W comme wablieft?

Stiff Upper Lips: waarom zijn die Engelsen zo Engels ...

L’Adrienne est arrivée en fin de lecture de l’ouvrage déjà mentionné au D comme Daft, précisément le jour où la nouvelle lui est parvenue que Boris devenait Premier ministre.

Or, de Boris justement il est question aux pages 208 et suivantes, à propos de son rôle de journaliste anti-européen. Rôle qu’il joue tellement à fond, qu’il n’hésite pas à écrire les plus grosses fadaises et autres grossières fake news… et que ça passe!

Wie in deze nieuwsstroom een aanzienlijke rol heeft gespeeld, is niemand minder dan ene Boris Johnson. Lang voor de flamboyante Johnson burgemeester van Londen en minister werd, was hij Europa-correspondent van de conservatieve krant The Daily Telegraph in Brussel. […] ‘Boris heeft het nepnieuws uitgevonden,’ zegt Martin Fletcher, voormalig buitenlandredacteur van The Times. […] Die artikelen speelden een rol bij het Deense referendum over het verdrag van Maastricht. […] Johnson besefte tot zijn eigen verbazing dat wat hij vanuit Brussel schreef een explosief effect had […] Het gaf hem een vreemd soort macht. […] Ook de tabloïds hadden snel door dat dit soort verhalen voor hen gesneden koek was en de kassa deed rinkelen. Wat leerling-tovenaar Boris Johnson in gang had gezet, was niet meer te houden. (p.209-211)

C’est Boris Johnson lui-même qui a joué un rôle prépondérant dans ce flux d’informations. Avant d’être maire de Londres et ministre, il était à Bruxelles comme correspondant pour l’Europe du Daily Telegraph, un journal conservateur. […] ‘C’est lui qui a inventé le fake news’, dit Martin Fletcher, l’ancien responsable des nouvelles de l’étranger pour le Times. […] Ces articles ont influencé le referendum danois sur le traité de Maastricht. […] A son grand étonnement, Johnson s’est rendu compte de l’impact explosif qu’avait ce qu’il écrivait depuis Bruxelles. Ce qui lui a donné une étrange forme de pouvoir. La presse à sensation a vite compris quel parti elle pouvait en tirer et quels avantages financiers. Ce que l’apprenti sorcier Boris Johnson avait mis en route était impossible à arrêter. (traduction de l’Adrienne) 

Sur le site de la communauté européenne, un Anglais « s’amuse » à les noter et à les commenter toutes, histoire de remettre les pendules à l’heure.

Mais il semblerait bien que les pendules, de part et d’autre de la Manche, ne marcheront plus ensemble.

Voir ici ce florilège ahurissant: Euromyths.

 

N comme Nestor

Deux mille six cent vingt-quatre ans. C’est l’âge d’un cyprès qui pousse avec quelques frères et cousins dans un parc naturel de Caroline du Nord. 

N’est-ce pas magnifique, se dit l’Adrienne en sirotant son café du matin.

Mais le titre de son journal l’a d’abord induite en erreur: « één van de oudste bomen ter wereld », lit-elle, un des arbres les plus anciens. Pas le plus ancien. Pas Mathusalem. Un Nestor, donc.

La palme, si l’on peut employer ici cette expression, revient à un épicéa suédois d’environ huit mille ans.

Pourvu que les tronçonneuses leur prêtent vie… Et que les scientifiques arrêtent de prélever jusqu’au cœur de l’arbre ces baguettes leur permettant de s’amuser à des datations et autres frivolités.

Un peu de respect, que diable!

article en français ici.

J comme Jérôme Ferrari

Deux minutes trente-trois pour écouter l’auteur parler de ce livre.

Et ci-dessous, l’incipit:

La dernière fois qu’elle l’avait vu, dix ans plus tôt, il rentrait chez lui et elle l’accompagnait. Depuis que le car de Belgrade les avait déposés à la gare routière, il n’avait pas dit un mot. Et puis il s’était arrêté, toujours en silence, pour s’accouder à la balustrade d’un pont sur le Danube dont les bombardements de l’Otan de 1999 ne laisseraient bientôt subsister que les piliers. Antonia se tenait en retrait, l’appareil photo à la main, et elle le regardait. Il portait un treillis déchiré sur lequel il avait cousu ses galons de sergent et, sous l’insigne de la JNA* dissoute, un écusson serbe à l’aigle bicéphale flanqué des quatre sigma lunaires. A ses pieds était posé un grand sac militaire ne contenant rien d’autre qu’une édition hongroise du Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas d’Imre Kertész, le premier volume d’une traduction serbo-croate des oeuvres complètes de Bukowski et quelques cassettes, de R.E.M. et Nirvana, dont il ne se rappelait même plus la dernière fois qu’il les avait écoutées.  Il se tenait la tête dans les mains. Il ne regardait pas les eaux noires du fleuve, le ciel chargé de pluie. En passant près de lui, un groupe de très jeunes gens qui s’avançait sur le pont avait ralenti et éclaté d’un rire incompréhensible en le toisant ostensiblement. Antonia avait pris la photo, la dernière du reportage qu’elle lui avait consacré et qui ne serait jamais publié. Il avait d’abord semblé ne pas réagir. Et puis il avait relevé la tête et Antonia avait vu qu’il pleurait. 

Jérôme Ferrari, A son image, Actes Sud 2018, p.11-12

* Armée populaire yougoslave

Extrait d’une quinzaine de minutes avec l’auteur chez François Busnel à la Grande Librairie.

Enfin, texte explicatif de l’auteur, sur le site de son éditeur Actes Sud:

« DANS LES ANNÉES 1990, j’ai découvert la photo de Ron Haviv sur laquelle un paramilitaire des tigres d’Arkan prend son élan pour frapper les cadavres de trois civils qu’il vient d’abattre, quelque part en Bosnie. Il porte des lunettes de soleil à monture blanche et, entre les doigts de sa main gauche, il tient une cigarette dans un geste d’une absolue désinvolture. Ce garçon était manifestement mon contemporain, il était à peine plus âgé que moi et notre évidente proximité avait quelque chose d’intolérable. La guerre sortait des livres d’histoire.
C’est alors, je crois, que j’ai pour la première fois fait l’expérience de la puissance des photographies et de la façon dont elles bouleversent notre rapport au temps : ce qu’elles nous montrent est à chaque fois figé pour toujours dans la permanence du présent et a pourtant, dès le déclenchement de l’obturateur, déjà disparu. Personne n’a énoncé ce paradoxe plus clairement que Mathieu Riboulet  : « La mort est passée. La photo arrive après qui, contrairement à la peinture, ne suspend pas le temps mais le fixe. »
Parce que la mort est passée, le roman s’ouvre sur celle d’Antonia et passe par toutes les étapes de la messe de ses funérailles. Au cours d’une vie consacrée aux photographies, les plus insoutenables et les plus futiles, des portraits de famille, des conférences de presse clandestines, des attentats, des mariages, la guerre en Yougoslavie, elle s’est constamment sentie renvoyée de l’insignifiance à l’obscénité.
Le roman est donc l’histoire de son échec. Le prêtre qui célèbre la messe est l’oncle d’Antonia. C’est aussi lui qui l’a portée sur les fonts baptismaux et qui lui a offert, pour son quatorzième anniversaire, son premier appareil photo. J’imagine qu’il ne se le pardonne pas. »

J. F.

Un livre sur l’importance (relative) de la photo, sur la Corse, sur l’actualité, sur de nombreuses questions… et que j’ai adoré 🙂

X c’est l’inconnu

brexit

Une amie de l’Adrienne se marie l’été prochain. Une de ces femmes modernes qui font d’abord les bébés et passent devant monsieur le maire après 🙂

Cela se fait parfois dans cet ordre-là dans le Yorkshire aussi.

Ce mariage est une excellente nouvelle, bien sûr, et l’Adrienne est très heureuse d’y être invitée.

La principale inconnue, c’est où en sera la Grande-Bretagne d’ici juillet. Faudra-t-il prévoir un passeport et un visa? 😉

***

photo Reuters prise de l’article ici, où on peut en voir une douzaine d’autres. La photo 4 reprend la petite fille iconique de Banksy.

Les premiers!

fietspaden

C’est quoi tout ce rouge sur la carte? vous demandez-vous.

Et bien, je vais vous le dire: plus c’est rouge, plus il y a de pistes cyclables.

C’est là que vous comprenez pourquoi les Pays-Bas, la Flandre et même un bon bout de la Wallonie se retrouvent fort colorés. Pour la Wallonie, c’est surtout grâce aux RaVel (dont on a déjà parlé ici, mais zou? mais zou?) et pour la Flandre, voir ici: fietssnelwegen, ce qui veut dire ‘autoroutes pour cyclistes‘.

En Flandre, on n’a vraiment pas peur des mots 😉

Premiers!

Bratislava cityscape view on the old town

Les destinations les plus « vertes » de notre planète, selon quelques critères qui aboutissent en gros à calculer le nombre de m² d’espaces verts par habitant, sont en numéro 1 Reykjavík, en 2 Auckland et en 3 Bratislava.

A quoi j’ajouterais que si on est véritablement écolo ou inquiet pour la planète, on ne prend plus l’avion, ce qui exclut le voyage en Nouvelle-Zélande et sans doute aussi l’Islande. 

Les villes belges du palmarès sont Anvers (33e) et Bruxelles (39e). Les françaises sont Marseille (une belle 11e place, ce qui est un peu mystérieux pour moi, faudra que j’aille y voir ;-)), Paris 45e et Lyon 47e.

La Suisse aussi y figure, bien sûr, avec Berne (8e) et Zurich (22e), ainsi que de nombreuses autres villes européennes, quatre aux Etats-Unis et une au Canada, Toronto (40e) 

Parmi les destinations européennes, il y en a où j’espère encore aller, Prague (6e) et Rome (7e). Berlin, où on sera cet été avec Monsieur Neveu, a la 18e place.

***

menu déroulant à cliquer, avec le classement des 50 villes les plus vertes ici

source de l’article et de la photo ci-dessus (Bratislava) ici

N comme non non rien n’a changé

camus conférences.jpg

Le troisième volet d’une journée à Bruxelles, c’est évidemment une petite visite à la si belle librairie Tropismes. Oh! juste une visite de courtoisie, pour prendre en main et feuilleter quelques livres – c’est ce qu’on se promet au moment d’y pénétrer – mais comment résister à ce Folio qui rassemble les discours et conférences d’Albert Camus? 

Je sens que vous comprenez cool 

Ouvrez ce livre au hasard, chaque fois vous y lirez quelque chose de juste, de bien dit et de parfaitement actuel. 

Par exemple ceci, p.147, écrit en 1949: 

« Pour guérir l’Europe, pour servir l’avenir du monde, c’est cette morale du dialogue que nous avons provisoirement à opposer à la morale du meurtre. Nous devons lutter contre l’injustice, contre la servitude et la terreur, parce que ces trois fléaux sont ceux qui font régner le silence entre les hommes, qui élèvent des barrières entre eux, qui les obscurcissent l’un à l’autre et qui les empêchent de se retrouver dans la seule valeur qui puisse les sauver de ce monde désespérant: la longue fraternité des hommes en lutte contre leur destin. » 

Quand vous serez arrivé – trop tôt! – au bout de la 376e page, vous aurez constaté que pas une seule fois cet homme n’aura cité une de ses oeuvres, ni un de ses personnages, ni aucun passage d’un de ses livres. 

Admirable Camus. 

*** 

photo et infos sur le site de Gallimard – Folio 

premières pages offertes en lecture ici