C comme cent vingt-six

Cent vingt-six métiers en pénurie, titrait l’article, dont 28 rien que pour la construction, suivie par l’industrie (20) et ces autres secteurs dont on sait depuis longtemps qu’ils sont peu attractifs: l’enseignement, les soins de santé et l’Horeca.

Ce sont des chiffres pour la Wallonie mais c’est à peu près pareil en Flandre et à Bruxelles.

D’autre part, il y a de nombreuses personnes en recherche d’emploi, ce qui pourrait faire croire que la solution est simple: yaka les réorienter!

Bien sûr.

Mais comme le montre le film « Être et avoir » dans sa (très) lente séquence d’introduction: apprendre ne se fait pas en un coup de baguette magique.

Voyez les tortues qui se promènent dans la classe vers la deuxième minute: elles symbolisent très bien la lenteur de l’acte d’apprendre.
Au bout de cette année scolaire, les enfants auront appris à la fois beaucoup de choses, et très peu.

Comme disait petit Léon l’autre jour:

– J’irai à la fac, comme ça je pourrai venir chez vous encore dix ans!

P comme pléonexie

C’est le mot qui traduit le mieux l’anglais ‘greed‘ pour lequel jusqu’à présent l’Adrienne n’avait pas trouvé de bon équivalent en français: cupidité, convoitise, rapacité, avidité, c’est déjà assez significatif, oui, mais ça ne dit pas tout 😉

Pléonexie‘, donc, (du grec πλεονεξία) c’est « le désir d’avoir plus que les autres en toute chose« , dit Wikisaitout.

Pas étonnant par conséquent que le premier site où on trouve le mot soit un site de marketing puisque bien évidemment toute la publicité tourne autour de cette faiblesse humaine, vouloir plus et mieux que le voisin.

Pour ceux que ça intéresse, un article, un livre et deux vidéos ici 🙂

N comme nudge

Que dans les supermarchés, on mette autour des caisses tout un assortiment de bonbons à portée de mains des grands et des petits, ce n’est pas neuf, et c’est déjà du « nudging« , sauf que ça s’appelait tout simplement marketing. Pousser à l’achat.

Ces derniers mois, l’Adrienne a souvent rencontré le mot « nudge » dans un sens qui lui semble trop positif pour être honnête: il s’agirait d’influencer gentiment le comportement des gens pour qu’ils fassent les « bons choix ».

En matière de nutrition, par exemple: tous ces « nutri-scores » et ces autres infos apparues ces dernières années sur les emballages alimentaires devraient inciter le consommateur à privilégier ce qui est bon pour sa santé.

Bref, nos supermarchés prennent des petits airs paternalistes, genre « je sais ce qui est bon pour toi et je vais t’aider à y arriver ».

Petits coups de pouce ou manipulation?

Oh! la vilaine pensée!

D’ailleurs, les bonbons n’ont pas quitté les alentours des caisses 😉

***

Pour ceux que ça intéresse, il y a aussi ceci, avec une vidéo de 17 minutes et sa transcription en français.

O comme Oceanbird

C’est un projet un peu fou et qui sans doute aurait dû démarrer il y a déjà de nombreuses années, puisque le premier rapport du Club de Rome concernant les limites de la croissance a déjà paru en 1972.

Mais – direz-vous – mieux vaut tard que jamais et voici les plans pour une navigation qui se ferait à l’antique, uniquement par la force des vents, aidée par la technologie d’aujourd’hui, permettant d’adapter immédiatement la « voilure » au moindre souffle et d’en tirer parti au maximum.

Oceanbird.

Oiseau de mer.

Le cargo est aussi joli que son nom. Plus petit que nos cargos actuels, moins rapide et ne pouvant transporter qu’une fraction des géants qui sillonnent nos mers…
Et pourtant il semblerait que là se situe l’avenir.

Ci-dessous, une première expérience avec un prototype en modèle réduit, présenté par un Ulysse heureux 😉

Un article en français ici, si le sujet vous intéresse.

Stupeur et tremblements

Promenade dans la commune bruxelloise d’Uccle, où de nombreux Français fortunés ont élu domicile ces dernières années. Jean-Luc Flémal/BELPRESS/MAXPPP

« Le blues des évadés fiscaux« , titrait le Figaro il y a une dizaine de jours.

Ces pauvres Français « exilés » dans les quartiers huppés de Bruxelles, Genève ou Londres, pour profiter des avantages que l’on sait, choix qu’ils ont décidé de faire en toute autonomie et qui ne les a entraînés qu’à une paire d’heures de Paris?

Où ils ont toujours le droit d’aller 183 jours par an?

Sans blague?

Payer mes impôts, dit un des interviewés, « exilé » à Genève, je le ressentais chaque fois comme un coup de couteau dans le dos.

Bel exemple de renversement des valeurs…

Si on veut rester poli, on dira qu’ils sont déconnectés de la réalité.

On peut aussi cesser d’être poli 😉

Stupeur et tremblements

Nous le regrettons amèrement, disent-ils avec cynisme sur leur site internet , cette destruction n’aurait pas pu avoir lieu et nous avons la ferme intention de changer nos pratiques:

« We deeply regret the events at Juukan Gorge and have unreservedly apologised to the Puutu Kunti Kurrama and Pinikura people (PKKP). The destruction of the rockshelters should not have happened, and we are absolutely committed to listening, learning and changing. »

Cynisme, dis-je, puisque la société minière Rio Tinto prévoit la destruction d’encore 124 autres sites aborigènes, comme on peut le lire ici, avec toute l’info en français.

Comment un outil réalisé en os de kangourou il y a 28 000 ans et un site habité depuis 46 000 ans pourraient-ils rivaliser avec les tonnes de minerai de fer et les dollars que cela rapporte?

On demande gentiment à deux ou trois responsables de se retirer et on continue son business:

«Un exemple frappant de l’absence de véritable prise de conscience du problème de fond, c’est que, comme chaque fois qu’un scandale survient, les hauts dirigeants remerciés vont néanmoins recevoir une indemnité conséquente consécutive à leur départ. M. Jacques, comme peut-être les deux autres hauts dirigeants en question, va, en toute logique, sortir de l’entreprise sans trop de casse, grâce à son «parachute doré» [… et Rio Tinto va] reprendre le cours normal de [ses] activités.» (source ici)

Photo et article ici.

E comme exnovation

DSCI7571

« Vers une économie durable: les défis de l’exnovation » lit l’Adrienne un matin de juin.

C’est fou le nombre de mots nouveaux qui apparaissent ces temps-ci!

« Des chercheurs de l’IGEAT ont obtenu un financement d’Innoviris pour mener à bien leur projet GOSETE sur l’exnovation en Région bruxelloise, soit les processus de déstabilisation, déclin et abandon des modes de production et de consommation non durables. »

Vivement que Monsieur le Goût revienne de vacances et qu’on puisse amuser nos lundis avec ses tableaux 😉

***

article ici. photo du 30 août 2019 (Bruxelles, expo à la Villa Empain)

H comme heureux!

Vous allez rire: selon l’enquête réalisée par Eurostat pour l’année 2018, ce sont les Belges qui sortent premiers à la question « Vous êtes-vous senti heureux ces quatre dernières semaines? » Ils ont été 76% à répondre affirmativement.  Il y avait quatre possibilités de réponse: heureux tout le temps, la plupart du temps, parfois ou jamais. 

Comme vous pouvez le voir sur le schéma ci-dessous, les Européens les plus heureux sont donc en Finlande, en Autriche, aux Pays-Bas et en Belgique. La moyenne européenne est représentée par la colonne en bleu: 62 % L’enquête nous apprend aussi que notre niveau de bonheur (ressenti!) a augmenté de 2 % depuis 2013. Vous remarquerez que la Grande-Bretagne n’a pas participé 😉

Il y avait aussi une question concernant la satisfaction: où vous situez-vous, sur une échelle de zéro à dix, en ce qui concerne la satisfaction sur la vie que vous menez? Pour cette question, la moyenne européenne est de 7.3 et les gagnants sont encore une fois les Finlandais (8/10). Comprenne qui pourra 😉 Pour cette question les Belges ont 7.6.

EN Satisfaction EU new.jpg

Fait remarquable: les jeunes se déclarent plus satisfaits que leurs aînés. Par contre, personne ne sera surpris de constater que la situation familiale, le niveau des études et les revenus jouent un rôle dans cette sensation toute subjective de bonheur.

Pour la situation financière, la moyenne européenne est à un niveau de satisfaction de 6,5/10 (ce qui est mieux que le 6/10 de 2013, faut croire qu’on s’en est fait une idée de vivre avec moins ;-))