G comme glitter

Photo de cottonbro sur Pexels.com

Un mot dans le texte sur le surréalisme et René Magritte le fait tout à coup penser à autre chose:

– Pour la fête des mères, on a fait un cadre et moi j’ai mis beaucoup de petites choses qui brillent, tout autour!

Un cadre avec une photo de lui.
Il a vraiment de bonnes idées, le maître 😉

– Et tu as réussi à le mettre discrètement quelque part, jusqu’à dimanche?

Il secoue vigoureusement la tête:

– Non! je le lui ai donné tout de suite.
Je la connais, elle est trop impatiente.

Fait-il avec tout le sérieux de ses onze ans.

***

Bonne fête à toutes les mamans qui passent!

E comme ensemble

On veut bien l’accepter dans la troupe, avait dit le responsable, mais il n’a pas l’âge requis. Normalement, il faut avoir huit ans.

Et c’était vrai: il en avait à peine sept.

– Cependant, nous y mettrons une condition: c’est qu’il participe au camp, l’été prochain.
– Ce ne sera pas un problème, a répondu le père, c’est justement ça qui lui fait le plus envie.

C’est ainsi que petit frère a trouvé son copain-pour-la-vie, celui qui de tout temps a un an d’avance sur lui, avec qui il a fait les quatre cents coups et qu’aujourd’hui encore vous verrez en photo à ses côtés sur son profil fb.

Ensemble.

Un point c’est tout 🙂

***

écrit pour La Licorne qui imposait deux choses: la photo ci-dessus et le thème « Ensemble, c’est tout », à placer au choix.

Merci à elle de m’avoir rappelé que je n’avais plus participé depuis 2018!

U comme unique

Quand il était venu se faire expliquer la proposition relative, Madame avait offert à petit Léon des œufs de Pâques en chocolat.

Après son départ, elle a constaté qu’il n’en avait mangé aucun, alors qu’il s’était montré heureux d’en recevoir.

– Cet enfant est vraiment timide, se dit-elle. J’aurais dû insister.

Quand il est revenu deux jours plus tard avec son épais cahier d’exercices de préparation au CEB, Madame a remis les œufs en chocolat sur la table:

– Tu n’aimes pas? lui demande-t-elle.
– Oh! si!
– Alors pourquoi tu n’en prends pas?
– Je n’ai pas le droit.

Moment de stupéfaction chez Madame, qu’il a dû remarquer malgré le masque.

– Je n’ai pas le droit maintenant, a-t-il précisé.

Le règlement de la maison interdit les friandises en dehors des heures de repas.

N’est-il pas unique, cet enfant, de respecter le règlement en toutes circonstances?

H comme Habsbourg

Juan de Flandes, portret van een infante

Ah! si l’Adrienne osait, il y en aurait, des expos où elle se rendrait!

Comme celle-ci, par exemple, à Malines, d’où vient la photo d’illustration: Les enfants de la Renaissance.

Dans sa version en néerlandais, le texte pose la question à zéro franc: Les petits princes de Habsbourg avaient à Malines les meilleurs professeurs, les plus beaux vêtements, les plus jolis jouets, les meilleurs livres… mais étaient-ils heureux?

Ci-dessous, une petite vidéo explique qu’à Malines, ils aimeraient bien récupérer l’armure que l’empereur Maximilien avait fait faire pour son petit-fils, le futur Charles Quint. Fabriquer l’armure, à Vienne, avait pris tellement de temps, que l’enfant avait trop grandi pour la porter et qu’elle est restée à Vienne 🙂

D comme délurée

75ème devoir de Lakevio du Goût

devoir de Lakevio du Goût_75.jpg

Ah! il en fallait, des idées, de l’ingéniosité, de l’audace!

Du talent d’actrice 🙂

Il en fallait des scénarios, des complices et un brin de chance aussi, pour que tout se passe bien.

Et que la Tantine puisse voir – une heure, une heure seulement – son amoureux.

– Je vais promener la petite! disait-elle à sa mère et la voilà partie avec mini-Adrienne dans son landau.

Puis dans sa poussette.

Quand mini-Adrienne a deux ans, sa Tantine en a dix-sept et son amoureux dix-neuf.

Hélas les mini-Adrienne ne restent pas assez mini pour qu’on ait besoin de les promener.

Il fallait trouver autre chose.

Une invitation de cousine Colette.
La complicité de tante Simone.
L’appel d’une amie…

***

Vous vous rendez compte de ce qu’il faut continuellement inventer, du travail et de l’énergie que ça demande?

Puis un jour, une voisine, une cliente, une connaissance, vous a vue avec un jeune homme.
Vous en avez assez d’inventer, de mentir.
Alors vous décidez de le présenter à la famille.

Et voilà, vous êtes fiancée 🙂

Vous pouvez emmener mini-Adrienne boire son premier coca cola.

***

Merci à Monsieur le Goût d’avoir donné une consigne même en ce week-end de Pâques 😉

Vous ne connaissez peut-être pas le jardin des Tuileries. Il n’a pas changé depuis les années soixante et je le reconnaîtrais entre mille. Nous n’étions pas encore des mamies et des papys. Mais je suis sûr que nos âmes sont mieux préservées que nos corps. Que vous dit cette photo des années soixante ? Elle me dit, comme le chantait François Hardy « Tant de belles choses » … À lundi, vous avez sûrement quelque belle histoire à dire.

B comme Bordeaux-Paris

source de l’image ici

Il y avait plusieurs Mariette dans la vie de grand-mère Adrienne, aussi leur prénom s’accompagnait-il toujours de précisions du genre « Mariette-van-nevens-de-deur » ou « Mariette-van-tante-Palmyre« .

La première, celle de la porte d’à côté, était fan de courses cyclistes.

Pas simple fan: elle idolâtrait Herman Van Springel.

Au point que mini-Adrienne se disait que si elle était l’époux de Mariette, elle s’inquiéterait.

Pourquoi Herman Van Springel, vous demandez-vous.
Et vous n’êtes pas les seuls.
Malgré ses questions à sa grand-mère et ses propres observations, la petite n’a jamais pu percer ce mystère: il n’était ni né dans le même coin de Flandre, ni beau, ni le plus grand des champions que comptait le pays.
Mais les voies de l’amour sont impénétrables et Mariette, même au cœur du peloton le plus nombreux et le plus serré, filant à toute vitesse devant son nez, le repérait et hurlait « Herman! Herman! ».

Puis toute haletante d’émotion, elle se tournait vers grand-mère Adrienne, restée droite et impassible comme la statue du Commandeur: « Vous l’avez vu? Je l’ai vu! »

Et elle irradiait de fierté et de confiance en son idole.

***

écrit pour le Défi du samedi où Walrus – merci à lui – proposait cette semaine le mot idole.

W comme wallon

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image de la consigne du Défi du samedi – merci à Walrus!

Ce devait être au début des années septante quand le téléphone a été installé: les nouveaux voisins ne s’appelaient plus Albert et Julia et ils n’avaient pas le téléphone.

On avait quitté le numéro 17 et la rue de grand-mère pour une maison où mini-Adrienne ne s’est jamais sentie chez elle.

Mais on avait le téléphone 😉

Ainsi qu’une porte de derrière et une porte de devant.

Sauf que ni l’une ni l’autre n’était située à l’avant ou à l’arrière – vu qu’elles étaient toutes les deux sur les côtés – et que tout le monde utilisait la porte de derrière, même les visiteurs, alors que seule celle de devant avait une sonnette.

Bref, un jour le voisin frappe à la porte de derrière et demande s’il peut utiliser le téléphone.

Bien sûr qu’il peut.

Le brave homme parle si fort dans le combiné que dans la pièce d’à côté, on peut suivre la conversation.

Sauf que mini-Adrienne n’y comprend rien du tout.

– Allô? ici c’est Devlé-Chauvert! répétait-il.

– Pourquoi il dit Devlé-Chauvert? demande-t-elle à sa mère.

– C’est parce qu’il téléphone en Wallonie.

C’est ainsi que mini-Adrienne a appris trois choses: que le voisin, qui ne connaissait pas un mot de français, s’exprimait assez couramment en wallon, qu’il adaptait son nom de famille – Devleesschouwer – à son public, et que s’il était maigre comme un clou et crachait ses poumons, c’est parce qu’il avait travaillé dans le Borinage comme mineur de fond.

M comme margarine

72ème devoir de Lakevio du Goût.

devoir de Lakevio du Goût_72_4.jpg

La margarine a fait son entrée chez grand-mère Adrienne après l’infarctus de grand-père.

Son médecin n’étant pas le roi des nutritionnistes, il croyait que c’était meilleur pour la santé que le beurre.

C’est à ce moment-là, au milieu des années 60, que le beurre a commencé à devenir un péché dans la famille de mini-Adrienne.

Grand-mère a, toute sa vie durant, continué à préférer le « vrai beurre » – c’était une femme de goût 🙂 – qu’elle n’a plus appelé autrement que « goede boter« , pour bien préciser qu’il s’agissait de vrai « bon beurre ».

Quant à mini-Adrienne, du jour où, sur la table du petit déjeuner, le « goede boter » a été remplacé par une barquette de margarine, elle a préféré s’en passer.

Elle n’a retrouvé le plaisir du beurre qu’au moment d’entrer dans sa future belle-famille.

Chez belle-maman, il était exclu d’utiliser de la margarine.
Son beurre méritait même le nom de « zeer goede boter« , vu qu’il venait directement de la ferme d’en face et des vaches broutant les prés des polders aux alentours.
Ce qui le rendait fort jaune l’été et très pâle l’hiver.

Belle-maman se permettait cependant une seule exception et on peut supposer que la publicité « cuisinez d’or avec Solo » en était responsable: elle avait toujours du Solo dans son frigo, pour préparer ses soles meunière.

En se justifiant chaque fois avec l’argument de la pub: avec Solo, « ça n’attache pas ».

SOLO margarine

Merci à Monsieur le Goût pour sa consigne « margarine »:

« Le beurre frais pour tous. » Ainsi salua-t-on l’arrivée de la margarine après le siège de Paris. Bien sûr, ça ne sert pas qu’à se laver les cheveux même si on fait croire aujourd’hui que c’est excellent pour la santé du cheveu pour peu qu’on lui adjoigne un parfum de rose, la puanteur du monoï et une bonne dose d’optimisme pour en faire la publicité.
Mais je suis sûr que pour beaucoup, la margarine rappelle des souvenirs moins « bio » et diététiques que ceux censés venir à l’esprit aujourd’hui. Ce serait bien si vous en faisiez part à vos camarades de blogs, tous ceux qui ont encore le courage de vous lire et surtout d’écrire…

E comme encaustique

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source Défi du samedi

Encaustique! s’est dit l’Adrienne en voyant le mot proposé par Maître Walrus sur le Défi du samedi.

Encaustique!

Non, non, non, non! elle ne participerait pas!

Le mot n’évoquait que des souvenirs d’enfance et parfois elle en a vraiment marre de ses envahissants souvenirs.

Dans ce cas-ci, les souvenirs du « grand nettoyage de printemps », qui pour la mère de mini-Adrienne n’était pas un vain mot.

Chaque pièce tour à tour était entièrement chamboulée, les meubles vidés, retirés des murs, et bien sûr passés à l’encaustique.

Pendant trois semaines au moins la famille vivait entre des tapis roulés, des fenêtres sans rideaux, de la vaisselle entassée sur les tables…
Le père ne savait plus où se mettre pour lire son journal, le soir.

Et cette odeur!

Cette odeur de l’encaustique qui monopolisait les narines!

Seule la mère avait le droit de l’utiliser: le rôle de mini-Adrienne venait dans la phase précédente – brosser et frotter pour dépoussiérer – et dans la phase suivante – brosser et frotter pour faire reluire.

Non, définitivement non, elle ne participera pas!

***

Et bien sûr c’est le père qui a eu raison: les meubles étaient toujours là, luisants et sans une égratignure, alors que lui n’y était plus.

Stupeur et tremblements

Il vient d’avoir douze ans et depuis sa première année primaire, il s’occupe de programmation grâce à Coderdojo.

Il réalise d’année en année de « petites » inventions: un petit robot qui vous prévient que vous n’avez pas bu assez d’eau dans la journée, un autre qui scanne la voiture pour s’assurer que vous n’y oubliez ni le chien, ni le bébé, celui qui prévient lorsqu’un enfant tombe à l’eau dans votre étang ou votre piscine, celui pour un ami diabétique, permettant de se débrouiller tout seul pour lire son taux de sucre. Et même un système de gestion des absences pour son école en temps de covid.

Bref, un petit garçon heureux et créatif, qui n’a qu’une envie, dit-il, inventer des choses utiles pour aider les gens.

Cette forme d’intelligence suscite évidemment la plus grande stupeur admirative chez l’Adrienne, pour qui le plus grand exploit technologique récent a été l’autre jour de réussir à ouvrir dans le bon ordre les deux robinets permettant de régler la pression de l’eau pour sa chaudière au gaz.
Et de se pincer le doigt jusqu’au sang.

Ci-dessous une autre vidéo de Mauro à ses débuts, il y a quatre ans, avec sa petite sœur dans le rôle de l’assistante pour démontrer sa première invention, une barrière électronique qui s’ouvre avec un badge.

« En ik heb het helemaal zelf geprogrammeerd« , je l’ai entièrement programmé seul, dit-il fièrement du haut de ses huit ans, en avril 2017.

On lui souhaite de pouvoir garder la science heureuse encore longtemps.