O comme ogresse

111ème Devoir de Lakevio du Goût

33 best Marc Chalme images on Pinterest | Oil on canvas ...

– Tu crois qu’elle nous voit, la dame d’en face?

***

Merci à Monsieur le Goût pour le tableau et la consigne:

C’est bien parce que j’ai « le sens du devoir » parce que je ne suis pas en état ! J’espère que mon sacrifice ne sera pas vain… J’aime cette toile calme de Marc Chalmé. Néanmoins… Je me demande ce qui traverse l’esprit de ces deux enfants. Bah… On le saura lundi, vous aurez des idées j’en suis sûr…

K comme krapoverie

Il me vient une idée!

– Monsieur l’ogre, pourriez-vous vous occuper de la maison des voisins? Merci.

Et c’est ainsi que la musique s’est arrêtée 🙂

***

écrit pour la consigne de Joe Krapov – mille fois merci – qui demandait d’utiliser deux des formules suivantes et une illustration au choix:

– Pour ne pas perdre le Nord
– Moi je t’offrirai la Belgique
Il me vient une idée
– C’est ici qu’on cherche fortune
– Un amour de Mouloudji
– Meilleurs vœux
– Rêver
– Bercer
– Le marché de Cherbourg
La musique s’est arrêtée

Le défi du 20

109ème Devoir de Lakevio du Goût

Devoir de Lakevio du Goût_109.jpg

Non, Mariannick n’est pas zen, pas zen du tout.

D’ailleurs, le mot lui est inconnu. Son français de cuisine lui permet tout juste de communiquer avec sa patronne.

C’est un peu pour ça aussi, pour pouvoir parler, s’épancher, partager des nouvelles, qu’elle est si heureuse de croiser une payse, en allant au marché.

Et elles se plaignent un peu, toutes les deux, en se tenant les mains.

Mariannick a bien besoin de s’épancher aujourd’hui: elle vient d’apprendre un nouveau mot, ce matin, dans la cuisine de sa patronne.
Le mot zinc.

Et tout le monde riait bien fort en le lui disant, que c’était là qu’elle devait chercher son homme, quand il ne rentrait pas le soir.

Les Bretons de Paris à l’Étoile, Agence Rol, 1922 – source : Gallica-BnF

Merci à Monsieur le Goût pour le devoir n°109

Cette lithographie de Maurice Utrillo, que j’ai vue il y a bien longtemps au « MOMA » et qui m’est revenue à l’esprit au musée de l’Orangerie il y a deux jours, me saute à la mémoire. Et à vous ? Bah ! On verra lundi…

Et merci à Lisamax pour sa consigne du 20:

écrire un texte avec la lettre de votre choix et ses mots ou écrire un texte avec les 4 lettres et 8 mots, Watt et Wassingue, Xylophage et Xylophone, Yé-yé et Yo-yo, Zen et Zinc

Premier de classe

– Quoi c’était un canular, peut-être, quand tu disais qu’on irait à Vladivostok avec le Transsibérien, tous les deux ? Ou tu te débines ?

Mais non, mais non ! C’est tout à fait sérieux ! La preuve : j’apprends le russe ! Oui, carrément !

Il montra un petit livre à la couverture rouge :

– Tu vois ? Je ne suis qu’à la lettre C, cabaret, cache-nez, cachot, cadavre

– C’est une blague ? A quoi ça va nous servir, des mots pareils ?

– Je les apprends, c’est tout ! Ça n’existe pas, des mots inutiles ! Moi ce que je veux, c’est être capable d’avoir des vraies conversations avec les gens qu’on rencontrera en route, que ce soit un lecteur des Frères Karamazov ou un caporal qui rentre à la caserne.

– Pfff… ce que je vois surtout, c’est que tu veux encore une fois être le premier de la classe ! Tu sais ce que j’en pense, c’est une vraie calamité d’être comme ça ! Moi quand je voyage, il me suffit de savoir commander una cerveza quand je suis en Espagne ou une vodka quand je serai en Russie. Point barre !

***

merci à Joe Krapov pour ses consignes sur un thème russe:

Karamazov – Kalachnikov – Anna Karénine – calamité – cabaret – cabriolet – cache-cache – cache-nez – cachot – cadavre – cafardeux – vodka – caftan – calèche – calfeutrer – califourchon – camarade – canaille – canasson – canon – capitaine – canular – capharnaüm – caporal – capote – carabine – caravane – caricature – carnaval – carrément – casaque – caserne – casse-cou – casse-croûte – casse-noisette – cataplasme – catéchisme – cavalerie – caverne – caviar

Après il fallait remplacer tous les ca/ka par kalinka – vous pourrez en compter douze – mais je préfère la première version 😉

***

Quoi c’était un kalinkanular, peut-être, quand tu disais qu’on irait à Vladivostok avec le Transsibérien, tous les deux ? Ou tu te débines ?

Mais non, mais non ! C’est tout à fait sérieux ! La preuve : j’apprends le russe ! Oui, kalinkarrément !

Il montra un petit livre à la couverture rouge :

– Tu vois ? Je ne suis qu’à la lettre C, kalinkabaret, kalinkache-nez, kalinkachot, kalinkadavre

– C’est une blague ? A quoi ça va nous servir, des mots pareils ?

– Je les apprends, c’est tout ! Ça n’existe pas, des mots inutiles ! Moi ce que je veux, c’est être kalinkapable d’avoir des vraies conversations avec les gens qu’on rencontrera en route, que ce soit un lecteur des Frères Kalinkaramazov ou un kalinkaporal qui rentre à la kalinkaserne.

– Pfff… ce que je vois surtout, c’est que tu veux encore une fois être le premier de la classe ! Tu sais ce que j’en pense, c’est une vraie kalinkalamité d’être comme ça ! Moi quand je voyage, il me suffit de savoir commander una cerveza quand je suis en Espagne ou une vodkalinka quand je serai en Russie. Point barre !

M comme miroir

104ème devoir de Lakevio du Goût

Devoir de Lakevio du Goût_104.jpg

Elle cache de ses deux bras ce qu’elle ne veut pas voir.
Arrondit le dos comme pour faire rentrer en elle ce qui lui pousse là, derrière ses deux bras, et qui ne la rend pas du tout heureuse.

Il y a eu ces regards qu’elle na pas aimés.
Il y a eu ce geste, la veille, qu’elle a détesté et qui l’a dégoûtée.
Dégoûtée d’elle-même.
Un geste qui salit les petites filles.

Elle n’a que douze ans et demi mais elle sait que dorénavant, elle devra toujours, toujours, faire attention et se méfier.

***

« À quoi rêvent les jeunes filles » se demandait Alfred de Musset. Je me demande à quoi rêve celle-ci, dessinée par Norman Rockwell. Et vous ? À quoi pensez-vous en voyant son air inquiet ? Dites-le lundi…

F comme foutaises!

102ème devoir de Lakevio du Goût

la boulangère_Millet.jpg

– Moi je dis que c’est exagéré! assène Cindy pour la troisième fois. D’abord, il y a des choses beaucoup plus utiles que d’aller dans un musée! A quoi ça va lui servir, dans la vie, d’avoir vu des vieilles peintures, hein? Et en plus, ça coûte de l’argent! Faut payer le bus et tout ça! Non, franchement, je vais le garder à la maison, je téléphonerai au matin pour dire qu’il est malade, un point c’est tout!

***

Millet a peint cette boulangère avec le génie qu’on lui connaît. Mais que fait réellement cette boulangère ? Où est donc le boulanger ? Je me demande si… Mais d’ici lundi, les idées foisonneront peut-être. Je l’espère…, dit Monsieur le Goût.

E comme envie, pas envie

Mme de B*** n’aime pas l’automne, les cimetières, les chrysanthèmes, toute cette poésie de feuilles mortes ne lui donne que des frissons, et pas seulement à cause de la baisse des températures.

Si elle avait la foi, elle prierait pour être encore là au printemps prochain, comme s’il était impossible de mourir par beau temps.
Chacun ses phobies, chacun ses démons.

Ceux de Cindy sont d’un autre ordre.

– Vous ne voulez jamais me croire, déclare-t-elle à Mme de B***, qui a la faiblesse d’ouvrir sa porte « à n’importe qui », vous ne voulez jamais me croire parce que vous êtes quelqu’un de gentil et vous ne pensez même pas que vous courez un danger! Mais moi je vous le dis: faut faire gaffe! Les gens ne sont pas bons!

Selon Cindy, quelle que soit son apparence, derrière tout homme – les mâles en particulier, alors qu’elle en élève deux à la maison – se cache un être malfaisant qu’elle a le don de détecter rapidement.

Elle en a pourtant épousé un, se dit malicieusement Mme de B***, mais elle préfère changer de sujet:

– Dites-moi, ma petite Cindy, vous m’y faites penser tout à coup: vous avez encore fabriqué des déguisements insolites pour Halloween, cette année?
– Ah! vous faites bien d’en parler!

Et c’est la mine toute réjouie qu’elle met sous le nez de Mme de B*** son portable avec des photos de groupes d’adultes et d’enfants maquillés, déguisés, dont un en particulier, qui tient le milieu entre le pingouin – par ses couleurs – et le cachalot – par sa taille.

– Vous m’avez reconnue? fait-elle. Non? Vraiment non? Youpi!

Il en faut peu parfois pour rendre l’autre heureux, se dit Mme de B***

***

écrit pour les Plumes d’Émilie – merci Émilie! – avec les mots imposés suivants: GENTIL, APPARENCE, POÉSIE, CACHALOT, INSOLITE, FRISSON, PRIER, COURIR, SE CACHER, PINGOUIN (en option), YOUPI, DÉMON, DANGER, DÉTECTER et pour la question 24 de L’atelier en questions : « Vous en avez vraiment envie? »

X c’est l’inconnu

2122-07 Consigne - Carte topo

– Au pays où j’aimerais vivre, soupire Cuyéou de Sanchou Magrou, on parlerait la même langue que moi et je ne serais pas toujours obligé d’épeler mon nom.

– Au pays de ma naissance, répond Coume de Pène Courbe, on parle ma langue mais ce n’est guère mieux: mon nom y était constamment sujet à quolibets!

– A qui le dis-tu! s’exclame Pé d’Era Linde en levant son verre.
Buvons au pays de l’insouciance, de l’amour, des sages et des fous!

***

merci à Joe Krapov pour l’image et les consignes!

L’animateur vous distribue une carte d’état major au 1/25000e. En vous servant des noms de lieux et de la géographie des paysages que vous y trouverez, décrivez un ou plusieurs des pays imaginaires suivants et dites ce qu’on peut y découvrir, comment on y vit, ce qui s’y passe, etc.

Pays de mon cœur – de mes souvenirs – de mes parents – de ma naissanceoù j’aimerais vivre – que j’habite – où je vis dans l’imaginaire – de l’amour – de la colère – de la haine – des nuages – du brouillard – des fleurs – des questions – du sucre et des bonbons – du sel – des cadeaux – des gâteaux – des poissons – des oiseaux – des papillons – de la poussière – des contes – de la poésie – des vieux – des enfants – des livres – des farfelus – des illuminés – des sagesdes fous – des chats – des trésors – des idées – des pierres – des rêves – de l’inconscient – de l’immobilité – des matins qui se lèvent à l’envers – des idées noires et des idées roses – des fantômes rouges aux yeux bleus – des trésors de l’esprit – du savoir – des chairs à vif et des idées phosphorescentes – du mensonge – de l’insouciance – des parenthèses et des virgules.

Questions existentielles

– Je vous ai manqué, Mme de B***? claironne Cindy en ouvrant la porte du palier.

– Bien sûr, ma petite Cindy, répond-elle, même si ce n’était pas vraiment une question. Ni la vérité.

– Et vous avez fait quoi pendant que je n’étais pas là?

Cindy semble imaginer que cette demi-journée passée à faire la causette et le ménage peuvent occuper toute la semaine de Mme de B***… Mais il est vrai aussi que Mme de B*** préfère le lui laisser croire.

– Oh! vous savez bien, comme d’habitude…

Du menton, Cindy fait sa mimique habituelle en direction de la pile de livres à côté du fauteuil:

– Vous avez bouquiné, c’est ça? Vous avez lu tout ça?
– Jusqu’au marque-page, sourit Mme de B*** en voyant les sourcils froncés de Cindy qui a pris en mains un gros volume – plus il est gros, plus elle se demande quel intérêt on peut y trouver – et le repose d’un air dégoûté.

– Et votre poignet, ma petite Cindy, c’est réparé?

Parce que si Cindy n’est pas venue, ces derniers quinze jours, c’est qu’elle était en congé de maladie: son poignet droit ne lui permet plus de tordre une serpillière ni de frotter les taches.
Or, elle est droitière.

– Non! fait-elle. je devrais me faire opérer, mais même alors, ma force ne reviendra plus.

Disant cela, elle a sorti son téléphone, le tripote de deux doigts habiles et le met sous le nez de Mme de B***:

– Vous voyez? Je l’ai!
– Vous avez quoi, exactement? Je ne vois pas bien…
– Et bien! le diplôme! Attendez, je vais l’agrandir…

Mme de B*** ne distingue toujours rien d’autre sur cette surface miroir que les petits nuages qui passent derrière elle mais elle fait « Ah… ah bon… »

– On s’est bien entraînés, continue Cindy, la mine réjouie, et on l’a eu, finalement. Vous vous souvenez que la responsable avait recalé ma Choupette, la dernière fois? Sans raison valable! Alors j’ai protesté, évidemment! Et là, on l’a! Notre premier diplôme!

***

réponse à la question 22 de l’atelier d’Annick SB: Vous l’avez lu entièrement?

P comme panique à bord!

101ème devoir de Lakevio du Goût.

devoir de Lakevio du Goût_101.jpg

Ce fut un chagrin désordonné mêlé d’un fort sentiment d’impuissance qui la poussa à se rendre chez la mère de l’enfant.

Comment pouvait-elle croire qu’un gamin levé chaque jour à cinq heures pour faire une heure de bus et ne rentrer que vers dix-huit heures trouvait encore le temps et l’énergie nécessaires pour faire ses devoirs, étudier ses leçons?

Son cœur se brisait lorsqu’elle y pensait, ce qui était souvent, et même tout le temps.

– Vous êtes fière de moi, Madame? avait-il demandé la veille en levant ses yeux bleus sur elle.

Il faisait tant d’efforts! Il menait un combat quotidien et risquait de perdre espoir et aussi le peu de confiance en lui qu’elle avait réussi à lui insuffler.

C’était cela, peut-être, qui l’avait déterminée à aller dire deux mots aux parents: il y avait cette confiance et cet espoir à préserver.

Alors son combat changea d’âme.

Parce que, comme le disait Victor Hugo, « le centre du combat », ce n’était pas ce bilan de maths qu’il avait le lendemain, et pour lequel il n’était pas prêt, non!
Ce « point obscur où tressaille la mêlée », c’était là qu’il se trouvait, derrière cette porte où elle avait enfin sonné, une « effroyable et vivante broussaille » d’où jamais, jamais ne pourrait sortir un gagnant.

***

Merci à Monsieur Le Goût pour sa 101e consigne, même si sur ce coup-ci il s’est montré un brin sadique 😉

Je pense que vous en avez assez des œuvres de John Salminen mais que voulez-vous, elles me posent toutes des questions auxquelles j’essaie de répondre. Si vous m’aidiez, vous aussi à y répondre, ce serait gentil. Mais ce serait trop simple. Il faut d’abord trouver quelles questions posent l’œuvre, et je sais qu’elle ne pose pas les mêmes à chaque observateur. Puis, quand vous avez enfin une question qui vient, il reste à y répondre… J’aimerais que vous commenciez votre devoir par « Ce fut un chagrin désordonné », comme écrit Maupassant dans « Un cœur simple ». Ce serait chouette aussi que vous le terminassiez sur « Le centre du combat, point obscur où tressaille la mêlée, effroyable et vivante broussaille, » comme disait Victor Hugo dans « L’expiation » J’eusse aimé que vous y casassiez aussi le célèbre « L’espoir changea de camp, le combat changea d’âme. » (Je ricane car Adrienne va devoir éviter la trop grande concision qui est sa marque de fabrique… Hi hi hi…)