Le défi du 20

Il y avait ces picotements.

Dans les mains, les doigts surtout.
Toute la peau des dix doigts.

Voilà, se dit l’Adrienne, j’ai attrapé une allergie!
Mais à quoi?

Comme elle avait justement mangé quelques mandarines, alors qu’elle n’en avait plus mangé depuis des mois, depuis l’hiver dernier, en fait, elle s’est dit que ça devait être ça.

Surtout qu’elle les avait achetées bio et en mangeait même la peau. C’est excellent, mixé et ajouté aux céréales du matin.

Bref, elle a décidé que ce ne pouvait être que ça: la malédiction des mandarines!

Impensable d’imaginer que le fauteur de trouble pourrait être le morceau de chocolat noir quotidien 🙂

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écrit pour le Défi du 20 février, avec deux mots en M proposés par Soène: mandarine et malédiction

E comme Excuse my french!

source ici

Quand un valet de pied tendit le plateau d’argent devant sir Archibald, celui-ci explosa :

– Jellyfish ! Abalone ! Sea gherkin ! Nitwit ! Scoundrel ! Bragger ! Pinhead ! Pickled herring ! Swab ! Nincompoop ! Freebooter ! Dizzard ! Black beetle !

On tentait en effet de lui proposer un whisky allongé d’eau et de glaçons.

Son explosion de colère passée, il se tourna vers l’ambassadeur de Syldavie et lui dit de son air le plus mondain, en pinçant les lèvres: « Excuse my french ».

Car il avait promis à son ami de bien se tenir.

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écrit pour le Défi du samedi 649 où Walrus – merci à lui – proposait le mot abalone.

Les injures du Capitaine sont les traductions anglaises qu’on peut trouver ici.

Et « Excuse my french » – ou: « Pardon my french » – se dit en anglais quand on veut faire passer ses gros mots pour des mots français.

Pour les fans de Tintin, la photo d’illustration et d’autres ici. Et surtout le portfolio ici!

Z comme zut!

Zut! se dit l’Adrienne en entendant le flot de muzak envahir la maison.
Il est temps d’intervenir.

On ne peut empêcher ses voisins d’avoir certains goûts musicaux mais on peut essayer de leur faire baisser le son.

Elle prend donc sa plume la plus diplomatique pour écrire sur un ton guilleret « vous aurez sans doute déjà remarqué vous aussi à quel point le mur entre nous est fin ».
Mais non, la voisine ne l’avait pas encore remarqué, et pour cause, l’Adrienne mène une vie de souris – et même moins bruyante encore.

« Moi j’entends tout ce que vous dites, répond l’Adrienne, je comprends juste un peu moins bien quand c’est Monsieur qui parle, à cause de son dialecte gantois. »
Ce dernier détail devant servir à convaincre tout à fait la voisine que oui, zut et flûte, l’Adrienne entend tout!

« Même, ajoute-t-elle, que je me sentais fort mal à cause de ça, comme un voyeur. »

Parce que c’est régulièrement reality TV chez les nouveaux voisins.

Bref, la voisine remercie de l’avoir prévenue et conclut par un « On en tiendra compte à l’avenir! »

Quant à savoir quand c’est, « l’avenir », la question reste ouverte: ils continuent à crier dans leur téléphone et à parler si haut et si fort, alors qu’ils ne sont que deux dans la maison, que l’Adrienne – zut et flûte – continue de tout entendre.

Mais au moins elle n’a plus l’impression de faire du voyeurisme 🙂

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et douze minutes de Mozart pour se remettre les oreilles à l’endroit 🙂

écrit pour le Défi du samedi n°648 – merci Walrus!

L comme limbes

Figurez-vous qu’en découvrant le mot proposé par Walrus pour le Défi du samedi, l’Adrienne s’est dit que le seul ombilic qu’elle connaissait était celui d’Antonin Artaud.

Façon de parler, bien sûr.

Sinon, pour ce qui est de façon de parler, elle utilise plutôt le mot nombril.

Attention âmes sensibles, la vidéo ci-dessus montre quelques images du Chien andalou de Buñuel.
Vous devinerez bien lesquelles 😉

Pour ceux que ça intéresse, dix des quarante-deux pages de L’ombilic des limbes sont disponibles ici.

Pauvre Antonin!

V comme vive les c…!

Photo News

Les incendies qui font rage en Californie et que les pompiers ont tant de mal à éteindre ne sont pas l’œuvre d’un pyromane ni d’inconscients jetant leur mégot de cigarette dans les bois.

Non.

Ils se sont déclarés lors d’une « gender reveal party« , une de ces modes américaines qui ne seront sans doute pas longues à arriver jusqu’ici.

Quelle sorte de décérébré faut-il être pour jouer avec de la poudre en pleine sécheresse?

Comment peut-on se protéger de tels voisins? Au 7 septembre, 3000 personnes avaient déjà dû être évacuées et 7000 hectares étaient réduits en cendres.

Sans compter que le déroulement de ces fêtes est l’illustration du plus gros cliché concernant les filles et les garçons, les filles étant bien sûr présentées comme de futures barbies blondes et roses rêvant danser en tutu et les garçons auront la passion des camions.

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texte écrit pour Les Plumes chez Émilie avec les mots imposés suivants:

BOIS – INCENDIER – ETEINDRE – VIVE – DANSE – DECLARER – PASSION – LANCELAMPE – LONG et pour ceux qui sont motivés, 3 mots supplémentaires: POUDRE – PYROMANE – PROTEGER

Le défi du 20

On a mis tant de hargne à détruire leur habitat et leur nourriture que les seules hirondelles que l’on voit encore sur les fils téléphoniques de septembre sont en papier. D’ailleurs il n’y a plus non plus de fil téléphonique 😉

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Pour le Défi du 20 chez Antiblues qui imposait hargne et hirondelle. Photo prise à l’école primaire pas loin de chez moi 🙂

Le défi du 20

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– Je ne suis pas un de ces amoureux à la gomme, moi, grommelle Léon en marchant d’un bon pas vers le parterre de roses.

En deux coups d’ailes et un seul coup de bec, il a cueilli la première rose Ingrid Bergman.

L’atterrissage est le moment le plus périlleux, mais que ne ferait-on pas pour montrer aux poulettes ce qu’est la vieille galanterie française?

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Ce mois-ci pour le Défi du 20 c’était au tour de Lydia et elle demandait d’utiliser ‘gomme’ et ‘galanterie’.

Merci aux organisateurs et à la prochaine 🙂

Le défi du 20

Saad Bouziane (saad1primeconcept) sur Pinterest

Récupérer les chevaux. Rejoindre la planque. Tout ça a été fait en un temps record. La routine.

Ce n’est qu’à leur cabane que Joe a remarqué le jambon et qu’il a piqué une de ses colères phénoménales.

Mais Averell ne s’est pas laissé démonter:

– Ben quoi! au dîner tu seras bien content d’avoir autre chose que des croûtons avec ta salade de pissenlit!

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écrit pour le Défi du 20 chez Soène – il fallait utiliser dîner et dent de lion (c’est-à-dire pissenlit)
source de l’image ici.

 

Le défi du 20

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La photo d’illustration vient de chez Monsieur le Goût – merci à lui! – et représente l’Opéra avec un ciel bleu et des rues vides en temps de confinement.
Même le bus est presque vide…

Ci-dessous, les danseurs de l’Opéra de Paris disent merci à tous ceux qui font marcher notre quotidien – c’est sur un air bien connu du Roméo et Juliette de Prokofiev et c’est magnifique:

Pour le Défi du 20 chez Antiblues et Passiflore – il fallait utiliser confinement et ciel. Merci à eux!

I comme inconnu

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Ces dernières semaines, au Défi du samedi, Walrus s’amuse à proposer des mots comme lemniscate, quidditch, rastaquouère… qui ne font pas du tout partie du vocabulaire de l’Adrienne et pour lesquels elle a bien du mal à écrire un texte.

En voyant que pour aujourd’hui il s’agissait de sofa, elle a cru être tirée d’affaire. Pourtant, à y bien réfléchir, ce mot-là non plus elle ne l’a jamais employé.

Tout d’abord, parce que dans son enfance, il n’y avait ce meuble dans aucune des maisons où elle a été élevée.

Nul divan chez grand-mère Adrienne, mais quatre fauteuils bien rêches au salon, réservés aux jours fastes. Et avec la télé sont apparus deux fauteuils « relax » en skaï bleu.

Pas de canapé non plus chez l’autre grand-mère.

Pas de lit de repos, de méridienne, de causeuse ou d’ottomane chez les parents de l’Adrienne jusque dans les années 70 où un imposant machin de velours vert est arrivé au salon, assorti de deux autres plus petits, bref de quoi asseoir confortablement au moins six postérieurs dans une famille qui n’en comptait que quatre.

Ce qui l’a amenée à réfléchir à ce manque, à cette absence: est-ce que cela aurait une raison profonde? 

Alors elle s’est souvenue des anecdotes de l’ami G*, et de ce livre de Stijn Streuvels, avec l’histoire du fauteuil, que vous pourrez (re)lire ici.