F comme foule, files, folie

2019-11-01 (34)

A Paris, si on veut voir une des étoiles du firmament de la peinture, on n’a pas d’autres perspectives que de se lever tôt et de faire la queue.

Même, s’il le faut, sous le parapluie, en bravant des températures de novembre.

Même – j’en ai vu plusieurs! – avec des poupons endormis dans leur maxi-cosy.

C’est dire la passion qui pousse tous ces gens, là sur la photo prise au Grand Palais, à se mettre dans une file qui se poursuit jusque sur les boulevards, alors qu’ils ont tous un billet réservé, avec nom, date et heure.

Avec bien sûr en record absolu la Mona Lisa, pour qui il faut faire la queue deux fois: une fois pour entrer au Louvre et une deuxième fois pour avoir le droit de prendre un selfie devant cette vedette plus flashée quotidiennement que les plus grands rois football pendant toute leur carrière.

Vous avez exactement dix secondes pour le faire avant que deux gardiens vous aboient sans complaisance qu’il faut laisser la place au selfiste suivant.  

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Texte écrit pour Olivia Billington – que je remercie – avec les mots imposés suivants: étoile – complaisance – football – perspectives – novembre – passion – poupon

C comme citation(s)

2019-11-02 (3)

« Le monde de l’art est la plus grosse blague qui soit, c’est une maison de repos pour les hyper-privilégiés, les prétentieux et les faibles. » (expo Banksy à l’Espace Lafayette, traduction de l’Adrienne)

2019-11-02 (24)

« I can’t believe you morons actually buy that crap » peut-on lire sur le tableau mis aux enchères, « je n’arrive pas à croire que vous êtes assez imbéciles pour vraiment acheter cette m… » 🙂

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photos prises à Paris à l’expo Banksy samedi avant-midi.

 

 

Premières œuvres

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C’est à se demander pourquoi on se fatigue à trimbaler un appareil photo et pourquoi on le place entre l’oeuvre et notre regard, au lieu de tout voir simplement de nos propres yeux et de tapoter tranquillement ecosia une fois qu’on est rentré chez soi: tout est là et de bien meilleure qualité que ce qu’on aurait pu faire dans la pénombre et la foule compacte de l’expo.

Bref, tout ça pour vous dire que l’Adrienne a surmonté la plus grosse épreuve de son séjour parisien: une visite au Louvre et à l’expo Leonardo da Vinci.

Les premières œuvres de l’artiste ont été réalisées dans l’atelier de son maître Verrocchio, où il est entré déjà à douze ans (en 1464) comme apprenti.

Les études de drapés qui se trouvent dans la première salle, sous le titre parfaitement adéquat « Ombre, lumière, relief« , sont datées approximativement: de 1473 à 1482. Donc une dizaine d’années au moins après son entrée en apprentissage.

Mais il réussit là un des exercices les plus difficiles.

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Ici vous pouvez feuilleter le beau dossier pédagogique 🙂

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source de la photo ici (wikimedia commons) Draperie Saint-Morys, figure assise, Département des Arts graphiques du musée du Louvre, inv. 2255. Détrempe sur toile de lin.

L’avantage de l’expo – un des rares 😉 – c’est qu’on peut voir la texture du support. Comme ici, la toile de lin.
Et une de ses particularités, c’est qu’on peut y admirer côte à côte des dessins de la collection de Bill Gates et de celle de la reine d’Angleterre.

Dernier témoin

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Dans une des premières vitrines de l’expo consacrée à Marie-Antoinette (à la Conciergerie jusqu’au 26 janvier 2020) on peut voir la chaussure qu’elle a perdue en montant à l’échafaud et qui a déjà fait l’objet d’une expo à Caen, comme le montre la vidéo ci-dessous.

Christine Orban, dans Charmer, s’égarer et mourir (Albin Michel, 2016), y consacre un chapitre.

« Hier, j’ai feuilleté le catalogue des Beaux-Arts, conçu par Alain Tapié.

Il représente sous tous les angles le soulier que M.A. (1) perdit sur l’échafaud. J’ai utilisé ma loupe, retourné les dessins comme un détective examine les photos d’un cadavre. Bout pointu, replié en son extrémité, nombreuses cassures, tissu effiloché. Le soulier semble moribond, comme celle qui le portait en ce jour funeste. » (p. 53)

Pointure 36,5 et talon de six centimètres, jaune vernis bordé de soie verte et avec une passementerie froncée sur le devant. Cette description est confirmée par le témoignage laissé par Rosalie Lamorlière, la servante de la prison, témoignage retranscrit par Lafont d’Aussonne:

« Pour aller à la mort […] elle conserva ses bas noirs et ses souliers de prunelle qu’elle n’avait point déformés, ni gâtés depuis soixante-seize jours qu’elle était avec nous. » (p. 59)

L’auteur décide d’aller le voir de près, à Caen où il est exposé à ce moment-là.

Ces jours-ci, vous pouvez donc l’admirer à la Conciergerie (désolée que la photo soit de si piètre qualité, mettons ça en partie sur le compte du mauvais éclairage :-)) mais il y est bien peu mis en évidence: il y a tant d’autres choses à dire et à montrer…

(1) l’auteur a décidé d’appeler Marie-Antoinette ‘M.A.’ dans son livre – toute l’info sur le site de l’éditeur Albin Michel et premières pages à lire ici.

 

 

Première fois

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La première fois que l’Adrienne a vu voler (1) une voiture, c’est au numéro 2 de la rue Isidore Verheyden. (2)

C’est là que sont accrochées des œuvres de l’artiste américain Matthew Porter, dont quelques photos couleur sépia ou gris bleuté, où on voit une bagnole planer au-dessus d’une route.

Pour les réaliser, il a utilisé des autos miniatures, comme les Dinky Toys ou Matchbox dont le petit frère avait toute une collection. La photo d’un de ces jouets est superposée à la photo d’un (vrai) paysage américain. Et le tout fait illusion.

(1) Voler dans les airs, pas se faire voler 😉

(2) Galerie Baronian Xippas, jusqu’au 26 octobre

Photos prises à la Journée du Patrimoine, communiqué de presse en français ici.

On peut y lire également une courte bio de l’artiste et y découvrir qu' »en 2016, Matthew Porter a été invité par la maison Christian Dior à concevoir une collection de sacs et d’accessoires pour le projet Dior Lady Art. »

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L comme Léon

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A Ostende pour la Journée du Patrimoine, l’Adrienne se devait d’aller jeter un œil à la Spilliaert Huis (version française du site ici) pour y voir l’expo en cours.

Et c’est en relisant l’aperçu biographique qu’elle remarque que non seulement le père de Léon s’appelait Léonard – ça, elle s’en souvenait – mais qu’en plus sa mère s’appelait Léonie.

Vous qui connaissez l’Adrienne, vous savez que c’est le genre de choses qui la font beaucoup rire – elle rit facilement – mais par bonheur la foule était groupée autour d’un guide et très peu de gens se sont aperçus de son hilarité.

Parce que si on vous regarde déjà de travers quand vous riez à une expo sur Gaston Lagaffe (voir le billet de janvier 2017), que serait-ce dans un lieu voué à un homme dont toute l’œuvre respire la mélancolie et une sorte de tristesse solitaire?

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photo prise à Ostende, Spilliaert Huis, Het Leopoldpark onder de sneeuw met klimop en kiosk, 1915 (Le parc Léopold sous la neige avec lierre et kiosque), crayon, encre de Chine, aquarelle et gouache sur papier, 277 sur 267 mm.

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Question: Quel est l’autre rapport entre Gaston Lagaffe et Léon Spilliaert?

Réponse: Prunelle, le chef de bureau de Gaston, s’appelle Léon 🙂

K comme Karel

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A l’expo à la banque Nationale de Belgique, Building a dialogue, qui se termine ce week-end (le 15 septembre), l’Adrienne a photographié cette œuvre de Karel Dierickx (1940-2014).

Selon le catalogue, son titre est ‘De droefheid van het wachten‘ (La tristesse de l’attente) et elle date de 1991.

Sur le site consacré à l’artiste, on trouve exactement le même tableau de 105 cm sur 85, mais avec un titre et une date différents: ‘Landschap‘ (Paysage), 2006.

Si vous voulez contrôler vous-même jusqu’en détail si la photo ci-dessus, prise le 30 août à l’expo, correspond à celle du site, c’est ici: https://kareldierickx.be/Werk-op-doek