V comme voyager avec Villejean

2019-01-04 (1)

Sapristi! s’écrie-t-elle, pensant jurer comme un charretier.

Elle loge chez l’habitant. Trois barbus la regardent. Elle n’avait jamais vu trois barbus aussi blonds ni aussi baraqués. 

En route! Explorons le coin avant la tombée de la nuit.

Elle oublie qu’en cette saison, le soleil ne se couche quasiment pas. 

En chemin, elle croise un type qui se promène avec un sac à dos en forme de globe terrestre. Chaque continent est une poche. Il est en baskets et en chemisette. Bleue.

La chasse aux guillemots, j’espère que c’est interdit! dit-elle tout haut.

Elle se souvient de Maupassant en voyant trois oiseaux au bec noir souligné de blanc, là-haut sur un rocher, la tête tournée vers la gauche, sans bouger. Des guillemots, peut-être? Impossible de le demander aux autochtones.

Un avion vrombit dans le ciel. Il vole à si basse altitude qu’elle a envie de saluer les passagers d’un grand coup de mouchoir blanc. Par bonheur, elle n’en a pas.

Un crayon, un calepin, une boussole… énumère-t-elle en les remettant en poche. Aurait-elle oublié quelque chose d’essentiel?

« Six slips chic. Six slips chic. Six slips chic. » Elle le répète à chaque pas, de plus en plus vite, jusqu’à ce que sa langue fourche.

Alors elle rit toute seule.

Tant pis pour ce que peuvent penser les trois barbus blonds 🙂

***

Consignes chez Joe Krapov, que je remercie:

On écrit la première phrase du roman qu’on aimerait lire enfin.
Dans un guide de voyage on choisit sept images. Pour chacune d’entre elle on écrit un début de phrase.
On liste sept titres possibles à ce roman.
On repart de la première phrase et on poursuit le texte en intégrant tous les titres et tous les débuts de phrases qu’on a écrits.

finlande

J’ai utilisé mon vieux Routard Finlande-Islande donc faute d’illustrations – à part quelques publicités – j’ai dû me limiter à cinq images et cinq titres 🙂

La photo en tête du billet a été prise début janvier, lors du retour d’Islande.

Dernière…

L’Adrienne a été fort paresseuse en cette fin d’année: elle n’a pas trouvé la force d’écrire des cartes de vœux. 

Elle admire ses amis finlandais qui, année après année, sont les tout premiers: décembre est à peine entamé et voilà déjà les riches coloris de l’iconographie traditionnelle dans sa boite aux lettres: 

DSCI4329.JPG

Bon réveillon et bonne année à vous tous qui passez par ici!

K comme Kjell Westö

« Je parle le finnois couramment et je suis tout à fait bilingue depuis l’âge de 10-12 ans. Je suis un funambule culturel et linguistique. Parler ces deux langues a toujours fait partie de mon identité. »

Kjell Westö, en conversation avec Geert van Istendael à Passa Porta, le 7 août 2008, in Les présents de l’écriture, éd. Passa Porta, 2015, p.231.

Kjell_Westö.jpg

source de la photo

et pour en savoir autant sur lui que Wikipedia 

cool 

funambule culturel et linguistique?

l’image me plaît!

I comme ineffable affabilité

Quand on voyage en Finlande, on a l’impression d’être dans un pays véritablement bilingue: l’étiquetage dans les supermarchés, par exemple, est en finnois et en suédois. Le nom des rues aussi et si vous écrivez à vos amis finlandais, votre lettre arrivera sans encombres, que vous ayez opté pour l’adresse en finnois (katu) ou en suédois (gatan).

Vous ne manquez pas de trouver ça admirable.

Puis vous apprenez que les « suédophones » de Finlande ne forment qu’une toute petite minorité d’à peine 6% et vous admirez encore plus, que pour une tranche aussi infime de la population, on fasse de tels coûts et de tels efforts d’affabilité.

Enfin, votre admiration devient émerveillement quand vous lisez l’histoire de ce pays: quoi, nul ressentiment envers celui qui a toujours été l’envahisseur? le « colonisateur »? nul rejet de la langue « de l’ennemi »?

Finland Lempisaari Naantali.jpg

source wikipedia

merci à Ralf et Pirkko
qui m’ont fait découvrir leur pays aux mille lacs
« et aux millions de moustiques »

cool