N comme nom d’une pub!

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– Pour fêter ta convalescence, je te fais un clafoutis aux griottes, annonce-t-elle en se ceignant de son tablier.

On était encore à l’époque de la publicité Babette je la lie, je la fouette et l’Homme vivait dans un hôtel cinq étoiles. Il trouvait ça parfaitement normal.

C’est bien sûr au moment où elle a une couche de beurre et de farine sur les mains que sonne le téléphone.

– Tu décroches? fait-elle à l’homme en essayant de surmonter le vacarme de l’électro-ménager et de la neuvième symphonie de Beethoven réunis.

Peine perdue: voilà que le chien rentre de sa promenade avec Muanza – ou est-ce le contraire – et qu’il ajoute encore sa turbulence au tableau. Ainsi que plus de trois grains de poussière… mais l’aspirateur aussi Babette en fait ce qu’elle veut.

– Tu as l’air d’aller mieux, dit Muanza à l’homme qui gît dans le canapé. Enfin, ajoute-t-il prudemment, en comparaison d’hier.

– Je risque de survivre, soupire l’Homme, qui affectionne les expressions abstruses.

***

Ecrit pour 13 à la douzaine, que je remercie, avec les mots imposés suivants: 1 grain 2 téléphone 3 turbulence 4 couche 5 farine 6 publicité 7 abstrus 8 griotte 9 vacarme 10 rentrer 11 comparaison 12 étoile et le 13e pour le thème : convalescence

Photo de Chien Parfait encore tout jeunot mais déjà avec ses longs poils et pattes à poussières 🙂

Stupeur et tremblements

Saudische mannen en vrouwen kunnen voortaan door dezelfde deur restaurant binnenkomen

Il est de ces titres dans le journal qui vous flanquent à terre de saisissement: « Saudische mannen en vrouwen kunnen voortaan door dezelfde deur restaurant binnenkomen. » Les Saoudiens, hommes et femmes, peuvent désormais entrer au restaurant par la même porte.

Il y avait donc des portes séparées selon le sexe? se demande cette naïve d’Adrienne.

Ben oui.

Et qu’on ne se réjouisse pas trop vite: dans les bâtiments officiels – école, hôpitaux… – la ségrégation n’est pas encore abolie.

De toute façon, l’Adrienne aurait dû savoir: ce même jour elle avait une fois de plus signé une pétition d’Amnesty International pour ce genre de « délit »: 

Waleed Abu al Khair est un éminent défenseur des droits humains et avocat saoudien. Il est l’avocat du blogueur saoudien Raif Badawi. Le 6 juillet 2014, Waleed Abu al Khair a été condamné par le Tribunal pénal spécial à une peine de 15 ans de prison assortie d’une interdiction de voyager subséquente de 15 ans. Il a été jugé coupable d’avoir « désobéi au souverain et cherché à lui ôter sa légitimité », « insulté le pouvoir judiciaire et remis en cause l’intégrité des juges », « créé une organisation non autorisée », « nui à la réputation de l’État en communiquant avec des organisations internationales » et « rédigé, enregistré et envoyé des informations troublant l’ordre public ». Cette condamnation est une punition pour ses activités pacifiques de défense des droits humains.

Waleed Abu al Khair subit des actes de torture physique et psychologique en détention. Lors de son arrestation, il a été placé à l’isolement et privé de sommeil en étant constamment exposé à une lumière vive. Le 26 novembre 2019, il a été à nouveau placé à l’isolement à la prison de Dabhan à Djedda, et il est maintenant détenu au secret, sans aucun contact possible avec son avocat et ses proches, ce qui l’expose à un risque accru de torture et mauvais traitements. Il observe une grève de la faim depuis le 29 novembre pour protester contre les mauvais traitements qui lui sont infligés.

Pour ceux que ça intéresse, la suite ici.

Source de l’article et de la photo ici.

H comme hommes

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Photo de Pixabay sur Pexels.com

« Les hommes ne trouvent plus le chemin vers la classe » (Mannen vinden de weg naar de klas niet meer), titrait le journal d’hier.

L’article donnait quelques chiffres: à l’école primaire, en Flandre, 63.551 femmes sont au travail pour seulement 8.943 hommes et dans le secondaire 49.440 femmes pour 27.291 hommes.

Rien de bien nouveau, en fait, et l’Adrienne s’étonne que la presse ou la politique s’en étonnent.

De même qu’on constate, année après année, une défection des jeunes pour le métier, on le remarque encore plus du côté masculin. Il en a déjà été question ici par le passé: les rares fois où un élève de Terminale envisageait de devenir prof, il fallait d’abord en convaincre ses parents. Ce qui ne réussissait pas toujours, malheureusement.

Pas assez bien considéré, pas assez bien rémunéré: rares sont les parents qui applaudissent quand leur fils leur annonce qu’il a la vocation-prof 😉

Bref, rien n’a changé depuis ce billet de 2014, H comme humour ministériel, et on pourrait refaire le même aujourd’hui.

C’est tout de même bizarre – bizarre? vous avez dit bizarre? – que les ministres successifs n’arrivent pas à trouver comment enrayer cette évolution 😉

H comme heureux!

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Le débat qui fait un tabac du tonnerre de Brest, chaque fois que Madame l’organise avec ses « seize ans », c’est quand elle leur demande pourquoi ils sont contents d’être un mec ou une fille.

La première chose que disent les garçons – et franchement ça ne rate jamais, c’est leur top 1 d’année en année – c’est qu’ils sont bien contents qu’ils ne devront jamais accoucher.

Et devinez quelle est la première chose que disent les filles? Quel bonheur ce doit être d’avoir un bébé dans le ventre, de donner la vie, d’être mère!

Similitude d’autant plus frappante qu’ils ne peuvent s’influencer mutuellement: la préparation du débat se fait en classe, par écrit et en silence.

Frappantes aussi les conclusions de part et d’autre: en 2018, disent les mecs, il n’y a plus vraiment de différences entre les garçons et les filles dans notre société. Et les filles écrivent: il faut l’égalité – c’est grave qu’il y ait encore de si grandes différences dans notre société.

Avec une logique qui leur est propre, les garçons ont comme deuxième conclusion que la vie d’un homme « est plus facile sur de nombreux points ». Chez les filles on peut lire: c’est grave qu’on doive s’inquiéter pour notre sécurité, surtout le soir, la nuit.

D’ailleurs c’est bien vrai, puisque ce sont les garçons qui le disent: je suis content d’être un mec, je risque beaucoup moins de me faire violer.

photo: le bonheur d’être enceinte, sauf que la future mère n’est pas la dame de la photo, mais le koala de Planckendael – voir le billet de l’époque 🙂

G comme gars et filles

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Mercredi matin, l’Adrienne téléphone en urgence à sa gentille coiffeuse, pourrait-elle lui accorder quelques minutes l’après-midi du même jour? Oui, on la caserait vers deux heures et demie. Parfait.

En entrant dans le salon avec les rituelles minutes d’avance, l’Adrienne remarque tout de suite que l’ambiance n’est pas comme à l’ordinaire. On est entre filles. L’Homme accompagne son fils qui dispute un match de foot et Gentille Coiffeuse en a profité pour inviter deux copines. L’une est coiffeuse également et elles se font les unes aux autres leur coloration. Tout en disant beaucoup, beaucoup de mal de leur mec. 

Ça soulage, conclut Gentille Coiffeuse.

Et puis, ajoute-t-elle, je suis sûre que nos mecs font en ce moment exactement la même chose à propos de nous.

L’Adrienne vous laisse conclure.

Elle s’est dépêchée de les laisser toutes les trois à leur journée entre copines 🙂

***

une des photos de ma « collection » de photos numérisées par la police du New South Wales (Australie) provenant des archives des années 1910 à 1930.

Première fois

père,vie quotidienne,ça se passe comme ça

Dans la famille de L’Homme, tuer sa nourriture n’a jamais causé d’états d’âme: canards, poulets, faisans, lapins, lièvres, cochons, agneaux passaient à la casserole, sans avoir, assurait-on, eu le temps de s’en rendre compte. 

L’Adrienne se satisfaisait de cette assertion mais détournait la tête. 

Aux grandes occasions, c’était l’Homme aussi qui plongeait les homards et les crabes la tête la première dans le court-bouillon. 

Depuis que l’Adrienne fête Noël et/ou Nouvel An avec sa carissima nipotina, elle se trouve devant ce dilemme: la nipotina ne conçoit pas ces fêtes sans homard et l’Adrienne ne se voit pas tuer elle-même sa nourriture. 

Pendant quelques années, elle les a commandés chez un traiteur. Ça n’a pas trop changé la donne: en contemplant la bête couchée dans son assiette, l’Adrienne se disait que très probablement sa mort aurait été plus douce – c’est-à-dire plus prompte – si elle avait eu le courage de s’en occuper elle-même. 

Comme cette année, pour la première fois. 

– C’était une bien brave bête, disait son père en se léchant les doigts. 

*** 

photo de l’été 2004 

 

 

20 miracles de la nature (7)

Sur la terrasse du café du coin, en face du supermarché, affalé sur son siège, jambes écartées, il était attablé tout seul devant sa bière, à dix heures du matin. 

L’homme, ce miracle de la nature. 

Sur son T-shirt noir il était marqué en grandes lettres blanches: 

Un homme comme moi, ça se mérite! 

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Pour ceux d’entre vous que ça intéresserait, d’autres modèles à la demande ici

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