X c’est l’inconnu

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« Comment servir de la meilleure musique à vos hôtes », titrait un article de journal vendredi dernier.

Voyons cela, se dit l’Adrienne, que le chapeau de l’article emballe déjà: « Het meest onderschatte ingrediënt bij een goede maaltijd? Dat moet de muziek zijn. », L’ingrédient le plus sous-estimé d’un repas réussi? C’est sûrement la musique. 

En effet, qui ne s’est jamais senti énervé ou irrité par certaines musiques au restaurant? 

D’autant plus emballée, l’Adrienne, que la personne interviewée est une spécialiste de la musique dite classique, qui a travaillé plusieurs années pour la chaîne classique flamande (Klara).

L’article est long, plein de conseils, d’exemples et d’anecdotes, mais de musique ‘classique’… point.

Jusqu’à la fin, au dernier paragraphe, où on peut lire ceci:

« En klassieke muziek, haar biotoop? ‘Wordt totaal niet gevraagd. Alleen voor de Leuvense Faculty Club, ’s ochtends, heb ik een lijst gemaakt, omdat de historiek van deze plek dat dicteert. Maar klassiek, vroeger het etiket van chic en rijk, wordt nu ­geassocieerd met dikke nekken, met onuitstaanbare mensen die in das en kostuum uit eten gaan. De tijden veranderen.’ »

Et la musique classique, son biotope? ‘On n’en demande absolument pas. Ce n’est que pour le Faculty Club de Louvain, en matinée, que j’ai fait une liste [classique], parce que l’histoire du lieu l’impose. Mais le classique, qui avait autrefois l’étiquette chic et riche, se trouve associé aujourd’hui aux grosses têtes, à ces gens insupportables qui se mettent en costume cravate pour aller manger. Les temps changent.’

Traduction de l’Adrienne, qui ne s’en est pas encore remise et essaie de se consoler avec un proverbe, « Onbekend maakt onbemind« , on n’aime pas parce qu’on ne connaît pas. Ou comme disent nos voisins hollandais: « Wat de boer niet kent, dat lust hij niet« .

Mais les temps changeront sûrement encore, Monsieur Neveu, qui n’a pas tout à fait vingt ans, se met en costume cravate pour aller au resto 🙂

photo prise au printemps dernier pour la réunion des anciennes élèves

D comme délation

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Celui-là même, qui depuis cinq ans est à la tête du parti d’extrême droite ayant fait son meilleur score aux dernières élections, celui-là même est cet ancien président d’un groupement d’étudiants ayant appelé les écoliers à dénoncer leurs professeurs tenant en classe des propos « de gauche ».

A l’époque il y a eu un tollé général et il a dû mettre une sourdine.

Mais comme toujours, c’est à force de répéter des atrocités qu’elles finissent par passer.
Son prédécesseur avait déjà lancé l’idée en 1989 et on peut lire ici que nos voisins du nord viennent de la reprendre en ce joli printemps de 2019. 

Carré noir, de Kasimir Malevitch

 

D comme decolletéportemonnee

decolletéportemonnee

Il est toujours amusant de constater comme nos voisins hollandais aiment les mots français, voyez ce « decolletéportemonnee » que le journal flamand a appelé « boezembeugel », ce qui veut dire à peu près la même chose 🙂

On y apprend que cette mini-pochette à mettre à l’intérieur d’un bonnet de soutien-gorge a obtenu le prix du public fin 2012 mais apparemment il n’est que pleinement commercialisé depuis peu.

Le mot a intégré le dictionnaire après avoir remporté 15 % des voix pour désigner le néologisme de l’année. La pochette est juste assez grande pour contenir une carte bancaire ou quelques billets, permettant de sortir en boîte et de danser sans avoir à se soucier d’un sac à main.

Bien, bien, me dis-je, mais je doute que ce soit vraiment invisible sous un léger vêtement, et certainement au moment de sortir discrètement mes sous de mon décolleté 🙂 

Et surtout, comme je fais sans sac à main, pour les clés de la maison? le carnet? le stylo? le mouchoir? le téléphone? 

info article et source de la photo © Hemaontwerpwedstrijd.nl    ici.

B comme bloemen

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« Dank u voor die bloemen » disait le pape Jean-Paul II chaque année à Pâques, et après lui son successeur également, rivalisant tous deux de multilinguisme.

La petite phrase est devenue si célèbre en Flandre et aux Pays-Bas qu’elle y est utilisée à tout propos. Surtout dans le mode comique.

Aussi, en se promenant dans Ostende dont tous les espaces verts sont ornés de chrysanthèmes blancs, violets et parme, l’Adrienne ne peut que penser « dank u voor die bloemen« 

Même si, paraît-il, le pape actuel remercie les généreux donateurs de fleurs en italien

photo prise le 2 novembre

Stupeur et tremblements

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L’Adrienne croyait qu’on parle la même langue, en Flandre et aux Pays-Bas, et que cette langue s’appelle le néerlandais.

La langue de l’école, de la télévision, des journaux, de la littérature…

Ce n’est pas l’avis de la carissima nipotina. Elle est allée en stage de yoga, y était entourée de Hollandais, et a été fort étonnée de presque les comprendre.

– Parfois je devais leur demander de répéter, me dit-elle, parce qu’ils employaient un mot que je ne connaissais pas.

Voilà qui étonne l’Adrienne, « quel mot, par exemple? » demande-t-elle. Mais la nipotina est incapable de s’en souvenir.

– Et moi, ajoute-t-elle, quand je parlais, ils me comprenaient relativement bien. Quoique… pas toujours… et pourtant, je faisais des efforts!

Il faut savoir que la nipotina est une fière Ostendaise et qu’elle trouve son dialecte si savoureux, si supérieur en beauté à tous les parlers de la terre, qu’elle l’utilise presque exclusivement.

La suite de cette histoire, c’est un beau dialogue de sourds, entre une Adrienne qui essaie d’argumenter sur le sens de l’histoire, exemple italien à l’appui, où la langue s’unifie de plus en plus entre le nord et le sud, l’école et les médias jouant leur rôle, et une nipotina qui croit tout le contraire, comme s’il y avait dérive des continents entre la Flandre et les Pays-Bas, et que notre langage de part et d’autre s’éloigne de plus en plus.

7 fois!

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Oui, vous voyez bien: ceci est une petite Renault transportant deux énormes pylônes. 

Vous trouvez ça bizarre? Vous n’êtes pas le seul: un riverain a alerté la police. 

Celle-ci a arrêté le conducteur et fait les constats suivants: 

1.cette façon de transporter des pylônes n’est pas réglementaire. 

2.la voiture n’est pas assurée. 

3.le permis de conduire du chauffeur n’est pas valable. 

4.le chauffeur pue l’alcool. 

5.il est déjà fiché pour divers délits.

6.par exemple, il s’est servi à une station-service sans payer. 

7.on vérifie la provenance des pylônes: tout porte à croire qu’ils ont été volés.

C’est une histoire hollandaise tout à fait vraie et elle m’a beaucoup fait rire. Vous aussi, peut-être, ça vous a rappelé ce cher Fernand: 

https://dailymotion.com/video/x54sus1

Fernand Raynaud « la prévention routière » sketch par marmiton93 

source de la photo (politie Lelystad) et article ici

K comme KAAS

Mon dictionnaire néerlandais-espagnol est un pur produit batave.

A « kaas » vous ne trouverez que « Edammer kaas« , queso de bola et « Goudse kaas« , queso de Gouda.

Par contre, vous y trouverez « kaaskop« , pudiquement traduit par holandès cuadrato… Hollandais carré?

kaaskop.jpg

Je croyais y trouver aussi « Belgenmop » (blague belge), mais il n’y est pas… et je ne sais pas trop ce que je dois en conclure Langue tirée