de clins d’œil visuels et verbaux à mille et une choses, sur chaque plan.

Bref, un régal 😉

On est emporté dans un univers de fiction géniale qui nous baigne à la fois dans une forme de journalisme qui n’a jamais existé et dans une France qui n’a jamais existé.

C’est à la fois les aventures de Tintin et de l’Oncle de Jacques Tati, de Ratatouille et d’Amélie Poulain, sans compter toutes les références qui nous échappent 😉

Accent américain pour les uns, british pour d’autres, quelques voix en français, c’est vraiment un film à voir en version originale et sans doute aussi de préférence sur grand écran, pour ses changements de format et autres jeux visuels.

Tourné à Angoulême, dont la « métamorphose » en lieu de tournage est expliquée ici:

Et tout ça donne l’impression que les (nombreux) acteurs (vedettes) aussi se sont bien amusés, même si pendant la séance, encore une fois, l’Adrienne a été la seule à rigoler 🙂

***

Ah oui! encore un truc rigolo: le journaliste du magazine Time a réagi comme l’empereur d’Autriche devant Mozart, le ‘too many notes‘ étant remplacé par ‘too much‘.

« Klagen van weelde« , on appelle ça chez nous, se plaindre alors qu’on baigne dans l’opulence 🙂

J comme Jonathan Coe

Billy Wilder! Quand l’Adrienne a vu ce nom, en plus de celui de l’auteur dont elle a déjà apprécié deux autres livres, elle n’a pas hésité: comme Jonathan Coe sur son site perso, elle pourrait commencer ce billet par cette phrase: « I discovered Billy Wilder’s films in the late 1970s, when I was a teenager.« , j’ai découvert les films de Billy Wilder vers la fin des années 1970, à l’adolescence.

Le samedi soir, à la séance télé chez les grands-parents, il y a eu des films mémorables, comme Ninotchka, Sabrina, Sunset Boulevard, Seven year itch ou Some like it hot.

Il y en a eu qu’elle n’a d’ailleurs pas entièrement compris, à l’époque, comme Irma la Douce.
Ou dont elle se demande si on les montrerait aujourd’hui à des enfants, comme The Apartment.

Bref, voilà un livre qui n’est pas une vraie biographie – tout en étant fidèle à la réalité biographique – et qui se lit d’une seule traite.

Merci, Jonathan 🙂

***

info sur le site de Gallimard pour la traduction française et lecture des premières pages ici.

L’illustration ci-dessus vient du site perso de l’auteur.

M comme mule

« Ach! » disait-il, « Ach! allège ton almanach, les concerts sont annulés.
Tu ferais chanteur ambulant? Mime sur le bitume?
Tu vas finir au bloc! Partir en bombe!

Je sais que la scène te botte, que tu es arrivé en bout de ligne, que tu n’as plus de quoi payer ta boulangère, ton camembert…

Tu veux arrêter à toi tout seul le char de l’État?
Ton royaume pour un cheval?
Tu es à un cheveu de prendre la culotte (*)?
Tu en as marre des combines?
Tu veux de nouveau donner des coups de collier, vivre des coups de feu? Tu veux que cesse cette descente aux enfers?

Que veux-tu que je te dise?

Reviens en septembre… »

(*) ne pas pouvoir faire face à une situation difficile.

***

Merci à Joe Krapov qui propose d’insérer au moins dix mots de la liste ci-dessous dans un texte qui parlera de la poste, des timbres, des lettres, des facteurs, des cartes postales, du courrier électronique ou de tout autre chose.

Ach  – Allégé  – Almanach  – Ambulant  – Arête de poisson  – Babillarde,  – Bafouille  – Bidou  – Bitume  – Blanchir une batterie  – Bloc  – Boite à cocus  – Bombe (partir en)  – Botte  – Boulangère  – Boulisterie  – Bout de ligne  – Brêmard  – Brigades  – Burelage  – Cabine  – Cage à poules  – Califs  – Camembert  – CharCheval  – Chevalet  – Cheveu  – Cocotte  – Collier et étiquette  – Combine  – Contrerembour  – Côté  – Coupage-piquage  – Coup de collier  – Coup de feu  – Courir la poste  – Culotte  – Dentelure  – Dépêches  – Dépêche close ou directe  – Dépiautage  – Descente

et là je me suis arrêtée parce que ça faisait déjà 18 mais il y a encore

Distri  – Double toile  – Écluser  – Embrigadé  – Entier postal  – Être au pair  – Être descendu  – Faire gare  – Fausse  – Feuille 12  – Filante  – Gogneuse  – Haut le pied  – Jésus  – Lanterneau  – Liasse  – Libourne  – Maximaphilie  – Mignonnette  – Mondaine  – Mougeotte  – Mule  – Nénette  – Odontomètre  – Ordre de service  – Pacha  – Passe  – Peau de lapin  – Petit bleu  – Philatélie  – Piéton  – Pneu  – Pochée  – Ponton  – Postier  – Poulain  – Pyjama  – Rayon de distribution  – Rebuts  – Rembour  – Remonte  – Restes  – Rouge  – Route  – Sauterelle  – Sédentaire  – Surnuméraire  – Tilbury  – Timbre à date  – Tirer la toile  – Trempolino  – Trousse-couilles  – Tubiste  – Tuer le courrier  – Valise  – Voyage  – Zinc 

Z comme Zingaretti

« Montalbano trahit Livia! »

Voilà tout ce que les millions de téléspectateurs semblent avoir compris et retenu dans cet ultime épisode montré sur la RAI le 8 mars dernier.

On peut en effet y voir le célèbre commissaire tomber sous le charme d’Antonia, une nouvelle collègue, au point de faire sentir à Livia – son éternelle « fidanzata » qui vit en Ligurie alors que lui est en Sicile – que ce serait peut-être le moment de « lasciarci ».

Tollé général – surtout du côté féminin, paraît-il – et grosse déception sur cette « trahison ».
Comment a-t-il pu?
Et en plus, au téléphone!

Sans doute aurait-il dû prendre deux jours de congé et sauter dans un avion Palermo-Genova pour le lui dire en face 🙂

D’où la conclusion du Corriere: « Camilleri replicherebbe che Montalbano è un romanzo giallo, non di fantascienza. »

Camilleri, l’auteur des romans policiers, répondrait qu’il s’agit d’une histoire policière, pas de science-fiction 😉

Question existentielle

La citation se trouvait sur un calendrier et voilà des semaines, des mois qu’elle turlupine l’Adrienne.

Elle est prononcée par Orson Welles dans The third man (voir la vidéo ci-dessus) et serait de lui. Graham Greene, auteur du livre, et Carol Reed, réalisateur du film, confirment que Welles pouvait ‘meubler’ ici et là un vide dans le scénario par des phrases de son propre cru.

Soit.

« In Italy, for 30 years under the Borgias, they had warfare, terror, murder and bloodshed, but they produced Michelangelo, Leonardo da Vinci and the Renaissance. In Switzerland they had brotherly love, they had 500 years of democracy and peace – and what did that produce? The cuckoo clock. »

« En Italie, pendant trente ans sous les Borgia, il y a eu la guerre, la terreur, le meurtre et le sang versé, mais le pays a donné Michel-Ange, Léonard de Vinci et la Renaissance. En Suisse, il y a eu cinq cents ans d’amour fraternel, de démocratie et de paix – et qu’est-ce que ça a donné? La pendule à coucou. » (traduction de l’Adrienne)

Ne trouvez-vous pas, vous aussi, qu’il y aurait beaucoup à dire là-dessus?

A commencer par la paternité des pendules à coucou, qui seraient originaires de la Forêt Noire.

Ou jetez un œil à l’histoire de la Suisse, qui est bien loin d’avoir été un long fleuve tranquille…

Et pour terminer, examinez la question existentielle que pose Harry Lime en disant cela: est-ce que vraiment l’art et la culture fleurissent mieux sous le despotisme, la guerre et la violence?

P comme pas ce qu’on croit

64ème devoir de Lakevio du Goût

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Un bel organe, un imperturbable aplomb, plus de tempérament que d’intelligence et plus d’emphase que de lyrisme, achevaient de rehausser cette admirable nature de charlatan, où il y avait du coiffeur et du toréador. 

Il s’est vite avéré que malgré ses airs de Bogart, il ne savait parler que de voitures.

Elle était comme Lauren, elle en retira qu’il n’avait que l’aspect d’un brave, avec l’entrain facile d’un commis voyageur.

***

désolée, l’idée ne m’est venue que cette nuit, à cause de l’organe abîmé de Bogart et Bacall, à force de vouloir prendre une voix « sexy »… et sans doute un peu aussi à cause de la cigarette 😉

Je vous propose de dire ce que vous inspire cette toile de Mr Vettriano.
Une histoire qui commencerait par :
« Un bel organe, un imperturbable aplomb, plus de tempérament que d’intelligence et plus d’emphase que de lyrisme, achevaient de rehausser cette admirable nature de charlatan, où il y avait du coiffeur et du toréador. »
Et qui finirait par :
« Elle en retira qu’il n’avait que l’aspect d’un brave, avec l’entrain facile d’un commis voyageur. »

M comme mariage

C’est au hasard d’une soirée télévisée du samedi chez les grands-parents que mini-Adrienne a appris de la bouche de son père que le cousin Paul – celui qui avait un papa très riche – s’était enfui à Gretna Green avec la jeune fille qu’il voulait épouser sans l’accord de ses parents.

Depuis peu, l’Adrienne a appris que ça porte un nom, elopement.
Même en français.
Elopement.

Ces jours-ci, le mot a pris un sens nouveau, s’il faut en croire la presse: on l’utilise aussi pour désigner les mariages tout à fait intimes, juste à deux, sans famille, sans invités.

Et pas seulement pour des raisons de covid: « Just the two of us » 😉