Bilan du 20

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– Je peux débarrasser? a demandé le serveur en désignant la tasse de Mathieu.

Elle a fait oui de la tête et a baissé les yeux.

Pas envie de croiser son regard, qu’il soit interrogateur, bienveillant ou narquois…
Non, pas envie.

Tout allait si bien, pourtant. Mathieu avait tout pour lui plaire.
Et elle-même lui plaisait aussi.
Elle le savait.

La preuve: il a tendu la main pour saisir la sienne, par-dessus la table.
Cette main inoccupée dans ce gant noir.

Sa prothèse.

***

23e devoir de Lakevio du Goût, que je remercie:

Hopper me rappelle chaque fois quelque chose de nouveau, me raconte une nouvelle histoire, un angle de vision que je ne soupçonnais pas. Et vous ? Que vous dit cette toile ? Que fait la cette jeune fille ? Qu’attend-elle ? Dites-le lundi…

Dernières frasques de Tintin

Ci-dessus, le « Travatia Hôtel » d’un Français (Marabout) qui s’inspire de Hopper pour réaliser des tableaux avec Tintin (mais où est Moulinsart, ses gommettes, ses procès et ses exigences financières?) et ci-dessous la toile dont il s’est inspiré, Edward Hopper, « Hotel Lobby, » 1943 (Indianapolis Museum of Art at Newfields, William Ray Adams Memorial Collection, 47.4 © 2019 Heirs of Josephine N. Hopper / Artists Rights Society (ARS), NY) (source ici)

Il s’est amusé à représenter Tintin avec des pin-up, de la bière et des cigarettes.

A voir sur son site, en toute impunité 😉

Edward Hopper,

W comme wagon de train

Retour de Bruxelles, un dimanche un peu avant midi. Quand je suis dans le wagon, je vois sur la banquette de l’autre côté du couloir un homme et son chien. L’homme porte des lunettes et regarde par la fenêtre. Son chien est un berger allemand. Il a un harnais. Je vois l’inscription. Je vois la canne blanche. Ce chien accompagne un aveugle.

Je me demande alors si cet homme n’aimerait pas savoir qui se trouve dans son compartiment. Ne devrais-je pas lui dire ‘bonjour’, de sorte qu’il entende au moins le son de ma voix?

Nous qui sommes dans le monde des ‘voyants’, nous levons la tête quand le train s’arrête et quand quelqu’un part ou s’installe. Nous observons les autres. Nos yeux nous disent un tas de choses sur tous ces autres. Mais lui, comment ressent-il cela?

J’éprouve une certaine gêne à le regarder alors que lui ne peut pas me voir.

Je me sens comme dans un tableau d’Edward Hopper: on est à la fois dedans et observateur du dehors…

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