Z comme zigotos

Vous vous souvenez des deux zigomars du 15 mai?

Les « Jojo-la-Terreur » d’il y a trente ans sont finalement restés des petits macho, l’autre jour ils avaient le tableau de chasse ci-dessus sur leur fb et se vantaient du peu de choses de la liste qu’ils n’avaient jamais faites.

Seulement cinq points manquants.

– Il n’y a vraiment pas de quoi se vanter, s’est dit Madame avec un peu d’humeur en déchiffrant la liste.

Deux jours plus tard, elle reprend son auto – restée sous son auvent depuis le 2 janvier, au point qu’elle commençait à se demander quelle utilité ça pouvait bien avoir, ce truc à quatre roues – et devinez quoi?

Elle a roulé sans permis.

Resté à la maison, dans l’autre sac.

Mais bon, « gotten a ticket« , elle avait déjà coché, un jour elle a dépassé les 70km/h et ça lui a coûté le prix d’une paire de chaussures.

Pas de quoi se vanter, donc 😉

B comme bredouille

Samedi dernier, l’Adrienne a encore fait fort.

Dès le réveil.

On était déjà au mois de mai, et pourtant la première chose qu’elle s’est demandée, en se réveillant, ce matin-là, c’est la question de savoir si Pâques était déjà passé ou pas.

Il lui a bien fallu trente secondes pour se rendre compte que oui. Du coup elle s’inquiète pour sa santé mentale.

Comme il y avait un entretien entre Amélie Nothomb et sa traductrice, et qu’en plus elle aime les cryptogrammes de l’édition du week-end, elle est sortie acheter le journal.
Et a été fort étonnée de ne trouver que des libraires et marchands de journaux fermés.
Hé oui, le premier mai, c’est la Fête du Travail, donc on ne travaille pas.

Puis comme son unique brin n’était pas encore éclos dans son jardinet, elle a eu comme une envie de muguet.
Elle a fait le tour des fleuristes: soit ils étaient fermés (voir plus haut) soit ils avaient une affichette à la porte ‘meiklokjes uitverkocht‘: tout leur muguet était déjà vendu.

Bref, une journée bien remplie de vide 🙂

22 rencontres (14 ter)

Madame avait une procuration pour la vente de l’appartement maternel, pour éviter à celle-ci tout souci ou déplacement.

C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée à la signature finale, un lundi soir de la mi-décembre, dans une situation un peu bizarre: signer pour une autre et avoir face à soi la nouvelle propriétaire, une toute jeune ancienne élève (22 ans), son notaire, une autre ancienne élève et deux autres intervenants, l’un papa de deux anciens élèves et l’autre époux d’une ancienne élève.

Bref, une réunion d’anciens qui ne savaient pas les uns des autres que ce lien les unissait 😉

Mais le plus drôle dans cette histoire c’est que Madame, pour la première fois dans sa vie, est arrivée en retard.

Elle avait lu dans les messages du notariat que la signature aurait lieu par visioconférence et attendait donc devant son ordi – une heure à l’avance! – qu’on lui envoie le lien et le mot de passe.

7 vies

devoir de Lakevio du Goût_354.jpg

De temps en temps l’Adrienne se dit que les anges gardiens, ça existe.

Le sien en tout cas a déjà eu fort à faire.

Avouons-le tout de suite: elle est parfois distraite en traversant une route.

Parfois, c’est pardonnable, comme quand on est à Londres et qu’on oublie que les autos roulent à gauche.

Parfois, c’est impardonnable, comme le jour où elle a traversé à pied un endroit de la « petite ceinture » où des murets indiquaient clairement que c’était interdit aux piétons. Le cœur battant et les oreilles bourdonnantes à cause des coups de klaxon des voitures sortant du tunnel.

Bref.

Elle sait pourtant depuis longtemps qu’elle a tort de vouloir prendre des raccourcis 😉

Parfois dans sa ville aussi elle oblige un automobiliste à freiner pile tout en faisant elle-même un grand bond en arrière. C’est à des occasions comme celles-là qu’elle se dit que quand elle sera tout à fait vieille, il faudra qu’elle change de tactique de survie.

Bref.

A Paris aussi – évidemment! – ça lui est arrivé. Pile sous l’arcade du tableau choisi par Monsieur Le Goût pour ce lundi. Elle admirait à droite, elle admirait à gauche, devant et derrière, le nez en l’air et l’air béat du touriste. Elle croyait bêtement que cette arcade était interdite de circulation, jusqu’à ce qu’un Fangio parisien fasse usage de ses bons réflexes, de son klaxon et de ses bons freins, tout en se martelant la tempe de l’index et en lui roulant de gros yeux furibonds.

Qui a dit que les hommes n’étaient pas « multitâches »?

***

écrit pour le devoir du lundi de Lakévio aux bons soins de Monsieur le Goût, que je remercie!

Traverser le pont du Carrousel un matin de printemps et découvrir l’entrée du Louvre sans une voiture. Qu’en pensez-vous ? Aimeriez-vous voir ça ? Je l’ai vu et fait mais il n’est pas sûr que le rêver soit moins beau. Si vous ne l’avez pas fait, imaginez-le et dites-le lundi, racontez votre rêve.

X c’est l’inconnu

L’Adrienne s’était inscrite pour une visite guidée dans une de ces nombreuses demeures disséminées sur les hauteurs de sa ville, que les habitants comme sa grand-mère appelaient des « châteaux » et qui étaient les secondes résidences des industriels du textile – ou comme dans ce cas-ci, d’un notable. Il était juge de paix. Eux-mêmes appelaient ça leur « villa ».

La plupart datent de l’époque charnière entre le 19e et le 20e siècle – celle-ci a été achevée en 1906 – et sont d’un style qu’on appelle ‘éclectique’, souvent un mélange au goût personnel de l’architecte et de son client, souvent néo-gothique, parfois art-nouveau.

Le visage grimaçant sur la photo d’illustration accueille le visiteur de part de d’autre de la porte d’entrée. Il sort de la mythologie germanique et est supposé protéger la maison des visiteurs mal intentionnés.

Il porte un nom, bien sûr, que l’Adrienne n’a pas jugé nécessaire de noter – j’arriverai bien à retenir ce mot-là, s’est-elle dit – mais voilà, à peine rentrée chez elle, elle l’avait déjà oublié 😉

J comme j’y pense et puis j’oublie

Mon père m’a dit que tu avais demandé s’il y a une liste de naissance, écrit-elle. Il n’y en a pas alors tu peux faire comme tu veux.

Comme je veux, se dit l’Adrienne, bien bien.
Dans ce cas, faisons plaisir à une ancienne élève qui tient une boutique d’articles de bébé et de vêtements pour enfants, et offrons un bon d’achat à la petite fille qui vient de naître et à sa maman.

Après les rituels purificateurs en vogue ces temps-ci, on tend à l’Adrienne le bon cadeau pour qu’elle y note son nom et celui de la destinataire.

Et là… Zut! plus moyen de se souvenir exactement du prénom du bébé.
Trois syllabes.
Sakuri… Sukara… Sukira?

Dans le doute abstiens-toi, se dit-elle, marquons-y le nom de la maman.

***

Vous l’aurez deviné, le prénom est japonais et se trouve dans le titre de la vidéo ci-dessus 😉

22 rencontres (10 ter)

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Depuis la mi-mars, il faut réserver sa tranche horaire si on veut faire ses achats au petit magasin bio de la ville. C’est ainsi que Madame est la première cliente de la semaine, vu que c’est fermé le lundi et le mardi et que ça ouvre le mercredi à onze heures du matin.

Chaque mercredi, Madame y voit Maureen, une ancienne élève qui aide à faire la mise en place, vu qu’en ce moment les étudiants ne sont pas en « kot » et suivent leurs cours à domicile.

Parfois, elle rencontre aussi Maureen en ville, poussant un landau. Sa grande sœur travaille et on ne peut plus confier les petits enfants à leurs grands-parents, alors Maureen donne un coup de main et promène bébé.

En se rendant d’un pas allègre au magasin bio un mercredi en début de mois, Madame voit Maureen et le bébé de l’autre côté de l’avenue. A cause du bruit des travaux, elle lui fait de grands gestes et indique par signes qu’elle se rend là où elles se voient d’habitude en cette heure.

Bizarre, se dit-elle, que Maureen n’aide pas pour l’ouverture du magasin, aujourd’hui!

Mais qui voit-elle en y arrivant? Maureen, évidemment!

Ça alors! lui dit Madame en riant, je viens de faire tout un cinéma muet avec une jeune fille dans la rue, en croyant que c’était toi!

Bref, elles ont bien rigolé.

Y comme y a qu’à

shallow focus photography of couple ants holding book figurine

L’ami au téléphone était en train d’expliquer à l’Adrienne que la jardinerie AVEVE était rouverte depuis la veille mais qu’il ne s’y était pas du tout senti à l’aise, trop de monde, pas assez de distance, bref il déconseillait d’y aller, même s’ils avaient encore quelques paquets de farine dans les rayons 😉

– Pourtant, dit l’Adrienne, faudrait que j’y aille, j’ai une invasion de fourmis dans la cuisine…

– Oh! fait-il, attends! ma femme a un bon remède, pas besoin de sortir de chez toi!

En effet, l’épouse explique qu’il suffit de verser un peu de farine là où entrent les fourmis:

– Elles s’en repaissent, paraît-il, et disparaissent comme par enchantement!

L’Adrienne aurait bien essayé ce miraculeux remède, oui mais justement, c’est la farine qui manque.

– Ça marcherait aussi avec de la fécule de maïs ou de riz, tu crois? C’est tout ce qui me reste!

– Sans doute! dit l’amie. En tout cas, ça vaut le coup d’essayer!

C’est ainsi que depuis une quinzaine de jours, les fourmis de l’Adrienne se repaissent de fécule.

Et non, elles n’ont pas encore disparu 😉

Photo de Pixabay sur Pexels.com

E comme experte

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– Je viendrai chez toi lundi après-midi, dit l’Adrienne au téléphone (oui oui :-)) à tante Suzanne-qui-n’est-plus-sa-tante-depuis-treize-ans-mais-qui-a-eu-la-bonté-de-garder-le-contact. 

Le temps de trouver le guichet – la gare d’Ostende est toujours en travaux et le guichet se déplace – et voilà le tram en direction de Knokke qui part sans l’Adrienne.

Il ne fait pas chaud à ce carrefour des vents, le 30 décembre.

Un grand homme maigre s’approche:

– Est ce que les trams roulent, aujourd’hui?
– J’espère bien! dit l’Adrienne. En tout cas, il y en a un qui vient de partir.
– Ah bon, fait-il. J’ai lu qu’il y avait la grève à partir d’aujourd’hui.
– J’espère que la dame du guichet m’en aurait prévenue, au lieu de me vendre mes deux billets!

Un pour l’aller, un pour le retour. L’Adrienne commence déjà à s’inquiéter si celui du retour servira 😉

D’autres personnes arrivent dans le quart d’heure qui suit et chacun s’enquiert auprès d’elle – qui doit avoir l’air de faire partie des meubles – si le tram roule, de quelle voie il part, à quelle fréquence et quel est l’âge du capitaine.

Bref, le bon tram finit par arriver, il est déjà bondé, peu en descendent et beaucoup veulent y monter. C’est rapé pour admirer le paysage et l’Adrienne sait à peine à quelle halte elle doit descendre. Bredene-aan-zee, voilà, c’est ça.

Comme elle a le choix entre la route à gauche et celle à droite, elle se met évidemment à marcher dans le mauvais sens.
Elle ne s’en rend compte qu’au moment où elle arrive à un parking et un terrain de camping.

– Tiens, se dit-elle, Camping Astrid? Je n’ai jamais vu ça les autres fois où je suis allée chez tante Suzanne!

Non, parce que les autres fois, elle était en voiture et avait ses quelques repères visuels… Demi-tour, donc.
Et l’arrivée chez la tante trois quarts d’heure plus tard qu’elle n’avait espéré.

– Tu sais, lui dit tante Suzanne, il suffisait de prendre le bus, le 4 ou le 9, ils s’arrêtent juste en bas de l’appartement.