R comme Rops

Malgré deux ou trois courts séjours à Namur pour l’Intime festival, jamais l’occasion ne s’était présentée de visiter le musée Félicien Rops, natif du lieu.

C’est chose faite depuis jeudi dernier, même s’il a fallu passer plus de temps dans des trains – trois à l’aller, trois au retour – qu’à Namur, où l’ambiance était un peu morose, chacun attendant les résultats de la concertation des ministres avec les experts.

Bref, le seul avantage de tout ça, c’est qu’il n’y avait que trois personnes dans tout le musée, en plus de la gentille dame de l’accueil: un couple de Flamands et l’Adrienne. Une invasion flamande, en quelque sorte 😉

Montrer une seule œuvre de l’artiste à la tête de ce billet, c’est lui faire tort, vu la grande diversité de son travail comme peintre et comme graveur, aussi ai-je choisi ce portrait peint par Paul MatheyFélicien Rops dans son atelier (vers 1888), qui se trouve au château de Versailles.

Le site du musée avec beaucoup d’info et d’œuvres, c’est ici.

7 paires?

A l’expo au Musée de la Tapisserie, à Tournai, l’Adrienne s’est arrêtée un moment devant cette œuvre ‘Sans titre‘ dont elle ne savait que penser.

Des petits carrés blancs épinglés sur fond blanc, sont tricotés ou crochetés ou simplement « déchiquetés » dans du tissu, et portent chacun une nominette (comment appelle-t-on ça en France?) avec un verbe pronominal.

On constate qu’il s’agit souvent des mêmes verbes qui reviennent.
On s’interroge sur le sens de tout ça.
On commence à assembler les verbes deux à deux, jusqu’à former sept couples: se tendre/se détendre, se salir/se laver, s’user/se réparer, se couvrir/se découvrir… mais on doute que ce soit la bonne explication du sens de l’œuvre.

On consulte la brochure reçue à l’entrée.
On y explique que ces verbes « renvoient à l’individu » et que l’œuvre « interpelle et pose une réflexion sur l’être et le devenir. »

Ça rappelle une discussion qu’on avait eue avec un voisin artiste très reconnu en Flandre, dont la conclusion était: si moi – artiste – je décrète qu’une chose est de l’art, alors c’est de l’art.

Point barre.

H comme Horta

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C’était le plein été quand l’Adrienne a reçu un mail du musée Horta pour annoncer qu’il était à nouveau accessible au public et même qu’il y aurait une expo et un colloque.

Ah! ce n’était pas l’envie qui manquait, mais allez donc faire des projets pour le 18 septembre, quand on est en juillet et que tous les experts vous prédisent que ce sera le grand moment de la deuxième vague…

Alors vous tergiversez, vous pesez le pour et le contre, et vous finissez par vous dire que vous seriez plus sage de rester chez vous.

Et puis un beau dimanche vous décidez que non, y en a marre, vous voulez retourner au musée.
Aller à Bruxelles.
Et même prendre des trains 😉

C’est fou comme on peut vivre dangereusement dès qu’on décide d’aller voir une expo 😉

***

Info et photo sur le site du musée Horta.

E comme expo

Chaque année dès le lendemain de la fête nationale, le Palais royal s’ouvre gratuitement aux visiteurs pour une expo de quelques semaines, mêlant généralement l’art à une thématique scientifique.

Mais en 2020 elle ne sera que virtuelle, comme on peut le voir ici.

Et bien vous savez quoi?

L’Adrienne ne s’y fait pas, à ces expos virtuelles.
A ces concerts sur l’écran de l’ordi.
A ces visites de musée au travers de caméras.

Ça permet peut-être de voir les détails, de tout faire à l’aise chez soi sans la foule et quand on veut… mais il y manque l’essentiel.

***

photos prises le 22 novembre 2009 devant les grilles fermées du Palais royal, un jour de fête d’étudiants 🙂

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C comme Closer to Van Eyck

Gabriel (detail) - Sint-Baafskathedraal Gent © www.lukasweb.be – Art in Flanders vzw, Dominique Provost (2).jpg

Ce devait être le grand événement culturel de 2020, une expo réunissant les œuvres de Van Eyck – disséminées de par le monde – avec son fameux triptyque gantois, qui a fait l’objet d’une minutieuse restauration pendant de nombreuses années.

Tout cela réuni en un seul lieu où dès l’ouverture la foule se pressait.

– Irons-nous voir Van Eyck? demandait la mère de l’Adrienne.

Bien sûr qu’elles iraient!

Sauf que…

Sauf que jusqu’à nouvel ordre, seule une visite virtuelle est possible 🙂

source de la photo ci-dessus et info sur l’expo ici.

source de la photo du panneau central: Closer to Van Eyck, où on peut cliquer sur chaque panneau et agrandir pour tout voir jusque dans les plus petits détails: les violettes, les muguets, les fraises des bois… 🙂

P comme pas possible!

Faudra-t-il aller à Londres, puisque c’est là qu’une expo Léon Spilliaert est prévue, du 23 février au 25 mai…

A la Royal Academy of Arts. Qui a réalisé la petite vidéo promotionnelle ci-dessus.

Ou faudra-t-il se contenter de ce que proposent la Spilliaert Huis et le Mu.Zee d’Ostende, sa ville natale… 

Après avoir passé une demi-journée à vérifier ce que coûtent les trajets et les logements, il me semble qu’on se contentera d’Ostende.

La Spilliaert Huis rouvre le 15 mars et l’expo Ensor/Spilliaert au Mu.Zee aussi 😉 

X c’est l’inconnu

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Il y a tout un mur avec des articles de journaux américains qui ont beaucoup fait rire l’Adrienne.

Ceux de 1926 à 1928 relatent les péripéties d’une oeuvre de Brâncuși, L’oiseau dans l’espace, que le douanier avait refusé de considérer comme une oeuvre d’art. Selon lui, c’était une pièce de métal et donc il fallait payer un impôt pour son importation aux USA.

Par exemple, sous le titre Whatever this may be – it is not art on peut lire ceci:

Puzzled by the meaningless sculptures of the Rumanian artist Brancusi, the U.S. customs authorities get the advice of sane American artists and refuse to admit his work free of duty as « art ».

Ce qui donne plus ou moins textuellement:

Déconcertés par les sculptures absurdes de l’artiste roumain Brâncuși, les services douaniers des E.U. qui ont pris l’avis d’artistes américains sensés, ont refusé que son travail soit reconnu comme art et exempté de taxes. 

Ce n’est qu’à l’issue d’un procès et au bout de deux ans que l’artiste a obtenu raison.
Un journal de novembre 1928 déclare:

Futurist sculptor need not pay $4000 duty assessed by sceptical appraiser F.H.Kracke.

Le sculpteur futuriste ne doit pas payer les 4000 $ qui avaient été requis par l’estimateur sceptique, F.H. Kracke.

Voilà un « crack » qui a sa place dans la postérité.

Bien sûr, il est facile de se moquer après coup, et tout le monde n’est pas un visionnaire détecteur de futurs talents.

Il n’y a qu’une Peggy Guggenheim!

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photo prise à l’expo Brâncuși à Bruxelles (prolongation jusqu’au 2 février) – journal américain de 1913 se moquant de l’art futuriste et cubiste.

B comme Breugel à Bruxelles

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La fresque sur un des murs de l’Albertine est une belle invitation à aller découvrir une autre facette de l’oeuvre de Breugel, plus méconnue. Je cite le bel article de la RTBF

« [l’expo] est découpée en 13 salles et se prolonge dans le Palais de Charles de Lorraine, gouverneur-général des Pays-Bas autrichiens de 1744 à 1780. Cet espace agencé au XVIIIe siècle vient d’être entièrement rénové pour 7 millions d’euros, avec le soutien de la Régie des Bâtiments et de Toerisme Vlaanderen. L’exposition ramène les visiteurs 450 ans en arrière, au XVIe siècle, période durant laquelle la Flandre était au cœur de la production et du commerce des estampes.

Dans les premières salles, elle montre comment se déroulait le processus, du dessin à l’estampe. Pour ce faire, elle s’appuie sur des dessins préparatoires originaux de Bruegel, parmi lesquels ses paysages italiens et ses sept péchés capitaux. Le Cabinet des Estampes de KBR et la KU Leuven ont lancé en 2016 le projet FINGERPRINT, qui fait appel aux dernières techniques d’imagerie pour observer les différentes phases de genèse des estampes de Pieter Bruegel. Leurs premiers résultats ont été incorporés dans l’exposition.

Par la suite, différentes estampes de Pieter Bruegel sont présentées en mettant en lumière ses paysages panoramiques fournis, l’influence du peintre flamand Jérôme Bosch, ses folles créatures imaginaires ou encore ses visées moralisatrices. « On a conçu l’exposition de manière à ce que ce ne soit pas toujours des cadres qui sont simplement accrochés au mur« , explique Joris Van Grieken, commissaire de l’exposition. « On a essayé de recréer l’ambiance de l’époque. Au XVIe et même encore au XVIIe siècle, les estampes étaient posées sur des tables, reliées dans un album ou étaient volantes. Donc, on en présente dans des vitrines en bois sur lesquelles on peut se pencher, dans une table vitrée…« 

Au total, l’œuvre de ce peintre flamand compte une septantaine de gravures qui ont fait l’objet de multiples impressions. Elles sont toutes reprises au sein de l’exposition. Des peintures ou encore des manuscrits viennent enrichir la collection présentée au public. »

Toute l’info sur le site de l’Albertine ici.

Photo prise à Bruxelles le 27 décembre 2019.

 

Premières rencontres

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Grâce à la collaboration entre divers musées mais aussi grâce à de nombreux particuliers – comme le propriétaire du tableau ci-dessus, Les jours gigantesques (1928), acquis chez Christie’s en 2012 pour £ 7 209 250 (ou $ 11 332 941) – on peut admirer une centaine d’œuvres de Magritte et de Dali, montrant bien l’influence du Belge sur le Catalan. Même si ce n’est pas là le propos de l’expo 😉

« La découverte du feu » peint en 1934-35, se retrouve dans les girafes en feu dès 1937, 

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la Vénus de Milo des « Menottes de cuivre » (1931) se retrouve chez Dali en 1936 (Vénus de Milo aux tiroirs)

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L’île des morts, d’Arnold Böcklin, inspire l’Annonciation à Magritte (en 1930) et est repris par Dali en 1934, Cour ouest de l’île des morts

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l’idée de la porte ouverte ou fermée, dans la « Réponse imprévue » chez Magritte en 1933 est reprise par Dali en 1934 dans « L’expulsion du meuble-aliment« . Etc.

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Bref, on peut lire ici d’autres exemples de ces emprunts, comme

[…] dans le film « Un chien andalou » de Luis Buñuel qui ouvre le parcours. Tourné au printemps 1929 l’année de leur rencontre parisienne, les emprunts du catalan au belge sont clairs dans la scène d’ouverture de cette femme surprise dans sa lecture directement inspirée du tableau « La lectrice soumise » ou le motif de la main pleine de fourmis emprunté au « Soupçon mystérieux » qui aura une grande félicité dans l’œuvre de Dali. En parallèle à ce chef d’œuvre cinématographique, le tableau image magrittien, cet « objet peint » d’un œil voyeur qui nous regarde et se dérobe en même temps, au milieu d’un jeu de textures décoratives et géométriques qui aura également une influence sur l’espagnol.

Site de l’expo et toute l’info ici où on peut lire en introduction:

« Salvador Dalí et René Magritte se croisent à Paris au printemps 1929, en compagnie des grands noms de l’avant-garde artistique. Puis, en août de la même année, à l’invitation de Dalí, Magritte séjourne à Cadaqués, le port d’attache du peintre espagnol. Cet été surréaliste – qui compte aussi la présence d’Éluard, Miró et Buñuel – se révélera décisif.

Dalí et Magritte s’attachent à défier le réel, à questionner notre regard et à bousculer nos certitudes. Le Catalan et le Belge témoignent d’une fascinante proximité, malgré des créations et des personnalités bien différentes qui les amèneront finalement à s’éloigner.

L’exposition révèle leurs liens personnels mais aussi philosophiques et esthétiques à travers plus de 100 peintures, sculptures, photographies, dessins, films et pièces d’archives. »

Z comme zizi

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« Ceci, dit la guide, est une stèle représentant un guerrier scythe.

Comme vous pouvez aisément le constater vous-mêmes, il s’agit bien d’un homme. »

Sourires entendus et légers hahaha chez la guide et dans l’assistance.

On dirait bien que seule l’Adrienne n’a pas compris que ce qu’elle prenait pour un glaive ou un poignard attaché à la ceinture est en fait ceci:

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Statue funéraire en pierre d’un guerrier scythe – dit le catalogue – trouvée à Lumina (en Roumanie) et datant de 600 à 500 avant notre ère.

Elle mesure 115 cm de hauteur et était placée au sommet d’un tertre recouvrant la tombe du guerrier.

Il est représenté armé d’une hache, d’un poignard et d’un akinakès, l’épée traditionnelle des Scythes.

Il s’agit d’une des premières représentations humaines dans l’art scythe.

Photos prises à Tongres à l’expo Dacia Felix. Encore ouverte jusqu’en avril 2020.