T comme tacot

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Il lui aurait bien fait le coup de la panne, mais vu que c’était toujours elle qui conduisait, il allait devoir trouver autre chose.

– Nous sommes arrivés, mon Général, fit-elle en coupant le moteur.
– Merci Kay!

ll soupira.

Une fois de plus, le trajet avait été bien trop court.

source de la photo ici

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écrit pour le Défi 673 du samedi où Walrus – merci à lui! – proposait la photo du tacot ci-dessus, qui m’a fait penser à la deuxième guerre mondiale et au chauffeur féminin du général Eisenhower.

Première sortie

C’est par hasard, lors d’une première sortie estivale à Ostende, que l’Adrienne est tombée sur cette œuvre de Bart Jacobs, exposée dans l’étalage d’un salon de coiffure.

La photo n’en montre qu’un détail: sur chaque coquille Saint-Jacques est peint un des bateaux de pêche d’Ostende et le tout est disposé en forme de crabe.

Renseignement pris, il s’agit d’un projet d’expo avec parcours dans la ville, pour commémorer/relater un de ces nombreux drames de la mer: la disparition d’un bateau de pêcheurs en octobre 1949, alors qu’il était en route vers l’Islande.

Le O.304 Laermans, construit seulement l’année précédente, touche probablement une mine. On ne retrouve jamais aucune trace de l’épave ni des dix hommes à bord.

Le capitaine était un ancien résistant, revenu de déportation. Son timonier s’était mis au service des Britanniques pendant la guerre. Les matelots, des jeunes gens, de jeunes mariés, et deux gamins de 16 et 17 ans.

On comprend la phrase en exergue: « Het schoonste aan gaan varen, is thuis komen« , le plus beau, quand on prend la mer, c’est de rentrer chez soi.

L comme lundi

85ème tentative de soumettre le 85ème devoir de Lakevio du Goût

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– Pourquoi, demande petit Léon, tout n’est pas gratuit? Ce serait quand même beaucoup mieux!

Madame et lui étaient supposés réviser les sciences, jeudi soir, mais une chose le tracassait: le coût de la vie en général et le coût d’un week-end à la mer en particulier. En caravane louée.

– La dame elle demande 100 € rien que pour l’eau et l’électricité, vous vous rendez compte! C’est vraiment pour les gens riches! Alors ma maman a dit ‘ça va pas être possible’ mais je vois bien que ça la rend triste.

Dans son livre de sciences il y avait quelques pages consacrées à l’apparition de la vie sur la terre, donc Madame lui a fait remarquer à quel point l’homme était récent, finalement, et qu’en effet, à l’époque des chasseurs-cueilleurs de la préhistoire, on devait encore inventer l’argent.

Il soupire un peu à la façon du renard-rien-n’est-parfait et conclut que c’était peut-être mieux de vivre sans avoir besoin d’argent mais qu’il préfère quand même vivre aujourd’hui.

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« Cette photo illustre le souci qui m’occupe ces temps-ci », écrit Monsieur le Goût, qui a des problèmes de PC et nous a donc donné un devoir un peu différent 😉 Mais ça tombe bien: justement les parents de petit Léon veulent faire de lui un informaticien 🙂

G comme grand

Photo de Tarikul Raana sur Pexels.com

Petit Léon, alors qu’il est en train de replacer les cartons découpés sur la ligne du temps, s’arrête tout à coup, Clovis en main:

– Est-ce que ça existe en vrai, Alexandre le Grand?
– Mais oui, dit Madame. J’aurais même pu mettre son nom sur un des cartons et tu aurais dû le déposer sous l’Antiquité.
– Ah! ça, c’est drôle!
– C’est drôle, Alexandre le Grand?
– Oui! parce que mon papa il s’appelle comme ça.
Il s’appelle Alexandre et il est grand!

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voilà donc à la demande de Nicole86, une autre anecdote du petit Léon 🙂

H comme Habsbourg

Juan de Flandes, portret van een infante

Ah! si l’Adrienne osait, il y en aurait, des expos où elle se rendrait!

Comme celle-ci, par exemple, à Malines, d’où vient la photo d’illustration: Les enfants de la Renaissance.

Dans sa version en néerlandais, le texte pose la question à zéro franc: Les petits princes de Habsbourg avaient à Malines les meilleurs professeurs, les plus beaux vêtements, les plus jolis jouets, les meilleurs livres… mais étaient-ils heureux?

Ci-dessous, une petite vidéo explique qu’à Malines, ils aimeraient bien récupérer l’armure que l’empereur Maximilien avait fait faire pour son petit-fils, le futur Charles Quint. Fabriquer l’armure, à Vienne, avait pris tellement de temps, que l’enfant avait trop grandi pour la porter et qu’elle est restée à Vienne 🙂

B comme Boualem Sansal

Gallimard

Si – comme l’Adrienne – vous avez ces temps-ci un peu plus de mal à vous concentrer sur la lecture, prenez ce livre-ci 🙂

Il est court (c’est un folio à 2€ donc court par définition) mais dense et peut se déguster à petites doses.

Il est courageux et fascinant.

Instructif.

Bref, voyez vous-même: la vingtaine de premières pages est à lire ici.

R comme résistance

source de la photo ici.

Que ce soit la recherche universitaire ou les documentaires à la télé, on dirait que nos pays se sont toujours plus intéressés aux collaborateurs qu’aux résistants.

De sorte que ces derniers nous sont peu connus, exception faite de quelques-uns.

Ainsi a-t-il fallu attendre que la jeune fille de la photo ait atteint l’âge de 95 ans – et soit décédée – pour lire un bel article de journal sur les exploits réalisés alors qu’elle n’avait que 16 ans. D’ailleurs, les premières phrases de l’article sont significatives à ce propos:

Het duurde even voor het nieuws doorsijpelde dat Janine De Greef (95) op 7 november is overleden in een Brussels rusthuis. Britse en Amerikaanse media pikten dat het eerst op. Voor hen blijft haar naam ­verbonden met het verzet in de Tweede Wereldoorlog, toen De Greef, als zestien­jarige, 320 Britse en Amerikaanse militairen hielp wegsmokkelen, wier vliegtuig ­boven bezet België was neergeschoten.

Il a fallu un peu de temps pour que la nouvelle du décès de Janine De Greef, dans une maison de repos bruxelloise, le 7 novembre dernier, nous parvienne. Les médias britanniques et américains ont été les premiers à le relever. Pour eux, son nom est toujours lié à la Résistance pendant la seconde guerre mondiale, quand Janine De Greef, alors âgée de 16 ans, a aidé à l’évasion de 320 militaires britanniques et américains après que leur avion avait été abattu au-dessus de la Belgique occupée.

Née en septembre 1925, elle a donc à peine 16 ans quand en 1941 sa famille et elle s’engagent dans le réseau Comète. Ses parents ont fui Bruxelles et sont installés à Anglet (Pyrénées-Atlantiques) d’où ils organisent l’évasion vers l’Espagne, dans ce cas-ci vers le consulat britannique à Bilbao.

On peut voir ici la liste des 320 militaires que Janine a aidés. Ce qui permet de constater qu’il n’y avait pas que des anglo-saxons mais aussi des Polonais, des Canadiens

Au total, le réseau Comète a réussi à sauver environ 800 alliés. Et 155 membres du réseau – dont 55 femmes – ont été fusillés ou sont morts en déportation.

Billet dédicacé à Tania et à sa maman.

G comme gavache

Puisqu’il apparaît que les lecteurs de ce blog sont friands de vocabulaire d’un goût douteux, voici un mot découvert il y a deux jours à la lecture du livre qui illustre ce billet.

L’Adrienne, vous le savez, aime l’histoire, celle avec un grand H, et il n’y a rien de plus intéressant que d’avoir le point de vue d’un autre pays que le sien propre sur les événements passés – puisque toute histoire et tout historien adoptent plus ou moins un point de vue national(iste).

Ainsi donc, elle s’est offert récemment cet hilarant ouvrage de Pérez-Reverte qu’elle lit à petites doses pour en jouir plus longuement.

L’auteur étant espagnol, vous devinerez aisément vers quel camp va sa sympathie, même s’il ne ménage aucunement ses critiques envers les monarques, nobles, membres du clergé et autres puissants de son pays, qu’il nomme généralement hijos de puta.

Quand il parle des Français, il les désigne généralement par le mot gabachos, qu’il a fallu chercher au dictionnaire. C’est ainsi que de fil en aiguille on est arrivé au CNRTL car le mot existe aussi en français: gavache.

Bonne découverte à ceux que ça intéresse!

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Pour ceux qui comprennent l’espagnol, on peut l’écouter en entier ici : huit heures quarante-deux minutes et vingt-huit secondes d’élocution en castillan zézayant 😉 et une critique du livre ici. Et qui sait, avec google translate, c’est peut-être aussi hilarant que le livre 🙂

G comme Galindo

C’est parfois par d’étranges chemins qu’on apprend des choses.

D’abord, si on s’appelle Adrienne, c’est en se trompant. Vous trouvez un livre italien signé Gioconda Belli: pas un moment vous ne soupçonnez qu’il puisse s’agir d’une traduction ni qu’avec un nom pareil l’auteur soit hispanophone.

Bref.

La pergamena della seduzione, titre original El pergamino de la seducciòn, raconte le destin de Jeanne de Castille, une de ces (trop nombreuses) femmes que les hommes de leur entourage ont traitées de ‘folles’ pour pouvoir plus aisément s’en débarrasser.

Bref.

Dans le roman apparaît le personnage (historique) de Beatriz Galindo et c’est là qu’on se dit une fois de plus qu’il faut revoir les préjugés sur la place des femmes au moyen âge.

Exclues de l’université jusqu’à la fin du 19e siècle, interdites d’apprentissage du latin, certaines ont apparemment pu faire l’exception, comme Beatriz Galindo, à l’époque charnière entre Moyen Age et Renaissance, professeur à l’université de Salamanca et si experte en latin qu’on l’appelait La Latina 🙂

F comme finestrino

In Florence, they reopened one of the historic “Buchette” of the wine

C’est depuis le mois de mai qu’on peut lire dans la presse italienne – surtout toscane – que les bars, cafés, restaurants et autres gelaterie redécouvrent ces petites ouvertures dans le mur qu’il appellent là-bas une « bucchetta del vino« , littéralement un petit trou pour le vin, comme on peut le voir sur la photo.

Un site leur est consacré et on s’y congratule pour chaque bucchetta redécouverte ou rouverte – puisque certaines d’entre elles avaient été murées. Les auteurs sont aussi très fiers que leur article du 30 juillet – un altra bucchetta riaperta a Firenze – a été repris dans la presse étrangère.

Ces petites ouvertures, nous explique-t-on ici, datent principalement d’une autre ‘crise sanitaire’, les épidémies de peste de la première moitié du 17e siècle (1630-1633).

Elles permettaient de se faire livrer le vin sans qu’il y ait contact physique, en le versant directement dans un récipient que l’acheteur apportait. L’ouverture a juste la taille d’une fiasque de l’époque.

Le seul contact qui avait lieu, c’était avec les pièces de monnaie: à l’époque on conseillait de les ‘désinfecter’ avec du vinaigre.

La dernière ‘bucchetta del vino‘ florentine avait été fermée en 1958: celui qui désirait acheter du vino sfuso (vin en vrac) pouvait désormais le faire dans une épicerie située dans la même rue.