Première fois

Dites à l’Adrienne qu’elle prenne son courage et son automobile – un zeugme par jour, en forme toujours – pour aller visiter l’expo sur l’Égypte au musée de Mariemont!

Sinon, ce sera comme les fois précédentes, hésiter, tergiverser et pouf! l’expo est terminée.

Ou une pandémie arrive, enrichissant notre vocabulaire et nos façons de nous occuper seuls dans notre coin.

Bref, ce serait une chouette première fois 🙂

F comme Fanny

C’est la toute première fois que Fanny voit une de ses œuvres sélectionnée et accrochée au mur d’une véritable exposition.

Et croyez-le, ça lui donne des tas d’émotions fortes.

Confier un de ses « bébés » à d’autres, supporter l’idée du regard critique qui sera posé sur lui, d’abord par le jury, puis par le public, tout ça demande une bonne dose de confiance en soi.
Qu’elle n’a pas vraiment.
Mais ses parents, son chéri, ses professeurs ont été unanimes:

– Vas-y! Lance-toi!

Alors elle s’est lancée.

Puis le miracle a eu lieu: se retrouver parmi la poignée de finalistes sur les plus de cinq cents envois.
Elle en est fière, bien sûr.
Pourtant, lors du vernissage l’anxiété ne l’a pas quittée: est-ce que le public allait aimer? comprendre? ou se moquer?

Alors quand elle est revenue deux jours plus tard pour revoir toute l’expo à l’aise, elle est repartie de là tout heureuse:

– Cette œuvre-là est la vôtre? s’est exclamée la dame de l’accueil, étonnée de son tout jeune âge. C’est ma préférée! C’est la seule que j’aie photographiée, lors du vernissage! Et j’ai dit au conservateur, pour rire, bien sûr: « Celle-là, tout à l’heure, je l’emporte chez moi! »

***

Photo du sapin de Noël – cadeau de La Roche – dans toute sa splendeur illuminée, à la demande de Pastelle 🙂
Photo prise par un des photographes de la ville, la mienne n’était pas assez belle.

La photo de l’œuvre de Fanny peut être envoyée en privé à qui le demande 🙂

H comme Henao

Vous le savez, quand on va à une expo, c’est pour découvrir des choses, les voir de près, les voir en « vrai », les scruter, se documenter.

Le plus souvent, on apprend aussi des choses auxquelles on ne s’attendait pas.

Par exemple à l’expo à la KBR on apprend que notre province de Hainaut, en espagnol, se dit Henao.

– Mais que diable… vous demandez-vous.

Et bien c’est simple: l’Adrienne aime avoir un fascicule explicatif sur papier.
Il y en avait en deux langues.
Allemand ou espagnol?
Vous avez compris 🙂

***

Tout savoir sur les Chroniques de Hainaut? C’est ici.

Vous y trouverez également l’illustration ci-dessus, le document entier est numérisé et consultable ici.

Pour la « véritable histoire » de la succession du Hainaut, c’est ici.

7 petites phrases

– Tu n’as qu’à téléphoner le matin, pour dire que tu ne viens pas travailler parce que ta belle-fille va accoucher!

(deux dames sur le quai avant le départ du train)

– Pour une fois que je paie mon train!

(un jeune homme à son copain, dans le train)

– Et tu habites toujours chez toi?

(une dame au serveur à la terrasse d’un café bruxellois)

– Si! j’ai une salle de bains! mais je n’ai pas de lumière dans ma salle de bains!
– Ah! tu n’as pas de luminaire!

(deux hommes en discussion dans la rue)

Hier gaat dat niet gebeuren! (ça n’arrivera pas ici)

(l’employé du musée, à Bozar, à l’Adrienne qui lui dit qu’elle n’a pas de boite de soupe ni de colle forte dans son sac)

Dat is toch niet praktisch! (ce n’est quand même pas pratique!)

(l’amie à l’expo à la KBR en voyant les riches reliures de certains manuscrits exposés)

***

Quand on se balade sans oreillettes et sans smartphone, on voit et on entend du choquant, du comique, du surréaliste…

Vous devinerez sans doute laquelle de ces petites phrases a le plus fait rire l’Adrienne 🙂

L comme lace

L’anglais, disait le père de l’Adrienne, dans notre pays aux trois langues officielles, « il met d’accord tout le monde ».

Aussi est-ce le mot anglais lace, dentelle, qui a été choisi pour le festival de textile dans la ville cet automne.

Et de la dentelle, on en voit partout: dans les divers lieux sélectionnés pour l’expo, dans les parcs, les arbres, les étangs, jusqu’au-dessus des balançoires (clin d’œil à Loulou)

Partout, sous toutes les formes, dans toutes les matières.

Et c’est joli.

B comme besoin

Que voit-on sur cette photo des frères Antony prise à Ostende le 27 septembre 1925?

On est sur la digue, le bâtiment circulaire est le Kursaal, splendide construction Belle Époque de 1878 que les Allemands ont détruite en 1940 pour installer un bunker à sa place.

Au loin, à la limite entre Ostende et Mariakerke, on voit les deux chalets royaux qui n’ont pas non plus survécu à la guerre de 40-45.

Entre le Kursaal et les chalets, des hôtels qui ont beaucoup souffert des bombardements, en totalité ou en partie, de sorte que dans les années 1950-1960, Ostende a été un grand chantier de construction.

Sur la digue, sous un intéressant ciel nuageux avec éclaircies 😉 des promeneurs et des promeneuses: deux femmes, deux couples, un contemplateur solitaire, une nounou avec des enfants et un landau.

Et à l’avant-plan, un chien qui s’installe fort à propos pour déposer son petit besoin.

Et pas encore de sachets-caca à l’époque 😉

***

Expo photos de Maurice et Robert Antony à Ostende

Première fois

La première fois que l’Adrienne a entendu parler de chiens tirant des charrettes, dans sa Flandre jusqu’aux années de l’entre-deux-guerres, c’était dans un article sur le Japon.

Pourquoi les touristes japonais sont-ils pris d’une si grande émotion devant le tableau de Rubens exposé à la cathédrale d’Anvers, La Descente de croix?
Pourquoi, quand ils savent que tu es Flamand(e), commencent-ils à te parler d’un chien qui s’appelle Patrasche?
Et pourquoi s’étonnent-ils que tu ne le connaisses pas?

Et bien, parce qu’il s’agit du personnage d’une histoire écrite au 19e siècle, en anglais, qui a apparemment un succès énorme auprès des écoliers japonais et américains mais qui n’a été traduite en néerlandais qu’en 1987.
Même les nombreuses versions filmées n’étaient pas parvenues jusqu’ici.
Une histoire larmoyante d’un petit orphelin et son chien dans une Flandre anversoise imaginaire.

En 2007, deux réalisateurs de documentaires se posaient encore la question: comment se fait-il qu’une histoire si connue dans de nombreux pays n’intéresse personne chez nous?

Bref, en visitant l’expo consacrée aux photographes ostendais, Maurice et Robert Antony, l’Adrienne n’a pas manqué de remarquer les charrettes tirées par des chiens, comme sur l’illustration ci-dessus, une photo du 4 juillet 1924.

Généralement un ou deux chiens, toujours avec muselière, tirant la charrette du laitier, du charbonnier, du poissonnier, du chiffonnier…

***

Expo photos de Maurice et Robert Antony à Ostende jusqu’au 5 novembre 2022, info ici.

U comme uncanny

Il y avait un mot qui revenait plusieurs fois dans l’exposé, un mot que l’Adrienne ne connaissait pas: uncanny.

Bien sûr, dans le contexte on pouvait deviner que ça signifiait quelque chose comme ‘étrange’, ‘bizarre’, ‘inattendu’, un brin mystérieux.

C’était à Tate Modern où il y a en ce moment une expo sur le surréalisme, Surrealism beyond borders, et en effet, l’intérêt de l’expo consiste principalement en cet ‘au-delà des frontières’ puisqu’on y découvre des artistes d’un peu partout dans le monde et même d’endroits où on ne croyait pas – dans notre profonde ignorance – que le surréalisme y avait fait des émules.

Donc au lieu d’être déçue de n’y avoir vu qu’un seul Magritte – très ‘uncanny‘, ce train à vapeur qui sort de la cheminée du salon 😉 – l’Adrienne a été contente de pouvoir noter des tas de noms inconnus, du Mozambique, de Haïti, du Japon…

D’accord, on ratisse large, la dame qui a vu une tête étrange dans ce rocher de Ploumanac’h n’y a vu que ce que tout le monde y voit et tout le monde photographie, que ce soit en 1936 ou en 2022: une tête étrange 😉

***

photo prise à l’expo au Tate Modern: Eileen Agar, Rockface, 1936 (Ploumanac’h)

Adrienne et Georges

Je suis la première épouse.
Nous étions bien jeunes quand nous nous sommes rencontrés. Vingt ans!
Nous avions vingt ans et un petit boulot de rien du tout…

Quand l’aventure du Petit Vingtième a commencé, j’ai assisté à tout, depuis la naissance des personnages jusqu’aux terribles crises d’anxiété de leur créateur.

Oui, c’était un grand angoissé qu’il fallait rassurer, épauler, aider…
Il avait raison de ne pas vouloir d’enfant, il était mon enfant.

J’ai tout fait pour l’aider, les retouches, l’encrage, le lettrage…
Je n’aurais pas eu le temps de m’occuper de mes enfants, c’est vrai.

Mais toutes les nuits je me vois petite fille au milieu de la foule qu’il a créée et j’ai de grandes conversations avec les enfants. Uniquement avec les enfants.
Ceux qui ont reçu un nom et ceux qui n’en ont pas.

Je discute avec Coco, le petit boy et Zorrino, l’enfant quechua. Avec Lobsang, le jeune moine tibétain. Avec la petite gitane Miarka. Il m’arrive même de rire et de plaisanter avec ces deux vauriens de Laszlo Carreidas et Abdallah.

Mais le plus souvent je reste aux côtés du petit garçon à casquette. Il tient la main de sa grande sœur et me regarde si intensément.

Il m’en a fallu du temps pour comprendre que c’est moi, la grande sœur.

Merci à Joe Krapov pour ses consignes – les œuvres choisies sont d’Hergé, photos prises à l’expo Hergé à Paris le 4 janvier 2017 – en savoir plus sur la première épouse ici.

Racontez le personnage du premier tableau : qui il est, ses petites habitudes, ses jeux préférés, son caractère, s’il vit tout seul ou non, etc. Le second tableau représente le rêve ou le cauchemar que le personnage du premier tableau fait toutes les nuits. Racontez ce rêve et ce qui va se passer pour le rêveur, comment son rêve agit sur lui et l’incite à dire ou faire des choses et quelles choses.