L comme Léon

DSCI7619

A Ostende pour la Journée du Patrimoine, l’Adrienne se devait d’aller jeter un œil à la Spilliaert Huis (version française du site ici) pour y voir l’expo en cours.

Et c’est en relisant l’aperçu biographique qu’elle remarque que non seulement le père de Léon s’appelait Léonard – ça, elle s’en souvenait – mais qu’en plus sa mère s’appelait Léonie.

Vous qui connaissez l’Adrienne, vous savez que c’est le genre de choses qui la font beaucoup rire – elle rit facilement – mais par bonheur la foule était groupée autour d’un guide et très peu de gens se sont aperçus de son hilarité.

Parce que si on vous regarde déjà de travers quand vous riez à une expo sur Gaston Lagaffe (voir le billet de janvier 2017), que serait-ce dans un lieu voué à un homme dont toute l’œuvre respire la mélancolie et une sorte de tristesse solitaire?

***

photo prise à Ostende, Spilliaert Huis, Het Leopoldpark onder de sneeuw met klimop en kiosk, 1915 (Le parc Léopold sous la neige avec lierre et kiosque), crayon, encre de Chine, aquarelle et gouache sur papier, 277 sur 267 mm.

***

Question: Quel est l’autre rapport entre Gaston Lagaffe et Léon Spilliaert?

Réponse: Prunelle, le chef de bureau de Gaston, s’appelle Léon 🙂

K comme Karel

DSCI7547

A l’expo à la banque Nationale de Belgique, Building a dialogue, qui se termine ce week-end (le 15 septembre), l’Adrienne a photographié cette œuvre de Karel Dierickx (1940-2014).

Selon le catalogue, son titre est ‘De droefheid van het wachten‘ (La tristesse de l’attente) et elle date de 1991.

Sur le site consacré à l’artiste, on trouve exactement le même tableau de 105 cm sur 85, mais avec un titre et une date différents: ‘Landschap‘ (Paysage), 2006.

Si vous voulez contrôler vous-même jusqu’en détail si la photo ci-dessus, prise le 30 août à l’expo, correspond à celle du site, c’est ici: https://kareldierickx.be/Werk-op-doek

C comme communications

DSCI7571

Parmi les affiches exposées à la Villa Empain pour l’expo Flamboyant, il y a celle-ci, réalisée en 1930 par Léo Marfurt pour les Chemins de fer belges. (1)

Vous devinez sans doute ce qui a tout de suite fait rêver l’Adrienne: pouvoir aller d’Ostende à Istanbul, confortablement installée dans un train direct. Avec couchettes et wagon-restaurant.

C’est ce même train – en tout cas cette même ligne – qu’emprunte Stefan Zweig le premier août 1914 pour rentrer chez lui, au moment de la déclaration de guerre. Il monte à Ostende, traverse l’Allemagne, descend à Vienne. 

Ostende, la plage et la mer: contre l’alignement blanc des villas vient se blottir l’infiniment bleu, onde et azur. Entre les deux, multicolore, le tourbillon paisible d’une foule délassée, qui va et vient pour se voir, s’éprouver dans l’air clair et transparent, pour jouir de tout, l’azur et la mer, le luxe et la beauté, l’opulence et le repos. Mais depuis des jours il n’est plus possible de s’y mêler. La journée tout entière est soudain devenue fiévreuse, que l’on passe à attendre, attendre, jusqu’à ce qu’à midi les journaux arrivent, les nouvelles de Paris, du monde. […] On empoigne le journal, on le feuillette, résistant au vent, pour saisir les nouvelles. Les nouvelles seulement! Car dans ces journaux français, il est impossible de lire le reste, cela fait trop mal, ne suscite qu’énervement ou aigreur. Impossible de lire que l’Autriche veut violenter le monde slave, que l’Allemagne, cette brute, a soif de guerre: on ne peut plus lire cela. Cent fois elles nous ont fait sourire, les rodomontades de Paris ou du reste du monde, mais aujourd’hui, en cette heure cruciale, elles deviennent brûlantes, vous embrasent les lèvres, incapables de répondre à la parole imprimée. Tout d’un coup, le français, la langue que l’on a servie au fil des ans par amour et par goût, semble soudain prendre une résonance hostile. On se sent cerné, épié, pris dans un écheveau de contrevérités et de hargne, et l’on sent qu’il n’est qu’une chose qui, désormais, puisse nous délivrer, la fuite, le retour en Autriche.

La fin d’une époque, bien décrite dans ce premier chapitre Retour en Autriche, 1er août 1914 in Stefan Zweig, Seuls les vivants créent le monde, éd. Laffont 2018, traduction de David Sanson. L’extrait cité se trouve p.27-28.

(1) Pour un aperçu de ses affiches voir https://www.ecosia.org/images?q=l%C3%A9o+marfurt

Première fois

DSCI7579

C’est grâce à Tania que l’Adrienne s’est finalement décidée à aller visiter la Villa Empain, lieu où elle voulait aller depuis longtemps, mais voilà, elle qui ne craint pas de prendre le bus ou le métro à Paris ou à Rome, se sent incapable de s’y retrouver dans les lignes et les haltes bruxelloises. Un de ces nombreux mystères de la logique adriennesque.

Bref, avec l’aide de Tania et d’un excellent outil en ligne pour planifier ses voyages, L’Adrienne a fini par trouver le chemin de cette merveilleuse demeure des années 30.

DSCI7565

photos prises le vendredi 30 août – merci Tania!

O comme oligocène

DSCI7121

Oui, c’est magique!

Ce que vous croyez être une sculpture moderne est en réalité une « gogotte« , c’est-à-dire « une concrétion gréseuse qui allie fortuitement quartz et calcium. Sa forme onirique, qui paraît empruntée à l’art contemporain, est due en réalité à l’érosion naturelle du sol au fil des millénaires. Œuvre minéralogique, chaque gogotte revêt une forme unique, quasi mystique, qui ouvre l’imaginaire individuel à des interprétations infinies.
Réputé pour sa pureté et sa finesse depuis le XVIIe siècle, le sable de Fontainebleau donne à la gogotte son aspect porcelainé. » (fin de citation d’Alain R. Truong)

Celle exposée à la Brafa est énorme et en lisant l’étiquette on a un instant de doute: gogotte? 30 millions d’années? est-ce une blague?

Non, ce n’en est pas une: voilà une sculpture « naturelle » qui nous renvoie en direct à l’oligocène.

Si ça vous intéresse, vous pouvez aller voir ici ou ici à quoi la faune et la flore ressemblaient il y a 30 millions d’années.

D’homme il n’était point encore question 🙂

Photo prise le 2 février à la Brafa, au stand Theatrum Mundi, qui propose un cabinet de curiosités pour le 21e siècle. 

M comme Magritte

DSCI7128 (2)

Chère petite Georgette, écrit René Magritte à sa fiancée en mars 1922, aujourd’hui nous avons essayé nos masques dans une chambre remplie de gaz, très amusant!

Cette carte postale envoyée par la poste militaire m’a beaucoup émue, et aussi fait sourire. Elle ressemble à celles qu’envoyait mon grand-père paternel à sa petite Yvonne à la même époque, sauf qu’il la remplissait de son écriture fine, de milliers de baisers, et qu’il n’y avait plus de place pour un dessin 😉

René Magritte et Georgette Berger se sont mariés quelques mois plus tard, le 28 juin.

Après s’être perdus de vue pendant de nombreuses années, à cause de la guerre de 14-18, ils se retrouvent par hasard au printemps de 1920, à Bruxelles, au Jardin Botanique, et ne se quitteront plus 🙂

Photo prise à la Brafa le 2 février.
Je n’ai pas pensé à demander le prix de cette carte postale 😉

J comme journaliste

DSCI7130

L’Adrienne ne sait pas si c’est dû à sa dégaine chaussures plates et col roulé, mais le responsable du stand l’a prise pour une journaliste et invitée à faire des photos et demander tout renseignement qu’il lui fallait.

C’était pourtant l’avant-dernier jour de la BRAFA et on peut supposer que les journalistes étaient passés depuis longtemps, laissant la place, ce dernier samedi midi, aux ultimes badauds.

Dont l’Adrienne. Qui bien sûr l’a détrompé – non, elle n’était pas journaliste pour une revue culturelle ou artistique – mais elle a trouvé la méprise d’autant plus comique que c’était le stand de Tintin et Hergé 🙂

Avec, il est vrai, de magnifiques planches originales. Comme celle ci-dessus, du Crabe aux pinces d’or.

– Si vous achetez les trois, dit l’homme, ce n’est que 2 millions.

Elle se demande encore si elle a bien entendu 😉