J comme j’y pense et puis j’oublie

Mon père m’a dit que tu avais demandé s’il y a une liste de naissance, écrit-elle. Il n’y en a pas alors tu peux faire comme tu veux.

Comme je veux, se dit l’Adrienne, bien bien.
Dans ce cas, faisons plaisir à une ancienne élève qui tient une boutique d’articles de bébé et de vêtements pour enfants, et offrons un bon d’achat à la petite fille qui vient de naître et à sa maman.

Après les rituels purificateurs en vogue ces temps-ci, on tend à l’Adrienne le bon cadeau pour qu’elle y note son nom et celui de la destinataire.

Et là… Zut! plus moyen de se souvenir exactement du prénom du bébé.
Trois syllabes.
Sakuri… Sukara… Sukira?

Dans le doute abstiens-toi, se dit-elle, marquons-y le nom de la maman.

***

Vous l’aurez deviné, le prénom est japonais et se trouve dans le titre de la vidéo ci-dessus 😉

H comme Hoshi Ryokan

hôtel

Puisqu’il est dit que nous ne voyagerons que dans notre tête, cet été, rêvons grand et loin, allons au Japon.

Allons dans cette « auberge traditionnelle » fondée paraît-il en l’an 717 ou 718 et tenue par la même famille qui lui a donné son nom: 47 générations de Hoshi en 1300 ans à peu près.

Vous connaissez l’Adrienne, elle s’est demandé comment une telle chose est possible. A commencer par cette question-ci: chaque génération avait donc un fils et successeur à disposition?

Une petite recherche montre que ce problème s’est posé pour la génération actuelle, quand le fils qui devait prendre la relève est décédé à 46 ans des suites d’une crise cardiaque et que par conséquent la fille a été moralement obligée de reprendre le flambeau… pour le passer à ses neveux après elle: 

« Elle, elle aspirait plutôt à d’autres avenirs professionnels et sentimentaux. Encore en apprentissage, celle qui n’a pas osé tourner le dos à sa famille a dû tout abandonner, dont son fiancé et ses rêves. « Maintenant, je sais que je n’aurai jamais d’enfant, jamais de mari. Je vais donc dédier mon existence à notre auberge, et préparer les deux enfants de mon frère décédé à prendre ma succession. L’un d’eux sera la 48e génération », dit-elle à contre-cœur. Le poids sur ses épaules est assez lourd. Sans héritier, Zengoro aurait décidé de fermer les portes de l’hôtel. Pas question de le vendre. »

Ils sont fous ces Japonais 😉

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source de la photo Booking.com (où l’on peut lire que les enfants ne sont pas autorisés) et source de l’extrait ici

W comme wangiri

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La police municipale a son compte fb où les gentils flics de la ville annoncent avec humour l’endroit exact où ils installeront leur caméra cachée:

Chers habitants de X, si vous passez par la rue Machin le jeudi 27 février, veillez à être bien coiffés pour la photo et n’oubliez pas que la vitesse y est limitée à 30 km/h.

A côté de ces annonces-là, il y celles pour les chiens perdus ou les clés de voiture trouvées, ainsi que divers conseils relatifs à la sécurité. Le thème est à la mode 😉

C’est ainsi que l’Adrienne a appris un nouveau mot, wangirifraude, une forme de fraude téléphonique (qui est bien expliquée ici mais que vous connaissez sûrement, le mot est neuf, pas la chose)

Vous avez raté un appel, le numéro vous est inconnu mais vous rappelez quand même et ça vous coûte cher. Surtout si vous n’avez pas remarqué le préfixe étranger qui vous relie à la Guinée et si on réussit à vous tenir la jambe un looooonnnng moment.

Bref, le mot est japonais ワンぎり et signifierait quelque chose comme ‘couper le contact après une seule sonnerie’.

Une chose est sûre, ce genre d’arnaque ne risque pas d’arriver avec l’Adrienne, plus téléphonophobique tu meurs 🙂

***

la photo ci-dessus a illustré un devoir de Lakévio

pour écouter la bonne prononciation de wangiri, c’est ici.

Dernière mode

L’Adrienne devrait cesser de s’inquiéter pour la peinture qui s’écaille sur la façade, pour les taches noires d’humidité dans le bureau – malgré les injections par une firme spécialisée, photo 1 – , pour le papier peint qui se décolle dans les toilettes et le salon, pour tout ce qui est brisé, abîmé, cassé ou manquant: il paraît que c’est la dernière mode.

Car même l’instagrammable est donc sujet aux variations de la mode et l’ère du clean, du léché, du parfaitement lisse serait passée.

C’est en tout cas ce qu’affirme le magazine féminin que lit la mère de l’Adrienne, et il lui a même trouvé un nom, une référence et des origines au-dessus de tout soupçon: c’est le wabi-sabi.

L’adepte du wabi-sabi, affirme-t-on, aime la peinture écaillée, les taches de peintures, les petits trous dans le mur. Ce qui est vieux, usé, imparfait.

Tiens, se dit l’Adrienne en montant se coucher, le plancher à l’étage, il est drôlement wabi-sabi!

Y comme yatsuhashi

Yatsuhashi, nous dit le conférencier, signifie ‘huit ponts’. C’est un thème pictural qui trouve son origine dans un recueil de poèmes et de récits du 10e siècle, Ise monogatariun grand classique de la littérature japonaise traditionnelle. 

Vous verrez donc de nombreuses estampes sur ce thème, dont certaines vraiment exquises, avec des iris bleus. 

Vous les verrez, si vous allez à l’expo au Cinquantenaire tongue-out et certainement aussi en cherchant un peu dans l’immense grenier-à-fouillis qu’est la Toile. 

Cependant, ce ne sont pas celles-là que j’ai photographiées: comme d’habitude, mon appareil photo commençait à montrer des signes de fatigue – trop d’arbres avaient attiré son attention en cours de route – et je devais opérer une sélection sévère, comme à l’époque des films à 36 photos… 

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Par contre, j’ai photographié ce pont-ci, sur une estampe qui ressemble à une planche de BD, où des gens se pressent sous la pluie. Ne me demandez pas de qui est cette œuvre: comme je l’ai expliqué précédemment à Tania, on devait déposer nos sacs au vestiaire mais on pouvait photographier sans flash. Je ne me suis donc pas encombrée de mes habituels stylo et carnet, j’ai juste pris l’appareil photo. Inutile de dire qu’avec ma formidable mémoire – et ma merveilleuse connaissance du japonais – je n’ai retenu aucun nom. 

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merveilleux rendu d’une nuit étoilée et de lumignons dans une ville japonaise du 19e siècle 

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Et en fin de parcours, des oeuvres dans l’esprit « ukijo-e » de Dimitri Piot, auteur de BD et illustrateur. 

C’est vraiment très beau, très poétique et en même temps un peu étrange de voir des paysages bruxellois représentés dans le style des estampes japonaises, comme ci-dessus, l’arc du Cinquantenaire sous la neige.

V comme voyage, voyage

Dimanche dernier, l’Adrienne est allée au musée du Cinquantenaire pour voir l’expo sur les estampes japonaises: http://www.kmkg-mrah.be/fr/expositions/ukiyo-e

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c’est la célèbre vague de Hokusai (1760-1849) qui sert d’affiche à l’expo 

mais on commence par le 18e siècle

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Suzuki Harunobu (1724-1770), le premier à imprimer plusieurs couleurs (en 1765) 

la dame en vert a un chat sur les genoux 

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triptyque de Kubo Shunman (1757-1820)
avec trois phases du travail des draps de laine (à gauche le foulage) 

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un de mes préférés de Hokusai 
surtout pour le point de vue original, à hauteur du faîte, avec dans le bas la ville cachée par les nuages d’où sort un cerf-volant et bien sûr dans le fond, le pic neigeux du mont Fuji 

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et pour terminer, un aspect de Hokusai qui m’était inconnu 

mais qui cadre bien avec Halloween qui s’approche 

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K comme kaiyûshiki

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A Ostende, le jardin japonais est « un jardin de promenade à la manière kaiyûshiki« , dit le petit dépliant offert sous l’azumaya, la « maison d’été » où on peut s’asseoir et profiter de la beauté du jardin. 

Kaiyû veut dire promenade: le parcours dessiné dans le jardin offre une belle variété sur un petit espace, comme ce sentier à côté des bambous, 

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une allée de planches en zigzag dans l’étang, qui permet d’admirer une carpe koï et beaucoup de menu fretin 

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vous les voyez, les mini-poissons? 

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 La promenade est circulaire et traverse la cascade, ce qui faisait la joie des petits et des grands en ces chaudes journées d’août, où on se plaisait à se mouiller ‘exprès’ 

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Bref, on sort de là requinqué cool 

***

pour le projet du Hibou semaine 37 – bois 

le jardin japonais d’Ostende 

architecte: Takashi Sawano 

Jardin ouvert au public le samedi et le dimanche de 10.00 à 18.00 h. et tous les jours pendant les vacances scolaires.

 

G comme gentil monstre

Gentil monstre ce matin entre avec une nouvelle coupe : il s’est fait raser la nuque et a gardé fort longs les cheveux au sommet du crâne. Ils lui tombent au ras des yeux.

– C’est pour accentuer le contraste ? demande Madame, qui a tout de même entrevu le regard quémandant une réaction.

Oui, gentil monstre trouve le look important, il l’a déjà dit. Par exemple, il choisit ses T-shirts avec soin et tous les jours sa tenue est message.

– Oui ! dit-il tout heureux d’avoir été si bien compris. C’est pour le contraste !

Puis il ajoute, en triturant ses longues mèches blondes sur le devant de la tête:

– Ma copine voudrait que je coupe tout, mais moi je ne veux pas.

***

Gentil monstre ce matin entre avec une nouvelle coiffure. Il s’est fait, au sommet du crâne, un minuscule chignon bien serré.

– Tu t’es inspiré des coiffures traditionnelles japonaises ? demande Madame, en réponse au regard qui implore le « tu-m’as-vu-dis-tu-m’as-bien-vu ? »

Cette fois, il est étonné. Il ne comprend pas à quoi Madame fait allusion.

– Mais si, tu sais bien, comme les lutteurs de sumo ! dit son voisin de gauche.

***

Gentil monstre, un autre jour peut-être, viendra à l’école avec une crête d’Iroquois, une tignasse verte, une perruque Louis XIV ou la boule à zéro.

Mais par un mystérieux mystère, toujours il restera ce gentil monstre sympathique.

Il peut tout se permettre.

Rien ne réussit à le rendre ridicule.

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« Hirata Atsutane02 » par Hannah — Japanese Book 『國文学名家肖像集』. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons – http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Hirata_Atsutane02.jpg#/media/File:Hirata_Atsutane02.jpg

 

J comme japonaiseries et J comme John Staples

Elles sont trois et très probablement japonaises, à voir le soin extrême qu’elles portent à la blancheur de leur peau: parapluie noir, manches longues, gants. Avec 36°C à l’ombre…

Elles sont très jeunes et se tiennent par le coude, un vague sourire aux lèvres. Elles marchent à petits pas précieux, comme si elles avaient peur d’utiliser leurs pieds.

Qu’elles tiennent d’ailleurs toutes les trois un peu en dedans, comme cette poupée que j’avais étant petite et avec laquelle il était interdit de jouer.

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photo prise piazza Navona, vers les neuf heures du matin
avec la fontaine de Bernini et Sant’Agnese in Agone
copyright Adrienne

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Depuis le palazzo Braschi, on a une belle vue sur cette piazza mais si ce n’était l’occasion unique de voir le Caravaggio de Messine, La résurrection de Lazare, que l’on vient de restaurer à Rome, je ne l’aurais pas visité.

Dans le coin d’une des pièces en enfilade, un grand portrait en pied de John Staples, riche Irlandais du 18e siècle – mais protestant et membre du Parlement anglais. Il s’est fait immortaliser par le peintre Pompeo Girolamo Batoni, un spécialiste du genre, né à Lucca en 1708 et mort à Rome en 1787, fortune faite grâce aux touristes de l’époque.

Exactement comme aujourd’hui, sur cette même piazza Navona, on peut se faire croquer le portrait en quelques minutes par d’autres spécialistes du genre…

Oui, vous l’avez dit, nil novi sub sole Cool

On peut voir ici le portrait en question: http://www.flickr.com/photos/renzodionigi/4160188091/

Et ici la preuve que monsieur Batoni faisait du travail en série (voir par exemple les poses identiques ou le chien fidèle levant la tête vers le maître qui s’appuie sur une oeuvre choisie de la Rome antique qu’il est venu visiter: http://www.google.fr/search?hl=fr&biw=1280&bih=707&q=piazza+navona+sant+agnese+agone&bav=on.2,or.r_gc.r_pw.r_qf.,cf.osb&um=1&ie=UTF-8&tbm=isch&source=og&sa=N&tab=wi&ei=yPEDUOqaJ46AhQea8Mz0Bw#um=1&hl=fr&tbm=isch&sa=1&q=pompeo+girolamo+batoni+portrait&oq=pompeo+girolamo+batoni+portrait&gs_l=img.3…95396.98585.2.100527.9.9.0.0.0.0.146.1198.0j9.9.0…0.0…1c.0hvwMg-1pvI&pbx=1&bav=on.2,or.r_gc.r_pw.r_qf.,cf.osb&fp=dcb8ad580e0c93a7&biw=1280&bih=707

rome,italie,voyage,peinture

le Caravaggio avant restauration, photo de wikipedia commons
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Michelangelo_Caravaggio_006.jpg

J comme japonaiseries

Bien avant notre Amélie, la Belgique avait déjà compté un premier fou de japonaiseries en la personne de Léopold II. Chez Amélie, ça résulte dans des bouquins, chez Léopold II, dans des bâtiments.

Je ne ferai pas le guide touristique, si vous voulez tout savoir, il faut aller ici: http://www.kmkg-mrah.be/fr/bienvenue-aux-mus%C3%A9es-dextr%C3%AAme-orient

Mais j’ai quelques photos Langue tirée prises au fil de la promenade à travers le parc et les serres de Laeken, le soir du 29 avril dernier:

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Juste avant d’accéder au parc de Laeken, nous avions déjà croisé la chinoiserie:

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ah! Bruxelles ma belle!
ah! merci les amis!
Bisou